LOGINAmelia / Ivy
La nouvelle tombe un jeudi, à 15h47 précises.
Je suis dans le jardin de la villa, allongée sur une chaise longue, un livre à la main que je ne lis pas vraiment. Le soleil de l'après-midi caresse ma peau, une brise légère fait frémir les feuilles des oliviers centenaires. Tout est calme. Trop calme.
Mon téléphone vibre.
Un message. De ma source interne dans les bureaux d'Alexander. Ce
La nuit, il me prend dans ses bras, il me fait l'amour, doucement, tendrement, infiniment, comme une renaissance, comme un recommencement, comme un pardon qu'on se donne, qu'on s'offre, qu'on partage, et je pleure dans ses bras, je pleure de joie, de soulagement, de reconnaissance, parce que c'est la première fois que je suis vraiment moi, vraiment libre, vraiment heureuse, pour de bon, pour toujours.Et pendant ce temps, je m'apprends à m'aimer, moi-même, pour la première fois de ma vie.Je n'ai jamais su m'aimer, je n'ai jamais su me regarder dans le miroir sans voir la femme laide que j'étais, sans voir la femme parfaite que j'étais devenue, sans voir la femme brisée que j'étais restée.Mais maintenant, je m'apprends, je m'accepte, je me pardonne.Je m'apprends à aimer mon corps, ce corps qui a été rejeté, qui a été sculpté, qui
— Prends soin d'elle, dit-il, et sa voix est douce, très douce, comme une prière, comme un adieu, comme un amour qui ne demande rien, qui n'attend rien, qui ne veut rien d'autre que d'être aimé, lui aussi, lui aussi, lui aussi. Prends soin d'elle, Alexander, prends soin d'elle, aime-la, protège-la, rends-la heureuse, pour de bon, pour toujours, parce qu'elle le mérite, parce qu'elle a assez souffert, parce qu'elle a assez perdu, parce qu'elle a assez détruit, parce qu'elle a assez aimé.— Je te le promets, dis-je, et je serre sa main, je serre sa main comme on serre un serment, comme on serre une promesse, comme on serre un amour qui ne demande rien, qui n'attend rien, qui ne veut rien d'autre que d'être aimé, lui aussi, lui aussi, lui aussi. Je te le promets, Dimitri, je prendrai soin d'elle, je l'aimerai, je la protégerai, je la rendrai heureuse, pour de bon, pour toujours,
Il sourit, un sourire triste, un sourire brisé, un sourire qui dit adieu, qui dit pardon, qui dit amour, et il se lève, il se lève lentement, très lentement, comme s'il n'avait pas la force, comme s'il n'avait pas le courage, comme s'il n'avait pas la volonté de partir, de s'en aller, de disparaître.— Adieu, Ivy, dit-il, et les mots sont une mort, une fin, un adieu que je n'aurais jamais voulu prononcer, que je n'aurais jamais voulu entendre, que je n'aurais jamais voulu vivre. Adieu, Ivy, adieu, mon amour, adieu, ma vie, adieu, tout ce que nous aurions pu être, tout ce que nous n'avons jamais été, tout ce que nous ne serons jamais.Il s'en va, il disparaît dans la foule, il s'efface de ma vie, de mon cœur, de mon avenir, et je reste là, assise dans ce café, à pleurer, à me souvenir, à me perdre, et je me demande si un jour, enfin, je pourrai
Amelia / IvyLes semaines ont passé, les mois peut-être, je ne sais plus, je ne compte plus, et j'ai appris à vivre sans lui, sans Dimitri, sans cet amour que j'ai refusé, que j'ai perdu, que j'ai abandonné pour un autre, pour Alexander, pour l'homme que j'ai choisi, que j'ai toujours choisi, que je choisirai toujours.Mais un matin, alors que je marche dans les rues de cette ville que j'apprends à connaître, que j'apprends à aimer, que j'apprends à habiter, je le vois, il est là, devant moi, ses yeux gris me regardent, ses mains tremblent, ses lèvres s'entrouvrent, et je m'arrête, je m'arrête comme si le temps s'était arrêté, comme si le monde s'était arrêté, comme si nos vies s'étaient arrêtées, pour cette seconde, pour cette rencontre, pour ce dernier adieu.— Ivy, dit-il, et mon prénom d
Le soir, nous dînons ensemble, nous parlons de tout et de rien, de nos journées, de nos projets, de nos rêves, et j'apprends à le connaître, vraiment, pour la première fois, sans les masques, sans les mensonges, sans les trahisons. Il me raconte son enfance, ses peurs, ses doutes, ses regrets, il me raconte l'homme qu'il était, l'homme qu'il est devenu, l'homme qu'il veut être, et je l'écoute, je l'écoute comme on écoute une musique qu'on aime, comme on regarde un tableau qu'on admire, comme on aime un homme qu'on a choisi.La nuit, il me prend dans ses bras, il me fait l'amour, doucement, tendrement, infiniment, comme une renaissance, comme un recommencement, comme un pardon qu'on se donne, qu'on s'offre, qu'on partage, et je pleure dans ses bras, je pleure de joie, de soulagement, de reconnaissance, parce que c'est la première fois que je suis vraiment moi, vraiment Ivy, vraiment A
Je tombe à genoux devant lui, je prends son visage entre mes mains, je le regarde, je le regarde longtemps, très longtemps, et je vois, je vois dans ses yeux tout ce qu'il a souffert, tout ce qu'il a perdu, tout ce qu'il a pardonné, et je sais, je sais que je dois lui pardonner, que je dois me pardonner, que je dois nous pardonner, pour vivre, pour aimer, pour recommencer.— Je te pardonne, dis-je, et les mots sortent de ma bouche comme un souffle, comme une prière, comme une renaissance. Je te pardonne, Alexander, je te pardonne tout, parce que je t'aime, parce que je n'ai jamais cessé de t'aimer, parce que je ne pourrai jamais cesser de t'aimer, même après tout ça, même après toutes ces trahisons, toutes ces ruines, toutes ces cendres.Il me prend dans ses bras, il me serre contre lui, je sens son corps qui tremble, ses mains qui s'accrochent à mes cheveux, ses lèvre
La nuit est fraîche. La ville scintille en contrebas. Des milliers de lumières qui dansent dans l'obscurité. C'est beau. C'est calme. C'est exactement ce dont j'ai besoin.— Belle vue, n'est-ce pas ?Sa voix.Derrière moi.Si proche.
AmeliaIl compose un code, ouvre le coffre, en sort des boîtes soigneusement étiquetées.— Chaque boîte, chaque période, chaque secret. Je vais tout te montrer. Et tu vas tout me dire sur toi. Deal ?— Deal.Il pose les boîtes sur la table basse, s'assoit par terre, m'invite à le rejoindre. Je m'in
AmeliaJe n'ai pas dormi.Les draps sont enroulés autour de mes jambes, trempés de sueur, et le jour qui filtre à travers les rideaux a cette couleur grise de l'aube qui n'arrive pas à percer. Mon corps tout entier est une plaie à vif, chaque nerf tendu vers un seul point, une seule absence, une se
Amelia Ce n'est pas que physique. Si c'était que ça, je ne serais pas dans cet état. Je ne serais pas furieuse contre lui, certes, mais surtout contre moi-même. Je ne serais pas en train de repasser chaque mot, chaque regard, chaque micro-expression sur son visage.Ce n'est pas que physique parce







