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Chapitre 4 : La Chambre des Oubliées

Penulis: Déesse
last update Terakhir Diperbarui: 2025-11-28 02:11:23

Alexander Vance

Le silence qui suit est assourdissant. Je me penche vers Marco, à quelques centimètres de son visage.

— Tu es un de mes lieutenants, Marco. On ne te paye pas pour faire des erreurs. On te paye pour les corriger. Si elle vous a vus, il fallait régler le problème. Pas l’enfermer ici comme un rat agonisant pour qu’elle pourrisse et qu’elle nous attire des ennuis ! Vous avez transformé un problème simple en un cadavre potentiel dans mes murs. Un cadavre qui pue.

Je me tourne à nouveau vers la fille. Ses yeux, agrandis par la terreur, me fixent. Ils sont d’un brun ordinaire, injectés de sang. Dans leur profondeur, je ne lis pas seulement la peur. Je vois une lueur. Une braise ténue de haine. C’est presque intéressant. Presse.

— Elle a soif, dis-je, constatant l’évidence.

— On lui a rien donné, comme vous…, commence Steve.

Je lui lance un regard qui le fait se taire net. Je me retourne vers la fille, calmement. La colère est rentrée, remplacée par un calcul froid.

— Tu veux de l’eau ? lui demandé-je.

Elle fait un petit signe de tête à peine perceptible, une lueur d’espoir dérisoire dans son regard.

Je me penche, ramasse un vieux gobelet en plastique écrasé dans un coin, et le tends à Marco.

— Va me chercher de l’eau. De l’eau propre. Maintenant.

Marco part comme une flèche et revient avec un verre plein. Je le prends et le pose au milieu de la cellule, à égale distance de la fille et de moi.

— Voilà. De l’eau.

Elle le regarde, puis moi, méfiante.

— Mais tu ne la mérites pas, continué-je, ma voix redevenue douce et cinglante. Tu ne mérites pas cette eau, ni la nourriture, ni l’air que tu respires dans mon établissement. Parce que tu es un échec. Une erreur de casting. Tu es la preuve vivante de l’incompétence de mes hommes.

Je fais un pas vers elle. Elle se recroqueville davantage.

— Mais tu as de la mémoire. Et tu as paru… intelligente, dans ta bêtise. Tu as voulu jouer. Très bien. On va jouer.

Je pointe le verre du doigt.

— Cette eau est à toi. Mais pour la boire, pour manger, pour sortir de cette pièce, tu vas devoir travailler. Pas pour les clients du Jardin. Ils ne voudraient même pas de toi pour cirer leurs chaussures. Non. Tu vas travailler pour moi. Tu vas nettoyer, laver, vider les poubelles. Tu vas être l’esclave des autres filles, celles qui ont de la valeur. Tu vas être l’ombre des ombres. La chose des choses.

Je me redresse, dominant sa forme misérable.

— Tu as voulu te souvenir de nos visages ? Parfait. Tu vas passer le reste de ta misérable existence à te souvenir que c’est à cause de ces visages que ta vie ne vaut plus rien. Tu vas vivre dans la crasse que les autres laissent. Et chaque fois que tu auras soif, tu devras me supplier. Comme maintenant.

Je pose mon pied à côté du verre.

— Alors, vas-y. Supplie.

Les larmes recommencent à couler sur ses joues sales. La honte, plus forte que la soif, la paralyse.

— Je…, hoquette-t-elle.

— Plus fort.

— S’il vous plaît…, murmure-t-elle.

— Je ne t’ai pas entendue.

— S’IL VOUS PLAÎT ! crie-t-elle, la voix brisée.

Je regarde la détresse dans ses yeux, la façon dont son corps entier tremble. C’est réglé. Elle est brisée. Utile, d’une certaine manière. Un rappel constant pour Marco et Steve de leur faute. Un souffre-douleur pour les autres filles. Un exemple.

— Bien, dis-je froidement. Bois. Demain, le vrai travail commence.

Je tourne les talons et sors de la cellule, laissant Marco refermer la porte sur son gémissement. Dans le couloir, je me frotte les tempes.

— La prochaine fois que l’un de vous deux ramène un déchet pareil, c’est vous qui finirez dans la cellule. C’est compris ?

Leurs « oui, patron » craintifs sont la seule réponse.

Je regagne ma Bentley, l’image de cette fille misérable gravée dans mon esprit. Un échec. Une erreur. Mais une erreur que j’ai transformée en outil. C’est ça, le pouvoir. Prendre la merde que la vie vous jette et la modeler à son avantage.

Même la chose la plus laide peut avoir son utilité.

Ivy

Le lendemain matin, la porte grince à nouveau. Je sursaute, me réveillant en sursaut d’un sommeil agité. Mon corps est une seule courbature, ma gorge une plaie sèche. La mémoire de la veille me revient, cuisante : la voix de l’homme, Vance, son mépris, ma supplique humiliante. Le verre d’eau est toujours au milieu de la pièce, vide. Je l’ai lapé comme une chienne.

Ce n’est pas Vance qui entre, mais Marco. Son visage balafré est fermé, impénétrable. Il me jette un regard qui n’exprime plus la peur, mais une lassitude dégoûtée. Je ne suis plus une menace, je suis une corvée.

— Debout, grogne-t-il. Le patron a donné des ordres.

Il lance un paquet de tissu sur le sol près de moi. C’est une robe, d’un bleu fade et élimé, trop grande, du genre qu’on porte dans les hôpitaux.

— Mets ça. Et suis-moi.

Mes membres sont raides, ma tête bourdonnante, mais l’obéissance est déjà un réflexe. Je me change, tournant le dos à Marco. La robe flotte sur moi, accentuant ma maigreur naissante après deux jours de jeûne. Elle sent le renfermé.

Il m’emmène hors de la cellule, dans des couloirs que je n’ai pas vus la veille. Ici, le luxe est absent. Les murs sont nus, le linoléum usé. L’air est chargé d’une odeur mélangée de javel, de nourriture cheap et de parfum bon marché. Des rires aigus, forcés, me parviennent derrière certaines portes, entrecoupés de chuchotements et de pleurs étouffés. C’est un autre monde. Un monde en dessous.

Nous arrivons devant une porte marquée

« Douches ». Marco l’ouvre.

— Lave-toi. Tu pues. Tu as dix minutes. Je t’attends dehors.

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