แชร์

CHAPITRE 38

ผู้เขียน: Trimis Lirus
last update วันที่เผยแพร่: 2026-05-12 13:36:04

KAELEN

Il y a des choses que l’on ne protège pas par attachement.

On les protège par nécessité.

Les hommes faibles confondent souvent les deux, ce qui les conduit à s’encombrer d’objets, de souvenirs, de visages et de fantômes auxquels ils finissent par donner plus de pouvoir qu’ils n’en possèdent eux-mêmes. Je me suis toujours juré de ne pas tomber dans cette facilité. Le passé n’a de valeur que tant qu’il demeure contenu. Dès qu’il s’étend, dès qu’il infiltre le p
อ่านหนังสือเล่มนี้ต่อได้ฟรี
สแกนรหัสเพื่อดาวน์โหลดแอป
บทที่ถูกล็อก

บทล่าสุด

  • LA MARIÉE DU DIABLE NOIR    CHAPITRE 38

    KAELENIl y a des choses que l’on ne protège pas par attachement.On les protège par nécessité.Les hommes faibles confondent souvent les deux, ce qui les conduit à s’encombrer d’objets, de souvenirs, de visages et de fantômes auxquels ils finissent par donner plus de pouvoir qu’ils n’en possèdent eux-mêmes. Je me suis toujours juré de ne pas tomber dans cette facilité. Le passé n’a de valeur que tant qu’il demeure contenu. Dès qu’il s’étend, dès qu’il infiltre le présent au point d’y imposer ses formes, il cesse d’être une mémoire. Il devient une stratégie de destruction.C’est précisément pour cela que le portrait était resté dans ce couloir.Pas par sentimentalité.Par contrôle.Il avait été relégué dans cette partie de la maison qui n’était plus vraiment habitée, là où la poussière n’a pas encore le droit de triompher mais où les souvenirs n’ont plus, en principe, le droit de se montrer. Je savais qu’il existait enco

  • LA MARIÉE DU DIABLE NOIR    CHAPITRE 37

    VILANOVAJe comprenais alors ce qui me troublait tant chez lui : il ne m’offrait jamais assez de violence pour que je puisse le réduire à un monstre simple, ni assez de douceur pour que je puisse cesser de le craindre. Il me laissait sans refuge interprétatif. Et dans cet espace-là, mon angoisse prenait des formes plus compliquées, plus humiliantes parfois.— Où dormirez-vous ? demandai-je malgré moi.Ses yeux se posèrent sur moi avec une attention dont je ne voulais pas.— Pas ici.Le soulagement qui me traversa me fit presque honte.Je crus qu’il l’avait vu.Je me détournai aussitôt vers la cheminée.— Bien.— Cela vous surprend ?— Oui.— Pourquoi ?Je me retournai lentement.— Vous savez très bien pourquoi.Il me regarda encore quelques secondes. Puis il répondit, avec une netteté presque sèche :— Je n’ai pas l’intention de prendre ce que l’on m

  • LA MARIÉE DU DIABLE NOIR    CHAPITRE 36

    VILANOVAKaelen me fit monter dans la voiture sans un mot.Il n’y eut ni départ spectaculaire ni adieux prolongés. Bien sûr que non. Les grandes familles savent retirer une femme d’une maison avec la douceur parfaite de ceux qui déplacent un bien précieux, jamais avec la brutalité visible de ceux qui arrachent. C’est ce qui leur permet ensuite de se croire décents.À l’intérieur, le silence dura longtemps.La ville défilait derrière les vitres dans un demi-noir traversé de lumière. Je regardais les rues, les façades, les passants rares, les vitrines qui s’éteignaient, et je me surprenais à penser que tout cela me paraissait soudain plus libre que moi.Kaelen était assis face à moi, légèrement de biais, une main posée sur sa canne de cuir, l’autre immobile sur sa cuisse. Il n’avait retiré ni sa veste ni cette maîtrise implacable qui semblait tenir à sa peau autant qu’à son éducation. Il me regardait peu. Ou plutôt, il me regardait assez po

  • LA MARIÉE DU DIABLE NOIR    CHAPITRE 35

    VILANOVAJe n’ai presque aucun souvenir clair de la sortie de l’église.Seulement des éclats.Le bruit des voix autour de nous, devenu soudain plus léger, comme si le simple fait d’avoir prononcé des vœux suffisait à absoudre tout le monde. Les fleurs blanches qu’on me tendait. Les félicitations. Les regards avides. Les mains qu’il fallait serrer. Les femmes qui m’embrassaient avec une chaleur empruntée. Les hommes qui inclinaient la tête devant Kaelen avec cette prudence instinctive que suscitent certains pouvoirs, même lorsqu’ils sont parfaitement habillés.Et, sous tout cela, comme une lame cachée dans la doublure de ma robe, le billet.N’épouse pas l’homme qui a détruit ta famille.Je l’avais dissimulé dans mon gant avant la fin de la cérémonie. Puis, au moment où l’on me conduisait vers la sortie, j’avais trouvé le moyen de le glisser à l’intérieur de mon bouquet, entre deux rubans, comme si le simple fait de ne pas le senti

  • LA MARIÉE DU DIABLE NOIR    CHAPITRE 34

    KAELENLe prêtre nous demanda alors de nous donner la main.Sa peau était froide sous le gant.Pas glacée.Le genre de froid qui vient moins de la température que d’un effort continu pour ne pas se laisser envahir.Je resserrai mes doigts d’une manière à peine perceptible. Non pour la posséder, non pour la rassurer — je ne lui devais aucun mensonge de plus — mais pour lui signifier une chose très simple : malgré le billet, malgré celui ou celle qui avait voulu entrer dans cette cérémonie, rien ne serait interrompu ici.Elle sentit le geste.Je le vis dans ses yeux.Il y eut entre nous un échange muet, rapide, presque brutal dans sa netteté.Elle me haïssait plus clairement.Je tenais plus fermement encore.Très bien.L’ordre avait parfois besoin de cette violence-là.Le prêtre annonça enfin que nous pouvions échanger le baiser.Je savais ce qui allait suivre.

  • LA MARIÉE DU DIABLE NOIR    CHAPITRE 33

    KAELEN On croit souvent qu’un homme perd le contrôle lorsqu’il s’emporte.C’est une erreur commode.La colère visible rassure les autres. Elle les aide à croire qu’ils peuvent identifier le danger, le mesurer, s’en protéger à temps. Les véritables bascules ne prennent pas cette forme. Elles naissent dans un silence plus dur. Dans un infime déplacement du regard. Dans une seconde trop pleine, où l’on comprend que quelque chose vient d’entrer dans le jeu sans y avoir été invité.Je l’ai su au moment exact où cela s’est produit.Pas quand le prêtre a commencé à parler. Pas quand son père a remis sa main dans la mienne devant l’autel comme on remet une pièce essentielle dans un mécanisme trop ancien pour être arrêté. Non. Je l’ai su une fraction de seconde plus tard, lorsque Vilanova a changé.À peine.Une crispation dans la ligne de ses doigts. Une variation dans sa respiration. Une tension plus vive sous le voile, comme s

บทอื่นๆ
สำรวจและอ่านนวนิยายดีๆ ได้ฟรี
เข้าถึงนวนิยายดีๆ จำนวนมากได้ฟรีบนแอป GoodNovel ดาวน์โหลดหนังสือที่คุณชอบและอ่านได้ทุกที่ทุกเวลา
อ่านหนังสือฟรีบนแอป
สแกนรหัสเพื่ออ่านบนแอป
DMCA.com Protection Status