ログインMarcusLe dernier jour arrive trop vite. Beaucoup trop vite. Nous rangeons nos affaires avec une lenteur délibérée, comme si nous pouvions retarder l'échéance, comme si nous pouvions prolonger cette parenthèse enchantée au-delà du possible. Nous fermons les volets de la villa, nous disons adieu à cette terrasse où nous avons passé tant de soirées à refaire le monde, à cette piscine où nous avons fait l'amour sous l'orage, à cette chambre où chaque nuit a été une fête, à cette crique secrète où nous avons conçu notre enfant.Mais nous ne sommes pas tristes. Pas vraiment. Parce que nous savons que ce n'est qu'un début, que le meilleur reste à venir, que chaque jour sera une lune de miel tant que nous serons ensemble. Cette île n'était qu'un décor, un écrin magnifique pour célébrer notre amour, mais le véritable voyage, c'est notre vie entière qui s'étend devant nous.Dans l'avion qui nous ramène, elle s'endort contre mon épaule, sa main toujours posée sur son ventre, ce ventre qui abrit
ÉlianorNotre lune de miel se poursuit, torride, passionnée, inoubliable. La nouvelle de ma grossesse n'a pas calmé notre désir, bien au contraire. Il semble que la perspective de cet enfant à venir ait décuplé notre appétit l'un pour l'autre, comme si nos corps voulaient célébrer cette création, comme si chaque étreinte était une offrande, un remerciement, une prière adressée à la vie qui s'annonce.Chaque nuit est une aventure. Chaque matin est une renaissance. Chaque instant est un trésor que nous gravons dans nos mémoires pour les jours moins lumineux, pour les moments difficiles, pour les épreuves qui viendront peut-être, mais que nous affronterons ensemble, main dans la main, cœur contre cœur.Nous faisons l'amour sous les étoiles, bercés par le bruit des vagues, enveloppés par la chaleur moite de la nuit tropicale. La première fois que nous osons le faire sur la plage, c'est une nuit sans lune, et le ciel est tellement rempli d'étoiles qu'il semble palpiter, vibrer, vivre au-de
MarcusNous passons nos journées à explorer l'île, main dans la main, comme deux amants qui découvrent le monde pour la première fois. Nous dénichons des criques secrètes, accessibles seulement par des sentiers escarpés, où le sable est si blanc qu'il ressemble à du sucre en poudre et où l'eau est si claire qu'on voit les poissons danser autour de nos chevilles. Nous trouvons des plages désertes, cachées derrière des rideaux de palmiers, où nous pouvons nous aimer en plein air, sous le soleil brûlant, avec pour seuls témoins les oiseaux de mer et les vagues paresseuses.Nous visitons des villages blancs perchés sur les collines, des ruelles étroites bordées de maisons cubiques aux volets peints, des places minuscules où les vieillards jouent aux dominos à l'ombre des platanes centenaires. Nous goûtons des fruits dont nous ne connaissions même pas le nom, nous buvons du vin frais dans des verres embués, nous rions comme des enfants en nous perdant dans les dédales des rues pavées.Nous
ÉlianorSes mains sur ma peau. Ses mains qui savent exactement où se poser, avec quelle pression, à quel rythme. Il a appris mon corps comme on apprend une carte, comme on mémorise un territoire sacré, et maintenant il le parcourt en maître, en explorateur, en amant attentif qui connaît chaque secret, chaque recoin, chaque point sensible qui me fait frissonner, gémir, me cambrer sous ses doigts.Ses lèvres sur mon cou, chaudes, humides, insistantes. Il embrasse la courbe de ma gorge, descend le long de ma clavicule, s'attarde sur ce creux entre mes seins où mon cœur bat si fort qu'il doit l'entendre, qu'il doit le sentir vibrer contre sa bouche. Son souffle chaud caresse ma peau, fait se dresser tous les petits poils de mon corps, éveille des sensations qui se propagent comme des ondes, comme des vagues, comme des cercles concentriques qui partent de mon ventre pour irradier jusqu'au bout de mes doigts, jusqu'à la racine de mes cheveux.Il murmure des mots que je n'entends pas distinc
MarcusLa villa est perchée sur une falaise qui surplombe la mer, une mer d'un bleu si intense qu'elle semble irréelle, comme peinte par un artiste fou, comme sortie d'un rêve dont on ne voudrait jamais se réveiller. Les murs sont blancs, éclatants sous le soleil, les volets sont bleus, de ce bleu profond qu'on ne trouve que dans les îles grecques, et les bougainvilliers explosent de couleurs sur les terrasses en cascades pourpres, orange, fuchsia, qui descendent jusqu'aux rochers. Le parfum du jasmin emplit l'air de sa douceur enivrante, se mêle à l'odeur salée de la mer, à la chaleur du soleil sur la pierre, à cette sensation de plénitude absolue qui m'envahit depuis que nous sommes arrivés.Nous sommes arrivés hier soir, après des heures de vol, après des heures à nous regarder, à nous sourire, à nous tenir la main comme deux adolescents, comme deux jeunes mariés qui découvrent enfin ce que signifie être seuls au monde, sans enfants, sans responsabilités, sans personne d'autre que
Et quand Élianor vient m'embrasser, quand elle me serre dans ses bras, je sais que ce que nous avons est plus fort que tout, plus fort que le temps, plus fort que les épreuves, plus fort que la vie elle-même.LolaC'est notre tour. Léon et moi, on a préparé un discours, un vrai, avec des mots écrits sur un papier, parce que maman a dit que l'improvisation c'était pas notre fort, et elle a raison, parce que la dernière fois qu'on a improvisé, on a fini par parler de dinosaures pendant une heure, et mamie Viviane s'était endormie sur le canapé.Je prends le papier, je le déplie, et je toussote dans le micro, comme font les grands quand ils vont parler. Tout le monde se tait, tout le monde nous regarde, et je sens mon cœur qui bat très fort, mais Léon me tient la main, alors ça va.— Aujourd'hui, nos parents se sont mariés, je commence, et ma voix est un peu tremblante, mais je continue quand même, parce que je suis courageuse. Maman et papa. Pour de vrai. Avec une cérémonie, des fleurs,







