LOGINLéandros.Il est là, sur le seuil, le visage déformé par la rage, les yeux deux lames grises, sa main déjà sous sa veste, déjà sur son arme.— Ôte ta main de ma femme. Tout de suite.Sa voix est un mur, une montagne, un séisme. Rien ne bouge dans la pièce, même l'air semble s'être solidifié.Markos retire sa main, lentement, sans hâte. Il se tourne vers Léandros, un sourire mauvais aux lèvres.— Léandros. Déjà de retour. Quel dommage. Nous commencions
ÉleniL'accord est signé.Je l'apprends au petit-déjeuner, par une phrase lâchée négligemment entre deux gorgées de café. Léandros semble soulagé, presque détendu. Les docks sont partagés, les contacts internationaux acquis, le bénéfice mutuel. Markos repart ce soir, tout rentre dans l'ordre.Mais rien ne rentre dans l'ordre. Pas vraiment.Markos est toujours là, dans la maison, dans le parc, dans mon champ de vision. Il traîne, retarde son d&ea
Elle serre mon bras, ses ongles s'enfoncent légèrement dans le tissu de ma veste.— Et si je tombe ? Et si c'est plus fort que moi ?— Alors je te rattraperai. Toujours.Elle hoche la tête, respire profondément, retourne vers les invités. Son sourire est de nouveau en place, éclatant, factice.Je sais qu'elle souffre. Je sais qu'elle a peur. Je sais que chaque minute passée sous le regard de Markos est une torture. Mais je ne peux rien faire. Pas encore. Pas tout de suite.La nuit porte conseil, dit-on. La mienne portera vengeance.
Léandros se fige. Quelque chose passe dans ses yeux, une lueur dangereuse.— Il ne te prendra rien. Ni toi, ni le port, ni quoi que ce soit. Je m'en occupe.— Comment ?— Laisse-moi faire. Fais-moi confiance.Je voudrais lui dire que la confiance, c'est justement ce qui nous manque. Que chaque jour, je doute un peu plus de ce monde, de cette vie, de nous. Mais les mots ne sortent pas. Alors je hoche la tête, je me tais, je m'endors contre lui.Et je rêve encore de Markos. De ses mains. De son sourire.
ÉleniSon nom est Markos Vérénis.Il arrive au domaine par un après-midi pluvieux, dans une berline noire précédée par deux motos. Je l'observe depuis la fenêtre de la bibliothèque, mon livre abandonné sur les genoux. Il descend de la voiture avec la lenteur calculée de ceux qui savent qu'on les regarde.Léandros est à mes côtés, silencieux, tendu. Sa main serre le dossier de mon fauteuil, les jointures blanchies.— Qui est-ce ?— Un associé. Ancie
ÉleniCinq jours.C'est le temps qu'il faut à Léandros pour retrouver Alkis.Cinq jours pendant lesquels je vis dans un état second, suspendue entre l'espoir et la terreur. Cinq nuits où je dors dans ses bras, où il me fait l'amour avec une intensité presque désespérée, comme si chaque étreinte pouvait être la dernière.Et puis, un matin, il entre dans la chambre, le visage grave.— On l'a trouvé.Je m'assois dans le lit, le cœur battant.
Cette fois, il ne le murmure pas dans mon sommeil. Il le dit à voix haute, clairement, les yeux dans les yeux.Je voudrais répondre. Je voudrais lui renvoyer les mots, les poser entre nous comme un cadeau, comme une évidence. Mais ils restent bloqué
ÉleniIl se redresse, défait son pantalon. Le bruit de la fermeture éclair déchire le silence. Il fait glisser le tissu sur ses hanches, et son sexe jaillit, libéré.Je re
EléniLa porte se referme sur Léandros, et le son, doux et précis, résonne dans ma chambre comme un coup de feu.Mon corps est un bloc de glace traversé de fils électriques. L’endroit où ses lèvres ont effleuré mon oreille brûle. Le tissu de ma chemise de nuit, à l’épaule, semble porter l’empreinte
EléniLa colère est un acide qui coule dans mes veines, brûlant les derniers restes de honte et de confusion. Elle est froide, précise, et terriblement lucide. La femme qui a répondu à ses baisers, qui s'est abandonnée dans ses draps, était une folle, une étrangère possédée par la tempête. Moi, je







