LOGINJe ne réponds pas. Mon esprit tourne à vide, incapable de se fixer sur une pensée cohérente. Mon ex est vivant. Léandros m'a menti. Alkis veut m'aider à fuir. Trois informations qui se percutent, s'entrechoquent, se contredisent.
— Éleni ? Tu es toujours là ?
Il me regarde longuement. Puis, lentement, il se lève, vient vers moi, prend mon visage entre ses mains. Ses pouces caressent mes joues, effleurent mes lèvres.— La vérité, dit-il, c'est que je ne peux pas vivre sans toi. La vérité, c'est que je tuerais pour toi. La vérité, c'est que je mourrais pour toi. Le reste... le reste n'a pas d'importance.— Il a de l'importance pour moi.— Alors je te dirai tout. Bientôt. Pas maintenant. Laisse-moi juste... laisse-moi te tenir.Je n'insiste pas. Je pose ma tête contre son torse, entoure sa taille de mes bras. Son cœur bat vite, trop vite. Il a peur. Peu
Léandros pose enfin son verre. Il s'approche de moi, lentement, dangereusement. Sa voix baisse d'un ton, devient un murmure rauque.— Et tu le crois. Tu crois un homme qui t'a abandonnée, qui a disparu sans un mot, qui t'a laissée seule face aux dettes, aux menaces, à moi. Tu crois son frère, qui t'a utilisée comme appât, qui a failli te faire tuer. Tu les crois, eux. Pas moi.— Je ne sais plus qui croire.— Alors choisis. Maintenant. Eux ou moi.La phrase claque comme un ultimatum. Eux ou moi. Comme si c'était si simple. Comme si l'amour et la vérité pouvaient se réduire à un choix bin
Elle ment bien. Presque parfaitement. Si je ne savais pas, je la croirais.— Tant mieux. Tu as envie de dîner ?— Oui. Je meurs de faim.Nous passons à table. Elle parle de la ville, des vitrines, des livres qu'elle a achetés. Je l'écoute, je souris, je pose des questions. Je joue mon rôle. Elle joue le sien.Et toute la soirée, je me demande quand elle va me le dire. Quand elle va avouer. Quand elle va me donner une raison de ne pas tout détruire.Elle ne le fait pas. La soirée se termine, nous montons nous coucher, elle s'endort dans mes bras.
Alkis.Mon sang se glace. Mes mains se crispent sur l'accoudoir du fauteuil. J'écoute, immobile, chaque mot s'enfonçant comme une lame.Il t'a enlevée pour m'atteindre.Mensonge.Mon frère n'a pas disparu.Mensonge.Je veux t'aider à fuir.Mensonge. Mensonge. Mensonge.Et pourtant, elle l'a écouté. Elle ne l'a
Je ne réponds pas. Mon esprit tourne à vide, incapable de se fixer sur une pensée cohérente. Mon ex est vivant. Léandros m'a menti. Alkis veut m'aider à fuir. Trois informations qui se percutent, s'entrechoquent, se contredisent.— Éleni ? Tu es toujours là ?— Oui.— Ne lui dis rien. Surtout pas. Si Léandros apprend que je t'ai contactée, il te tuera. Et il me tuera. Tu comprends ?— Je comprends.— Je te rappellerai. Bientôt. Sois prête.Il raccroche sans atte
ÉleniTrois semaines se sont écoulées depuis la réunion avec Viktor. Trois semaines d'un calme étrange, presque suspect. Les affaires de Léandros semblent prospérer sans heurts, les réunions s'enchaînent sans éclats, et ma présence à sa droite est devenue une évidence que plus personne ne conteste.Je commence à m'habituer. C'est peut-être ça, le plus inquiétant. Je m'habitue aux regards, aux silences, aux sous-entendus. Je m'habitue à ce monde parallèle où la violence est une langue maternelle et la loyauté une monnaie d'échange.Je m'habitue
EléniLa sensation est étrange. Marcher vers un lieu que je n’ai pas choisi, escortée par un silence en costume. Dimitrios ouvre la portière de la voiture noire. Je m’installe sur la banquette en cuir, mes mains serrées sur le carnet à dessin qu’il m’a permis d’emporter. Il ne m’a pas regardée. Il
LéandrosLes jours qui suivent sont une leçon de stratégie raffinée.Je me fais absent. Physiquement, émotionnellement. Je quitte la villa tôt le matin pour Athènes, je rentre tard. Je ne dîne pas avec elle. Je ne la convoque pas. Lorsque nos chemins se croisent, je suis poli, distant. Le seigneur
EléniJe pose la pointe du stylo sur la ligne pointillée. Le papier est d’une blancheur aveuglante. Je pense à mon père. À ce qu’il dirait, lui l’homme intègre jusqu’à l’os, de me voir vendre mon nom pour un mensonge. Une douleur aiguë me transperce la poitrine. Je signe. Un gribouillis raide, illi
LéandrosJe la regarde, recroquevillée sur la pierre froide de la terrasse. Un petit tas de tremblements silencieux sous la morsure du vent. Elle n’est plus la furie qui m’insultait, ni la statue de glace indifférente. Elle est fêlée. Ébréchée. Et c’est infiniment plus beau.La scène du salon m’a d







