Beranda / Romance / LE PACTE DU DÉSIR / Chapitre 3 — L’empreinte invisible

Share

Chapitre 3 — L’empreinte invisible

Penulis: Nems
last update Terakhir Diperbarui: 2025-10-24 09:05:55

Le lundi matin s’annonçait comme tous les autres, du moins en apparence. Le soleil filtrait timidement à travers les stores du grand appartement d’Isalya Lysandre, dessinant sur les murs les reflets d’une journée qui s’éveillait. Le silence, seulement troublé par le ronronnement discret de la machine à café, contrastait avec le tumulte intérieur qu’elle s’efforçait d’apaiser.

Assise sur son tabouret de cuisine, tasse en main, elle feuilletait distraitement les notifications de son téléphone : mails, rappels de réunions, un message de Selyra. Rien d’extraordinaire. Et pourtant, chaque vibration de l’écran semblait lui rappeler un écho de la veille.

Le bar.

Les lumières tamisées.

Et ce regard. Celui de Tavrik.

Elle inspira profondément, comme pour se ramener à la réalité. Aujourd’hui, elle devait se concentrer. Elle était analyste financière senior et gestionnaire de portefeuille dans une société d’investissement internationale — un poste exigeant, rigoureux, où la moindre erreur se payait cher. Et ce matin, comme à chaque début de semaine, elle avait un rapport à finaliser avant la réunion de direction.

Elle enfila un tailleur crème, attacha ses cheveux en un chignon soigné et enfila ses escarpins. Devant le miroir, son reflet semblait serein, professionnel, parfaitement maîtrisé. Personne n’aurait pu deviner le tumulte de pensées qui dansaient encore derrière ses yeux.

Les bureaux de Lornay Capital respiraient la discipline et la précision. Le bruit des claviers se mêlait au léger vrombissement des imprimantes, et les conversations se faisaient à voix basse. Isalya traversa le grand open space d’un pas assuré, saluant d’un signe de tête les collègues déjà plongés dans leurs tableurs.

— Bonjour, Isalya, lança Marc, son assistant junior. Le rapport sur le portefeuille Asgard est prêt à être relu.

— Parfait, je m’en occupe avant onze heures, répondit-elle calmement.

Mais à mesure qu’elle s’installait à son bureau, ses pensées dérivaient. La chanson du bar lui revenait, sans prévenir, comme une vague discrète. Les notes, sa voix à lui, la chaleur de l’instant — tout semblait s’être imprimé en elle. Elle cligna des yeux, secoua la tête, et rouvrit son ordinateur.
Non, pas maintenant.

Sur son écran, les chiffres défilaient, les courbes prenaient forme, les rendements s’affichaient. Le langage rationnel de la finance — froid, méthodique — l’aidait à se recentrer. C’était sa manière à elle de reprendre le contrôle.

Pourtant, il suffisait d’un rien pour que la faille se rouvre. Un client portant le même parfum que Tavrik, croisé dans le couloir. Une brève chanson à la radio, semblable à celle du Blue Velvet. Et soudain, tout revenait. Son regard. Son sourire. Sa voix grave lorsqu’il l’avait appelée par son prénom.

Elle sentit un frisson lui parcourir l’échine, imperceptible mais réel.

La matinée passa rapidement. Entre deux présentations et quelques échanges avec le siège de Londres, Isalya réussit à maintenir l’illusion d’un calme total. Elle plaisantait avec ses collègues, échangeait sur les fluctuations des marchés, et donnait des instructions précises à son équipe.

Mais à midi, seule dans la cafétéria, elle s’autorisa une minute de pause. Le café chaud entre les mains, elle regardait distraitement les passants à travers la baie vitrée. Et c’est là qu’elle se rendit compte : chaque homme brun qui passait lui rappelait vaguement Tavrik. C’était absurde. Irrationnel. Et pourtant, impossible à ignorer.

Selyra lui écrivit à ce moment-là :

Selyra 💫 : Alors, ton lundi ? Toujours en train de penser à ton mystérieux inconnu ? 😏

Isalya esquissa un sourire.

Isalya : Je bosse. J’ai pas le temps pour ça.
Selyra : Menteuse.

Elle reposa le téléphone, amusée malgré elle. Selyra avait ce don de la ramener à la légèreté, même dans les moments où elle se prenait trop au sérieux.

L’après-midi s’étira lentement. Elle présenta ses résultats devant le comité, répondit à des questions techniques, argumenta sur les stratégies d’investissement à adopter pour le trimestre. Son ton était sûr, posé, professionnel — comme toujours.

Mais dans les intervalles, entre deux phrases, entre deux respirations, son esprit retournait au Blue Velvet. À la façon dont il l’avait écoutée chanter, concentré, presque captivé. À la manière dont il lui avait parlé, avec cette assurance tranquille, mais sans arrogance.

Il y avait eu quelque chose de sincère, d’évident.

Et ça, elle ne l’avait pas ressenti depuis longtemps.

Quand la réunion se termina, elle resta seule un moment dans la salle vide, les lumières tamisées. Elle posa les mains sur la table, baissa la tête et ferma les yeux.

Pourquoi lui ?

Pourquoi cet inconnu, parmi tant d’autres, avait-il laissé une trace si profonde ?

Ce n’était pas logique.

Et pourtant, plus elle cherchait à l’oublier, plus son souvenir devenait vivant.

Sur le chemin du retour, dans sa voiture, elle croisa son reflet dans le rétroviseur. Elle avait l’air calme, presque impassible. Mais à l’intérieur, tout bouillonnait.

Elle mit ses écouteurs. Et la première chanson qui se lança… c’était celle-là. La même mélodie que celle qu’elle avait chantée au Blue Velvet.

Un sourire mélancolique se dessina sur ses lèvres.

La voix douce de la chanteuse murmurait :
"Certains regards marquent plus que mille baisers…"

Elle leva les yeux, fixant le vide devant elle. C’était exactement ça. Un simple regard, et tout son équilibre s’était fissuré.

À plusieurs kilomètres de là, Tavrik sortait d’une séance de sport, essuyant la sueur sur son front. Il essayait, en vain, de se vider la tête.

Mais il revoyait sans cesse son visage. Cette femme. Cette chanteuse. Cette inconnue qui avait bouleversé son calme habituel.

Il avait pensé que ce serait une nuit comme une autre, une parenthèse sans suite. Mais depuis ce soir-là, rien n’était plus pareil. Il n’arrivait pas à s’intéresser à d’autres femmes. Même les messages de ses anciennes conquêtes lui semblaient fades.

Il voulait comprendre pourquoi. Pourquoi elle ?

— Tu tires une sale tête, mec, lança Kael, en s’asseyant à côté de lui dans le vestiaire.

— Mauvaise nuit, répondit Tavrik en haussant les épaules.

— Ou mauvaise obsession ? ajouta Léo avec un sourire moqueur.

Tavrik les fusilla du regard, mais ne répondit pas. Ils se mirent à rire, comme toujours, mais lui ne riait qu’à moitié.

Il doit la retrouver. Sinon il deviendra complètement fou a penser a elle ainsi.   Le soir, de retour chez elle, Isalya se débarrassa de ses escarpins, s’étira longuement et s’installa sur le canapé. Le calme du salon contrastait avec le tumulte de ses pensées.

Elle prit un verre de vin, alluma une bougie et laissa la musique remplir l’espace. Les notes flottaient doucement, comme un rappel du passé récent.

Elle aurait pu l’appeler une folie. Une erreur.

Mais au fond d’elle, elle savait que non.

Ce moment-là, cette connexion si soudaine, avait été plus réelle que tout ce qu’elle avait vécu depuis des années.

Et pourtant, elle choisissait de ne pas le chercher. De laisser le destin décider. Elle n’était pas ce genre de femme qui courait après une histoire sans fondement. Elle avait trop travaillé, trop bâti sa stabilité pour tout ébranler sur un coup de cœur.

Mais parfois, malgré toute la raison du monde, le cœur refuse d’obéir.

Minuit approchait. Les lumières de la ville brillaient au loin à travers la baie vitrée.

Isalya prit son ordinateur et relut ses notes pour la réunion du lendemain. Puis, sans trop savoir pourquoi, elle ouvrit un onglet de musique, cherchant inconsciemment celle qu’elle avait chantée au Blue Velvet.

Elle lança la chanson. Les premières notes emplirent la pièce.

Et tout revint.

La chaleur de sa main.

Le timbre de sa voix...

Lanjutkan membaca buku ini secara gratis
Pindai kode untuk mengunduh Aplikasi

Bab terbaru

  • LE PACTE DU DÉSIR   CHAPITRE 18 — Les échos du silence

    Isalya ferma doucement la porte de son appartement derrière elle. Le cliquetis du verrou résonna dans le silence de la pièce comme un écho lointain. Chaque son semblait amplifié, chaque souffle plus lourd. Elle déposa son manteau sur le dossier d’une chaise et s’adossa contre la porte, les yeux clos, comme si le simple poids de la nuit pouvait la stabiliser.Le souvenir de l’exposition était encore frais dans son esprit. Les lumières mouvantes, les rires feutrés, le visage fermé de Tavrik, et ce silence chargé qui s’était installé entre eux… Tout se bousculait, s’entrechoquait et la laissait à la fois émue et effrayée. Elle inspira profondément, mais le souffle ne suffisait pas à chasser la tension qui s’accrochait à ses muscles.Elle se dirigea lentement vers le salon. La lumière douce de

  • LE PACTE DU DÉSIR   CHAPITRE 17 — Ce qui reste quand tout se tait

    Ils marchaient côte à côte dans le silence.La porte de l’exposition venait de se refermer derrière eux, étouffant le brouhaha, les lumières mouvantes, les regards indiscrets. Dehors, la nuit semblait plus froide qu’avant, presque hostile. L’air humide s’insinuait sous les vêtements, mais Isalya savait que le frisson qui la traversait ne venait pas seulement du contraste thermique.Tavrik avançait à un pas mesuré, légèrement devant elle.Assez proche pour qu’elle sente sa présence.Assez distant pour qu’elle comprenne qu’il se contenait.Aucun mot n’avait été échangé depuis qu’ils avaient quitté le bâtiment.Chaque pas résonnait dans son esprit comme une question sans réponse.Tu choisis, Isa.Elle ferma brièvement les yeux, comme si elle pouvait encore effacer cette phrase. Elle ne voulait pas se souvenir de la façon dont elle l’avait frappée — pas comme une demande, mais comme une injonction. Comme si son cœur devait obéir à une logique qui n’était pas la sienne.Ils atteignirent la

  • LE PACTE DU DÉSIR   CHAPITRE 16 — Le point de bascule

    Isalya resta immobile quelques secondes de trop.Le brouhaha de l’exposition continuait autour d’elle — verres qui s’entrechoquent, rires feutrés, commentaires admiratifs sur les œuvres — mais tout lui paraissait soudain lointain, étouffé, comme si elle se trouvait sous l’eau.Devant elle, Averon attendait.Derrière elle, Tavrik.Et au milieu… elle, le cœur affolé, l’esprit embrouillé, incapable de respirer correctement.— « Isalya ? » répéta Averon doucement.Elle cligna des yeux, comme si elle sortait d’un rêve.— « Oui… pardon. »

  • LE PACTE DU DÉSIR   CHAPITRE 15 — Sous les regards, sous les tensions

    — « Tu voulais partir où ? » demanda Tavrik, la voix basse.Elle déglutit.— « Chez moi… », Répondit-elle faiblement.Il sourit. Ce sourire qui la désarmait et l’agaçait à la fois.— « Non. Pas ce soir. »— « Et pourquoi ? »Il pencha la tête, ses yeux ne quittant pas les siens.— « Parce que j’ai prevu autre chose pour nous ce soir, mon amour. »Elle aurait voulu protester.Elle aurait voulu mettre de la distance.Mais sa voix restait coincée, écrasée par ce désir qu’elle refusait d’admettre.— « Monte. » ordonna-t-il doucement en désignant sa voiture garée à côté.— « Tavrik… je… »— « Tu viens. Point. »Il contourna la voiture, ouvrit la porte passager sans la quitter des yeux.Elle aurait dû dire non.Elle aurait dû partir.Elle aurait dû couper court à cette attraction dangereuse.Mais elle monta.La portière se referma dans un claquement qui résonna dans sa poitrine.Le trajet se déroula dans un silence lourd, brûlant.Tavrik ne parlait pas.Il conduisait comme il vivait : avec

  • LE PACTE DU DÉSIR   Chapitre 14 – L’écho de Tavrik

    Le réveil vibra une première fois.Puis une seconde.Isalya n’avait pas encore la force d’ouvrir les yeux.Elle était épuisée.Pas physiquement… non.Mais émotionnellement.La nuit précédente l’avait laissée dans un état étrange, presque fragile.Elle avait rêvé de Tavrik.Pas juste un rêve vague ou flou… non, un rêve qui semblait avoir encore son parfum, sa voix, son regard.Elle sentit son cœur ne battre plus vite rien qu’à ce souvenir.Elle passa une main sur son visage et inspira profondément.— Arrête, Isalya… sinon tout sa va finir par te detruire…Elle repoussa les couvertures et resta assise quelques secondes au bord du lit.Elle avait froid… ou peut-être était-ce l’absence de ses mains, de sa voix.Elle soupira.Son regard glissa vers la petite table où reposait sa pochette.À côté, soigneusement posée…Une rose sombre.Elle se figea.Hier soir, lorsqu’il l’a raccompagner chez elle, Tavrik lui avait glissé ça dans la main en murmurant :— « Pour que tu te souviennes que dès a

  • LE PACTE DU DÉSIR   CHAPITRE 13 – La Promesse Gravée dans l’Ombre

    La porte de l’appartement de Tavrik claqua derrière eux.Isalya fit un pas en arrière—mais il avança d’un, sans lui laisser l’espace qu’elle croyait vouloir.— « Tavrik… on ne devrait pas… »— « Ne mens pas. »Sa voix glissa contre sa peau comme une caresse profonde.Il tendit la main, effleura sa joue du dos des doigts.— « Tu brûles autant que moi. »Elle tourna la tête pour éviter son regard.Erreur.Il attrapa délicatement son menton entre ses doigts et la força à le regarder.

Bab Lainnya
Jelajahi dan baca novel bagus secara gratis
Akses gratis ke berbagai novel bagus di aplikasi GoodNovel. Unduh buku yang kamu suka dan baca di mana saja & kapan saja.
Baca buku gratis di Aplikasi
Pindai kode untuk membaca di Aplikasi
DMCA.com Protection Status