แชร์

Chapitre 2 - Adriana

ผู้เขียน: Déesse
last update วันที่เผยแพร่: 2026-03-16 18:54:23

Adriana

— Irina.

J'appuie sur l'interphone sans lever les yeux du dossier que je lis. Un rapport financier, encore un, toujours un. Les chiffres dansent sous mes yeux, familiers, rassurants. Les chiffres ne mentent pas, eux. Les chiffres obéissent.

— Madame Volkov ?

— La candidate pour le poste d'assistante. Où en est-on ?

Irina entre sans frapper. Elle sait qu'elle peut. Vingt ans qu'elle travaille pour ma famille, vingt ans qu'elle connaît mes habitudes, mes humeurs, mes silences. Elle est la seule personne à qui je permets cette familiarité.

— J'ai convoqué Élena Dubois pour cet après-midi. 14h30.

— Dubois. Française ?

— Oui. Assistante juridique, vingt-huit ans, au chômage depuis six mois. En couple avec un certain Thomas Morel, commercial dans une startup. Pas d'enfants. Pas de dettes. Pas de passé problématique.

Je hoche la tête. Irina a déjà fait tout le travail, comme toujours. Elle me tend une photo. Une femme brune aux yeux clairs, souriant timidement devant un monument que je ne reconnais pas. Des traits doux, presque fragiles. Rien d'extraordinaire.

Pourtant, je regarde la photo plus longtemps que nécessaire.

— Pourquoi elle ?

Irina hausse les épaules.

— Son profil est bon. Elle a besoin de ce travail, donc elle sera motivée. Elle n'a pas d'enfants, donc disponible. Elle n'a pas d'ambitions démesurées, donc loyale.

— Les ambitieux sont plus faciles à manipuler.

— Les désespérés aussi. Mais ils sont moins prévisibles.

Je repose la photo. Les yeux d'Élena Dubois continuent de me fixer depuis le papier. Pourquoi est-ce que je ne peux pas détourner le regard ?

— Faites-la venir. Je verrai bien.

Irina sort. Je reste seule dans mon bureau, face à la baie vitrée qui donne sur Paris. La ville s'étend à mes pieds, minuscule, docile. Je contrôle des milliers de vies sans même les connaître. Des employés, des clients, des concurrents. Des pions sur un échiquier.

Pourquoi est-ce que je pense encore à cette femme sur la photo ?

Je secoue la tête et je retourne à mes chiffres. Les chiffres ne posent pas de questions. Les chiffres ne me regardent pas avec des yeux trop clairs. Les chiffres sont sûrs.

 Élena

Le building de verre et d'acier se dresse devant moi comme une forteresse.

Je lève la tête, et je ne vois pas le sommet. Il se perd dans le ciel gris de Paris, absorbe la lumière, la reflète en éclats aveuglants. Je me sens minuscule, insignifiante, écrasée par cette masse qui semble vouloir me dire tu n'as pas ta place ici.

Je pousse la porte vitrée, et le hall d'entrée me coupe le souffle.

Marbre blanc partout, au sol, aux murs, sur les immenses colonnes qui soutiennent le plafond vertigineux. Des œuvres d'art partout, des sculptures modernes en métal poli, des tableaux abstraits aux couleurs violentes, des installations lumineuses qui changent lentement de teinte. Tout doit coûter une fortune. Tout crie l'argent, le pouvoir, l'exclusion.

Les gens marchent vite. Ils sont tous habillés avec une élégance qui semble naturelle, comme s'ils étaient nés en costume. Ils parlent fort au téléphone, en plusieurs langues, ils échangent des dossiers, ils sourient à des inconnus. Ils ont l'air chez eux, ici. Moi, je suis une intruse.

Je regarde mes escarpins fatigués sur le marbre immaculé, et j'ai honte.

— Élena Dubois ?

Une femme d'une cinquantaine d'années s'approche. Brune, sévère, habillée d'un tailleur gris perle qui doit coûter trois mois de mon loyer. Son visage est lisse, sans expression, mais ses yeux... ses yeux m'examinent, m'évaluent, me jugent en une fraction de seconde.

— Irina Petrova. Suivez-moi.

Sa poignée de main est ferme, rapide, professionnelle. Elle se retourne déjà, et je dois presque courir pour la suivre.

Nous traversons le hall, passons des portiques de sécurité sans même ralentir – un garde en costume noir nous fait un signe de tête – et nous entrons dans un ascenseur privé, vitré, qui donne sur l'immense atrium.

L'ascenseur monte. Lentement, majestueusement. Paris s'éloigne sous nous, les immeubles deviennent des jouets, les rues des lignes, les gens des fourmis. Je pose une main sur la vitre pour me stabiliser, et je vois ma main trembler légèrement.

— Vous avez lu la description du poste ?

La voix d'Irina me fait sursauter. Elle me regarde sans sourire, sans chaleur, mais sans hostilité non plus. Juste... neutre. Professionnelle.

— Oui, bien sûr. Assistante personnelle de Mme Volkov. Gestion de l'agenda, des déplacements, courrier, dossiers confidentiels, préparation des réunions, filtrage des appels...

— Ce n'est pas un travail comme les autres.

Elle se tourne vers moi, et cette fois son regard est différent. Plus sérieux. Plus lourd. Comme si elle cherchait à me transmettre quelque chose sans le dire.

— Mme Volkov n'est pas comme les autres patrons. Elle exige une loyauté absolue. Une discrétion absolue. Une disponibilité absolue.

— Je comprends.

— Non.

Elle secoue la tête, lentement.

— Vous ne comprenez pas. Pas encore. Mais vous allez voir.

L'ascenseur s'arrête. Les portes s'ouvrent sur un couloir silencieux, moquetté de gris clair, éclairé par des spots discrets. Aucun bruit, aucune porte visible à part celle du fond. Une porte massive, en bois sombre, sans aucune inscription.

— Attendez ici. Je vais l'informer de votre arrivée.

Irina disparaît derrière la porte. Je reste seule dans ce silence feutré, les mains moites, le cœur qui tape trop fort dans ma poitrine. Pourquoi je stresse autant ? C'est juste un entretien. Juste un boulot.

Juste Adriana Volkov.

J'entends des voix derrière la porte, étouffées. Je distingue des intonations, mais pas les mots. Puis plus rien. Le silence.

La porte s'ouvre.

— Entrez.

อ่านหนังสือเล่มนี้ต่อได้ฟรี
สแกนรหัสเพื่อดาวน์โหลดแอป

บทล่าสุด

  • LIAISONS FÉMININES 1   Chapitre 125 : Le Givre et le Feu 1

    Son visage disparaît entre mes cuisses. Sa bouche trouve mon intimité, et je pousse un cri que j'étouffe dans ma main. Sa langue est chaude, agile, curieuse. Elle me goûte avec une lenteur appliquée, comme si elle savourait un mets délicat. Elle explore chaque repli, chaque creux, chaque point sensible. Ses lèvres aspirent doucement mon clitoris. Ses doigts s'enfoncent en moi, un, puis deux, les bougent avec une lenteur experte.— C'est bon, je gémis. Mon Dieu, c'est bon. Ne t'arrête pas. S'il te plaît, ne t'arrête pas.Elle ne s'arrête pas. Elle accélère le rythme. Sa langue et ses doigts travaillent ensemble, en symbiose parfaite. La pression monte dans mon ventre, irrésistible, dévastatrice. Je n'ai jamais rien ressenti de tel. C'est comme si tout mon corps n'était plus qu'une seule terminaison nerveuse, qu'un seul point de plaisir.L'orgasme me frappe par surprise. Une vague de plaisir pur qui me submerge, qui m'emporte, qui efface tout. Je c

  • LIAISONS FÉMININES 1   Chapitre 124 : La Douceur d'Evy

    SelmaEvy est différente des autres. Là où Lyanna est intense, brûlante comme un brasier, et Sybille glaciale comme un vent d'hiver, Evy est chaleureuse. Solaire. Elle me parle doucement, elle me sourit, elle me fait rire parfois avec ses plaisanteries absurdes et ses mimiques enfantines. Elle ne me force à rien. Elle ne me regarde pas comme une proie, comme un objet de désir. Elle me regarde comme une personne. Comme une amie. Et c'est peut-être pour ça que je commence à baisser ma garde.Ce matin, elle m'a emmenée dans la serre derrière le chalet. Je ne savais même pas qu'elle existait. C'est un endroit magique, caché derrière un mur de pierre, accessible par une porte dérobée que je n'avais jamais remarquée. Une bulle de verdure et de chaleur au milieu de l'hiver.La neige crisse sous nos pas, mais à l'intérieur, il fait chaud. Presque tropical. L'air est humide, chargé de parfums végétaux : terre mouillée, fleurs écloses, herbes aromatiques. Des p

  • LIAISONS FÉMININES 1   Chapitre 126 : Le Givre et le Feu 2

    Je prends ses mains dans les miennes. Elles sont glacées, malgré la chaleur du feu qui crépite dans la cheminée. Glacées et tremblantes. Je les porte à mes lèvres et dépose un baiser sur chacun de ses doigts, sur ses paumes calleuses, sur l'intérieur fragile de ses poignets. Je sens son pouls qui s'accélère sous mes lèvres. Sa respiration devient plus courte, plus hachée.— Sybille, murmure-t-elle d'une voix rauque.— Oui. Dis mon nom encore. J'aime la façon dont tu le dis.— Sybille.Je remonte le long de son bras, mes lèvres traçant un chemin de baisers jusqu'à son épaule, jusqu'à sa clavicule, jusqu'à son cou. Sa peau a le goût du sel et de la neige. Elle frissonne sous mes caresses. Sa tête retombe en arrière, sa gorge s'expose, offerte.— Embrasse-moi, dit-elle. Maintenant.Nos lèvres se rencontrent, et c'est un choc. Un brasier qui s'allume dans la glace. Un volcan qui entre en éruption sous la neige. Son baiser e

  • LIAISONS FÉMININES 1   Chapitre 123 : La Punition de Maëlys

    Son souffle chaud caresse ma nuque. Ses lèvres effleurent ma peau, à peine un contact, une promesse de baiser. Mes tétons durcissent sous ma tunique. Une chaleur humide pulse entre mes cuisses. Mon corps me trahit, et elle le sait. Elle le sent.— Je ne suis pas attirée par les femmes, je murmure. Les mots sont faibles, peu convaincants.— Menteuse. Ton corps dit le contraire. Je le sens. Je le goûte presque dans l'air. Tu es trempée pour moi, Maëlys. Tu peux mentir avec tes lèvres, mais pas avec ton corps.Sa main glisse sur ma hanche, contourne ma cuisse, remonte lentement vers mon ventre. Chaque centimètre est une torture exquise. Chaque effleurement est une promesse de plaisir. Je me cambre malgré moi. Ma tête retombe contre son épaule. Ma respiration est hachée, irrégulière.— Regarde comme tu es belle quand tu t'abandonnes, souffle-t-elle contre ma tempe. Regarde comme ton corps s'ouvre à moi.Ses doigts écartent doucement mes

  • LIAISONS FÉMININES 1   Chapitre 122: Le Bain 2

    Nous retournons dans la pièce principale, où un repas nous attend. Du ragoût fumant, du pain frais, du fromage, des fruits secs. Nous mangeons en silence, trop affamées pour parler. Les louves nous observent, assises à l'autre bout de la table. Elles ne mangent pas. Elles se contentent de nous regarder. — Vous ne mangez pas ? demande Maëlys entre deux bouchées. — Nous avons déjà chassé cette semaine, répond Lyanna. Nous n'avons pas faim. Pas de nourriture, en tout cas. Le sous-entendu est clair. Leur faim est d'une autre nature. Et nous en sommes l'objet. Quand nous avons terminé, Sybille nous conduit à notre chambre. C'est une pièce spacieuse, avec un grand lit à baldaquin assez large pour nous trois. Des draps propres sentent la lavande. Un feu crépite dans une petite cheminée. Des bougies sont disposées sur la table de chevet. — La salle de bain est au bout du couloir, dit Sybille. Si vous avez

  • LIAISONS FÉMININES 1   Chapitre 121 : Le Bain 2

    Je vois le regard de Lyanna s'assombrir. Ses pupilles se dilatent, presque imperceptiblement. Sa respiration s'accélère. Ses doigts se crispent sur les accoudoirs de son fauteuil. Elle se retient. Je le vois. Elle lutte contre son propre désir.— Selma, à ton tour, murmure Maëlys sans se retourner.Selma obéit en tremblant. Ses doigts frêles sont incapables de défaire les boutons de sa chemise. Elle essaie, s'énerve, ses mains s'emmêlent. Des larmes de frustration coulent sur ses joues.— Je n'y arrive pas, murmure-t-elle d'une voix brisée. Je n'y arrive pas.Evy s'approche doucement, sans menace, comme on s'approche d'un animal effarouché. Ses pas sont lents, mesurés, ses mains bien visibles.— Laisse-moi t'aider, petite colombe. Tu trembles trop, tes doigts sont gelés. Je ne te ferai pas de mal. Je te le promets.Elle défait les boutons un à un, ses doigts agiles effleurant à peine le tissu. Le chemisier glisse, dévoi

บทอื่นๆ
สำรวจและอ่านนวนิยายดีๆ ได้ฟรี
เข้าถึงนวนิยายดีๆ จำนวนมากได้ฟรีบนแอป GoodNovel ดาวน์โหลดหนังสือที่คุณชอบและอ่านได้ทุกที่ทุกเวลา
อ่านหนังสือฟรีบนแอป
สแกนรหัสเพื่ออ่านบนแอป
DMCA.com Protection Status