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LIAISONS FÉMININES 1
LIAISONS FÉMININES 1
Penulis: Déesse

Chapitre 1 - LA CAPTIVE DU MAGNAT

Penulis: Déesse
last update Tanggal publikasi: 2026-03-16 18:52:12

 Élena

Ce matin, je me réveille dans notre appartement du neuvième arrondissement, et la première chose que je vois, c'est la place vide à côté de moi. Les draps sont encore froissés, l'oreiller porte encore l'empreinte de sa tête, mais Thomas est déjà parti. Comme toujours.

Je tends la main vers son côté du lit. Tiède. Pas froid, juste tiède. C'est exactement comme notre relation, je réalise soudain :  tiède , pas froide, pas brûlante. Juste... confortablement tiède.

Je me lève, j'enfile mon peignoir, je traîne mes pieds nus sur le parquet qui grince. La cuisine sent le café, et sa tasse est encore sur la table, à moitié pleine. Je la touche. Elle est tiède, elle aussi. Tiède, toujours tiède.

Quatre ans que nous sommes ensemble. Quatre ans que nos vies se sont installées dans cette routine douillette, comme un vieux canapé dans lequel on s'enfonce sans même y penser. On se dit je t'aime en passant, machinalement, comme on dit bonjour ou merci au boulanger. On fait l'amour le samedi soir parce que c'est le jour prévu, et parfois on le reporte parce qu'on est fatigués, et ça n'a pas d'importance. On regarde la télévision sans vraiment se parler, chacun sur son téléphone, chacun dans sa bulle.

Est-ce que c'est ça, l'amour après quatre ans ? Est-ce que c'est ça, être adulte ? Accepter que la passion s'éteigne doucement, comme une bougie qu'on a oublié d'éteindre ?

Je secoue la tête. Pourquoi je pense à ça, ce matin ? Pourquoi aujourd'hui, ce vide soudain dans ma poitrine, ce sentiment que quelque chose manque ?

Parce que je suis au chômage depuis six mois, voilà pourquoi. Parce que je passe mes journées à envoyer des CV qui finissent dans des trous noirs, à passer des entretiens qui n'aboutissent jamais, à regarder mon compte en banque fondre comme neige au soleil. Parce que Thomas paie presque tout, et qu'il ne dit rien, mais je le vois regarder les relevés, je le vois serrer les dents.

Assistante juridique sans boulot, sans perspective, sans espoir. À trente ans bientôt, je devrais être installée, stable, enceinte peut-être, comme mes copines de fac. Au lieu de ça, je suis là, dans ma cuisine, à toucher une tasse de café tiède en me demandant où j'ai merdé.

Mon téléphone sonne. Je réponds par automatisme, sans même regarder l'écran.

— Élena Dubois ?

— Elle-même.

La voix est féminine, professionnelle, avec un léger accent que je ne peux pas identifier. Russe, peut-être.

— Ici Irina Petrova, directrice des ressources humaines de Volkov Industries. Pouvons-nous vous rencontrer cet après-midi pour un poste d'assistante personnelle ?

Volkov Industries.

Je reste figée, le téléphone collé à l'oreille. Volkov Industries, l'empire. Le genre de boîte dont on lit les exploits dans Les Échos sans jamais imaginer y mettre un pied. Des milliards, des immeubles partout dans le monde, des articles qui parlent de méthodes impitoyables, de rachats hostiles, de destructions de concurrents.

Et à la tête de tout ça, Adriana Volkov.

Je l'ai vue une fois, en photo, dans un magazine. Une femme brune, belle d'une beauté froide, habillée de noir, qui regardait l'objectif comme si elle voyait à travers. Trente-cinq ans, célibataire, sans enfants, sans histoire. La milliardaire la plus mystérieuse de Paris. Celle dont on dit qu'elle a bâti son empire toute seule après la mort de son père, qu'elle est impitoyable, qu'elle ne sourit jamais.

Pourquoi est-ce que mon cœur s'emballe un peu en pensant à elle ?

Je regarde mon jean usé, mon t-shirt froissé, mes cheveux attachés à la hâte. Je suis ridicule. Je n'ai aucune chance.

— Cet après-midi ? Bien sûr, oui, tout à fait.

— Parfait. 14h30, au siège. Ne soyez pas en retard. Mme Volkov déteste les retards.

Elle raccroche sans attendre de réponse. Je reste là, le téléphone toujours collé à l'oreille, à fixer le mur blanc de ma cuisine. Le mur blanc, l'évier plein, la plante morte sur le rebord de la fenêtre. Ma vie.

14h30. Il est 9h. J'ai le temps.

Je file sous la douche. L'eau chaude me réveille, me fait du bien. Je ferme les yeux, et je vois une femme brune en tailleur noir. Pourquoi je pense à elle ? Je ne la connais pas. Je ne l'ai jamais rencontrée. C'est juste une photo dans un magazine.

Je me savonne lentement, mes mains glissent sur ma peau, et je pense à ses mains à elle. À quoi elles ressemblent ? À quoi elles touchent ? Je rouvre les yeux brusquement, je coupe l'eau. Je suis ridicule.

Je fouille ma garde-robe, je trouve le seul tailleur décent qui me reste. Il est noir, un peu démodé, les épaulettes sont trop larges, la jupe est trop longue. Mais il est propre, repassé, et il fera l'affaire. Je me maquille à la hâte, un peu de mascara, un peu de rouge à lèvres discret. Je me regarde dans le miroir de la salle de bain.

Mes yeux sont marron, ordinaires. Mes cheveux sont châtains, ordinaires. Mon visage est quelconque, ordinaire. Rien en moi ne mérite qu'une milliardaire me regarde.

— Tu n'as aucune chance, je murmure à mon reflet.

Mais j'y vais quand même. Parce que je n'ai rien à perdre.

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