LOGINAdriana
— Elle est là.
Irina entre sans frapper, comme toujours. Je lève les yeux de mon ordinateur.
— Alors ?
— Timide. Mal habillée. Nerveuse.
Je hoche la tête. Rien d'extraordinaire, donc.
— Mais il y a quelque chose.
Je fronce les sourcils. Irina n'est pas du genre à faire des commentaires gratuits.
— Quoi ?
— Je ne sais pas. Ses yeux. Elle a des yeux... clairs. Elle regarde les choses vraiment, pas à travers.
Je réfléchis une seconde. Qu'est-ce que ça veut dire, avoir des yeux clairs qui regardent vraiment ?
— Faites-la entrer.
Irina sort. Je me lève, je vais à la fenêtre, je regarde Paris sans le voir. Pourquoi est-ce que je suis nerveuse ? Je ne suis jamais nerveuse. Je passe des entretiens tous les mois, je reçois des candidats toutes les semaines, je juge, j'évalue, je décide, et je n'ai jamais de doute.
Pourquoi aujourd'hui ?
La porte s'ouvre.
Je me retourne.
Et je la vois.
Elle est là, debout dans l'encadrement de la porte, et elle est exactement comme sur la photo, mais en même temps complètement différente. Sur la photo, elle souriait timidement. Là, elle ne sourit pas. Elle a peur. Ses mains sont serrées l'une contre l'autre, ses épaules sont légèrement voûtées, et ses yeux...
Ses yeux sont marron. Pas clairs du tout. Ils sont d'un marron profond, presque noisette, avec des reflets dorés quand la lumière les touche. Et ils me regardent vraiment. Comme Irina a dit. Ils ne me fuient pas, ils ne se baissent pas, ils ne font pas semblant. Ils me regardent, moi, vraiment.
Je soutiens son regard une seconde, deux secondes, trois. Elle ne détourne pas les yeux. Elle a peur, je le vois, mais elle ne fuit pas. Intéressant.
Je parcours son corps du regard, lentement, méthodiquement. C'est ce que je fais toujours, pour déstabiliser, pour tester. Son tailleur est trop grand, mal coupé, démodé. Ses chaussures sont usées. Ses cheveux sont attachés simplement, sans recherche. Rien en elle n'est remarquable.
Pourtant, je ne peux pas détourner les yeux.
— Asseyez-vous.
Ma voix sort plus grave que d'habitude. Elle obéit immédiatement, sans hésiter, et je note ça aussi. L'obéissance immédiate. Rare.
Je reste debout une minute de plus, à la regarder. Elle soutient mon regard, mais sa respiration s'accélère. Je vois sa poitrine se soulever plus vite, je vois une goutte de sueur perler à sa tempe. Elle a chaud. Elle a peur. Mais elle ne fuit pas.
Je m'assois enfin.
Silence.
Je la regarde encore. Ses joues rosissent légèrement. Sa lèvre inférieure tremble à peine. Ses doigts se crispent sur ses genoux. Elle est vulnérable, complètement vulnérable, offerte à mon regard sans rien pour se protéger.
Et j'aime ça. Je ne devrais pas, mais j'aime ça.
— Élena Dubois.
— Oui.
Sa voix est plus grave que je ne l'imaginais. Chaude. Presque rauque. Je me demande comment elle crie. Comment elle gémit.
Je chasse cette pensée immédiatement.
— Assistante juridique. Six mois de chômage. Logée dans le neuvième avec un compagnon, Thomas, commercial dans une startup.
Je récite les informations sans la quitter des yeux. Elle tressaille à peine quand je prononce le nom de Thomas. Intéressant, encore.
— Vous avez besoin de ce travail.
— Oui.
— Je ne vous demande pas votre histoire. Je vous pose une seule question.
Je me lève. Je contourne le bureau lentement, comme un prédateur qui s'approche de sa proie sans vouloir l'effrayer. Elle me suit des yeux, immobile. Son parfum m'atteint avant moi – un parfum simple, de supermarché probablement, mais qui sur elle sent... bon. Chaud. Humain.
Je m'arrête à un mètre d'elle. Je pourrais tendre la main et toucher son visage. Je pourrais voir si sa peau est aussi douce qu'elle en a l'air.
— Savez-vous obéir ?
Ses yeux s'écarquillent légèrement. Sa bouche s'ouvre, puis se referme. Elle cherche ses mots, ne les trouve pas. Je vois le combat en elle, la question qui tourne, l'incompréhension, et puis...
— Oui.
Le mot sort tout seul, comme arraché. Comme si ce n'était pas elle qui décidait, mais quelque chose de plus profond, de plus primaire. Obéir. Elle a dit oui sans savoir à quoi.
Je sens quelque chose bouger en moi. Un frisson, un échauffement, je ne sais pas. Je ne veux pas savoir.
— Vous êtes engagée.
Je retourne derrière mon bureau, je sors les papiers du tiroir. Mes mains sont parfaitement stables. Je ne montre rien. Je ne montre jamais rien.
— Irina vous expliquera les détails contractuels. Vous commencez demain, 7h30 précises. Ne soyez pas en retard.
Elle se lève. Elle vacille à peine. Elle sort sans un mot, sans un regard en arrière.
Je reste seule dans le silence.
Pourquoi est-ce que mon cœur bat plus vite ? Pourquoi est-ce que je sens encore son parfum ? Pourquoi est-ce que je pense à ses yeux, à sa bouche, à sa façon de dire oui ?
Je prends mon téléphone, j'appelle Irina.
— Elle est prise. Préparez son contrat.
Je raccroche. Je retourne à la fenêtre. Paris est toujours là, docile à mes pieds.
Mais pour la première fois depuis longtemps, je ne vois pas Paris. Je vois des yeux marron avec des reflets dorés.
Son visage disparaît entre mes cuisses. Sa bouche trouve mon intimité, et je pousse un cri que j'étouffe dans ma main. Sa langue est chaude, agile, curieuse. Elle me goûte avec une lenteur appliquée, comme si elle savourait un mets délicat. Elle explore chaque repli, chaque creux, chaque point sensible. Ses lèvres aspirent doucement mon clitoris. Ses doigts s'enfoncent en moi, un, puis deux, les bougent avec une lenteur experte.— C'est bon, je gémis. Mon Dieu, c'est bon. Ne t'arrête pas. S'il te plaît, ne t'arrête pas.Elle ne s'arrête pas. Elle accélère le rythme. Sa langue et ses doigts travaillent ensemble, en symbiose parfaite. La pression monte dans mon ventre, irrésistible, dévastatrice. Je n'ai jamais rien ressenti de tel. C'est comme si tout mon corps n'était plus qu'une seule terminaison nerveuse, qu'un seul point de plaisir.L'orgasme me frappe par surprise. Une vague de plaisir pur qui me submerge, qui m'emporte, qui efface tout. Je c
SelmaEvy est différente des autres. Là où Lyanna est intense, brûlante comme un brasier, et Sybille glaciale comme un vent d'hiver, Evy est chaleureuse. Solaire. Elle me parle doucement, elle me sourit, elle me fait rire parfois avec ses plaisanteries absurdes et ses mimiques enfantines. Elle ne me force à rien. Elle ne me regarde pas comme une proie, comme un objet de désir. Elle me regarde comme une personne. Comme une amie. Et c'est peut-être pour ça que je commence à baisser ma garde.Ce matin, elle m'a emmenée dans la serre derrière le chalet. Je ne savais même pas qu'elle existait. C'est un endroit magique, caché derrière un mur de pierre, accessible par une porte dérobée que je n'avais jamais remarquée. Une bulle de verdure et de chaleur au milieu de l'hiver.La neige crisse sous nos pas, mais à l'intérieur, il fait chaud. Presque tropical. L'air est humide, chargé de parfums végétaux : terre mouillée, fleurs écloses, herbes aromatiques. Des p
Je prends ses mains dans les miennes. Elles sont glacées, malgré la chaleur du feu qui crépite dans la cheminée. Glacées et tremblantes. Je les porte à mes lèvres et dépose un baiser sur chacun de ses doigts, sur ses paumes calleuses, sur l'intérieur fragile de ses poignets. Je sens son pouls qui s'accélère sous mes lèvres. Sa respiration devient plus courte, plus hachée.— Sybille, murmure-t-elle d'une voix rauque.— Oui. Dis mon nom encore. J'aime la façon dont tu le dis.— Sybille.Je remonte le long de son bras, mes lèvres traçant un chemin de baisers jusqu'à son épaule, jusqu'à sa clavicule, jusqu'à son cou. Sa peau a le goût du sel et de la neige. Elle frissonne sous mes caresses. Sa tête retombe en arrière, sa gorge s'expose, offerte.— Embrasse-moi, dit-elle. Maintenant.Nos lèvres se rencontrent, et c'est un choc. Un brasier qui s'allume dans la glace. Un volcan qui entre en éruption sous la neige. Son baiser e
Son souffle chaud caresse ma nuque. Ses lèvres effleurent ma peau, à peine un contact, une promesse de baiser. Mes tétons durcissent sous ma tunique. Une chaleur humide pulse entre mes cuisses. Mon corps me trahit, et elle le sait. Elle le sent.— Je ne suis pas attirée par les femmes, je murmure. Les mots sont faibles, peu convaincants.— Menteuse. Ton corps dit le contraire. Je le sens. Je le goûte presque dans l'air. Tu es trempée pour moi, Maëlys. Tu peux mentir avec tes lèvres, mais pas avec ton corps.Sa main glisse sur ma hanche, contourne ma cuisse, remonte lentement vers mon ventre. Chaque centimètre est une torture exquise. Chaque effleurement est une promesse de plaisir. Je me cambre malgré moi. Ma tête retombe contre son épaule. Ma respiration est hachée, irrégulière.— Regarde comme tu es belle quand tu t'abandonnes, souffle-t-elle contre ma tempe. Regarde comme ton corps s'ouvre à moi.Ses doigts écartent doucement mes
Nous retournons dans la pièce principale, où un repas nous attend. Du ragoût fumant, du pain frais, du fromage, des fruits secs. Nous mangeons en silence, trop affamées pour parler. Les louves nous observent, assises à l'autre bout de la table. Elles ne mangent pas. Elles se contentent de nous regarder. — Vous ne mangez pas ? demande Maëlys entre deux bouchées. — Nous avons déjà chassé cette semaine, répond Lyanna. Nous n'avons pas faim. Pas de nourriture, en tout cas. Le sous-entendu est clair. Leur faim est d'une autre nature. Et nous en sommes l'objet. Quand nous avons terminé, Sybille nous conduit à notre chambre. C'est une pièce spacieuse, avec un grand lit à baldaquin assez large pour nous trois. Des draps propres sentent la lavande. Un feu crépite dans une petite cheminée. Des bougies sont disposées sur la table de chevet. — La salle de bain est au bout du couloir, dit Sybille. Si vous avez
Je vois le regard de Lyanna s'assombrir. Ses pupilles se dilatent, presque imperceptiblement. Sa respiration s'accélère. Ses doigts se crispent sur les accoudoirs de son fauteuil. Elle se retient. Je le vois. Elle lutte contre son propre désir.— Selma, à ton tour, murmure Maëlys sans se retourner.Selma obéit en tremblant. Ses doigts frêles sont incapables de défaire les boutons de sa chemise. Elle essaie, s'énerve, ses mains s'emmêlent. Des larmes de frustration coulent sur ses joues.— Je n'y arrive pas, murmure-t-elle d'une voix brisée. Je n'y arrive pas.Evy s'approche doucement, sans menace, comme on s'approche d'un animal effarouché. Ses pas sont lents, mesurés, ses mains bien visibles.— Laisse-moi t'aider, petite colombe. Tu trembles trop, tes doigts sont gelés. Je ne te ferai pas de mal. Je te le promets.Elle défait les boutons un à un, ses doigts agiles effleurant à peine le tissu. Le chemisier glisse, dévoi
YséLa cabane est plus grande à l'intérieur qu'elle n'en a l'air. C'est un véritable labyrinthe de couloirs et de pièces qui s'étend sur deux étages, bien plus vaste que ce que laissait deviner la façade. Les murs sont en rondins sombres, polis par le temps, décorés de tentures aux
Nous franchissons le seuil. La porte se referme derrière nous avec un claquement sourd qui résonne dans ma poitrine comme le couperet d'une guillotine. L'air chaud de l'intérieur m'enveloppe, chargé d'odeurs de bois brûlé, de cannelle et de musc féminin. Mes doigts gourds commencent à picote
Titre : Les Captives du Désir Trois femmes, liées par un secret ancestral, sont capturées et retenues dans un repaire isolé par trois femmes louves dominantes. Dans cet univers, les louves règnent en maîtresses absolues, et la cohabitation forcée va révéler des tensions brûlan
Élena Cinq ans plus tard. Le jardin de la maison de campagne resplendit sous le soleil de juin, ce même mois qui a vu notre mariage il y a cinq ans. C'est une vieille bâtisse en pierre que nous avons achetée il y a trois ans, après d







