LOGINLes mots sortent d'un coup, en vrac, sans ordre, sans filtre. Ils sont là depuis des jours, coincés dans ma gorge, et maintenant ils explosent, ils se libèrent, ils s'envolent vers elle.
— Moi aussi. Je t'aime plus que tout. Plus que ma vie. Plus que ma raison. Plus que ma fierté.
On se rejoint.
Nos mains se touchent.
Ses doigts sont froids. Les miens aussi. Mais ensemble, ils créent une chaleur, une éti
Il apporte les plats. Un rôti, parfaitement cuit, encore fumant. Des légumes rôtis, carottes, pommes de terre, panais. Une sauce brune, onctueuse, qui sent le vin et les champignons.Mon plat préféré. Celui que sa mère lui a appris à faire. Celui qu'il prépare pour les grandes occasions. Les anniversaires. Les réussites. Les moments importants.— C'est magnifique, dis-je.— Merci.Il s'assied en face de moi.Ses yeux brillent. Il est nerveux. Je le vois à ses mains qui tremblent légèrement sur la nappe. À sa voix qui hésite, qui cherche ses mots. À sa pomme d'Adam qui monte et descend quand il avale sa salive.— Élena, dit-il.— Oui ?— Ça fait dix ans qu'on est ensemble.Sa voix est grave. Solennelle. Comme s'il prononçait un discours qu'il a r&eac
Je perds pied. Je perds connaissance. Je ne suis plus qu'un corps qui tremble, qu'une bouche qui crie, qu'un cœur qui bat pour elle.Elle ne s'arrête pas.Ses doigts continuent. Plus doucement maintenant, mais sans s'arrêter. Elle me prolonge. Elle me fait durer. Elle me garde dans cet état second, entre plaisir et douleur, entre conscience et extase.Sa bouche descend sur mes seins, mon cou, mes lèvres.— Encore, dit-elle.— Adriana... je ne peux pas...— Si. Tu peux. Encore une fois. Pour moi. Pour nous.— Adriana...— Encore. Je veux encore.Elle me retourne.Mes mains s'agrippent à l'accoudoir du canapé. Mes genoux s'enfoncent dans les coussins. Mes fesses se lèvent vers elle.Ses mains sur mes hanches. Fermes. Autoritaires. Qui me maintiennent en place.Sa bouche sur ma nuque. Des baisers humides, br
Les mots sortent d'un coup, en vrac, sans ordre, sans filtre. Ils sont là depuis des jours, coincés dans ma gorge, et maintenant ils explosent, ils se libèrent, ils s'envolent vers elle.— Moi aussi. Je t'aime plus que tout. Plus que ma vie. Plus que ma raison. Plus que ma fierté.On se rejoint.Nos mains se touchent.Ses doigts sont froids. Les miens aussi. Mais ensemble, ils créent une chaleur, une étincelle, un feu.Nos doigts s'entrelacent. Lentement, précautionneusement, comme si on avait peur que l'autre se brise. Ses doigts s'enroulent autour des miens, les serrent, les pressent.Nos corps se rapprochent.— Ferme la porte à clé, murmure-t-elle.Sa voix est chaude maintenant. Pleine de promesses. Pleine de désir.Je me retourne. Je tourne la clé dans la serrure. Le bruit résonne dans le silence. Un bruit d&
Au bureau, je croise Sophie. Elle me voit arriver avec les fleurs et ses yeux s'arrondissent.— C'est pour... ? demande-t-elle.— Élena. Tu les déposes sur son bureau. Maintenant.— Tout de suite, Adriana.— Et Sophie ?— Oui ?— Ne dis pas que c'est de moi. Elle saura.Sophie sourit. Elle prend le bouquet, disparaît dans le couloir. Elle ne pose pas de questions. Elle sait. Tout le monde sait, probablement. Les regards insistants dans les couloirs. Les chuchotements. Les sourires entendus.Je m'en fous.Je m'enferme dans mon bureau. Je ne peux pas travailler. Je ne peux pas faire semblant. Je ne peux rien faire d'autre qu'attendre.J'attends devant mon téléphone. Les minutes sont des heures. Les heures sont des jours.Je regarde l'écran. Rien.Je regarde la porte. Rien.Je regarde l'écran. Rien.
AdrianaLundi matin, 6h32.Je n'ai pas dormi.Je n'ai pas dormi depuis jeudi soir. Quatre nuits. Quatre nuits à regarder le plafond, à compter les heures, à ressasser les mêmes pensées. Quatre nuits à pleurer jusqu'à ce que mes yeux soient secs, rouges, douloureux.Je n'ai pas mangé. Pas vraiment. Quelques bouchées par-ci par-là, pour faire semblant, pour que Sophie ne s'inquiète pas. Mais la nourriture n'a pas de goût. Plus rien n'a de goût.Je n'ai pas vécu. Je suis un zombie. Un corps vide. Une âme en peine. Un cœur qui continue de battre par réflexe, par habitude, pas par envie.Je suis allongée dans mon lit, dans ce lit où elle était il y a quatre nuits. Je respire son odeur. Elle est encore là, dans les draps, dans les oreillers, dans mes souvenirs. Je ferme les yeux et je la sens.
Et je pense à lui. À sa gentillesse. À sa patience. À son amour inconditionnel. À tout ce qu'il m'a donné. À tout ce qu'il continue de me donner sans rien demander en retour.Je suis un monstre. Une femme monstrueuse. Je ne mérite ni lui ni elle. Je ne mérite personne.— Tu es belle aujourd'hui, dit Thomas en posant sa main sur la mienne.Son contact me fait sursauter. Je retire ma main, doucement, prétextant aller chercher le sucre. Il ne dit rien. Mais je vois l'ombre qui passe dans ses yeux. Il a compris. Il a toujours compris. Il fait semblant, lui aussi.— Merci, dis-je en revenant avec la boîte à sucre que je n'avais pas besoin d'aller chercher.— On pourrait sortir ? Aller au cinéma ? Ou dîner quelque part ? Un restaurant. Un vrai. Avec des nappes blanches et des serveurs en costume.— Pas ce soir, Thom
Elle me regarde. Calme. Pas surprise. Pas fâchée.— Pourquoi ?— Parce que... Thomas. Parce que je ne sais pas. Parce que j'ai peur.— Peur de quoi ?— De vous. De moi. De ce qu'on devient. De ce que je deviens.
AdrianaElle est partie. Je reste seule dans la salle de réunion, et je souris.J'aime jouer avec elle. J'aime la voir trembler, rougir, perdre tous ses moyens. J'aime ce pouvoir que j'ai sur elle, cette capacité à la réduire à l'état de d&e
AdrianaElle est partie.Je reste là, au milieu de mon bureau, à toucher mes lèvres du bout des doigts. Elles sont encore chaudes, encore imprégnées d'elle.Je l'ai embrassée. J'ai craqué. J'ai fait exactement ce que je m'étais promis de ne pas faire.Et je ne regrette rien.Ses lèvres étaient douc
Elena Son regard parcourt mon visage, s'attarde sur mes lèvres, remonte vers mes yeux. Je sens mon souffle s'accélérer. Je sens mon corps qui répond à sa présence, à son regard, à ce magnétisme impossible à nier.— Vous pouvez disposer.Sa voix est plus douce. Ou peut-être que je l'imagine.Je sor







