تسجيل الدخولÉlena
Elle se lève, contourne le bureau et vient vers moi. Je recule d’un pas. C’est un geste instinctif, une protection. Ses yeux se voilent de douleur quand elle le remarque.
— Ne fais pas ça, murmure-t-elle. Ne me repousse pas.— Alors dis-moi la vérité. Que fait-elle ici ? Pourquoi est-ce que tu ne m’en as pas parlé ? Depuis quand tu sais qu’elle est réapparue dans le paysageÉlenaLa question reste sans réponse. Sophie baisse la tête, impuissante. Je repars, un goût de cendre dans la bouche. La distance entre Adriana et moi n’est plus seulement physique. C’est un gouffre émotionnel. Elle gère une crise avec son ex-femme, et moi, je suis reléguée au rang de spectatrice impotente. Je ne suis plus sa partenaire, je suis une variable dans son équation, un bruit de fond qu’elle doit ignorer pour pouvoir se concentrer sur l’essentiel.L’essentiel, ce soir-là dans ma tête, ce n’est plus moi.Je rentre chez Thomas, ce qui est une nouvelle forme de défaite. L’appartement est silencieux. Il est sorti, ou il s’est couché tôt. Je ne sais même pas. Je m’enferme dans la chambre d’amis, celle qui me sert de débarras pour mes remords. Je prends mon téléphone.
ÉlenaElle se lève, contourne le bureau et vient vers moi. Je recule d’un pas. C’est un geste instinctif, une protection. Ses yeux se voilent de douleur quand elle le remarque.— Ne fais pas ça, murmure-t-elle. Ne me repousse pas.— Alors dis-moi la vérité. Que fait-elle ici ? Pourquoi est-ce que tu ne m’en as pas parlé ? Depuis quand tu sais qu’elle est réapparue dans le paysage ?Ma voix déraille. Je suis pathétique, et je le sais. Je suis en pyjama mental, en train d’accuser l’amour de ma vie à cause d’une photo promotionnelle. Mais la peur ne se raisonne pas. La peur me chuchote qu’Adriana a un passé trop lourd pour moi, que je suis trop fragile, trop hésitante, et qu’il est tellement plus simple pour elle de retourner vers cette femme sculpturale qui ne doute de rien.— Nata
ÉlenaMardi matin, 9h42. La machine à café émet son râle habituel, un bruit de gorge mécanique qui me tape sur les nerfs. Je n’ai pas dormi. Ou si peu. Trois heures, peut-être, à me retourner dans le lit conjugal, la bague de fiançailles de Thomas brûlant un trou dans le bois de la table de chevet où je l’ai laissée. Il ne l’a pas remise dans sa poche. Il l’a laissée là, exposée, comme une question permanente. Un reproche silencieux.Je me suis levée avant lui. Je n’ai pas pu le regarder en face. Chaque fois que je croise son regard, je vois l’espoir qui s’accroche encore, et ma culpabilité qui l’étouffe lentement.Je tiens ma tasse de café comme une bouée. La chaleur traverse la céramique bon marché et me brûle presque les paumes. C’est une sensation concrète, réelle, dans un monde qui me semble de plus en plus flou. Je suis la première à la machine, la seule dans la petite cuisine du troisième étage. Le bruit des bureaux est encore lointain, une rumeur assourdie de photocopieurs et
Il apporte les plats. Un rôti, parfaitement cuit, encore fumant. Des légumes rôtis, carottes, pommes de terre, panais. Une sauce brune, onctueuse, qui sent le vin et les champignons.Mon plat préféré. Celui que sa mère lui a appris à faire. Celui qu'il prépare pour les grandes occasions. Les anniversaires. Les réussites. Les moments importants.— C'est magnifique, dis-je.— Merci.Il s'assied en face de moi.Ses yeux brillent. Il est nerveux. Je le vois à ses mains qui tremblent légèrement sur la nappe. À sa voix qui hésite, qui cherche ses mots. À sa pomme d'Adam qui monte et descend quand il avale sa salive.— Élena, dit-il.— Oui ?— Ça fait dix ans qu'on est ensemble.Sa voix est grave. Solennelle. Comme s'il prononçait un discours qu'il a r&eac
Je perds pied. Je perds connaissance. Je ne suis plus qu'un corps qui tremble, qu'une bouche qui crie, qu'un cœur qui bat pour elle.Elle ne s'arrête pas.Ses doigts continuent. Plus doucement maintenant, mais sans s'arrêter. Elle me prolonge. Elle me fait durer. Elle me garde dans cet état second, entre plaisir et douleur, entre conscience et extase.Sa bouche descend sur mes seins, mon cou, mes lèvres.— Encore, dit-elle.— Adriana... je ne peux pas...— Si. Tu peux. Encore une fois. Pour moi. Pour nous.— Adriana...— Encore. Je veux encore.Elle me retourne.Mes mains s'agrippent à l'accoudoir du canapé. Mes genoux s'enfoncent dans les coussins. Mes fesses se lèvent vers elle.Ses mains sur mes hanches. Fermes. Autoritaires. Qui me maintiennent en place.Sa bouche sur ma nuque. Des baisers humides, br
Les mots sortent d'un coup, en vrac, sans ordre, sans filtre. Ils sont là depuis des jours, coincés dans ma gorge, et maintenant ils explosent, ils se libèrent, ils s'envolent vers elle.— Moi aussi. Je t'aime plus que tout. Plus que ma vie. Plus que ma raison. Plus que ma fierté.On se rejoint.Nos mains se touchent.Ses doigts sont froids. Les miens aussi. Mais ensemble, ils créent une chaleur, une étincelle, un feu.Nos doigts s'entrelacent. Lentement, précautionneusement, comme si on avait peur que l'autre se brise. Ses doigts s'enroulent autour des miens, les serrent, les pressent.Nos corps se rapprochent.— Ferme la porte à clé, murmure-t-elle.Sa voix est chaude maintenant. Pleine de promesses. Pleine de désir.Je me retourne. Je tourne la clé dans la serrure. Le bruit résonne dans le silence. Un bruit d&
Elle me regarde. Calme. Pas surprise. Pas fâchée.— Pourquoi ?— Parce que... Thomas. Parce que je ne sais pas. Parce que j'ai peur.— Peur de quoi ?— De vous. De moi. De ce qu'on devient. De ce que je deviens.
AdrianaJ'entre sans faire de bruit.C'est un talent que j'ai développé enfant, pour surprendre ma mère, pour échapper à mon père, pour me fondre dans les murs quand il le fallait. Aujourd'hui, ce talent me sert à la voi
AdrianaElle est partie. Je reste seule dans la salle de réunion, et je souris.J'aime jouer avec elle. J'aime la voir trembler, rougir, perdre tous ses moyens. J'aime ce pouvoir que j'ai sur elle, cette capacité à la réduire à l'état de d&e
Elena Son regard parcourt mon visage, s'attarde sur mes lèvres, remonte vers mes yeux. Je sens mon souffle s'accélérer. Je sens mon corps qui répond à sa présence, à son regard, à ce magnétisme impossible à nier.— Vous pouvez disposer.Sa voix est plus douce. Ou peut-être que je l'imagine.Je sor