تسجيل الدخولDamianaLes années ont passé, douces et rapides, comme les vagues qui se succèdent sur la plage de Kerlaz. Awen a grandi, est devenue une jeune femme belle, intelligente, libre. Elle a quitté la maison bretonne pour faire ses études à Paris, puis est revenue s'installer dans la région, avec son compagnon, un garçon charmant qui la respecte et l'aime. Le Cercle a continué de grandir, de se transformer, de s'étendre. Des dizaines de Cercles similaires ont vu le jour, un peu partout en France, inspirés par notre expérience, par notre philosophie, par notre amour. Et moi, j'ai vieilli. Nous avons tous vieilli.Marcus a des cheveux gris sur les tempes, des rides au coin des yeux, mais sa force est intacte, sa présence toujours aussi rassurante. Léna a quelques fils blancs dans sa chevelure sombre, des pattes-d'oie au coin des yeux, mais son regard brille toujours de la même intensité, de la même passion. Et moi, je suis devenue une vieille femme, une de ces vieilles femmes sages et apaisée
DamianaCinq ans. Cinq ans se sont écoulés depuis que Léna est entrée dans nos vies, depuis que le Cercle a été détruit, depuis que nous avons fui Paris pour nous installer en Bretagne. Cinq ans de bonheur, d'amour, de transformations. Cinq ans pendant lesquels nous avons reconstruit notre vie, créé une famille, réinventé le Cercle, écrit un livre, élevé une enfant. Cinq ans de paix, de joie, de plénitude.Aujourd'hui, nous célébrons cet anniversaire. Pas un anniversaire de mariage, pas un anniversaire de naissance, pas un anniversaire de rencontre. Non, nous célébrons l'anniversaire de notre résilience, de notre survie, de notre renaissance. Nous célébrons le chemin parcouru, les épreuves surmontées, les victoires remportées. Nous célébrons notre amour, notre famille, notre vie.La maison bretonne est pleine de vie, pleine de rires, pleine de lumière. Des amis sont venus nous rejoindre pour l'occasion, des amis du village, des membres du nouveau Cercle, des personnes qui nous ont sou
LénaAwen a six mois. Six mois de bonheur intense, de nuits écourtées, de biberons, de couches, de câlins, de pleurs et de rires. Six mois pendant lesquels nous avons appris à devenir parents, à nous organiser, à trouver notre équilibre à trois, puis à quatre.La maison bretonne s'est transformée. La petite pièce du haut, qui me servait de bureau, est devenue la chambre de l'enfant, repeinte dans des tons pastel, décorée de guirlandes de fanions, de peluches, de mobiles suspendus au plafond. Le salon est envahi de jouets, de tapis d'éveil, de transats, de poussettes. La cuisine est pleine de petits pots, de bavoirs, de stérilisateurs. Notre vie est rythmée par les horaires de bébé, par les tétées, les siestes, les bains, les promenades.Mais malgré le chaos apparent, nous avons réussi à créer un équilibre, un vrai équilibre, qui nous convient et qui rend Awen heureuse. Nous nous sommes réparti les rôles, non pas de façon rigide, mais de façon souple et naturelle. Marcus s'occupe de la
DamianaLe jour de l'accouchement arrive par une froide matinée de décembre, alors que le vent souffle en rafales sur la côte bretonne et que l'océan se déchaîne contre les rochers. Léna se réveille tôt, vers six heures, avec des contractions rapprochées, de plus en plus fortes, de plus en plus régulières. Marcus et moi, nous nous levons immédiatement, nous nous habillons à la hâte, nous préparons le sac de la maternité que nous avions prêt depuis des semaines.La voiture fonce sur les routes sinueuses de la Bretagne, vers la clinique de Quimper. Léna est assise à l'arrière, le visage crispé par la douleur, les mains posées sur son ventre énorme. Marcus conduit prudemment, malgré l'urgence, en lui murmurant des paroles rassurantes. Et moi, je suis assise à côté d'elle, je lui tiens la main, je lui parle doucement, je l'aide à respirer, à se détendre, à accueillir chaque contraction.— Tu es forte, Léna, dis-je. Tu es la femme la plus forte que je connaisse. Tu vas y arriver.— J'ai pe
LénaCela fait maintenant deux ans que nous vivons en Bretagne, deux ans que nous sommes mariés symboliquement, deux ans que nous avons fait renaître le Cercle sous une forme nouvelle. Deux ans de bonheur presque parfait, de travail, de rires, d'amour. Et aujourd'hui, j'ai une nouvelle à annoncer à Damiana et Marcus, une nouvelle qui va bouleverser nos vies à jamais.Je suis enceinte.Je l'ai appris hier, chez le médecin du village. J'étais allée le consulter pour une fatigue inhabituelle, des nausées matinales, des vertiges. Il m'a examinée, a fait des analyses, et m'a annoncé la nouvelle avec un sourire bienveillant. Je suis enceinte de six semaines. Le père est Marcus, évidemment, puisque nous n'avons pas de relations sexuelles avec d'autres hommes que lui.Depuis hier, je vis dans un état étrange, entre joie et angoisse, entre exaltation et terreur. Un enfant. Un petit être qui va naître de notre amour, qui va grandir entre nous, qui va faire de nous des parents. C'est une perspec
LénaLe nouveau Cercle organise une soirée d'accueil, un vendredi soir, dans une salle communale de Quimper. C'est une de ces soirées ouvertes à tous, où les curieux viennent découvrir notre philosophie, rencontrer les membres, poser des questions, se faire une idée. Nous avons préparé la salle avec soin, disposé des chaises en cercle, allumé des bougies, installé une petite table avec des rafraîchissements et des gâteaux faits maison. L'atmosphère est chaleureuse, conviviale, bienveillante.Une trentaine de personnes sont présentes, des visages nouveaux pour la plupart, mais aussi quelques habitués qui fréquentent nos ateliers depuis plusieurs mois. Damiana accueille les participants avec sa grâce habituelle, les met à l'aise, leur explique le déroulement de la soirée. Marcus s'occupe de l'intendance, sert les boissons, discute avec les uns et les autres. Et moi, je circule dans la salle, je me présente, j'échange quelques mots, je réponds aux questions.C'est alors que je la vois. U
MayaLe sommeil est un lac noir et profond où je flotte sans penser, sans rêver, sans exister, et puis quelque chose bouge contre mes lèvres, une pression légère d'abord, presque imperceptible, puis plus insistante, et ma conscience remonte des abysses par strates successives, d'abord la sensation
MayaJe ne sais pas quelle heure il est, peut-être trois heures du matin, peut-être quatre, peut-être une heure qui n'existe pas, une heure inventée par l'insomnie pour me torturer.Le parquet a cessé d'être froid, il est juste dur, minéral, implacable, et mes hanches commencent à me faire mal, une
Maya— La première clause, Maya, est la clause de silence, dit Victoria en se levant et en faisant le tour de son bureau, ses talons claquent sur le parquet comme des secondes qui s'égrènent dans un compte à rebours inexorable, et elle s'arrête devant moi, si proche que je peux sentir son parfum, u
MayaJe regarde mes comptes pour la dixième fois aujourd'hui, et le chiffre rouge ne change pas, il tourne dans ma tête comme un couteau qu'on retourne dans une plaie qui ne veut pas cicatriser, et je sais que je suis au bord du gouffre parce que le loyer est impayé depuis deux mois, le prêt étudia







