LOGINPoint de vue de Lana
Un frisson glacial me parcourut l'échine alors que la peur m'envahissait.
La porte était déjà ouverte, me permettant de m'enfuir vers la liberté, mais je fixais les deux frères debout devant moi, terrifiée.
Peu à peu, je secouai la tête, refusant de m'enfuir. Je ne suis pas idiote. Je savais ce qui m'attendait si je m'enfuyais.
Mes pieds se sont figés sur place. Je me tenais entre les deux frères et le chemin vers la liberté.
Qui ne ferait pas un pas vers la liberté ? Cet endroit est loin de ce que je voulais. Je devrais partir, mais les conséquences me coûteraient certainement la vie.
Adrian, grand et dangereux. Ses lèvres se sont étirées en un sourire crispé alors qu'il faisait un geste vers la porte.
« Qu'est-ce qui te retient ? Tu es libre de partir. »
« Non », murmurai-je, terrifiée.
Les yeux de Lucien, plus sombres que la nuit elle-même, brillaient d'amusement.
« Ah, elle est si mignonne. Elle ne veut pas nous quitter », se moqua-t-il d'une voix glaciale.
L'air était lourd et chargé d'angoisse. Puis la porte claqua, m'emprisonnant à l'intérieur avec les deux frères.
Mon cœur se mit à battre à tout rompre dans ma poitrine, et ma gorge s'assécha soudainement comme un désert.
Alors que Lucien saisissait un pistolet noir brillant sur la table de chevet et passait doucement ses mains sur la crosse, il fixa ses yeux froids sur moi.
« Alors, qu'est-ce que tu décides, Lana ? Tu es partante ou pas ? » demanda Lucien.
Je me tournai vers Adrian, les yeux suppliants, implorant son aide, n'importe quoi, ou mieux encore, sa compréhension. Il enfonça ses mains dans ses poches, le visage impassible et froid.
« S'il te plaît, il faut faire quelque chose. Je ne peux pas être mariée à deux frères. » Ma voix tremblait de peur.
Il y a quelques jours, j'avais accepté le fait d'avoir été vendue à Adrian comme sa propriété. Je n'avais jamais imaginé que j'avais été vendue pour deux.
Comment survivre à être ballottée entre deux frères comme si j'étais un jouet ?
N'est-ce pas ce que je suis ? Un jouet. Leur jouet, rien de plus.
Mon visage pâlit lorsque je vois Lucien appuyer sur la gâchette dans ma direction.
« C'est dommage. Je comptais sur toi pour utiliser ta tête », murmura Lucien d'une voix qui me donna la chair de poule. « Ce sera du gâchis. Ne t'inquiète pas, tu auras une tombe marquée. »
« Oui. Oui », ai-je laissé échapper. Forcée et poussée dans des arrangements scandaleux. Mes yeux se sont remplis de larmes, menaçant de couler.
Le visage d'Adrian s'est fendu d'un sourire vicieux. « Alors c'est réglé. Tu es à notre disposition pour notre satisfaction. »
Des larmes coulaient sur mes joues. Je les ai essuyées avec mon pouce. Ce n'est pas le moment de pleurer. De toute façon, mes larmes ne changeront rien, elles ne feront que gonfler leur ego et les pousser à me pousser au-delà de mes limites.
Lucien posa le pistolet sur la table de chevet et ôta sa chemise. Le tatouage sur sa poitrine serpentait autour de son torse comme un serpent.
« Viens vers moi, Foxy », m'invita-t-il en courbant les doigts. « Oui. C'est ton surnom. »
J'avais l'impression d'avoir oublié comment respirer.
Sentant mon hésitation, Adrian ricana. « Arrête de te comporter comme une vierge. Tu t'es donnée à moi hier soir comme si tu en avais envie. Maintenant, bouge ! »
Son ton glacial me poussa à agir. Je déglutis puis fis un pas, marchant vers les bras tendus de Lucien.
La force de ses bras a dissipé toutes mes hésitations. Ses lèvres se sont approchées de mon oreille, mordillant doucement mon lobe.
Une sensation de picotement m'a envahie.
J'aurais dû résister à son contact, mais je me suis retrouvée à m'abandonner sans éprouver de répulsion.
Son souffle chaud a effleuré mon visage tandis que son nez caressait ma joue, puis il a reniflé mon cou comme si j'étais une bouffée d'air frais.
« Tu sens bon », dit-il en pressant doucement son nez contre la peau chaude de mon cou. Ses mains sont fermement posées autour de ma petite taille.
Puis il passe sa langue sur mes joues. Je ferme les yeux.
« Ouvre les yeux, Lana », m'ordonne-t-il.
Je les ai ouvertes d'un geste rapide, mais sa main s'est refermée sur mon menton. « Tu vas te donner en spectacle pour moi », a-t-il dit d'une voix rauque. « Je veux te posséder entièrement. »
Cela m'a donné des frissons dans le dos. Je n'avais jamais été partagée entre deux hommes, encore moins entre deux frères.
« Qu'en dis-tu ? »
« Oui », ai-je murmuré.
« Dis que tu adores ça », a-t-il aboyé d'un ton sec.
« J'adore ça », ai-je répondu d'une voix cassée.
Il a pris mon visage entre ses mains et a écrasé ses lèvres sur les miennes, me dévorant tout en me cajolant.
Je posai mes mains sur les muscles fermes de son torse, mais il les repoussa et m'enlaça.
À ce moment-là, le téléphone d'Adrian se mit à sonner, brisant le silence de la pièce. Lucien ne cessa pas de m'embrasser, mais plongea sa langue dans ma bouche et je la suçai.
« Silas », dit Adrian.
Je n'ai pas pu entendre ce que disait la personne au bout du fil. J'ai perdu toute concentration lorsque la main de Lucien a atteint la fermeture éclair de ma robe.
Alors qu'il s'apprêtait à la baisser, la voix d'Adrian l'a interrompue.
« Lucien. On a besoin de nous. »
Lucien interrompt notre baiser, les yeux sombres. « Je déteste être interrompu. »
« C'est pour le travail. Nous devons y aller maintenant », dit Adrian d'un ton sec.
Le regard de Lucien s'attarda sur mes lèvres, son pouce effleura mes lèvres avant qu'il ne m'embrasse à nouveau.
Il recula et se dirigea vers son placard. Puis il enfila une autre chemise. Après cela, il prit son arme et la glissa dans son étui.
Je les regardai sortir, m'attendant presque à ce qu'ils m'enferment, mais cela ne se produisit pas.
Je poussai un soupir tremblant, puis m'affale sur le lit.
Je voulais sortir et retourner dans la chambre d'Adrian, mais j'avais peur de ce qui m'attendait derrière cette porte.
Et si c'était un piège ? Pour voir si je profiterais de l'occasion pour m'enfuir. Ils auraient alors toutes les raisons de m'achever.
Non. Je dois rester en vie, même si ma vie me semble sans valeur en ce moment.
Dans l'état actuel des choses, je ne suis pas sûr de mon sort. Que se passera-t-il si les frères ne veulent plus de moi ?
Point de vue de LanaLa chambre des bébés embaumait le talc et une odeur sucrée que je ne parvenais pas à identifier, mais que j'avais fini par associer exclusivement à eux.Je me tenais au bord de la pièce, dans le calme du petit matin, regardant les deux berceaux côte à côte contre le mur du fond. Les deux gars dormaient. Enfin. Il m'avait fallu près d'une heure à arpenter la pièce, à fredonner doucement et à faire preuve d'une patience insoupçonnée, jusqu'à ce qu'ils arrivent et me la réclament chaque jour.Zane était étendu sur le dos, les poings serrés de chaque côté de sa tête. Il dormait profondément, comme Adrian, comme si le monde pouvait s'écrouler autour de lui sans qu'il ne bouge d'un pouce.Kai avait déjà une jambe qui sortait de la couverture, agité même dans son sommeil. Celui-là allait être un chenapan. Je le savais déjà. Il avait l'énergie de Lucien, cette même incapacité à rester immobile, cette même impression qu'il se passait toujours quelque chose de plus intéress
Point de vue de Lana Je l'ai trouvé tard dans la nuit. Il se tenait dehors, près du mur de pierre qui longeait la propriété. Il me tournait le dos, les mains dans les poches, le regard perdu dans le noir au-delà du mur. Il ne m'avait pas entendue arriver. Je suis restée là un moment à l'observer. Il avait l'air épuisé. Une fatigue que le sommeil ne guérit pas. Le poids de tout ce qu'il avait porté ces derniers mois se lisait sur ses épaules, dans son immobilité, comme si le moindre mouvement lui demandait plus d'énergie qu'il n'en avait. Je me suis approchée. Il a entendu mes pas sur le gravier et s'est retourné. Quand il m'a reconnue, il n'a rien dit. Il m'a juste regardé m'avancer, le visage fermé et méfiant. J'ai arrêté à quelques pas. La nuit était fraîche et calme. Au-delà du mur, un oiseau de nuit a chanté une fois, puis s'est tu. J'avais répété ça une centaine de fois dans ma tête. Chaque version que j'imaginais sonnait faux. Trop comme une supplication. Trop comme des
Point de vue de Lana J'étais restée immobile depuis notre entrée, à regarder ma mère jouer la comédie. C'était bel et bien une performance. Le dos droit, les mains calmes, la voix posée. Je l'avais vue faire ça toute ma vie. Elle pouvait entrer dans n'importe quelle pièce et vous donner l'impression d'être aux commandes, même quand ce n'était pas le cas. Mais je la connaissais mieux que n'importe qui ici. J'ai marché jusqu'à me tenir à côté d'Adrian. Le regard de ma mère s'est posé sur moi. « Où est le dossier, maman ? » demandai-je. Ma voix était plus sûre que je ne l'aurais cru. Tellement assurée qu'Adrian m'a lancé un coup d'œil rapide. Ma mère m'a regardé longuement. Puis son expression changea. Une douceur se fit jour, comme toujours quand elle voulait quelque chose de moi. « Lana », dit-elle doucement. « Tu ne comprends pas tout ça. Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait parce que… » « Tu m'as tiré dessus », dis-je. Mes mots sont tombés à plat dans la pièce. Elle n'a pas
Point de vue d'Adrian Le trajet jusqu'au centre-ville de Xavier a duré un peu plus d'une heure. Assis en avant, la mâchoire serrée, les yeux rivés sur la route, j'ai constaté que Silas conduisait en silence. Il savait qu'il valait mieux se taire dans cet état. Du coin de l'œil, j'ai aperçu Foxy assise à l'arrière, à côté de Lucien. Elle fixait le paysage par la fenêtre, les mains sagement posées sur ses genoux. Son visage restait impassible, mais je percevais la tension dans ses épaules. Elle se contenait comme on le fait quand on est terrifié, mais qu'on refuse de le montrer. J'ai reporté mon attention sur la route. Les hommes de Lucien nous suivaient dans deux autres 4x4. Xavier avait confirmé qu'Elena était en sécurité à l'intérieur du centre. Aucune arme sur elle. Aucun renfort à l'horizon. Juste elle et le plan qu'elle échafaude encore dans sa tête. Je n'y croyais pas. Elena Moretti ne se laissait jamais prendre au hasard. Tout chez cette femme était calculé. Nous avons tra
Point de vue d'AdrianJe me tenais dans le cachot. L'air était saturé de l'odeur nauséabonde du sang qui imprégnait ma peau. Mes pensées étaient embrouillées par la colère qui me consumait depuis des jours.La mâchoire serrée, j'essuyais soigneusement le sang de mes mains avec un vieux chiffon.Chaque passage était délibéré : je frottais lentement entre mes doigts et sur mes articulations, m'assurant qu'il ne restait plus aucune trace de ce désordre.Mais malgré tous mes efforts, l'odeur métallique du sang persistait.Rose était encore solidement attachée à la chaise en bois en face de moi, son corps affaissé, épuisé et brisé.Du sang frais continuait de couler du coin de sa bouche, coulant lentement sur ses cuisses et formant de petites flaques sur le sol froid et dur.Soudainement, mon téléphone a sonné, brisant le silence. Sans hésiter, je laisse tomber le chiffon ensanglanté sur le plancher dans un bruit sourd et je sors mon téléphone de ma poche.Le nom affiché à l'écran m'est fa
Point de vue d'AdrianJe me tenais devant l'enceinte, le soleil me brûlant la peau alors que j'essayais de contenir la rage qui bouillonnait en moi.Chaque pas était plus lourd, la frustration grandissant à chaque minute. Mes bottes claquaient sur le gravier, soulevant des nuages de poussière à chaque foulée.J'avais passé des jours à chercher cette maudite île, à épuiser tous mes moyens, toutes mes ressources, tous mes contacts, toutes les menaces possibles. Et pourtant, rien. Pas le moindre indice, pas la moindre piste qui pourrait me rapprocher de cet endroit insaisissable.Les paroles de Lucien résonnaient dans ma tête. Il m'avait dit que Foxy ne savait pas où se trouvait l'île, et à ce moment-là, j'ai eu l'impression que mon monde s'écroulait un peu plus. Comment pouvait-elle l'ignorer?Je ne pouvais pas laisser passer cette occasion. L'île était là, quelque part, et je la trouverais.Le bruit d'un moteur a percé le brouhaha dans mes pensées.J'ai pris une pause, levant légèrem
Point de vue de LanaJ'ai ouvert les yeux dès que j'ai entendu le coup de feu.Mais ça ne s'est pas arrêté là, un autre coup de feu a retenti et j'ai bondi hors du lit, les yeux écarquillés de panique.Mon regard s'est mis à papillonner, mon cœur s'est mis à battre si fort que j'en avais le souffle
Point de vue d'AdrianJ'ai vu la panique briller dans ses yeux dès que nous sommes sortis. Elle devrait avoir peur. C'est ce que je recherche. Eh bien, le soulagement est la dernière chose à laquelle je m'attends lorsque nous sortons.Je veux qu'elle ait peur de tout, même l'air qu'elle respire dev
Lana. Je me suis figée, à moitié nue, la chemise d'Adrian glissant le long de mes bras. Mon cœur s'est mis à battre à tout rompre. Pendant une seconde, aucun de nous n'a bougé.Puis Adrian s'est placé devant moi, me protégeant avec cette même violence tranquille qui lui servait de seconde peau. «
Point de vue : AdrianElle est réveillée.J'entends le bruissement des draps de soie avant même qu'elle n'appelle. Lana bouge comme un animal blessé, lentement, prudemment. Il y a une marque rouge sur sa cuisse, là où je l'ai serrée trop fort la nuit dernière. Elle ne s'en est pas encore rendu comp







