LOGINC’était Damien Valore.
*Le* Damien Valore. Ophelia resta figée, incapable de bouger. Son cœur battait si fort qu’elle l’entendait résonner dans ses oreilles. La lumière de la lune dessinait les traits de son visage : la mâchoire carrée, les sourcils légèrement froncés, les yeux d’un brun presque doré qui la fixaient avec une intensité troublante. Il avait grandi. Beaucoup. Plus grand, plus large d’épaules, plus imposant. Et pourtant, quelque chose en lui lui était douloureusement familier. « Ophelia ? » Sa voix était plus grave qu’elle ne l’avait imaginée. Plus profonde. « Oui… » réussit-elle à articuler, la gorge serrée. Damien sembla un instant surpris lui aussi. Puis un léger sourire, presque hésitant, effleura ses lèvres. « Wow… c’est vraiment toi. Ça fait… longtemps. » Ophelia sentit ses oreilles s’aplatir d’elles-mêmes contre sa tête. Une vague de chaleur lui monta aux joues. Elle essaya de reculer d’un pas, juste pour reprendre ses esprits, mais son talon accrocha le bord de sa robe. Elle tituba. Avant même qu’elle ne puisse tomber, une main ferme et chaude se referma autour de son bras, puis de sa taille. Damien l’avait rattrapée. Le contact fut comme un éclair. Une décharge électrique pure traversa son corps tout entier. Ses genoux fléchirent. Son souffle se bloqua. En face d’elle, Damien tressaillit violemment. Ses yeux s’écarquillèrent. Pendant une fraction de seconde, plus rien n’exista autour d’eux. Pas le jardin. Pas la musique lointaine. Pas les voix. Seulement cette chaleur brûlante qui courait sous leur peau, ce lien invisible qui se tendait entre eux comme un fil d’argent vivant. Leurs cœurs battaient à l’unisson. Quand la réalité reprit enfin ses droits, Ophelia réalisa que des regards se tournaient déjà vers eux depuis les grandes baies vitrées. Des silhouettes s’étaient arrêtées. Des murmures commençaient à circuler. Damien relâcha lentement son étreinte, comme s’il le faisait à contrecœur. Il regarda sa propre main, puis le visage d’Ophelia, l’air complètement perdu. « Qu’est-ce que… c’était quoi, ça ? » demanda-t-elle d’une voix tremblante. « Je… je ne sais pas », répondit-il, tout aussi déstabilisé. Le père d’Ophelia arriva en courant, le visage inquiet. Amethyst le suivait de près, les yeux déjà brillants d’excitation. « Ophie ! Que s’est-il passé ? Tu vas bien ? » Damien resta immobile, le regard toujours rivé sur sa main gauche. Sur son poignet, une marque bleue en forme de croissant de lune venait d’apparaître, lumineuse, presque irréelle. « Laisse-moi voir tes mains, Ophelia », dit son père d’une voix soudain très grave. Les doigts tremblants, Ophelia retira ses gants de soie. Là, sur la peau fine de son poignet gauche, le même croissant bleu brillait doucement. Identique. Parfaitement identique. Un silence de mort s’abattit sur le petit groupe. « Qu’est-ce que ça signifie ? » murmura Ophelia, les larmes déjà au bord des yeux. « Quelqu’un… quelqu’un m’explique, s’il vous plaît… » Son père la regarda longuement. Puis il posa une main protectrice sur son épaule et dit, d’une voix que tout le monde autour entendit clairement : « Vous êtes des compagnons destinés. Toi et Damien… vous êtes des *mates*. » Le mot tomba comme un coup de tonnerre. Autour d’eux, les conversations s’arrêtèrent net. Des têtes se tournèrent. Des regards s’écarquillèrent. Certains invités s’approchèrent discrètement, incapables de retenir leur curiosité. Des chuchotements s’élevèrent presque immédiatement : « C’est impossible… » « La fille Elaroyn ? Vraiment ? » « Quelle opportuniste… » « Ou alors c’est un coup monté pour le Conseil… » Damien, lui, n’avait toujours pas parlé. Il fixait la marque sur son poignet comme s’il ne comprenait pas encore ce qu’il voyait. Puis des pas lourds résonnèrent. Alpha Valore apparut, le visage fermé, suivi de près par son beta. « Qu’est-ce qui se passe ici ? » tonna-t-il. « Pourquoi tout le monde regarde mon fils ? » Alpha Elaroyn se redressa. « Votre fils et ma fille sont des compagnons destinés. Les marques viennent d’apparaître. » Alpha Valore resta un long moment silencieux. Son regard passa de Damien à Ophelia, puis aux marques. Une émotion indéchiffrable traversa son visage — surprise, calcul, peut-être même une pointe de satisfaction politique. Puis il se tourna vers son beta. « Annulez le bal. Immédiatement. Faites raccompagner tous les invités. » « Oui, Alpha. » Le chaos s’empara doucement de la salle. Les murmures se transformèrent en discussions animées. Certains regardaient Ophelia avec une curiosité malsaine, d’autres avec une hostilité à peine dissimulée. Elle se sentait exposée, vulnérable, comme si on lui avait arraché sa peau. Son père lui prit fermement le bras. « Viens, Ophie. On rentre. Maintenant. » Elle n’eut pas la force de résister. Amethyst la rejoignit rapidement, passant un bras protecteur autour de ses épaules. En partant, Ophelia jeta un dernier regard vers Damien. Il était toujours là, debout sous la lumière de la lune, le visage complètement fermé, les yeux fixés sur elle. Aucun sourire. Aucune émotion lisible. Juste ce regard intense et illisible qui la suivit jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans la voiture. --- Le trajet du retour se fit dans un silence lourd. Ophelia restait prostrée contre la portière, les gants serrés dans ses mains, le croissant bleu toujours visible sur sa peau. Chaque fois qu’elle le regardait, une vague de panique lui remontait à la gorge. À peine rentrés, elle arracha ses talons et monta les escaliers quatre à quatre. Elle claqua presque la porte de sa chambre derrière elle et se jeta sur le lit, enfouissant son visage dans l’oreiller. Amethyst frappa doucement. « Ophie… je peux entrer ? » Pas de réponse. Amethyst entra quand même et s’assit au bord du lit. Elle passa une main douce dans les cheveux d’Ophelia, qui tremblait maintenant de tout son corps. « Ça va aller », murmura-t-elle. « Je te le promets. » Ophelia se redressa enfin. Ses yeux étaient rouges, ses oreilles complètement aplaties. « Il… il n’a même pas réagi. Il m’a regardée comme si… comme si c’était une catastrophe. Et si… et s’il ne voulait pas de moi ? Si le lien le dégoûte ? » Amethyst la prit dans ses bras sans hésiter. « Chut… ne dis pas ça. On ne sait pas encore ce qu’il pense. Tout le monde a été surpris. Toi la première. » Ophelia pleura longtemps, accrochée à son amie. Des larmes de choc, de peur, de confusion. Le poids de ce qui venait de se passer l’écrasait. Compagne destinée de Damien Valore. L’héritier du clan le plus puissant. Sous les yeux de tout le monde. Rien ne serait plus jamais simple. En bas, Alpha Elaroyn restait debout dans le salon, un verre à la main, le regard perdu dans le vide. Son téléphone n’arrêtait pas de vibrer. Des messages. Des appels. Des questions. Le Conseil voulait déjà une réunion d’urgence. La presse sentait déjà quelque chose. Il éteignit son téléphone d’un geste brusque et passa une main sur son visage. Il savait. Il savait que le monde tranquille et protégé dans lequel sa fille avait grandi venait de s’effondrer en quelques minutes. Et pour la première fois depuis longtemps, l’Alpha Elaroyn se sentait impuissant. Dans sa chambre, Ophelia s’endormit enfin, épuisée, la marque bleue toujours visible sur son poignet, comme une promesse et une menace à la fois.« Bonsoir Ophelia »« Il faut qu'on parle »Ophelia continuait de fixer son téléphone. La curiosité prenant le dessus sur elle. Elle était sur le point de taper un message à ce numéro. Quand un autre message arriva.« C'est à propos du lien d'âme sœur. »Les yeux d'Ophelia s'écarquillèrent. Elle n'en avait parlé à personne et le conseil gardait cela secret jusqu'au moment venu. Alors comment cette personne le savait-elle.Elle était sur le point de répondre à la personne quand Janet entra. Les oreilles de Janet étaient plaquées sur sa tête tandis qu'elle regardait autour de la chambre d'Ophelia avant de finalement se poser sur elle.« Ophie chérie, tu te sens mieux. Tes yeux sont rouges et gonflés. »Ophelia sourit à Janet. Ce n'était pas son sourire radieux habituel, mais Janet était heureuse de voir une émotion différente sur le visage d'Ophie.Elle ne put s'empêcher de serrer Ophelia dans ses bras.« Euh Janet je ne peux pas– je ne peux pas respirer »Janet relâcha Ophelia et rit n
C’était Damien Valore. *Le* Damien Valore.Ophelia resta figée, incapable de bouger. Son cœur battait si fort qu’elle l’entendait résonner dans ses oreilles. La lumière de la lune dessinait les traits de son visage : la mâchoire carrée, les sourcils légèrement froncés, les yeux d’un brun presque doré qui la fixaient avec une intensité troublante. Il avait grandi. Beaucoup. Plus grand, plus large d’épaules, plus imposant. Et pourtant, quelque chose en lui lui était douloureusement familier.« Ophelia ? » Sa voix était plus grave qu’elle ne l’avait imaginée. Plus profonde.« Oui… » réussit-elle à articuler, la gorge serrée.Damien sembla un instant surpris lui aussi. Puis un léger sourire, presque hésitant, effleura ses lèvres.« Wow… c’est vraiment toi. Ça fait… longtemps. »Ophelia sentit ses oreilles s’aplatir d’elles-mêmes contre sa tête. Une vague de chaleur lui monta aux joues. Elle essaya de reculer d’un pas, jus
La semaine passa dans une tranquillité presque trompeuse. Aucun événement majeur ne vint troubler le quotidien de la maison Elaroyn. Les journées s’écoulaient entre les cours d’Elliot, les promenades dans les jardins et les discussions légères avec Amethyst. Pourtant, sous cette surface calme, une tension douce et excitante grandissait chaque jour un peu plus. Le bal approchait, et avec lui, la promesse de quelque chose d’inconnu.Puis arriva le grand jour.Dès le matin, la maison fourmillait d’une énergie inhabituelle. Des domestiques allaient et venaient, des valets pressaient les costumes, et l’odeur du café se mélangeait à celle des fleurs fraîchement coupées qui ornaient le grand hall. En haut, dans la chambre d’Ophelia, l’atmosphère était encore plus électrique.Ophelia était déjà en robe de chambre, assise devant le grand miroir, pendant qu’Amethyst s’affairait autour d’elle comme une tornade. Le fer à boucler dans une main, un pinceau de maqui
Les grilles du domaine familial apparurent au bout de l’allée après plusieurs minutes de route. Les grands arbres bordant le chemin filtraient la lumière de l’après-midi, projetant des ombres mouvantes sur le gravier. La voiture ralentit, puis s’arrêta au milieu de l’allée. À peine Ophelia eut-elle posé la main sur la poignée de la portière qu’un petit paquet de fourrure grise et blanche bondit hors des buissons et se précipita vers elle en aboyant de joie. C’était Elliot. Il avait récemment appris à se transformer, et depuis ce jour, il passait le plus clair de son temps sous sa forme de louveteau. Quand il n’était pas en colère contre Ophelia pour ses retards chroniques, il s’amusait à se métamorphoser au moment le plus inattendu pour semer le chaos dans la maison et faire courir Janet dans tous les sens. « Monsieur Elliot ! Où courez-vous encore ?! » cria Janet en sortant précipitamment de la maison, les bras déjà tendus pour l’attrape
Ophelia admirait le paysage en regardant les voitures filer, ses oreilles frémissant occasionnellement quand quelque chose attirait son attention.Amethyst la regardait intensément. « Qu’est-ce qui ne va pas ? »« Ophie, j’ai entendu quelque chose de vraiment important. »Les oreilles d’Ophelia se dressèrent et elle fut alerte et prête. « Le Haut Conseil va organiser le bal au Central Field », dit Amethyst avec le plus grand sérieux dans la voix. Ophelia la regarda tandis que ses oreilles se détendaient lentement ; elle s’adossa dans son siège et se mit à l’aise en fixant Amethyst.« Alors… qu’est-ce que ça a à voir avec nous ? » dit Ophelia en croisant les bras et en lançant un regard à Amethyst.De son côté, Amethyst s’excita vraiment pour tout raconter à Ophie sur le prochain bal. Elle se pencha et se mit à déverser les détails.« J’ai entendu que le bal est au Central Field et que toutes les familles du Haut Conseil doivent être présentes. Tu sais ce
Mademoiselle Ophelia, veuillez vous réveiller. Vous avez une longue journée devant vous. » Ophelia gémit et tira la couverture sur sa tête. « Il est beaucoup trop tôt pour être debout, Janet. » « Il est presque huit heures. » « Exactement. C’est beaucoup trop tôt. » Janet soupira et se dirigea vers les rideaux. D’un geste vif, elle les ouvrit. La lumière chaude du soleil inonda la pièce, illuminant les murs et transformant tout sur son passage en or. Le matin était magnifique. Ophelia n’était pas d’accord. Elle enfouit son visage plus profondément dans son oreiller. « Mademoiselle Ophelia. » « Je suis réveillée. » « Vous êtes encore au lit. » « Je suis réveillée au lit. » Janet secoua la tête en essayant de cacher un sourire. « Votre tenue est prête. » Cela attira enfin l’attention d’Ophelia. Elle releva la tête, ses oreilles frémissant au son du mot « tenue ». « Qu’est-ce que vous avez choi







