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CHAPITRE 19 : LA JALOUSIE DE CECILIA

last update Veröffentlichungsdatum: 04.08.2026 00:13:18

Cecilia

Je ne suis pas une imbécile, contrairement à ce que tout le monde semble croire dans cette maison de malheur. Je vois les regards que mon mari lance à cette servante quand il croit que personne ne l'observe, je vois la façon dont ses mains se crispent et dont sa mâchoire se contracte quand je lui donne un ordre ou que je la réprimande. Et ce que j'ai vu cette nuit ne laisse plus aucun doute dans mon esprit. Kaelan est amoureux de cette femme, de cette Lydia sans passé et sans mémoir
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  • La Vengeance de la DUCHESSE    CHAPITRE 112 : KAELAN EST VIVANT

    KaelanJe ne sais pas combien de temps j'ai dérivé dans cette rivière. Des heures, des jours, peut-être plus. L'eau glacée m'a engourdi, la fièvre m'a dévoré, la douleur m'a submergé. Je me souviens de la bataille, de la flèche qui m'a transpercé, de la chute de mon cheval, de l'eau qui m'a englouti. Je me souviens de Roland qui hurlait mon nom, de mes hommes qui fuyaient, de la défaite qui se profilait. Et puis plus rien. Le néant. Le noir.Puis la lumière. Faible, vacillante, comme une bougie dans la nuit. Et une voix. Une voix grave, ridée, apaisante.— Calme-toi, mon fils. Tu es en vie. C'est l'essentiel.J'ouvre les yeux, et je vois un vieil homme penché sur moi. Un ermite, vêtu de haillons, avec une barbe blanche et des yeux clairs, des yeux qui ont vu tant de choses qu'ils en ont perdu toute illusion.— Où suis-je ? demandé-je d'une voix rauque.— Dans ma cabane, répond le vieil homme. Au bord de la rivière. Je t'ai trouvé sur la berge, à moitié mort, transpercé par une flèche.

  • La Vengeance de la DUCHESSE    CHAPITRE 111 : LA VIE CACHÉE

    LydiaLa cabane de chasseurs est petite, isolée, perdue au cœur de la forêt, à des lieues du manoir et de la guerre. Les murs sont en rondins de bois, le toit en chaume, et une cheminée de pierre occupe l'un des murs, diffusant une chaleur bienvenue dans la pièce unique qui nous sert de refuge. Il y a un lit, une table, quelques chaises, et un vieux poêle sur lequel Margaret prépare nos repas. C'est modeste, c'est rustique, c'est loin de tout. Mais c'est sûr. Et c'est tout ce qui compte.Les premiers jours ont été les plus durs. Nous sommes arrivés ici épuisés, affamés, transis de froid, après avoir marché pendant des heures dans la forêt, suivant le souterrain puis les sentiers tracés par les bûcherons et les braconniers. Thomas était terrorisé, il pleurait sans s'arrêter, il appelait son père, il appelait Elias, il ne comprenait pas pourquoi nous avions dû fuir, pourquoi nous ne pouvions pas rester au manoir, pourquoi nous devions nous cacher comme des criminels.— Pourquoi on est p

  • La Vengeance de la DUCHESSE    CHAPITRE 110 : LA FUITE

    LydiaL'aube se lève, grise et froide, sur le manoir assiégé. La neige tombe en flocons légers, recouvrant les toits et les cours d'un manteau blanc qui étouffe tous les bruits, qui adoucit toutes les formes, qui donne au monde un aspect irréel et silencieux. Je me tiens à l'entrée du souterrain, Thomas contre moi, Margaret à mes côtés, et deux gardes fidèles, des hommes qui ont juré de me protéger jusqu'à la mort.— Tu es prête ? demande Elias, qui se tient devant nous, le visage grave, les yeux brillants d'une émotion qu'il ne cherche pas à cacher.— Oui, dis-je d'une voix qui tremble légèrement. Prête.Il hoche la tête, et il se tourne vers les gardes, et il leur donne ses dernières instructions. Puis il revient vers moi, il me prend les mains, il me regarde longuement, comme s'il voulait graver mon visage dans sa mémoire pour l'éternité.— Prends soin de toi, dit-il d'une voix étranglée. Prends soin de Thomas. Et quoi qu'il arrive, ne reviens pas avant d'être sûre de pouvoir gagne

  • La Vengeance de la DUCHESSE    CHAPITRE 109 : LA TENTATIVE D'ÉVASION

    EliasLe siège dure depuis plus d'un mois maintenant, et je vois bien que Lydia s'épuise. Elle ne dort plus, elle ne mange plus, elle passe ses journées et ses nuits à soigner les blessés, à surveiller les remparts, à organiser la défense. Elle est devenue le pilier de cette résistance, la figure autour de laquelle tout le monde se rassemble, et cette responsabilité l'écrase, la consume, la détruit à petit feu.Je dois trouver un moyen de la sauver. Je dois trouver un moyen de sauver Thomas. Je dois trouver un moyen de sauver ce qui peut encore l'être, avant qu'il ne soit trop tard.Un soir, alors que le vent hurle autour du manoir et que la neige tombe en rafales, je me rends dans la chambre de Lydia. Elle est assise à son bureau, penchée sur des cartes et des rapports, les yeux rouges de fatigue, les mains tremblantes d'épuisement. Elle lève les yeux quand j'entre, et je vois dans son regard cette lueur de détermination farouche qui ne l'a pas quittée depuis le début du siège.— Eli

  • La Vengeance de la DUCHESSE    CHAPITRE 108 : LE SIÈGE DU MANOIR

    LydiaLe manoir est assiégé depuis trois semaines, et chaque jour qui passe ressemble à une éternité de souffrance et d'angoisse. Les troupes de Damien ont encerclé les murs dès le lendemain de la défaite de la lande de Cinder, coupant toutes les routes d'approvisionnement, bloquant toutes les voies de communication, isolant le domaine du reste du monde comme une île perdue au milieu d'un océan hostile. Nous sommes prisonniers de notre propre maison, retranchés derrière des remparts qui ne cesseront de se dégrader, avec des réserves qui diminuent chaque jour et des défenseurs qui tombent un à un.Je me tiens sur les remparts, enveloppée dans un manteau de laine épaisse qui ne parvient pas à chasser le froid qui me ronge les os, et je regarde l'horizon où dansent les feux de camp de l'ennemi. Ils sont là, innombrables, patients, sûrs de leur victoire, et ils attendent que nous nous rendions ou que nous mourions de faim. Damien n'a même pas besoin de lancer l'assaut final, il lui suffit

  • La Vengeance de la DUCHESSE    CHAPITRE 107 : LA PRISE DE POUVOIR DE DAMIEN 2

    Je distribue mes ordres pendant le reste du jour, avec Elias et Ser Wystan à mes côtés. Les archers sur la courtine nord. L'huile et l'eau bouillante aux mâchicoulis. La grille renforcée de madriers et de tonneaux emplis de pierres. Les femmes et les vieillards au donjon, avec les blessés. Un feu de signal sur le toit de la tour — le dernier recours, l'appel à je ne sais quel allié qui ne viendra sans doute pas. Je cours d'un poste à l'autre, et les hommes me regardent passer, et je vois dans leurs yeux qu'ils puisent dans ma certitude une force que je ne possède pas, et je fais semblant de la posséder avec toute la conviction dont je suis capable, parce que c'est cela, commander : faire semblant si bien que le semblant devient vrai chez les autres. La nuit tombe. Je monte au donjon, à l'étage le plus haut, où Thomas dort depuis que le manoir est en état de siège — la pièce la plus sûre, la plus profonde, celle qu'on n'atteint qu'après avoir pris tout le reste. Il ne dort pas. I

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