LOGINChapitre 65
Alexander
Le retour à la résidence se fait dans un silence lourd, chargé de tout ce qui a été dit, de tout ce qui reste à dire, de tout ce que nous devons affronter ensemble, et je sens Elena s'appuyer sur moi, chercher mon soutien, ma force, ma présence, comme elle le fait depuis le premier jour, comme elle le fera jusqu'au dernier. Nous nous installons dans le petit salon attenant à
Chapitre 74ElenaLa salle de réception du palais des Congrès est une immense rotonde de marbre et de cristal, éclairée par des lustres étincelants, décorée de fresques allégoriques représentant la Justice, la Paix, la Solidarité, et je me tiens debout sur l'estrade, vêtue d'une robe de soie bleu nuit, les mains posées sur le pupitre, le regard parcourant cette assemblée de dignitaires, de philanthropes, de journalistes, de femmes et d'hommes venus du monde entier pour assister à la remise de ce prix humanitaire, ce prix que l'on me décerne pour ma fondation, pour « La Renaissance », pour tout ce que j'ai fait, depuis des années, pour aider les mères célibataires, les femmes humiliées, les victimes de violences conjugales, toutes celles qui ont souffert comme j'ai souffert, toutes celles qui se sont
Chapitre 73DamienL'appartement est silencieux, baigné par la lumière grise d'un après-midi d'automne, et je suis assis à la table de la cuisine, le livre ouvert devant moi, les doigts tremblants posés sur les pages, les yeux brûlants de larmes qui coulent sans que je puisse les retenir, sans que je veuille les retenir. « La Billionnaire cachée », ce titre qui claque comme une vérité que j'ai toujours refusé de voir, comme une révélation qui m'anéantit, comme un miroir impitoyable tendu devant mon passé, devant mes actes, devant mes crimes. J'ai lu chaque page, chaque chapitre, chaque mot, et chaque phrase était une lame qui s'enfonçait dans ma chair, chaque paragraphe était un coup de poing dans mon estomac, chaque chapitre était une condamnation sans appel de l'homme que j'ai été, du mari q
Chapitre 72ElenaL'interview exclusive a lieu dans le salon de musique de la résidence, une pièce que j'ai choisie parce qu'elle est belle, apaisante, chargée de souvenirs heureux, de mélodies, de symphonies, et je me tiens assise dans un fauteuil de velours, face à une journaliste française, Élodie Moreau, la même qui, des années plus tôt, avait commencé à enquêter sur la dynastie Voss pour le Figaro, et qui est devenue, au fil du temps, une alliée, une confidente, presque une amie. Les caméras sont installées, les lumières sont réglées, l'atmosphère est feutrée, intime, recueillie, et je sens mon cœur battre un peu plus vite, mes doigts se crisper légèrement sur l'accoudoir, parce que ce que je m'apprête à faire, ce que j'ai accepté de faire, e
Chapitre 71La presseLe livre est sorti un matin de septembre, sans prévenir, sans campagne publicitaire tapageuse, simplement déposé sur les étals des librairies, et en quelques jours, en quelques heures presque, il est devenu le phénomène littéraire de l'année, le best-seller que tout le monde s'arrache, que toutes les télévisions commentent, que tous les journaux analysent, que tous les lecteurs dévorent. Son titre claque comme une révélation : « La Billionnaire cachée », et sous ce titre, en lettres plus petites, un sous-titre qui promet de tout dévoiler : « L'incroyable destin d'Elena Voss, de la rue au sommet du monde ». L'auteur est un journaliste d'investigation respecté, Malcolm Reed, un homme aux cheveux gris, aux yeux perçants derrière des lunettes à monture d'écaille,
Chapitre 70ElenaLa cérémonie touche à sa fin, les lanternes de papier oscillent doucement dans la brise nocturne, les roses blanches embaument l'air de leur parfum délicat, et je me tiens debout devant l'autel, la main d'Alexander serrée dans la mienne, le cœur si plein d'émotion que je crains un instant de ne pas pouvoir parler, de ne pas trouver les mots, de rester là, muette, tremblante, submergée par tout ce que cet instant signifie, par tout ce que ces années ont représenté, par tout ce que ces hommes et ces femmes qui m'entourent ont fait pour moi, pour Liam, pour la dynastie. Les membres du Conseil sont alignés devant moi, leurs visages éclairés par la lueur vacillante des lanternes, leurs regards brillant de cette loyauté, de cette affection, de cette fierté qui ne se sont jamais démenties, même dans le
Chapitre 69AlexanderLes événements récents, la trahison évitée, l'innocence de Nikolaï prouvée, la force du Conseil réaffirmée, tout cela m'a donné une idée, une impulsion, un désir profond que j'ai mûri en secret, que j'ai préparé avec l'aide de Victoria et de Zero, et que je m'apprête aujourd'hui à révéler à Elena, à offrir au Conseil, à célébrer devant le monde. Le parc de la résidence a été transformé en un jardin enchanté, des guirlandes de fleurs suspendues aux branches des grands chênes, des lanternes de papier allumées le long des allées, un autel de roses blanches dressé près de la fontaine aux nymphes, et les membres du Conseil sont réunis, vêtus de leurs plus beaux costumes
Chapitre 7DamienLe silence de mon bureau est un mensonge. Dehors, le vent agite les branches des cyprès, les roses blanches ploient sous le poids du crépuscule, et je devrais me sentir en paix, je devrais savourer la satisfaction d’avoir accompli ce que l’on attendait de moi, mais il y a ce poids
Chapitre 6 ElenaLe kiosque à journaux se dresse au coin de la rue comme un monument de papier, et c'est en passant devant pour me rendre à mon troisième entretien de la matinée que je vois mon visage s'étaler en première page d'un magazine à scandale.Je m'arrête net, les jambes coupées, la respi
Chapitre 5 ElenaMadame Courbet habitait autrefois l'appartement mitoyen du nôtre, au-dessus de la boulangerie, et elle était la seule à glisser des chocolats sous la porte les jours de fête, la seule à s'asseoir près de moi quand ma mère toussait trop fort et que mon père faisait les cent pas dan
Chapitre 4 ElenaJe suis née dans un appartement minuscule au-dessus d'une boulangerie, et les premières choses que mes yeux ont vues étaient la farine qui dansait dans les rais de lumière et les mains calleuses de ma mère qui pétrissaient la pâte avant l'aube.Mes parents n'avaient rien, ni fortu







