INICIAR SESIÓNLEILA
Le silence qui suit n'est pas un vide.
Il est plein. Vibrant d'échos, de cœurs qui cognent, de souffles qui s'apaisent lentement, de peaux moites qui se refroidissent.
Yanis s'est effondré. Son poids repose en partie sur moi, son visage enfoui dans mon cou, son souffle chaud contre ma gorge. Je sens la moiteur de sa peau contre la mienne, les derniers spasmes de nos deux corps qui s'apaisent, le sel de sa transpiration sur mes l&egr
Je hoche la tête, incapable de parler, la gorge nouée par l'émotion. Yanis se lève, contourne son bureau, s'approche de moi. Ses mains se posent sur mes épaules, ses yeux plongent dans les miens avec une intensité presque douloureuse.— Mais ne te fais pas d'illusions, Leila. Ton père est un danger pour nous. Pour toi autant que pour moi. S'il refuse ma proposition, s'il continue à comploter, s'il représente la moindre menace... je n'aurai pas le choix.— Je comprends.— J'espère que tu comprends vraiment. Parce que si tu dois choisir entre lui et moi, j'ai besoin de savoir que tu me choisiras.— Je te choisis, Yanis. Je t'ai choisi le jour où j'ai dit oui, le jour où j'ai posé mes lèvres sur les tiennes, le jour où j'ai décidé de rester. Je te choisis aujourd'hui. Je te choisirai toujours.Il h
LEILALa paix est de courte durée.Trois jours. Trois jours seulement de bonheur retrouvé, de caresses échangées, de sourires complices. Trois jours à nous redécouvrir, à nous réapprivoiser, à panser les plaies de notre séparation. Trois jours à rattraper le temps perdu, à nous aimer comme si chaque étreinte était la dernière, à nous parler comme si chaque mot était une confession.Trois jours. C'est tout ce que le destin nous accorde.Le quatrième jour, Yanis reçoit un appel qui fait basculer notre monde.Je suis dans le salon, installée sur le canapé avec un livre que je ne lis pas vraiment, quand je l'entends crier dans son bureau. Pas un cri de colère, pas un rugissement de fureur. Un cri de douleur. Un hurlement déchirant, bestial, qui me glace le sang et me fait bondir s
Il dépose un baiser sur mon front, tendre et solennel, comme un sceau apposé sur notre réconciliation. Je sens son souffle chaud sur ma peau, ses lèvres qui s'attardent, ses doigts qui caressent ma nuque.— Il y a autre chose que je dois te dire, reprend-il après un silence. La femme que tu as vue à la villa, celle qui est venue me parler en pleine nuit quand tu nous as espionnés... ce n'était pas une maîtresse. C'était une informatrice. Une ancienne femme de main de Silvano qui a changé de camp. Elle m'a donné des informations cruciales sur les plans de Silvano, sur ses caches, sur ses alliés. Sans elle, je serais peut-être déjà mort.— C'est pour ça que tu ne voulais pas que je la voie. Que tu ne voulais pas m'en parler.— C'était trop dangereux. Si Silvano avait su qu'elle me parlait, il l'aurait tué
LEILALa lumière grise de l'aube filtre à travers les rideaux défraîchis, peignant des rayures pâles sur le papier peint à fleurs décollé. Je me réveille lentement, embrumée, désorientée, le corps endolori par les étreintes de la nuit, la peau moite de sueur, les cheveux emmêlés sur l'oreiller. Il me faut quelques secondes pour me souvenir où je suis, pour me rappeler les événements de la veille. L'entrepôt. Les hommes de main. Yanis qui surgit des ombres. Cette chambre d'hôtel miteuse. Nos retrouvailles bestiales et désespérées.Yanis est encore endormi à côté de moi, son bras passé autour de ma taille, son visage enfoui dans mon cou. Sa respiration est lente et profonde, ses traits sont détendus, paisibles, comme je ne les ai pas vus depuis des semaines. Il n'a plus
Je pose mes mains sur son visage, mes paumes contre ses joues, mes doigts caressant sa barbe naissante. Sa peau est chaude, rugueuse, vibrante d'émotion contenue. Ses yeux plongent dans les miens, ces yeux vert émeraude qui m'ont fait chavirer, qui m'ont fait fondre, qui m'ont fait l'aimer.— Je ne suis pas Elena. Je ne vais pas mourir. Je suis là. Vivante. Avec toi.— Tu as failli mourir aujourd'hui. Si j'étais arrivé cinq minutes plus tard...— Tu n'es pas arrivé cinq minutes plus tard. Tu es arrivé à temps. Tu m'as sauvée.— J'aurais pu ne pas être là. J'aurais pu être à l'autre bout de la ville, en train de traquer Silvano, et je ne l'aurais jamais su. Matteo m'a appelé. Il m'a dit que tu étais partie pour l'entrepôt. J'ai roulé comme un fou pour te rejoindre. J'ai grillé tous les feux rouges,
LEILALa voiture file à travers les rues de Marseille, silencieuse et rapide comme un prédateur nocturne en pleine journée. Matteo conduit, les yeux fixés sur la route, les mains crispées sur le volant, ignorant délibérément la scène qui se déroule sur la banquette arrière. Yanis ne m'a pas lâché la main depuis que nous avons quitté l'entrepôt. Ses doigts sont entrelacés aux miens, solides et chauds, mais sa mâchoire est contractée, ses yeux fixés droit devant lui, son corps tendu comme un arc prêt à décocher sa flèche.Il est furieux. Je le sens dans chacun de ses muscles, dans chacun de ses souffles, dans chacun de ses battements de cœur. Pas furieux contre Silvano, pas furieux contre les hommes qui m'ont attaquée. Furieux contre moi. Furieux que j'aie désobéi, que j'aie q
YANISLe soir tombe sur Marseille. Le ciel passe du bleu profond au violet, du violet au noir d'encre. Les lumières de la ville s'allument une à une, constellations terrestres qui scintillent au flanc des collines. La Méditerranée, au loin, est un miroir sombre qui reflète les premières étoiles. La
Je prends une inspiration profonde, redresse les épaules, relève le menton. La peur est toujours là, au creux de mon ventre, mais elle s'est transformée. Elle n'est plus paralysante, elle est galvanisante. C'est le trac de l'actrice avant d'entrer en sc&e
LEILAUne robe. Pas n'importe quelle robe. Pas une de ces robes sages que je portais dans la villa, ces robes de prisonnière dorée qui disaient "je suis invisible, je suis docile, je ne fais pas de vagues". Une robe qui fera trembler les murs du yacht Konchalovs
Elle lève les yeux vers moi quand j'entre, et son sourire, ce sourire qui a le pouvoir de désarmer toutes mes défenses, illumine son visage. Il y a encore quelques semaines, ce sourire n'existait pas. Il y a encore quelques semaines, elle me regardait avec haine







