LOGINJe prends une inspiration profonde, redresse les épaules, relève le menton. La peur est toujours là, au creux de mon ventre, mais elle s'est transformée. Elle n'est plus paralysante, elle est galvanisante. C'est le trac de l'actrice avant d'entrer en scène, le frisson du guerrier avant la bataille.
Je sors de la cabine, pieds nus sur la moquette épaisse. Mes pas ne font aucun bruit, mais le silence dans la boutique est tel que j'a
LEILALa paix est de courte durée.Trois jours. Trois jours seulement de bonheur retrouvé, de caresses échangées, de sourires complices. Trois jours à nous redécouvrir, à nous réapprivoiser, à panser les plaies de notre séparation. Trois jours à rattraper le temps perdu, à nous aimer comme si chaque étreinte était la dernière, à nous parler comme si chaque mot était une confession.Trois jours. C'est tout ce que le destin nous accorde.Le quatrième jour, Yanis reçoit un appel qui fait basculer notre monde.Je suis dans le salon, installée sur le canapé avec un livre que je ne lis pas vraiment, quand je l'entends crier dans son bureau. Pas un cri de colère, pas un rugissement de fureur. Un cri de douleur. Un hurlement déchirant, bestial, qui me glace le sang et me fait bondir s
Il dépose un baiser sur mon front, tendre et solennel, comme un sceau apposé sur notre réconciliation. Je sens son souffle chaud sur ma peau, ses lèvres qui s'attardent, ses doigts qui caressent ma nuque.— Il y a autre chose que je dois te dire, reprend-il après un silence. La femme que tu as vue à la villa, celle qui est venue me parler en pleine nuit quand tu nous as espionnés... ce n'était pas une maîtresse. C'était une informatrice. Une ancienne femme de main de Silvano qui a changé de camp. Elle m'a donné des informations cruciales sur les plans de Silvano, sur ses caches, sur ses alliés. Sans elle, je serais peut-être déjà mort.— C'est pour ça que tu ne voulais pas que je la voie. Que tu ne voulais pas m'en parler.— C'était trop dangereux. Si Silvano avait su qu'elle me parlait, il l'aurait tué
LEILALa lumière grise de l'aube filtre à travers les rideaux défraîchis, peignant des rayures pâles sur le papier peint à fleurs décollé. Je me réveille lentement, embrumée, désorientée, le corps endolori par les étreintes de la nuit, la peau moite de sueur, les cheveux emmêlés sur l'oreiller. Il me faut quelques secondes pour me souvenir où je suis, pour me rappeler les événements de la veille. L'entrepôt. Les hommes de main. Yanis qui surgit des ombres. Cette chambre d'hôtel miteuse. Nos retrouvailles bestiales et désespérées.Yanis est encore endormi à côté de moi, son bras passé autour de ma taille, son visage enfoui dans mon cou. Sa respiration est lente et profonde, ses traits sont détendus, paisibles, comme je ne les ai pas vus depuis des semaines. Il n'a plus
Je pose mes mains sur son visage, mes paumes contre ses joues, mes doigts caressant sa barbe naissante. Sa peau est chaude, rugueuse, vibrante d'émotion contenue. Ses yeux plongent dans les miens, ces yeux vert émeraude qui m'ont fait chavirer, qui m'ont fait fondre, qui m'ont fait l'aimer.— Je ne suis pas Elena. Je ne vais pas mourir. Je suis là. Vivante. Avec toi.— Tu as failli mourir aujourd'hui. Si j'étais arrivé cinq minutes plus tard...— Tu n'es pas arrivé cinq minutes plus tard. Tu es arrivé à temps. Tu m'as sauvée.— J'aurais pu ne pas être là. J'aurais pu être à l'autre bout de la ville, en train de traquer Silvano, et je ne l'aurais jamais su. Matteo m'a appelé. Il m'a dit que tu étais partie pour l'entrepôt. J'ai roulé comme un fou pour te rejoindre. J'ai grillé tous les feux rouges,
LEILALa voiture file à travers les rues de Marseille, silencieuse et rapide comme un prédateur nocturne en pleine journée. Matteo conduit, les yeux fixés sur la route, les mains crispées sur le volant, ignorant délibérément la scène qui se déroule sur la banquette arrière. Yanis ne m'a pas lâché la main depuis que nous avons quitté l'entrepôt. Ses doigts sont entrelacés aux miens, solides et chauds, mais sa mâchoire est contractée, ses yeux fixés droit devant lui, son corps tendu comme un arc prêt à décocher sa flèche.Il est furieux. Je le sens dans chacun de ses muscles, dans chacun de ses souffles, dans chacun de ses battements de cœur. Pas furieux contre Silvano, pas furieux contre les hommes qui m'ont attaquée. Furieux contre moi. Furieux que j'aie désobéi, que j'aie q
Ma voix est un cri étranglé, étouffé par la main qui m'écrase la bouche. Je me débats comme une furie, griffant, mordant, donnant des coups de pied. Mais ils sont trop nombreux. Leurs mains sont partout, sur mes bras, mes jambes, ma taille. Leurs rires résonnent dans l'obscurité, gras et obscènes.— Le Serpent va être content de nous voir lui ramener sa petite femme.— Il va nous payer une fortune pour elle.— Une fortune, et peut-être même un petit bonus. Elle est encore plus jolie que sur les photos.La terreur me glace le sang. Ils ne sont pas des hommes de Yanis. Ce sont des ennemis. Des hommes de Silvano. Et ils veulent m'utiliser comme appât, comme monnaie d'échange, comme arme contre mon mari.Je refuse. Je refuse d'être utilisée contre lui. Je refuse d'être la cause de sa perte, même s'il m'a
LEILAIl tient toujours le petit bout de papier entre ses doigts, comme s'il s'agissait d'un artefact extraterrestre dont il n'arrive pas à percer le mystère. Son front est plissé par une concentration intense, presque comique. Il retourne le papier, regarde derrière, comme si une clause cachée all
LEILAJe sors du bureau le cœur tambourinant contre mes côtes, une énergie furieuse pulsant dans mes veines. Mes doigts tremblent encore de l’effort que j’ai fait pour briser cette carte. Cette maudite carte. Symbole ultime de tout ce qui ne va pas entre nous. Il voulait acheter mon silence. Achete
YANISLa dispute sur son indépendance a fait des dégâts. Elle m’évite, je l’évite. Nous tournons autour l’un de l’autre dans la villa, comme deux aimants qui se repoussent, pleins de ce qui aurait pu être dit et
LEILALa villa est plongée dans l’obscurité. Il est deux heures du matin passées. Je devrais dormir, mais j’en suis incapable. Chaque nuit, c’est la même chose. Je me tourne et me retourne dans mon lit trop grand, l’oreiller







