MasukYANIS
Valentina a rappelé. Trois fois en une heure. Trois fois, j'ai refusé l'appel, mon pouce écrasant le bouton rouge avec une violence qui ne la trompe pas. Elle ne comprend pas. Elle ne veut pas comprendre. Elle s'accroche à une histoire qui est terminée, à des souvenirs qui n'ont plus de sens, à un homme qui n'existe plus.
Parce que l'homme qu'elle a connu n'existe plus. Il a disparu le jour où une femme aux yeux de te
Les semaines suivantes, Yanis devient un papa poule angoissé et protecteur.Il m'interdit tout effort, toute fatigue, tout danger. Il me porte dans ses bras, me prépare des repas équilibrés, me masse les pieds quand ils gonflent. Il me couvre de coussins, de couvertures, de soins attentifs.— Tu es enceinte, Leila. Il faut que tu te reposes, que tu manges bien, que tu prennes soin de toi.— Je sais, Yanis. Mais je ne suis pas malade, je suis enceinte. C'est normal, ce n'est pas une maladie.— Pour moi, c'est un miracle. Et je veux que tout soit parfait pour toi et pour notre bébé.La chambre du bébé devient son obsession.Il a choisi lui-même le mobilier, les couleurs, les accessoires. Le bleu, comme la Méditerranée qu'il aime. Des nuances douces, apaisantes, sereines.Mais le montage des meubles est un combat épique.
Je prends son visage entre mes mains, mes pouces caressant ses joues, mes yeux plongés dans les siens. Je veux qu'il voie la vérité dans mon regard, la certitude, la confiance, l'amour.— Tu n'es pas ton père. Tu es un homme bon. Un homme aimant. Un homme qui a appris à surmonter ses démons, à guérir ses blessures, à devenir meilleur. Tu es l'homme que j'aime, Yanis. L'homme qui me protège, qui me respecte, qui me chérit. Et tu seras un père merveilleux. Je le sais. Je le sens. Je le crois de tout mon cœur.— Mais si je le frappe ? Si je lui fais du mal ? Si je le détruis ?— Tu ne le feras pas. Parce que tu es conscient de tes peurs, de tes faiblesses, de tes limites. Parce que tu as appris à les maîtriser. Parce que tu es plus fort que ton passé, plus fort que tes démons, plus fort que tes peurs. Et parce q
Il choisit une chanson, une vieille chanson d'amour, un classique que nous connaissons tous les deux. Il se met à chanter, sa voix rauque et fausse, déchirant les notes avec un enthousiasme désarmant.— La vie en rose, ouais ! chantonne-t-il.— Tu chantes horriblement, dis-je, hilare.— Je sais. C'est pour ça que je te demande de m'accompagner.Je me lance, ma voix hésitante, fausse, ridicule. Et pourtant, c'est magique. Nos voix se mêlent, se heurtent, se soutiennent, dans un chaos musical qui nous fait rire aux larmes.— On est les pires chanteurs du monde, dit-il.— Les pires, confirmé-je.— Mais les plus heureux.— Les plus heureux.Le barman nous offre une tournée en nous félicitant pour notre "performance". On se regarde, émerveillés par ce moment de pureté, de légè
Une larme coule sur sa joue, puis une autre, puis une autre encore. Il ne les essuie pas. Il les laisse couler, ces larmes d'homme brisé, d'homme sauvé, d'homme aimé.— Je te promets aujourd'hui, devant Dieu, devant nos témoins, devant le monde entier, de t'aimer pour toujours. De te respecter, de te protéger, de te chérir. De ne plus jamais te mentir, de ne plus jamais te cacher, de ne plus jamais avoir peur. Je te promets d'être l'homme que tu mérites, l'homme que tu as fait de moi. Je te promets la vie, Leila. La vie, l'amour, le bonheur. Pour toujours.Il est en larmes maintenant, des larmes qui coulent sans retenue, qui tracent des sillons sur ses joues, qui tremblent sur ses lèvres. Autour de nous, les invités sont silencieux, émus, certains essuyant leurs propres larmes.Je prends le papier que j'ai préparé, mes mains tremblant, ma voix hésitante.
LEILALes semaines passent, douces et paisibles comme une mer d'huile. Ma blessure guérit, lentement mais sûrement, laissant une cicatrice rose et sensible sur mon épaule. Yanis la caresse parfois, du bout des doigts, comme s'il voulait effacer la trace de la balle, comme s'il pouvait faire disparaître le souvenir de ce jour où j'ai failli le quitter pour toujours.Nous avons retrouvé notre équilibre. Un nouvel équilibre, plus sain, plus solide, plus vrai. Plus de mensonges, plus de secrets, plus de peurs. Juste nous. Juste notre amour. Juste notre vie.Ce matin-là, je suis dans le jardin, assise sur un banc de pierre, les pieds nus dans l'herbe mouillée de rosée. Le soleil se lève sur la Méditerranée, peignant le ciel de nuances orangées et roses. Les oiseaux chantent, les cigales commencent à grésiller, la vie s'éveille douc
LEILALe retour à la villa est un triomphe.Yanis m'a fait porter jusqu'à l'entrée, refusant de me laisser marcher, même pour quelques mètres. Il m'a déposée sur le canapé du salon, entourée de coussins, couverte d'un plaid doux, comme si j'étais une reine, une princesse, une déesse.— Tout va bien se passer, Leila. Je suis là. Je vais m'occuper de toi. Je ne te laisserai pas tomber.Et il le fait. Il s'occupe de moi avec une dévotion qui me touche jusqu'aux larmes. Il me prépare des repas légers, m'aide à me laver, me masse les jambes pour éviter les escarres. Il veille sur mes médicaments, sur mes pansements, sur ma rééducation.— Ne t'inquiète pas, me dit-il un jour en m'aidant à faire mes premiers pas dans le salon. Je vais t'accompagner. Je te porterai s'il le faut, mais je ne te laisserai jamais abandonner.— Tu es un vrai infirmier, maintenant, dis-je, une lueur amusée dans les yeux.— Je suis ton mari, Leila. Ton mari, ton protecteur, ton amant. Je serai tout ce dont tu as bes
Ses lèvres s'étirent lentement, découvrant ses dents blanches et régulières qui luisent dans la pénombre comme des perles menaçantes, et je ne peux pas m'empêcher de penser au Petit Chaperon Rouge demandant à sa grand-m&e
LEILASes lèvres sont sur mes doigts et je ne peux plus respirer, je ne peux plus penser, je ne peux plus exister en dehors de cette sensation qui irradie de ma main pour contaminer chaque parcelle de mon être comme un poison lent et délicieux qui rampe dans mes veines et tra
YANISLa musique continue.Nous dansons toujours.Les invités nous regardent, souriants, émus, attendris. Ils voient un couple heureux. Ils voient des mariés amoureux. Ils voient une belle histoire. Ils lèvent leurs verres, ils se pre
LEILAIl me serre trop fort.Sa main sur ma taille presse, écrase presque. Ses doigts s'enfoncent dans la chair de mes hanches comme s'il voulait laisser des marques. L'autre main tient la mienne si fermement que mes doigts pourraient craquer, que mes phalanges







