Home / Romance / Le Plus Grand Regret de Mon Ex-Mari / Chapitre 9 : Diligence raisonnable

Share

Chapitre 9 : Diligence raisonnable

Author: Rarejewel
last update publish date: 2026-07-29 07:41:52

Roman appela Garrett Finch le vendredi matin.

Garrett était l'avocat conseil d'Ashford Global depuis onze ans. Il décrocha à la deuxième sonnerie, comme il décrochait toujours, comme s'il l'attendait déjà.

« J'ai besoin d'un dossier complet sur Montague Industries », dit Roman. « Les actifs, la structure, le personnel clé. Tout ce que tu peux rassembler. »

Un silence. Pas long. Garrett n'était pas homme à laisser traîner les silences, ce qui rendait celui-ci notable.

« Monsieur », dit-il avec précaution. « Montague n'est pas une entreprise qu'on enquête à la légère. »

« Je sais. »

« Ils entretiennent des relations avec certaines parties qui s'intéressent à ce genre de démarche. Même par des canaux légitimes, ça a tendance à se remarquer. »

« Garrett. »

Le deuxième silence fut plus court. « Laisse-moi jusqu'à mercredi. »

Il rappela le mardi après-midi et demanda à le rencontrer en personne. Ça apprit deux choses à Roman : le dossier était plus important que prévu, et Garrett ne voulait pas en discuter au téléphone.

Ils se retrouvèrent à seize heures. Garrett arriva avec un dossier sous le bras, le posa sur le bureau de Roman, et s'assit avec l'expression prudente d'un homme qui avait passé deux jours à réfléchir à la façon de présenter les choses.

« C'est partiel », dit-il, avant que Roman n'ait le temps de l'ouvrir. « Ce qu'il y a là-dedans, c'est ce à quoi j'ai pu accéder sans éveiller de soupçons. Le tableau complet est considérablement plus large. »

Roman ouvrit le dossier.

La première page était un aperçu de l'entreprise. Montague Industries, fondée par Savio Montague, entreprise familiale de troisième génération. Actifs légitimes dans l'immobilier, le capital-investissement, la logistique maritime et les opérations d'import. Valeur estimée actuelle des actifs déclarés : trois virgule deux milliards de dollars. Affiliations dans l'ombre et actifs non déclarés : importants. Le dossier ne développait pas davantage, ce qui signifiait que Garrett n'avait pas pu accéder aux détails, ou avait choisi de ne pas les coucher par écrit.

Réputation familiale : les différends se règlent en privé. Pas une entreprise contre laquelle on se dresse deux fois.

Roman tourna la page.

Seraphina Montague. Éduquée à Londres et à Genève. Rentrée aux États-Unis à vingt-deux ans. Entrée immédiatement dans les opérations Montague. À vingt-quatre ans, selon des sources internes, elle dirigeait directement les opérations de l'ombre.

Roman s'arrêta sur « vingt-quatre ans ».

Elle avait vingt-trois ans quand ils s'étaient rencontrés. Il était entré dans un dîner de charité et l'avait trouvée légèrement en retrait de la pièce, et il avait cru qu'elle était timide. Il s'était présenté, elle lui avait serré la main, avait dit son nom, et lui avait souri de cette façon particulière qu'elle avait, comme si elle le trouvait intéressant sans vouloir le lui dire, et il avait passé le reste de la soirée à trouver des prétextes pour rester dans la même partie de la pièce qu'elle.

Il tourna la page.

Une photographie, imprimée sur papier standard, granuleuse, provenant d'une source secondaire. Une table de salle de conférence, longue et sombre. Six hommes assis d'un côté. Deux autres debout près du mur du fond. Tous plus âgés, la cinquantaine, la soixantaine, le genre de visages qui hantaient les salles de conseil depuis des décennies et savaient comment y tenir le pouvoir.

Sera était assise en bout de table.

Vingt-quatre ans, peut-être vingt-cinq. Une main à plat sur la table, un dossier ouvert devant elle, la bouche en plein milieu d'une phrase. Chaque personne dans cette pièce la regardait avec l'attention concentrée et légèrement prudente de gens qui comprenaient que ce qu'elle allait dire ensuite déterminerait quelque chose.

Elle ne leur présentait rien.

Elle leur disait ce qu'ils allaient faire.

Roman regarda le tampon de date dans le coin de la photographie.

Trois ans plus tôt. Quatre mois avant qu'il ne la rencontre à ce dîner de charité, où elle s'était tenue légèrement en retrait de la pièce et l'avait laissé passer toute la soirée à croire que c'était lui qui l'avait remarquée.

Elle était entrée dans ce dîner en étant déjà cette personne-là. Elle lui avait serré la main, avait souri, et l'avait laissé construire la version d'elle qu'il allait construire, sans jamais la corriger. Trois ans à ses côtés. Son foyer géré, ses migraines anticipées, son entreprise discrètement protégée, les opérations de sa propre famille tournant en arrière-plan pendant tout ce temps. Tout ça, et elle ne lui avait jamais, pas une seule fois, demandé de regarder de plus près.

Il ne savait pas si ça en disait plus long sur elle ou sur lui.

Il regarda la photographie un long moment.

Garrett resta assis en silence de l'autre côté du bureau. Il ne combla pas le silence. Il faisait ce métier depuis assez longtemps pour savoir quand attendre.

Roman reposa la photographie et feuilleta le reste du dossier sans le lire attentivement. Des noms, des actifs, des résumés de transactions. Tout pointait vers la même conclusion. Une femme qui avait su exactement qui elle était dès la première soirée où ils s'étaient rencontrés, et qui avait passé trois ans dans sa vie à être perçue comme quelque chose de considérablement plus petit.

Il referma le dossier.

Garrett le reprit sur le bureau et le glissa de nouveau sous son bras. Il regarda Roman de cette façon qu'il avait quand il avait décidé de dire les choses directement.

« Monsieur. » Un temps. « Saviez-vous qui était votre femme quand vous l'avez épousée ? »

Roman le regarda.

Il avait connu son nom. Son visage. La façon dont elle tenait sa tasse de café à deux mains quand elle lisait. Ce silence particulier dans lequel elle s'enfermait quand elle réfléchissait à quelque chose. La façon dont elle riait vraiment des choses réellement drôles, et ne feignait jamais de rire de celles qui ne l'étaient pas. Il avait connu, sans jamais les cataloguer, une centaine de petits détails précis sur elle.

Il n'avait jamais su que tout ça n'était que la surface de quelque chose de bien plus vaste.

« Je le croyais », dit Roman.

Garrett hocha la tête. Il se leva, ajusta sa veste, et se retira de lui-même.

Roman resta assis à son bureau après que la porte se fut refermée, à regarder l'espace où le dossier s'était trouvé.

Continue to read this book for free
Scan code to download App

Latest chapter

  • Le Plus Grand Regret de Mon Ex-Mari   Chapitre 200 : La dernière entrée

    « Tu es debout tôt », murmura Roman, sa voix une vibration basse et rauque de sommeil qui me donnait encore des frissons.Je ne lui répondis pas tout de suite. Je regardai simplement les lumières de la ville à travers la fenêtre de notre chambre, l'aube commençant à saigner sur l'horizon. Je m'étais réveillée avant lui, comme toujours. C'était le seul moment de la journée où le monde semblait assez calme pour que j'entende mes propres pensées.Je me glissai hors des draps de soie coûteux et me dirigeai vers la cuisine. Mes pieds nus ne firent aucun bruit sur le sol en marbre. Je me déplaçais avec une assurance que je n'avais pas possédée un an plus tôt. Je savais où tout se trouvait. Les grains, le moulin, la cafetière à piston française particulière dont Roman insistait qu'elle produisait la seule tasse de café buvable de la région.Je me tenais à la fenêtre de la cuisine, regardant la vapeur s'enrouler hors de ma tasse. C'était un mardi. Un mardi ordinaire. En bas, la ville se révei

  • Le Plus Grand Regret de Mon Ex-Mari   Chapitre 199 : Ce qu'ils avaient construit

    « L'offre n'est pas négociable. »Je me renversai dans le fauteuil en cuir de la salle de conseil de Montague Industries, mon regard fixé sur l'homme en face de moi. Il était plus âgé, aguerri et habitué à intimider les gens par son silence.Je n'étais pas une personne. J'étais une Montague, et j'avais passé les dernières années à construire une version de moi-même qui ne flanchait pas. Je laissai le silence s'étirer, le poids de la négociation pesant dans la pièce jusqu'à ce qu'il cligne enfin des yeux. Il signa. Je me levai, lissai ma jupe et sortis.À travers la ville, chez Ashord Global, Roman faisait probablement la même chose. C'était un mardi ordinaire, chargé d'échecs à haut risque que nous jouions pour gagner notre vie.Mon téléphone vibra dans mon sac. Je le sortis en atteignant mon bureau.Roman : N'oublie pas la bonne huile d'olive. Je retente les pâtes.Sera : Je l'apporte. Et un plan de secours pour le dîner.Roman : Aie un peu de foi, Sera.Sera : J'ai exactement autant

  • Le Plus Grand Regret de Mon Ex-Mari   Chapitre 198 : Vingt-sept ans

    « Que veux-tu pour ton anniversaire ? »Je levai les yeux de ma tablette, mes doigts s'arrêtant sur une feuille de calcul. Roman était appuyé contre l'embrasure de la porte de mon bureau à domicile, son expression indéchiffrable mais son attention entièrement tournée vers moi. C'était un mois avant le jour, exactement le genre de délai qu'un homme comme Roman Ashford employait autrefois pour planifier une invasion militaire ou une acquisition d'un milliard de dollars.« Tu me le demandes », dis-je, me renversant dans mon fauteuil.« Chaque fois », répondit-il. Il n'y avait aucune hésitation dans sa voix. Aucune suggestion qu'il irait dans mon dos pour planifier un gala tentaculaire et exagéré qui servirait son ego plus que mon confort. Il n'était plus l'homme qui présumait les choses.« Bien », dis-je, un petit sourire tirant sur mes lèvres.Je le lui dis. Je ne me retins pas, et je ne jouai à aucun jeu. Je lui dis que je ne voulais pas de salle de bal ni de communiqué de presse. Je n

  • Le Plus Grand Regret de Mon Ex-Mari   Chapitre 197 : Le reçu

    « Tu comptes un jour vider ces cartons, ou ils font partie du décor maintenant ? »Je ne répondis pas à la voix dans ma tête, celle de Sera, devenue la bande-son permanente de ma vie.Je me tenais dans la remise de l'ancien penthouse, entouré des fantômes d'un homme que je reconnaissais à peine. L'air était épais d'une odeur de poussière et d'air vicié. J'avais évité cette pièce pendant des mois. Tout le reste de ma transition vers notre nouvelle vie était achevé, mais ces derniers cartons ressemblaient à un poids que je n'étais pas prêt à déplacer.J'attrapai la caisse la plus proche, le carton rugueux sous mes paumes.C'était la dernière ligne droite. Je la traînai au centre de la pièce, le bruit du frottement résonnant contre les murs nus. Je fis sauter le ruban adhésif. À l'intérieur se trouvaient des documents, de vieux contrats de la fusion Ashford, des relevés bancaires d'années qui semblaient dater de plusieurs décennies. Des papiers qui étaient autrefois la seule chose pour l

  • Le Plus Grand Regret de Mon Ex-Mari   Chapitre 196 : La question que Savio a posée

    « Sera. Je veux te demander quelque chose. »Mon père cessa de marcher, sa main se posant légèrement sur la pierre réchauffée par le soleil du mur du jardin. C'était un dimanche au domaine, le genre de matin où l'air semblait épais du parfum du jasmin en fleurs et de la terre humide. Savio est maintenant entièrement rétabli.Il se déplaçait avec cette force stable et montagneuse qu'il avait avant que le monde n'essaie de le briser. Nous étions seuls, tous les deux, arpentant les allées de gravier qui serpentaient à travers les roses.Je m'arrêtai à côté de lui, ajustant la manche de mon pull. « Demande. »Il ne me regarda pas d'abord. Il regarda au-delà des haies, son profil net contre la lumière du matin. « Es-tu heureuse de la façon dont ta mère était heureuse ? » Il marqua une pause, sa voix descendant dans un registre purement personnel. « Le genre complet. »Je m'arrêtai complètement de marcher. Le gravier crissa une fois sous mon talon, puis se tut.Le genre complet.Je savais e

  • Le Plus Grand Regret de Mon Ex-Mari   Chapitre 195 : Les fleurs de Rosa

    « Tu es rentrée tôt. »Les mots n'étaient pas les miens. Ils venaient de la cuisine, graves et familiers, mais je ne répondis pas tout de suite. J'étais figée dans l'entrée de notre appartement, mes clés encore lourdes dans ma main.Mon regard était fixé sur la table à manger. Là, dans un vase en cristal que je m'étais acheté trois mois plus tôt, se trouvait un arrangement de fleurs.Ce n'étaient pas les fleurs qu'un homme achète habituellement quand il essaie de se montrer charmant. Pas de roses rouges génériques, pas de lys de supermarché, pas d'orchidées tape-à-l'œil conçues pour crier à l'attention.Elles étaient sourdes, texturées, sauvages. C'étaient les tiges précises et obscures que j'avais passé l'année dernière à sourcer dans une petite boutique en périphérie de la ville. C'étaient celles que j'achetais pour moi-même chaque dimanche matin, comme un rituel de ma propre indépendance.Je ne bougeai pas. Je les regardai simplement. Le parfum me frappa, terreux et vif, exactement

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status