LOGINKhar marcha un jour et une nuit. Il coupa à travers le désert en évitant les ravines, les feux, les éclaireurs d’Indé. Il but l’eau des racines de sabul, dormit à même la pierre pour ne pas laisser d’odeur. Il n’avait plus de ceinture, plus d’arme. Juste le fil de cuir de Khar serré autour de son poignet. Il devait protéger. C’était tout ce qui restait. Le camp apparut au lever du quatrième jour. Une succession de murs blancs, craquelé, qui piquait les yeux sous la lumière. Personne ne venait ici. Le sable rongeait les coussinets, faisait saigner les pattes, effaçait les pistes. Mais pour ceux qui savaient, il y avait ces cavernes. Des anfractuosités où l’air restait frais. Khar s’arrêta au pied. Il respira. L’odeur lui fit mal. Poussière. Peau. Fumée de feu sans bois. Son clan. Il grimpa. La première chose qu’il vit fut le cercle. Des tentes de toile grise, disposées en demi-lune contre la roche. Des lances plantées en terre. Des guerriers en faction. Mais ce n’ét
Le désert ne pardonne pas. Il efface. Il avait effacé les traces des caravanes, les murs de la capitale, les noms des Lambdas morts la semaine précédente. Il restait la crête ouest, et sur cette crête, trente Sigmas de Reka plantés dans le sable comme des pieux. Derrière eux, tassés dans les ravines, les survivants de Zanzibar. Des mères, des enfants, des anciens. Des loups sans meute qui n’avaient plus que la respiration des Sigmas entre eux et les renégats. Reka ne comptait plus les heures. Elle comptait les flèches. Il en restait sept. « Ils viennent, » dit le gamin à sa droite. Dix-sept ans, les mains qui tremblaient autour de sa lance. Reka hocha la tête. Elle n’avait pas besoin de regarder. Le sable le lui disait. Le sol vibra. D’abord un frisson. Puis un roulement. Comme un tambour qu’on enterre. Sur la dune opposée, ils apparurent. Une ligne noire contre le ciel blanc. Indé. Il ne courait pas. Il marchait. Comme s’il appartenait à la tempête. Derrière lui, v
L’air était immobile, lourd de poussière et de sel. Seuls les animaux du désert -scorpions, serpents,etc... faisaient du bruit. Deux Deltas étaient assis sur une dune basse, à trois kilomètres du camp principal de la Poussière. Ils étaient censés organiser pour Indé la garde sur la crête ouest. Ils ne montaient rien du tout. Le premier s’appelait Khar. La quarantaine, la mâchoire carrée, une balafre qui lui coupait le sourcil droit. Il avait rejoint Indé six lunes plus tôt, quand Indé promettait du grain et du gibier pour son clan et des armes pour ses fils. Le second s’appelait Mong. Plus jeune, plus maigre, les mains fines d’un ancien tisserand. Il avait suivi Indé pour une autre raison. La peur. Peur qu’Indé le dénonce comme apparenté à une famille de sorcières cause de la marque de naissance sur son épaule. Alors il avait pris l’arme avant qu’on la braque sur lui. Ils ne parlaient pas. Ils partageaient une outre d’eau tiède, passée de main en main. « Elle est là,
La meute de Zanzibar ne saignait plus. Elle dépérissait. La grande île, autrefois appelée l'Île d'Or, à cause de ses mines d'or, ses déserts de sable jaune et de ses lanternes qui ne s’éteignaient jamais, ne portait plus ce nom que sur les cartes. Aujourd’hui, les marchands l’appelaient "la ville en Cendre".... Les loups qui partaient ne disaient pas « nous quittons Zanzibar ». Ils disaient : « nous sortons de la ville morte ». Du haut des tours du palais, on ne voyait plus que des toits effondrés, des murs noircis par la fumée, des rues où l’herbe poussait entre les pavés fendus. Les lanternes étaient éteintes ou cassées, depuis trois lunes. Le vent les faisait tinter comme des os creux. Les fontaines d’ambre ne coulaient plus. Les canaux étaient des lits de poussière où les chiens errants enterraient leurs morts. Les parfums de jasmin et d'ambre avait disparu. Il restait l’odeur du charbon, du sang séché, et de la peur. Indé avait fait ça. Indé et le silence qui a
Le soleil de midi tombait droit sur la clairière de l’académie de la meute Noire. Les grands baobabs filtraient la lumière en taches d’or sur l’herbe rase qui servait de salle de classe aux novices. Cent jeunes loups, tout juste intégrés, étaient assis en demi-cercle sur des rondins polis par les saisons. L’odeur de terre humide, de feuilles écrasées et de fourrure nerveuse flottait dans l’air. Devant eux, debout sur une souche plus haute, se tenait Sinbad. C'était le Bêta de la meute Noire, et il avait le regard plus aiguisé qu’une lame neuve. Il était l’enseignant des premières années. Celui qui séparait les louveteaux des futurs guerriers, des futurs Alphas, ou Cetas, ou Deltas... bref, des futurs tout. Il leva une main. Le brouhaha cessa net. Cent paires d’yeux jaunes, bruns, verts, bleus se fixèrent sur lui. « Novices, » dit Sinbad. Sa voix portait sans qu’il ait besoin de crier. C’était une voix faite pour comma
*Jour 3 : Le cercle et la meute* La fosse de combat était un simple cercle de pierres, au centre de la clairière. Pas de sable. De la terre dure. « Vous entrez à trois, » dit Sinbad. « Vous sortez à un. Pas de sang interdit, mais le premier qui perd connaissance a perdu. Pas de haine. Pas de vengeance. C’est un test. Pas une guerre. » Les groupes furent tirés au sort. Aro tomba avec Sukann et un autre. Soren, massif, déjà cicatrisé à l’épaule. Juma, rapide, vicieux, les canines toujours en avant. Ils entrèrent. L'autre novice chargea tout de suite Aro. Logique. Le plus petit. Le plus facile. Sukann recula, attendit de voir. Aro ne recula pas. Il fit un pas de côté. Juste un. Le novice passa, emporté par son poids. Aro tendit la jambe, pas pour frapper, mais pour déséquilibrer. L'autre s’étal
Indé Fils sortit de l'enceinte de la salle de murs de pierres. Les Lycans restés entre eux restent silencieux un long moment. Puis l'une des Lycanes, celle qui représentait la meute de Ryder, laissa éclater sa colère : "Comment ces créatures détestables osent-elles nous narguer ? Elles sont cul
" Tu as beaucoup à apprendre sur le monde des loups-garous, et l'Académie est le meilleur endroit pour cela. Tu y apprendras les compétences nécessaires pour survivre et pour diriger ta meute." Raïhm ne cessait de lui servir les mêmes mots, de temps à autre... Konia hocha machinalement la tête,
Lorsqu'ils arrivèrent enfin à la résidence du roi Alpha, Farquhar, Alpha de la meute Noire, Konia fut frappée par la beauté du lieu. La résidence était entourée de buissons de fleurs de couleur sombre, des hibiscus noirs et des roses sombres qui ajoutaient une touche de mystère et de sophistication
Raïhm continua à parler, essayant de convaincre Konia de la version qu'il avait créée. "Après la mort de ma mère, mon père a eu des difficultés à gérer la meute," dit-il, les yeux baissés, comme s'il revivait les souvenirs douloureux. "Il était tellement affecté par sa perte qu'il a négligé certain







