ログインChapitre 41NoahJe n'arrive pas à dormir. Allongé dans mon lit, les yeux fixés sur le plafond blanc de mon penthouse, je repasse en boucle les événements de la soirée comme un film dont je ne peux pas arrêter la projection. Le visage de mon père, son mépris glacial, ses mots qui ont ravivé de vieilles blessures que je croyais cicatrisées. La robe tachée d'Amélia, ses yeux brillants de larmes retenues, sa main qui a serré la mienne dans la nuit glacée. Et cette question qui tourne dans ma tête comme un disque rayé, comme le tic-tac du Király contre ma poitrine : que suis-je en train de devenir ?Moi, Noah Hayes, vingt-sept ans, le play-boy qui ne s'attachait jamais, qui collectionnait les conquêtes comme des trophées, qui fuyait les sentiments comme on fuit la peste. Moi q
Chapitre 40AméliaLa nuit est glacée, et nos pas résonnent sur le gravier de l'allée qui mène au portail de la propriété. Derrière nous, la demeure des Hayes brille de tous ses feux, immense et majestueuse, comme un paquebot illuminé dans la nuit noire, ses fenêtres découpant des rectangles de lumière dorée sur les pelouses impeccablement entretenues. Ma robe est encore trempée de vin, le tissu bleu marine maculé de taches écarlates qui s'élargissent comme des fleurs empoisonnées, et la veste de Noah pèse sur mes épaules comme une armure trop grande, imprégnée de son parfum, de sa chaleur, de sa présence. Mes doigts sont toujours serrés dans les siens, et je n'ose pas les retirer, je n'ose pas briser ce contact qui est la seule chose qui me retient de m'effondrer. Nous marchon
Chapitre 39NoahJe traverse la salle sans voir personne d'autre qu'elle. Les invités s'écartent sur mon passage, leurs conversations s'interrompent, leurs sourires se figent. Amélia, trempée de vin rouge, les yeux brillants de larmes qu'elle refuse de verser, le visage pâle mais la tête toujours haute. Cette femme qui a traversé tant d'épreuves, qui a survécu à tant d'humiliations, qui n'a jamais rien demandé à personne, est en train de se faire détruire par des gens qui ne méritent même pas de prononcer son nom.Je retire ma veste de smoking sans réfléchir, sans calculer, sans me soucier des regards qui convergent vers nous. Le tissu noir glisse de mes épaules, et je le pose sur les siennes, doucement, avec une précaution infinie. Je sens son corps trembler sous le tissu, je vois ses doigts
Chapitre 38AméliaJe n'aurais jamais dû accepter cette invitation. Noah me l'avait proposée avec hésitation, conscient que ce monde n'était pas le mien, que ce palais de marbre et d'or était un territoire hostile où je n'avais pas ma place. Mais j'avais voulu lui montrer que je pouvais être forte, que je pouvais affronter son univers sans me laisser intimider, que je n'étais pas la petite chose fragile qu'il croyait devoir protéger. Quelle folie. Quelle stupide, naïve, orgueilleuse folie.La demeure des Hayes est un palais, un musée, une forteresse de marbre blanc et d'or qui écrase tout ce qui n'est pas à sa hauteur. Les plafonds sont si hauts qu'on se sent minuscule, les murs sont couverts de tableaux de maîtres et de tapisseries anciennes, les sols sont en marbre si poli qu'on pourrait s'y mirer. Les femm
Chapitre 48AméliaIl vient me voir sous la pluie, une pluie battante de décembre qui transforme les rues en rivières et les trottoirs en miroirs. Je l'entends frapper à la porte de mon immeuble, le vieux battant de bois qui résonne dans la cage d'escalier, puis monter les marches une à une, ses pas lourds et hésitants sur le bois usé. Je ne bouge pas, recroquevillée sur mon matelas, les bras autour des genoux, le cœur battant si fort que je l'entends dans mes oreilles. Il frappe à ma porte, doucement, presque timidement, trois petits coups à peine audibles, comme s'il craignait de me déranger, comme s'il craignait de me brusquer.— Amélia, je sais que tu es là. La lumière est allumée, j'ai vu la lueur sous la porte. S'il te plaît, ouvre-moi.Sa voix est différente, étouffée par l'épaisseur du bois, mais je perçois immédiatement qu'il y a quelque chose de changé, quelque chose de fondamentalement différent. Il ne supplie pas, il n'exige pas, il ne menace pas. Il demande, simplement, h
Chapitre 37NoahLa demeure familiale des Hayes se dresse devant moi comme un monument à tout ce que j'ai toujours détesté. Des colonnes de marbre blanc qui s'élèvent vers le ciel telles des sentinelles glacées, des grilles en fer forgé doré qui brillent sous la lumière des projecteurs, des fenêtres si hautes qu'elles semblent vouloir toucher les étoiles. La soirée bat son plein à l'intérieur, les lustres de cristal de Bohême déversent leur lumière dorée sur les invités en tenue de gala, et le bruit des conversations mondaines flotte dans l'air comme une musique lancinante. Les femmes portent des robes de créateurs, des bijoux qui scintillent à chaque mouvement, des coiffures élaborées par des coiffeurs de renom. Les hommes arborent des smokings noirs, des boutons de manc







