로그인Chapitre 44
Rafael
Valse. Elle ne savait pas danser, elle me l'avait avoué d'une voix paniquée au bord de la piste, ses doigts crispés sur sa coupe de champagne, ses yeux noisette agrandis par l'angoisse, et j'avais souri malgré moi, attendri par cette vulnérabilité qu'elle ne montrait presque jamais. « Laisse-toi guider », lui avais-je dit, et ces mots, qui auraient pu être anodins, résonnaient en
Chapitre 69AlyaPromenade nocturne sur les quais. La nuit était douce, une de ces nuits de printemps où l'air encore tiède se mêle à la fraîcheur du fleuve, où les réverbères dessinent des flaques de lumière dorée sur les pavés anciens, où les façades des immeubles se reflètent dans l'eau sombre comme des miroirs tremblants. Nous marchions lentement, sans but précis, sans destination, laissant nos pas nous guider le long des berges aménagées, entre les platanes centenaires et les bancs de pierre, et il tenait ma main. Sa grande main calleuse enveloppait la mienne avec une douceur qui ne cessait jamais de m'étonner, cette douceur qui contrastait tellement avec la force que je sentais dans ses doigts, avec la puissance que je devinais dans ses épaules, avec tout ce qu'il dégageait de solide et de rassurant. Sa mai
Chapitre 68CamilleAlya ne pose plus de questions. C'est ce qui me frappe le plus, chaque fois que je la vois, chaque fois que nous parlons, chaque fois que je surprends son regard quand Rafael entre dans la pièce ou quand son téléphone vibre ou quand son nom apparaît sur l'écran. Elle ne demande plus rien, elle ne cherche plus à comprendre, elle ne note plus les incohérences dans ce coin de sa tête où elle les accumulait autrefois avec une méthode presque obsessionnelle. Elle a cessé de fouiller, de guetter, d'analyser le moindre indice, la moindre contradiction, le moindre détail qui ne collait pas. Elle flotte dans son bonheur comme on flotte sur une eau calme, les yeux fermés, les bras ouverts, abandonnée à ce courant qui la porte et qui la berce, et elle refuse de voir les zones d'ombre qui continuent pourtant de s'étendre autour d'elle, aut
Chapitre 67AlyaJe ne lui ai pas demandé comment il avait fait. Je ne lui ai pas posé de questions sur Gabriel, sur la prison, sur le dossier monté en trois semaines, sur les preuves accablantes et les avocats et le juge, sur tout ce qui a conduit à l'arrestation spectaculaire de mon ex-compagnon. Je ne veux pas savoir. Pas encore. Pas maintenant. Il y a des mystères qu'on accepte par amour, des zones d'ombre qu'on choisit de ne pas éclairer parce qu'on sait que la lumière pourrait brûler plus qu'elle n'éclaire, des secrets qu'on tolère parce qu'on fait confiance à celui qui les porte, parce qu'on croit qu'il les révélera quand il sera prêt, parce qu'on espère que la vérité, quand elle viendra, ne détruira pas tout ce qui a été construit. Ou par peur. Les deux, sans doute, l'amour et la peur mêlés, indissociables, comme les deux faces d'une même pièce. L'amour qui me pousse à lui faire confiance, à croire qu'il a fait tout cela pour me protéger, pour me venger, pour me libérer défini
Chapitre 66RafaelGabriel est en prison. J'ai reçu la confirmation ce matin, un appel bref de mon avocat qui m'informait que l'arrestation s'était déroulée sans incident, que les preuves étaient accablantes, que le juge avait refusé la libération sous caution, et que Gabriel Delcourt ne sortirait pas avant longtemps. J'ai écouté en silence, debout devant la baie vitrée, les yeux fixés sur la ville qui s'étendait à mes pieds dans la lumière grise du matin, et j'ai raccroché sans un mot, sans un remerciement, sans un commentaire, comme je le faisais toujours quand une affaire était réglée. C'était terminé. Gabriel Delcourt était derrière les barreaux, il ne pourrait plus jamais menacer Alya, il ne pourrait plus jamais l'humilier, il ne pourrait plus jamais poser ses yeux de pr&
Chapitre 65AlyaGabriel a été arrêté aujourd'hui. La nouvelle est tombée au milieu du service du déjeuner, un texto de Camille qui a fait vibrer mon téléphone dans la poche de mon tablier et qui m'a fait lâcher la casserole que je tenais au-dessus de l'évier. Fraude fiscale. Détournement de fonds. Les mots dansaient devant mes yeux, incroyables, impossibles, et pourtant bien réels. Gabriel Delcourt, l'homme qui m'avait humiliée pendant trois ans, l'homme qui m'avait offert un chèque en me disant que je n'avais pas d'autre option, l'homme qui m'avait traitée de moins que rien sur le marché avant que Rafael ne le fasse fuir, était en prison. Il va passer des années en prison, c'est ce que disaient les informations, c'est ce que répétaient les journalistes, c'est ce que confirmaient tous les ex
Chapitre 64RafaelSon anniversaire. Je l'ai su en consultant son dossier, il y a des mois. C'était une simple date parmi d'autres à l'époque, une information comme une autre que j'avais notée sans y prêter attention, sans imaginer que des mois plus tard, cette même date me trouverait en train de préparer un dîner aux chandelles sur une terrasse, les mains tremblantes, le cœur battant, en espérant de toutes mes forces qu'elle serait heureuse. Dîner préparé en secret avec son chef. J'avais appelé Marco quelques jours avant, en cachette, comme je l'avais fait pour la soupe pendant sa convalescence, et je lui avais demandé de m'aider à préparer un menu spécial, un menu qui lui ressemble, un menu qui lui fasse plaisir. Marco avait accepté avec enthousiasme, il m'avait guidé pas à pas à travers les r
Chapitre 5RafaelLa porte du restaurant se referme derrière moi, le carillon tinte une dernière fois, et je me retrouve sur le trottoir humide, les mains enfoncées dans les poches de ma veste élimée, le visage fouetté par le vent de mars. Je reste immobile quelques secondes, les yeux fixés sur la
Chapitre 4AlyaQuatorze heures précises. Le carillon tinte et la porte s'ouvre sur un homme que je ne connais pas encore, mais qui, dans quelques minutes, deviendra mon futur mari contractuel. L'idée est si absurde que j'ai envie de rire nerveusement, mais je me retiens, les mains crispées sur mes
Chapitre 3AlyaCamille débarque sans prévenir à vingt et une heures passées, trempée par l'averse de mars, une bouteille de vin blanc à la main. Elle a les cheveux plaqués sur le front, les joues rougies par le froid, et ce sourire indomptable qui ne la quitte jamais, même dans les pires moments.
Chapitre 2AlyaGabriel arrive le lendemain matin sans prévenir, comme il le fait toujours, comme si le restaurant lui appartenait encore, comme si ces deux années de séparation n'avaient été qu'une parenthèse qu'il peut refermer à sa guise.Je suis en train de préparer la salle pour le service du







