로그인Chapitre 38
Kyrel
La voiture file dans les rues désertes, les façades défilent derrière les vitres fumées comme des pans de rêve qu'on abandonne derrière soi, et je conduis sans un mot, les mains crispées sur le volant, le regard fixé sur la route qui s'enfonce dans la nuit, pendant que Naelys est assise à côté de moi, recroquevillée sur son siège, les bras
Chapitre 49KyrelLa nuit est avancée. La bibliothèque n'est éclairée que par la lampe posée sur la table basse. Naelys s'est endormie sur le canapé, la joue posée sur un coussin, les cheveux blonds répandus sur le velours émeraude, une main encore crispée sur un stylo. Le dossier est ouvert sous elle, ses jambes repliées, sa respiration lente et régulière.Je me tiens dans l'embrasure de la porte depuis de longues minutes. Je ne bouge pas. Je la regarde.Elle est belle dans cet abandon du sommeil. Belle de courage, de droiture, de cette obstination qui la rend si précieuse et si vulnérable. Et je sens mon cœur se serrer dans ma poitrine, ce cœur que je croyais mort et qui bat pour elle, qui bat malgré moi, qui bat contre toute logique.Je m'approche lenteme
Chapitre 48NaelysIl a quitté la bibliothèque sans se retourner. Je l'entends monter les escaliers, ses pas lourds qui résonnent au-dessus de ma tête, puis la porte de sa chambre qui se referme avec un claquement sourd. Je reste seule, agenouillée sur le tapis, les larmes qui coulent sur mes joues.Je ne pars pas. Je ne peux pas partir.Je me relève lentement. Je marche jusqu'au canapé où il était assis quelques minutes plus tôt. Je m'assois à la place qu'il occupait. Je pose ma main sur le tissu encore chaud de sa chaleur. Et je ferme les yeux.À dix ans, tout le monde le désignait déjà comme un meurtrier.Ces mots tournent dans ma tête comme une litanie. Dix ans. Un enfant de dix ans. Un enfant qui jouait, qui riait, qui rêvait, et qu'on a sou
Chapitre 47KyrelLa nuit est tombée sur la résidence. Naelys est assise dans la bibliothèque, le dossier étalé sur la table basse devant elle. Les pages manquantes qu'elle a découvertes ce matin sont encore visibles dans son regard, cette lueur de vertige que je connais trop bien. Je me tiens dans l'embrasure de la porte, les bras croisés, et je la regarde depuis de longues minutes sans qu'elle m'ait entendu arriver.Elle relève enfin la tête.— Vous saviez.Ce n'est pas une question. C'est un constat.— Oui.— Vous saviez que le dossier avait été truqué. Que les pages avaient été arrachées. Que les preuves avaient été effacées.— Oui.— Et vou
Chapitre 46NaelysLe dossier est posé devant moi, sur la table de la cuisine. Je le fixe depuis de longues minutes sans parvenir à l'ouvrir. La chemise cartonnée est jaunie, usée aux coins. Le numéro correspond exactement à celui que Madame Vasseur m'a confié.Je respire profondément. J'ouvre.Les premières pages sont des rapports de police, des procès-verbaux, des comptes rendus d'expertise. Je les feuillette rapidement. Et puis je m'arrête. Une page manque. Je le vois immédiatement, cette déchirure nette dans la liasse, cet espace vide entre deux rapports. Je vérifie les numéros. 12, 13, 15. La page 14 a disparu.Je continue. Un rapport d'autopsie. Il ne contient que la première moitié. Un témoignage. Il s'arrête au milieu d'une phrase. Une photo d
Chapitre 45KyrelLe rapport de Silas arrive en fin d'après-midi.— Quelqu'un a consulté les archives du vieux procès. Le dossier de 1998. Celui qui n'existe officiellement plus.— Qui ?— Une femme. Blonde. Élégante. Elle a utilisé un laissez-passer au nom d'une consœur. Le gardien l'a reconnue.Naelys.Je ferme les yeux une seconde. Elle suit la bonne piste. Elle avance. Et chaque pas qu'elle fait vers la vérité la rapproche du précipice. Je le sais depuis le début. Je l'ai su le jour où elle a franchi la porte de l'entrepôt avec son tailleur bleu marine et son regard de défi. Je l'ai su, et je ne l'ai pas arrêtée. Parce que je voulais qu'elle trouve la vérité. Parce que je voulais que quelqu'un, e
Chapitre 44NaelysL'adresse que j'ai obtenue après trois jours de recherches est celle d'une maison de retraite en banlieue ouest. Quand je franchis le portail, mon cœur bat plus vite. Madame Hélène Vasseur, ancienne juge d'instruction, quatre-vingt-deux ans, a instruit les affaires criminelles de cette ville pendant trente ans. Son nom figurait dans les marges de documents qui mentionnaient l'affaire Lyanna Draxen sans jamais la détailler, ces documents qui ont tous disparu depuis.La vieille femme m'attend dans un salon de lecture, assise dans un fauteuil de velours grenat. Malgré son âge, elle dégage une autorité tranquille. Ses yeux, d'un bleu délavé, se posent sur moi avec une acuité qui dément la fragilité de son corps.— Vous êtes Naelys Voren. L'avocate qui défend Kyrel Draxen. Je vous attendais.— Vous m'attendiez ?— Depuis que j'ai appris votre licenciement. Depuis que j'ai compris que vous ne lâcheriez pas. Les autres auraient abandonné après la première menace, après le







