Se connecterchapitre 4
Une semaine que Naomi évoluait dans l’univers exigeant de Blackwood Enterprises. Et contre toute attente… elle s’en sortait brillamment. Ses rapports étaient précis. Ses analyses structurées. Ses délais toujours respectés. Même Madame white, pourtant avare en compliments, lui avait adressé un discret : — Continuez ainsi, mademoiselle Carter. Ce qui, dans cette entreprise, équivalait à une standing ovation. Naomi commençait à comprendre le rythme. Les silences. Les priorités. Les codes invisibles. Mais il y avait une constante qui restait imprévisible. Les moments où elle devait entrer dans le bureau d’Alexander Blackwood. L’air devenait plus lourd. Plus électrique. Une étincelle invisible, silencieuse, naissait chaque fois que leurs regards se croisaient. Elle le sentait. Dans sa poitrine. Dans sa respiration qui se troublait malgré elle. Une attraction qu’elle refusait d’admettre, qu’elle tentait d’étouffer sous des couches de raison. Ça finira par passer, se répétait-elle. Encore. Et encore. Mais cela ne passait pas. Et ce soir-là, alors que la nuit enveloppait la ville et que Naomi dormait enfin, le cœur apaisé par la fatigue, la sonnerie soudaine de son téléphone fendit le silence. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, la lumière du jour filtrait déjà à travers les rideaux. Elle avait dormi plus longtemps qu’elle ne le pensait. Encore légèrement étourdie, elle attrapa son téléphone posé sur la table de chevet. C’était sa mère. Sa voix était encore chargée de sommeil lorsqu’elle répondit. — Maman ? Qu’est-ce qu’il y a — Naomi, ma chérie, je ne t’ai pas réveillée au moins ? — Maman… non, ça va. J’étais en train de dormir, mais ça va. Qu’est-ce qu’il y a ? Tu m’as fait peur. Un petit rire traversa le combiné. — Oh, rien du tout. Je voulais juste entendre ta voix. Ça fait quelques jours que je n’avais pas appelé. Naomi laissa échapper un soupir léger, presque amusé. — Tu m’as vraiment appelée juste pour ça ? — Oui. Une mère a besoin d’entendre sa fille de temps en temps. Naomi sourit malgré elle. — Tout va bien maman. On m’a encore félicitée au travail. — Je suis fière de toi, tu sais. Ces mots la touchèrent plus qu’elle ne l’aurait cru. — Merci, maman… Elles parlèrent encore un moment. De choses simples. Du quartier. Puis sa mère conclut doucement : — D’accord, je te laisse. Passe une bonne journée, ma chérie. — Toi aussi, maman. Je t’embrasse. L’appel prit fin. Le silence revint dans la pièce. Naomi resta allongée quelques secondes, les yeux fixés au plafond. Lentement, elle posa la main sur son estomac, comme si elle venait de recevoir un choc invisible. Ce n’était pas la conversation qui la troublait. C’était ce rêve. Ce rêve si vif… si réel… Et le visage qui y apparaissait encore, même les yeux ouverts. Elle ferma les paupières un instant. Pourquoi fallait-il que ce soit lui ? Et malgré elle… les images revinrent. Elle revoyait le moment où il l’avait déposée devant chez elle. Son regard brûlant. Cette tension électrique entre eux. Il la suivait jusque dans sa chambre. Il refermait la porte derrière eux, lentement… sans la quitter des yeux.Il s’approchait. Ses mains glissaient sur ses hanches, remontaient le long de sa taille avec une lenteur calculée. Il effleurait sa peau comme s’il voulait en mémoriser chaque frisson. Ses lèvres descendaient dans son cou, mordillaient doucement sa peau avant d’y déposer des baisers plus appuyés. Sa respiration devenait irrégulière. — Alexander… Mais il ne lui laissait pas le temps de parler. Il la retournait brusquement et la plaquait contre le mur. Son bassin pressé contre le sien, dur, insistant. Il capturait sa bouche avec une intensité presque sauvage, sa langue cherchant la sienne avec impatience. Naomi gémissait, ses jambes devenant faibles. Il descendait une main le long de son ventre, lentement… dangereusement lentement… jusqu’à passer sous l’élastique de sa culotte. Ses doigts la frôlaient, la caressaient avec une précision troublante, découvrant sa chaleur déjà humide. Son souffle se brisait. Ses hanches bougeaient malgré elle contre sa main. Il la soulevait légèrement, l’obligeant à enrouler ses jambes autour de lui. Ses baisers devenaient plus féroces. Plus affamés. Elle murmurait son nom, incapable de retenir les gémissements qui lui échappaient. Et juste au moment où le plaisir devenait insupportablement intense. La sonnerie du téléphone avait brisé le rêve au moment le plus brûlant. Elle ferma les yeux, laissant la scène se rejouer une dernière fois… mais cette fois, il n’y avait plus de sonnerie pour l’interrompre. Seulement son imagination. Un frisson la parcourut. Elle inspira profondément. Puis une autre pensée s’imposa, plus inquiétante. Comment vais-je faire pour le regarder aujourd’hui ? Elle porta une main à son front. Au bureau. Dans son bureau à lui. Seule avec lui. Et s’il le voyait ? Dans mes yeux… dans ma façon de respirer… Elle secoua la tête. — C’est ridicule… murmura-t-elle. Alexander ne pouvait pas savoir. Ce n’était qu’un rêve. Mais pourquoi avait-il semblé si réel ? Elle se leva finalement, décidée à reprendre le contrôle. Elle devait se préparer. Redevenir professionnelle. Impeccable. Maîtrisée. Elle venait à peine de commencer à s’habiller lorsque maya frappa à la porte de sa chambre. — Entre dit-elle. Maya pénétra dans la chambre sans attendre et s’arrêta net en la regardant de haut en bas. Un sourire malicieux étira ses lèvres. — Ohhh… attends… depuis quand tu t’habilles comme ça pour aller travailler ? Naomi baissa les yeux vers sa tenue. Une robe plus ajustée que d’habitude. Élégante. Féminine. — Comment ça, “comme ça” ? Maya croisa les bras, amusée. — Comme si tu allais impressionner quelqu’un. Naomi sentit une chaleur monter à ses joues. — N’importe quoi. Maya éclata de rire. — Ah bon ? dis-moi qui c'est ? — Maya… — Quoi ? Je dis juste la vérité ! Tu as mis un effort aujourd’hui. Et ça ne ment pas. Naomi attrapa un coussin et le lança vers elle. — Tais-toi ! Elles éclatèrent de rire toutes les deux. Maya s’assit sur le lit. — Sérieusement… tu es magnifique. Si les gens ne te complimentent pas c'est qu'ils sont aveugles. Naomi détourna légèrement le regard, tentant de garder son calme. Si seulement Maya savait ce qu’elle avait rêvé cette nuit. — Allez, dépêche-toi, sinon tu vas être en retard. Et essaie de ne pas faire tomber ton patron amoureux dès le matin. — Maya ! Mais elles riaient encore. Pourtant, derrière son sourire, Naomi sentait toujours ce trouble persister. Aujourd’hui… serait une longue journée. Naomi referma delicatement la fermeture de son sac après avoir vérifié une dernière fois son reflet dans le miroir. robe sobre ajustée. Cheveux attachés avec élégance. Maquillage discret. Professionnelle. Elle jeta un coup d’œil à l’heure. Pas le temps d’attendre. Liam avait entraînement tôt ce matin-là, et pour la première fois depuis plusieurs jours, il ne pouvait pas la déposer. Elle descendit rapidement les escaliers de l’immeuble et héla un taxi. — Manhattan, s’il vous plaît. Le véhicule démarra, s’insérant dans la circulation matinale de Brooklyn. Naomi s’adossa contre le siège, observant les rues qui défilaient. Les cafés ouvraient leurs portes, des étudiants pressés traversaient sans regarder, la ville vibrait déjà. Son téléphone vibra. Liam : Un sourire immédiat illumina son visage. — Tu es déjà partie ? demanda-t-il sans préambule. — Oui. En taxi. — J’aurais préféré te déposer. — Je sais. Un court silence, doux. — Tu as bien dormi ? reprit-il. Elle resta silencieuse un court instant. Un peu troublée. Elle ne savait pas quoi répondre. Bien dormi ? Si seulement il savait… — Pas vraiment, finit-elle par dire. Je lisais un dossier tard hier soir. Un mensonge léger. Presque automatique. Elle détourna le regard, comme si Liam pouvait voir à travers le téléphone. Ce n’était pas le travail qui l’avait empêchée de dormir. C’était ce rêve. Ce rêve qui continuait à la tourmenter, même éveillée. Il soupira légèrement. — Naomi… tu n’as pas besoin d’en faire autant. — Si. Là-bas, personne ne fait “juste assez”. Elle entendit un bruit de ballon au loin. — J’ai entraînement toute la matinée, dit-il. Mais je passe te chercher ce soir. — Liam, tu n’es pas obligé. — Je veux l’être. Sa voix était plus basse, plus sincère. — Tu changes un peu ces derniers jours. Elle fronça légèrement les sourcils. — Comment ça ? — Tu es plus… concentrée. Plus distante parfois. Naomi regarda les immeubles se transformer progressivement à mesure que le taxi approchait de Manhattan. — Je m’adapte, c’est tout. Un silence. Puis il adoucit le ton. — D’accord. Mais n’oublie pas de respirer. Elle sourit. — Toi non plus. — Je t’aime. Elle ferma les yeux une seconde. — Moi aussi. Elle raccrocha doucement. Le taxi franchit un feu vert et s’engagea dans une avenue plus large. Les immeubles devenaient plus hauts, plus imposants. Plus froids. Naomi redressa légèrement les épaules. À chaque trajet vers Blackwood Enterprises, elle sentait cette transition. Le taxi ralentit finalement devant le bâtiment aux façades vitrées. Elle paya le chauffeur, sortit du véhicule et leva les yeux vers les étages supérieurs. Une semaine. Et pourtant, chaque matin donnait l’impression d’un nouveau test. Elle inspira profondément. Puis elle franchit les portes automatiques. Prête à affronter une nouvelle journée. Elle avançait vers l’ascenseur quand une voix familière l’interpella. — Carter ! Elle se retourna. Junior. Le jeune homme de l’université, celui qui avait été sélectionné pour le même stage. Costume légèrement décontracté aujourd’hui, gobelet de café à la main, sourire facile. — Tu es matinale, dit-il en s’approchant. — J’essaie d’éviter les retards dès la deuxième semaine, répondit-elle avec un léger sourire. Il lui tendit un second café. — Je me suis dit que tu en aurais besoin. Elle le regarda, surprise. — Merci… tu n’étais pas obligé. — On survit mieux ici avec de la caféine et un allié. Elle laissa échapper un petit rire. — Alors on est alliés maintenant ? — Évidemment. On est les deux étudiants jetés dans l’arène des requins. Ils marchèrent ensemble vers l’ascenseur. — Comment ça se passe pour toi ? demanda Junior. — Intense. Mais formateur. — Pareil. J’ai l’impression qu’on nous observe en permanence. Naomi haussa légèrement les épaules. — C’est le but, non ? Nous tester. L’ascenseur arriva. Ils entrèrent. — Tu as déjà eu un entretien prolongé avec lui ? demanda Junior en baissant légèrement la voix. Elle comprit immédiatement de qui il parlait. — Quelques échanges professionnels. — Professionnels, répéta-t-il avec un sourire taquin. Elle leva les yeux au ciel. — Très professionnels. Les portes s’ouvrirent au quatorzième étage. L’atmosphère était déjà studieuse. Claviers qui tapent. Téléphones discrets. Pas rapides. Junior prit une gorgée de café. — Bon… survivons à une nouvelle journée. — Survivons brillamment, corrigea Naomi. Il sourit. — J’aime cette version ambitieuse de toi. Ils échangèrent un dernier regard complice avant de se séparer. Junior prit la direction de son bureau. Naomi se dirigea vers le sien, posa son sac, alluma son ordinateur. Un nouveau mail apparut presque immédiatement. Direction Générale dans 10h00 Mlle Carter. Elle jeta un coup d’œil à l’horloge murale. 09h12. Une légère tension parcourut son ventre. La journée ne faisait que commencer. Et déjà, elle savait qu’elle ne serait pas ordinaire.Chapitre 7 L’appartement était plongé dans un calme profond. Maya dormait déjà. Sa respiration lente traversait le silence comme une présence rassurante. Naomi resta appuyée contre la porte quelques secondes. Comme si elle venait d’échapper à quelque chose. Ou peut-être… comme si quelque chose l’avait suivie jusqu’ici. Elle entra dans sa chambre, referma la porte, posa son sac sans vraiment savoir où. Puis tout lui revint. D’un coup. Le regard d’Alexander. Sa voix grave. Le “Dites-le encore”. Les baisers. Elle porta instinctivement ses doigts à ses lèvres. Comme si la chaleur y était encore. Elle s’assit sur le lit. Se releva aussitôt. Non. Impossible de rester tranquille. Elle commença à marcher dans la chambre. Lentement d’abord. Puis plus nerveusement. — Mais qu’est-ce qui m’a pris… Demain, elle ne le verrait pas. Elle n’allait pas au bureau. Et pourtant… La pensée de l’après-demain lui nouait déjà l’estomac. Comment allait-elle f
chapitre 6 Le parking était presque vide lorsque Naomi descendit. L’air du soir était plus frais, mais cela ne suffit pas à apaiser la chaleur étrange qui persistait en elle. Elle aperçut la voiture d’Alexander un peu plus loin. Impeccable. Sobre. À son image. Il était déjà installé au volant. Lorsqu’elle s’approcha, les phares clignotèrent brièvement il venait de déverrouiller les portières sans même sortir. Toujours en contrôle. Elle inspira discrètement avant d’ouvrir la porte passager. — Bonsoir, monsieur. Il tourna légèrement la tête vers elle. Costume sombre. Regard calme. — Bonsoir, Naomi. Son regard descendit une seconde sur sa tenue, puis revint à son visage. — Je vois que vous avez survécu à la journée. Elle attacha sa ceinture. — De justesse. Un coin de ses lèvres se releva. Il démarra doucement. La voiture quitta le parking. Après quelques secondes, il parla. Voix posée. Professionnelle. — Nous allons dîner avec deux investisseurs
chapitre 5Naomi porta le gobelet a ses lèvres, laissant la chaleur se répandre en elle. Pourtant, ce n’était pas le café qui troublait son souffle.C’étaient les souvenirs de la nuit.Malgré elle, une image revint. Un mur. Une proximité brûlante. Un regard sombre qui la déstabilisait encore.Elle ferma brièvement les yeux.— Ressaisis-toi…Elle posa le gobelet et se mit à ranger doucement les dossiers, effleurant les papiers comme pour remettre de l’ordre non seulement sur son bureau… mais aussi dans son esprit.Chaque feuille alignée était une tentative de contrôle.Chaque minute qui passait la rapprochait de dix heures.Et de lui.Son cœur battait un peu plus fort à cette pensée.Aujourd’hui, elle devrait le regarder.Et faire comme si rien ne s’était jamais passé.Comme si ce rêve n’avait pas laissé une trace invisible en elle secoua légèrement la tête, comme pour chasser ces images.— Concentre-toi, Naomi…Concentre-toi. Un léger coup à la porte la tira de ses pensées.— Je peux
chapitre 4 Une semaine que Naomi évoluait dans l’univers exigeant de Blackwood Enterprises. Et contre toute attente… elle s’en sortait brillamment. Ses rapports étaient précis. Ses analyses structurées. Ses délais toujours respectés. Même Madame white, pourtant avare en compliments, lui avait adressé un discret : — Continuez ainsi, mademoiselle Carter. Ce qui, dans cette entreprise, équivalait à une standing ovation. Naomi commençait à comprendre le rythme. Les silences. Les priorités. Les codes invisibles. Mais il y avait une constante qui restait imprévisible. Les moments où elle devait entrer dans le bureau d’Alexander Blackwood. L’air devenait plus lourd. Plus électrique. Une étincelle invisible, silencieuse, naissait chaque fois que leurs regards se croisaient. Elle le sentait. Dans sa poitrine. Dans sa respiration qui se troublait malgré elle. Une attraction qu’elle refusait d’admettre, qu’elle tentait d’étouffer sous des couches de raison. Ça finira
Une semaine était passée depuis l’annonce du stage.Une semaine où beaucoup de choses avaient changé.Liam et Naomi s’étaient réconciliés après leur petite tension. Il avait fait des efforts. Moins impulsif. Plus attentif. Plus tendre. Et Naomi s’était laissée envelopper par cet amour intense qui la faisait vibrer.Ce matin-là, pourtant, son cœur battait différemment.C’était son premier jour chez Blackwood Enterprises.(AB)Naomi se regarda une dernière fois dans le miroir. Tailleur beige élégant, cheveux soigneusement attachés, maquillage léger. Elle voulait paraître professionnelle… mais naturelle.— Si tu continues à te regarder comme ça, tu vas tomber amoureuse de toi-même, lança Maya en entrant dans la chambre sans prévenir.Naomi leva les yeux au ciel.— Maya !— Quoi ? Je dis juste la vérité. Regarde-moi cette future femme d’affaires !Naomi sourit nerveusement.— J’ai juste peur de ne pas être à la hauteur.Maya s’approcha et posa ses mains sur ses épaules.— Naomi carter , br
chapitre 2Le lendemain matin, Naomi se réveilla avec une sensation étrange, lourde, presque douloureuse.Elle avait mal dormi.Toute la nuit, les images du stade n’avaient cessé de revenir. Les cris. Les coups. Le regard dur de Liam. Cette violence qu’elle avait vue dans ses gestes… et qui continuait de la troubler.Elle connaissait sa réputation.Elle savait qu’il était un bad boy, que son tempérament était impulsif, parfois incontrôlable. C’était même ce côté sombre qui l’avait attirée au début.Mais là… c’était différent.Ce qu’elle avait vu la veille n’était pas seulement de l’impulsivité. C’était une brutalité qui la faisait souffrir. Une tournure qu’elle ne voulait pas pour leur relation.Elle ne rêvait pas d’un amour construit sur la colère et les bagarres.Elle ne voulait pas avoir peur pour lui. Ni de lui.Allongée dans son lit, les yeux fixés au plafond, Naomi sentit son cœur se serrer.Pourtant… malgré tout cela, elle n’arrivait pas à s’éloigner.Elle choisissait de rester







