Se connecterchapitre 2
Le lendemain matin, Naomi se réveilla avec une sensation étrange, lourde, presque douloureuse. Elle avait mal dormi. Toute la nuit, les images du stade n’avaient cessé de revenir. Les cris. Les coups. Le regard dur de Liam. Cette violence qu’elle avait vue dans ses gestes… et qui continuait de la troubler. Elle connaissait sa réputation. Elle savait qu’il était un bad boy, que son tempérament était impulsif, parfois incontrôlable. C’était même ce côté sombre qui l’avait attirée au début. Mais là… c’était différent. Ce qu’elle avait vu la veille n’était pas seulement de l’impulsivité. C’était une brutalité qui la faisait souffrir. Une tournure qu’elle ne voulait pas pour leur relation. Elle ne rêvait pas d’un amour construit sur la colère et les bagarres. Elle ne voulait pas avoir peur pour lui. Ni de lui. Allongée dans son lit, les yeux fixés au plafond, Naomi sentit son cœur se serrer. Pourtant… malgré tout cela, elle n’arrivait pas à s’éloigner. Elle choisissait de rester. De le suivre encore un peu. D’espérer. D’espérer qu’il change. Qu’il comprenne. Qu’il devienne l’homme qu’elle croyait voir derrière cette façade dure. Parce qu’au fond, elle l’aimait. Et parfois, l’amour pousse à patienter… même quand ça fait mal. Naomi se tourna dans son lit et attrapa son téléphone posé sur la table de nuit. Ses yeux se posèrent sur l’heure… et soudain, un sourire étira ses lèvres. Aujourd’hui. C’était aujourd’hui qu’on allait afficher la liste des élèves sélectionnés pour le stage. Son cœur s’emballa aussitôt. Une vague d’excitation la traversa… mêlée à une pointe d’angoisse. Elle en rêvait depuis des mois. C’était une opportunité importante. Peut-être même déterminante pour son avenir. Elle se redressa brusquement, laissant de côté, pour un instant, les pensées sombres liées à Liam . — Qu’est-ce que tu fais déjà réveillée ? lança une voix derrière elle. Maya venait d’entrer en sautillant, un café à la main et un sourire malicieux. — Je réfléchis, murmura Naomi, un peu gênée. — Réfléchir ? À qui ? demanda Maya, penchant la tête et la fixant avec curiosité. Naomi rougit. — Juste… aux choses. — Oh, je vois, dit Maya en levant un sourcil. Tu penses à ton bad boy — Ce n’est pas exactement ça, répondit Naomi, en tentant de cacher son sourire. — Exactement ça, soupira Maya en déposant son café sur la table. T’as les yeux brillants et le souffle coupé, je connais ce regard. Naomi secoua la tête, un mélange de gêne et de rire étouffé. — Arrête, c’est ridicule. — Ridicule ? s’exclama Maya. Non, c’est romantique. Et dramatique. Comme dans les films. Ou les romans. Ou… toi avec Liam. Naomi la regarda, amusée malgré elle. — Peut-être. — Peut-être ? Tu devrais dire : “Oh oui, il est irrésistible et je suis à lui, mais je ne sais pas si je survivrai à sa violence.” Naomi éclata de rire. — Tu exagères ! — Moi ? Non. Je vois juste les faits. Et les faits disent que Liam a… disons… un léger problème de gestion de colère. Naomi soupira, un peu inquiète. — Je sais… mais il m’aime vraiment. Et je crois que je l’aime aussi. — Ah ! Et voilà ! Tu tombes dans le piège. C’est exactement pour ça que je t’ai prévenue. Les bad boys… ou les guerriers, comme tu dis… ne sont jamais simples. — Guerrier ? dit Naomi en riant, reprenant son souffle. — Exactement. Guerrier. Sauvage. Irrésistible. Soudain, le regard de Maya s’élargit et elle tapa son front. — Oups ! On va être en retard pour le cours ! Naomi bondit du lit. — Quoi ?! — Oui ! Si on ne se dépêche pas, on va courir comme des folles et te faire remarquer par tout le campus avant même que le professeur n’arrive ! — Oh non… murmura Naomi, attrapant son sac et ses affaires en hâte. Les deux filles sortirent en courant de l’appartement. Les talons claquaient sur le trottoir et les sacs rebondissaient contre leurs épaules. Maya chantonnait une petite mélodie pour calmer l’adrénaline. — Tu sais, Naomi, dit Maya en courant à côté d’elle, si jamais Liam te surprend en train de courir comme ça, il va dire que tu es encore plus adorable. Naomi rougit et secoua la tête, mais elle ne put retenir un petit rire. — Et si je tombe ? demanda-t-elle, légèrement paniquée. — Alors je te rattrape… ou je ris et je prends une photo pour I*******m ! s’exclama Maya en éclatant de rire. Naomi soupira et accéléra le pas. La matinée était déjà pleine de frissons et de pensées tourbillonnantes. Liam, leur futur stage, leur cours… et maintenant la course pour ne pas être en retard. Et quelque part, au fond d’elle, Naomi savait que cette journée serait loin d’être ordinaire.Essoufflées, elles pénétrèrent dans la salle déjà presque pleine et se dépêchèrent d’aller s’asseoir au fond. Tandis que Naomi tirait sa chaise, son regard balaya instinctivement la pièce. Et elle le vit. Liam. Assis quelques rangs plus loin, le regard fixé sur elle. Il leva légèrement la main et lui fit signe de venir s’asseoir à côté de lui. Un geste simple. Presque naturel. Mais Naomi l’ignora. Son visage resta neutre tandis qu’elle détournait les yeux comme si elle n’avait rien vu. Elle s’installa à côté de Maya sans un mot, le cœur pourtant un peu plus agité qu’elle ne voulait l’admettre. À peine avait-elle posé son sac que la porte s’ouvrit de nouveau. Le professeur Grant entra, suivi de plusieurs personnes élégamment habillées des hommes et des femmes d’affaires à l’allure imposante. Le murmure dans la salle s’intensifia aussitôt. L’atmosphère changea. C’était donc eux… les responsables du stage. Naomi redressa légèrement le dos, attentive. Son regard glissa d’un visage à l’autre. Des silhouettes confiantes, des regards professionnels, des costumes impeccables. Puis, soudain… Ses yeux s’arrêtèrent. Le temps sembla ralentir. Son regard venait de croiser celui d’Alexander Blackwood. Grand. Charismatique. Une présence presque magnétique. Il ne parlait pas, mais quelque chose dans sa manière de se tenir imposait naturellement le respect. Et lorsqu’il posa les yeux sur elle… Naomi sentit un frisson parcourir sa nuque, descendre le long de son dos. Un frisson inexplicable. Comme si, en une seconde, l’air dans la pièce était devenu plus lourd. Plus intense. Naomi resta figée quelques secondes, encore perdue dans ce regard troublant. Maya la secoua discrètement par le bras. — Hé… Naomi. Elle cligna des yeux, reprenant ses esprits. Le professeur Grant avait déjà commencé à parler, présentant un à un les invités d’honneur. La salle était devenue silencieuse, attentive. Alexander, lui, avait remarqué que naomi était distraite, au coin de ses lèvres, un sourire discret apparut. Presque imperceptible. Comme s’il avait compris quelque chose que les autres ignoraient. Le professeur Grant termina les présentations, puis prit une légère pause avant d’annoncer : — Les dix étudiants sélectionnés pour le stage… La tension monta instantanément dans la salle. Naomi sentit ses doigts se crisper sur le bord de la table. Un nom. Puis un autre. Son cœur battait si fort qu’elle avait l’impression que tout le monde pouvait l’entendre. — Naomi… Elle retint son souffle. — Naomi Carter. Un mélange d’émotion et de soulagement l’envahit d’un coup. Elle resta immobile une seconde, comme si elle devait s’assurer qu’elle ne rêvait pas. Puis le sourire éclata sur son visage. Maya la serra immédiatement contre elle. — Je te l’avais dit ! Félicitations ! Naomi avait les yeux brillants. Elle osa un rapide coup d’œil derrière elle. Liam la regardait. Et, malgré tout, il souriait. Fier. Sincèrement heureux pour elle. Ce geste adoucit quelque chose en elle. Mais l’instant fut de courte durée. Alexander s’avança légèrement pour prendre la parole. La pièce sembla se redresser en même temps que lui. Sa voix était posée. Grave. Assurée. Il expliqua le déroulement du stage, les attentes, le rythme exigeant. Chaque mot était précis. Mesuré. Structuré. Puis son ton se fit plus ferme. — Discipline. Excellence. Engagement total. Ici, il n’y aura pas de place pour l’à-peu-près. Il énonça les principes avec une autorité naturelle, presque intimidante. Il n’élevait pas la voix, mais il n’en avait pas besoin. Il imposait le respect. Naomi sentit un frisson courir le long de ses bras. Chair de poule. Ce n’était pas seulement ses mots. C’était sa présence. Sa maîtrise. Cette manière qu’il avait de contrôler la pièce sans effort apparent. Et lorsqu’il balaya la salle du regard… Elle eut l’étrange impression qu’il s’attarda une fraction de seconde sur elle. Encore. Et cette sensation la troubla plus qu’elle ne voulait l’admettre. La réunion prit fin peu à peu. Les chaises raclèrent le sol, les conversations reprirent, plus animées cette fois. Naomi resta dans la salle, entourée de quelques étudiants sélectionnés comme elle. On la félicitait, on parlait déjà des premières impressions, des attentes, des rumeurs sur la difficulté du stage. Elle souriait, répondait, essayait de paraître concentrée. Mais son esprit était ailleurs. Liam apparut soudain à côté d’elle. Il attendit que les autres s’éloignent un peu avant de s’approcher davantage. — Félicitations, Naomi. Je suis fier de toi. Sa voix était plus douce que d’habitude. Moins provocante. Presque sincère. Elle leva les yeux vers lui. — Merci. Il hésita une seconde, puis il l’attrapa légèrement par le bras pour l’éloigner un peu plus. — Naomi… je suis désolé. Pour ces derniers temps. Pour hier. Je n’aurais pas dû agir comme ça. Ses traits étaient tendus, mais son regard cherchait le sien avec une honnêteté inhabituelle. Naomi sentit son cœur vaciller. Elle aurait voulu se laisser attendrir. Lui dire que ce n’était rien. Que tout allait bien. Mais ce n’était pas vrai. — Je sais liam mais on en parlera plus tard, pas maintenant. Sa voix resta calme, mais distante. Il la fixa, surpris par cette retenue nouvelle. Elle, pendant ce temps, sentait encore ce trouble étrange l’habiter depuis le matin. Une agitation silencieuse qu’elle n’arrivait pas à expliquer. Ses yeux parcouraient involontairement la salle. Elle cherchait quelqu’un. Alexander. Était-il encore là ? Avait-il quitté la pièce ? Pourquoi avait-elle ce besoin soudain de vérifier ? Cette pensée la dérangea elle-même. Liam parlait encore, mais ses mots lui parvenaient comme à travers un voile. Quelque chose avait changé aujourd’hui. Et Naomi sentait, sans pouvoir le nommer, qu’elle venait peut-être d’entrer dans une dynamique bien plus complexe qu’elle ne l’imaginait.Chapitre 7 L’appartement était plongé dans un calme profond. Maya dormait déjà. Sa respiration lente traversait le silence comme une présence rassurante. Naomi resta appuyée contre la porte quelques secondes. Comme si elle venait d’échapper à quelque chose. Ou peut-être… comme si quelque chose l’avait suivie jusqu’ici. Elle entra dans sa chambre, referma la porte, posa son sac sans vraiment savoir où. Puis tout lui revint. D’un coup. Le regard d’Alexander. Sa voix grave. Le “Dites-le encore”. Les baisers. Elle porta instinctivement ses doigts à ses lèvres. Comme si la chaleur y était encore. Elle s’assit sur le lit. Se releva aussitôt. Non. Impossible de rester tranquille. Elle commença à marcher dans la chambre. Lentement d’abord. Puis plus nerveusement. — Mais qu’est-ce qui m’a pris… Demain, elle ne le verrait pas. Elle n’allait pas au bureau. Et pourtant… La pensée de l’après-demain lui nouait déjà l’estomac. Comment allait-elle f
chapitre 6 Le parking était presque vide lorsque Naomi descendit. L’air du soir était plus frais, mais cela ne suffit pas à apaiser la chaleur étrange qui persistait en elle. Elle aperçut la voiture d’Alexander un peu plus loin. Impeccable. Sobre. À son image. Il était déjà installé au volant. Lorsqu’elle s’approcha, les phares clignotèrent brièvement il venait de déverrouiller les portières sans même sortir. Toujours en contrôle. Elle inspira discrètement avant d’ouvrir la porte passager. — Bonsoir, monsieur. Il tourna légèrement la tête vers elle. Costume sombre. Regard calme. — Bonsoir, Naomi. Son regard descendit une seconde sur sa tenue, puis revint à son visage. — Je vois que vous avez survécu à la journée. Elle attacha sa ceinture. — De justesse. Un coin de ses lèvres se releva. Il démarra doucement. La voiture quitta le parking. Après quelques secondes, il parla. Voix posée. Professionnelle. — Nous allons dîner avec deux investisseurs
chapitre 5Naomi porta le gobelet a ses lèvres, laissant la chaleur se répandre en elle. Pourtant, ce n’était pas le café qui troublait son souffle.C’étaient les souvenirs de la nuit.Malgré elle, une image revint. Un mur. Une proximité brûlante. Un regard sombre qui la déstabilisait encore.Elle ferma brièvement les yeux.— Ressaisis-toi…Elle posa le gobelet et se mit à ranger doucement les dossiers, effleurant les papiers comme pour remettre de l’ordre non seulement sur son bureau… mais aussi dans son esprit.Chaque feuille alignée était une tentative de contrôle.Chaque minute qui passait la rapprochait de dix heures.Et de lui.Son cœur battait un peu plus fort à cette pensée.Aujourd’hui, elle devrait le regarder.Et faire comme si rien ne s’était jamais passé.Comme si ce rêve n’avait pas laissé une trace invisible en elle secoua légèrement la tête, comme pour chasser ces images.— Concentre-toi, Naomi…Concentre-toi. Un léger coup à la porte la tira de ses pensées.— Je peux
chapitre 4 Une semaine que Naomi évoluait dans l’univers exigeant de Blackwood Enterprises. Et contre toute attente… elle s’en sortait brillamment. Ses rapports étaient précis. Ses analyses structurées. Ses délais toujours respectés. Même Madame white, pourtant avare en compliments, lui avait adressé un discret : — Continuez ainsi, mademoiselle Carter. Ce qui, dans cette entreprise, équivalait à une standing ovation. Naomi commençait à comprendre le rythme. Les silences. Les priorités. Les codes invisibles. Mais il y avait une constante qui restait imprévisible. Les moments où elle devait entrer dans le bureau d’Alexander Blackwood. L’air devenait plus lourd. Plus électrique. Une étincelle invisible, silencieuse, naissait chaque fois que leurs regards se croisaient. Elle le sentait. Dans sa poitrine. Dans sa respiration qui se troublait malgré elle. Une attraction qu’elle refusait d’admettre, qu’elle tentait d’étouffer sous des couches de raison. Ça finira
Une semaine était passée depuis l’annonce du stage.Une semaine où beaucoup de choses avaient changé.Liam et Naomi s’étaient réconciliés après leur petite tension. Il avait fait des efforts. Moins impulsif. Plus attentif. Plus tendre. Et Naomi s’était laissée envelopper par cet amour intense qui la faisait vibrer.Ce matin-là, pourtant, son cœur battait différemment.C’était son premier jour chez Blackwood Enterprises.(AB)Naomi se regarda une dernière fois dans le miroir. Tailleur beige élégant, cheveux soigneusement attachés, maquillage léger. Elle voulait paraître professionnelle… mais naturelle.— Si tu continues à te regarder comme ça, tu vas tomber amoureuse de toi-même, lança Maya en entrant dans la chambre sans prévenir.Naomi leva les yeux au ciel.— Maya !— Quoi ? Je dis juste la vérité. Regarde-moi cette future femme d’affaires !Naomi sourit nerveusement.— J’ai juste peur de ne pas être à la hauteur.Maya s’approcha et posa ses mains sur ses épaules.— Naomi carter , br
chapitre 2Le lendemain matin, Naomi se réveilla avec une sensation étrange, lourde, presque douloureuse.Elle avait mal dormi.Toute la nuit, les images du stade n’avaient cessé de revenir. Les cris. Les coups. Le regard dur de Liam. Cette violence qu’elle avait vue dans ses gestes… et qui continuait de la troubler.Elle connaissait sa réputation.Elle savait qu’il était un bad boy, que son tempérament était impulsif, parfois incontrôlable. C’était même ce côté sombre qui l’avait attirée au début.Mais là… c’était différent.Ce qu’elle avait vu la veille n’était pas seulement de l’impulsivité. C’était une brutalité qui la faisait souffrir. Une tournure qu’elle ne voulait pas pour leur relation.Elle ne rêvait pas d’un amour construit sur la colère et les bagarres.Elle ne voulait pas avoir peur pour lui. Ni de lui.Allongée dans son lit, les yeux fixés au plafond, Naomi sentit son cœur se serrer.Pourtant… malgré tout cela, elle n’arrivait pas à s’éloigner.Elle choisissait de rester







