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Chapitre 5

Author: Velka
last update publish date: 2026-03-15 20:52:36

Je reste assise sur le bord du lit, le téléphone toujours serré contre moi. Mon corps tremble,je suis en sanglots je n’avais jamais cru qu’on pouvait ressentir autant de vide à la fois.

Mes yeux brûlent, mes mains sont moites Chaque respiration me semble trop lourde, chaque battement de cœur résonne dans ma poitrine comme un marteau je voudrais disparaître. Je voudrais que la terre s’ouvre sous moi et m’engloutisse.

Je repense à tous ces moments où je me suis efforcée de sourire, de faire semblant que tout allait bien alors que Gabriel s’éloignait petit à petit. Trois ans de silence de mensonges de sacrifices… tout ça pour quoi ? Pour être remplacée,ignorée et oubliée.

Je sens la colère et la honte se mêler à ma tristesse je voudrais crier, hurler, casser quelque chose. Mais il n’y a rien à casser. Il n’y a que moi qui suis fragile et seule avec ce poids dans la poitrine.

Et puis, les souvenirs me frappent le jour où j’ai démissionné pensant faire plaisir à Gabriel. Les promesses qu’il m’avait faites,les rires partagés.

Tout cela me revient en rafales, comme si on me plongeait sous l’eau et que chaque souvenir était une vague qui m’écrase un peu plus.

Je ferme les yeux et les larmes continuent de tomber, sans fin. Ce n’est plus juste de la tristesse c’est un cri silencieux un hurlement que personne n’entendra jamais. Je pleure toutes les larmes que je n’ai pas pu verser,Je pleure l’amour que j’ai cru vrai. Je pleure la trahison je pleure moi-même la femme que je ne reconnais plus.

Je reste là, immobile dans la lune et l’obscurité. Le monde continue de tourner dehors, mais dans cette chambre il n’y a que moi et ma douleur. Chaque larme me brûle et me purifie à la fois je me sens détruite mais étrangement je commence à respirer à nouveau. Juste un peu.

Je comprends que c’est ici, dans cette nuit, que tout commence réellement. Que cette douleur va me façonner. Que cette trahison, aussi terrible soit-elle, est le point de départ de quelque chose de nouveau même si je n’en ai pas conscience encore.

***

Le soleil se lève devant mes yeux.

Le champ des oiseaux qui chantent le léger vent du matin le bruit des voitures dehors le monde continue de tourner même si moi je n’ai pas dormi.

Soudain ding dong, quelqu’un sonne encore et encore et encore.

Je n’ai aucune envie de me lever mais je dois bien aller voir je me traîne jusqu’à la table de nuit, attrape mes lunettes de soleil et les mets pour sortir. Peut-être pour me protéger du monde ou juste cacher mon visage rouge et enfler

Je descends les escaliers chaque pas me semble lourd. Devant la porte, ding ding dong la personne n’arrête pas de sonner.

J’ouvre enfin d’un coup.

— « Bon sang ! T’étais où ? Purée, ça fait un siècle que je sonne ! »

C’est Viktor.

— « Désolée j’écoutais pas» ma voix sort fine et cassée.

Il fronce les sourcils.

— « Qu’est-ce qu’elle a ta voix ? »

— « Rien, t’inquiète. C’est juste la grippe allez, vas-y, entre reste pas là»

Il me regarde avec méfiance.

— « La grippe, hein» répète-t-il en entrant.

Je toussote en forçant et il me fixe bizarrement.

— « Pourquoi tu portes des lunettes de soleil à l’intérieur ? »

— « Parce qu’il y a du soleil. »

— « Oui, du soleil dehors pas ici. »

— « Parce que… c’est stylé. » Je tente un sourire qui ne vient pas.

— « Enlève-moi ces lunettes. »

J’hésite.

— « Amara,enlève-moi ces lunettes. »

Je cède.

Il regarde mon visage et je vois son visage se figer.

— « Mais qu’est-ce qui s’est passé ici ? Pourquoi tu es dans cet état ? C’est Gabriel ? Qu’est-ce qu’il t’a fait ? »

Je baisse les yeux.

— « Il veut divorcer et il sort avec Lina et elle est enceinte de lui »

Il cligne des yeux, incrédule.

— « Hein ? Quoi ? Minutes pause »

— « Comme je te le dis… »

Je m’assois sur le canapé. Les mots sortent enfin. Je lui raconte tout ce qui s’est passé hier après hier, tout dans les moindres détail de comment je voulais juste lui parler, de la façon dont je l’ai surpris en train de discuter avec Lina au téléphone jusqu’à l’appel vidéo.

Viktor fait des grimaces, il passe de l’étonnement de la colère au dégoût,sur son visage est clair il ne sait pas contrôler ses expressions.

— « Celle-là… je vais me la faire ! »finit-il par dire

— « Laisse tomber c’est pas la peine,elle est enceinte. Ce serait dangereux pour le bébé. »

— « Et alors ? »

— « Il n’a rien demandé ce petit il est innocent. Il n’a rien à voir avec tout ça. »

— « Oui… mais quand même pff… » Viktor souffle, frustré.

Je baisse la tête.

— « Du coup… on fait quoi ? »

— « Je vais signer ces papiers de divorce et sortir de sa vie… » je murmure, la voix encore un peu brisée. « Et je n’ai nulle part où aller. »

Viktor se fige, les yeux grands ouverts.

— « Comment ça, nulle part où aller ? Et moi alors ? Tu crois que je vais te laisser à la rue ? » Il me regarde, sérieux mais avec cette lueur protectrice qui le rend… unique.

— « Ce fumier… » il souffle, le poing serré. « Il t’a pris quatre ans de ta vie, ta carrière, tes économies Je vais vraiment me le faire, celui-là ! » dit il en claquant la langue. « Je peux au moins le frapper, non ? »me demande t-il

— « Lui… non, il porte pas le bébé. » Je laisse échapper un petit rire nerveux.

— « Parfait. » Il sourit légèrement.

Il se penche vers moi, sérieux à nouveau.

— « Tu sais quand vont arriver les papiers du divorce ? »

— « Non… mais connaissant Gabriel, ça ne va pas tarder. » Je pousse un petit soupir. « Je devrais déjà commencer à ranger mes vêtements.Merci d’être là… » je murmure, un peu honteuse de ma faiblesse.

— « T’as pas à me remercier. » Il secoue la tête. « On est une famille. On est plus que tout les deux dans ce monde. Faut bien que je veille sur toi, non ? »

Je souris doucement, le cœur un peu plus léger malgré tout.

Nos parents sont morts lors d’un voyage touristique qu’ils devaient faire en Russie. L’avion s’est écrasé il y a dix ans. On était dans une sorte d’internat Viktor et moi on est tous les deux orphelins et enfants uniques de nos parents n’ayant aucun frères et aucunes sœurs on n’a toujours été que tous les deux. »

Viktor me regarde sérieux et je vois qu’il comprend tout ce que je ne dis pas. Il hoche la tête.

— « Attends, je vais nous faire du café. Comme ça, on sera au taquet pour attaquer la journée. »

— « Bonne idée. »

Il me regarde. Ses yeux cherchent les miens, sérieux mais avec cette étincelle qui me donne un peu de courage.

— « On fera ce qu’il faut. On ne laissera pas ce connard te détruire. »

Je respire lentement.

— « Merci, Viktor » je murmure.

Il hoche la tête.

— « Allez, viens debout finalement on va faire ce café ensemble on réfléchira à la suite. Mais tu ne restes pas seule avec ça. »

Je reste assise encore quelques secondes, le visage rouge, les yeux gonflés et je finis par me lever je sens qu’un petit morceau de moi commence à respirer un peu .

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