Mag-log inIl est actuellement trois heures du matin.
Je suis assise au sol dos contre lit, les pieds le longs du corps posés sur le sol froid. Les fenêtres sont ouvertes et l’air de la nuit entre doucement dans la chambre. Aucune lumière n’est allumée la seule lumière qui existe vient de la lune pleine.Elle traverse la fenêtre et éclaire la moitié de mon visage tandis que l’autre moitié reste dans l’ombre. Je ne bouge pas. Mes mains sur mes genoux et mon regard est perdu quelque part devant moi. Je ne pleure pas Je n’en ai plus la force,pendant trois ans, j’ai pleuré dans ce mariage. Des nuits entières à essayer de comprendre ce qui n’allait pas à me demander ce que je faisais de travers à espérer que Gabriel redevienne l’homme que j’ai épousé. Mais ce soir… Même après tout ce que je viens d’apprendre aucune larme ne sort comme si mon cœur était trop fatigué pour ça. Après notre discussion Gabriel n’est pas resté longtemps Il entrer dans le dressing y a pris quelques vêtements et les a jetés dans un sac sans même me regarder. Puis il est parti vivre chez Lina. Ses derniers mots tournent encore dans ma tête. « Une fois que tu auras reçu les papiers du divorce quitte cette maison,je viendrai m’y installer avec Lina et notre enfant mais pour l’instant… je te la laisse. » Notre enfant. Ces mots me serrent encore la poitrine.Je ferme les yeux un instant. Nous ne nous sommes pas mariés sous le régime de la communauté des biens. À l’époque, je pensais que ce n’était pas nécessaire. J’avais un travail un bon travail et je gagnais mieux ma vie que Gabriel. Avant qu’il n’obtienne ce poste qui a tout changé. À cette époque Gabriel n’était qu’un assistant dans son entreprise un salaire simple, rien d’extraordinaire. Mais son ego supportait mal le fait que sa femme gagne plus que lui. Il m’a demandé plusieurs fois de quitter mon travail. J’ai refusé. J’aimais ce que je faisais j’avais travaillé dur pour en arriver là. Mais quand Gabriel a obtenu sa promotion tout a changé. Son salaire a presque doublé le mien Et le sujet est revenu encore et encore .Selon lui, il n’était plus nécessaire que je travaille. Il disait qu’il pouvait tout gérer que je pouvais rester à la maison. Que je devais penser à notre futur enfant un futur enfant qui n’était même pas encore là et j’ai fini par céder. J’ai démissionné trois mois après notre deuxième année de mariage.Au début, tout allait bien.Les six premiers mois étaient presque heureux. Puis Gabriel a commencé à changer petit à petit. Des retours tardifs des silences des regards froids. Maintenant je me demande si ce n’est pas à ce moment-là que tout a commencé entre lui et Lina. J’ai tout abandonné pour ce mariage,mon travail,mon indépendance et surtout mes projets. Je me suis consacrée entièrement à notre vie de couple. J’avais vingt ans quand nous nous sommes mariés. À Vingt ans j’étais une femme intelligente j’avais un avenir brillant devant moi à cet âge-là, je gagnais déjà très bien ma vie. Mieux que Gabriel qui avait vingt-quatre ans. Aujourd’hui j’ai vingt-quatre ans et Gabriel vingt-huit. Mais nos vies n’ont plus rien à voir.Moi je n’ai plus rien pas de travail ni d’économies. Gabriel s’est assuré de ça. Et pendant que je suis assise ici, dans cette chambre plongée dans l’obscurité… Gabriel lui, a tout une carrière une nouvelle femme et un enfant qui va bientôt naître. Je relève légèrement la tête,la lumière de la lune éclaire toujours la moitié de mon visage. Mais à l’intérieur j’ai l’impression que quelque chose en moi vient de se briser définitivement. Le silence dans la maison est lourd encore plus que d’habitude Je baisse les yeux vers mes mains. Elles tremblent légèrement sans que je comprenne vraiment pourquoi. Peut-être à cause du froid ou peut-être à cause de tout le reste,mon regard glisse lentement vers la table de nuit. Mon téléphone est posé dessus. L’écran est noir. Pendant quelques secondes, je le fixe simplement. Puis il s’allume. Une notification apparaît je l’ignore mais les notifications s’enchaînent,mon cœur se serre immédiatement. Je tends la main et je prends le téléphone.Le nom qui apparaît sur l’écran Lina. Mes doigts restent immobiles autour de l’appareil pendant un instant, j’hésite puis j’ouvre le message. Une photo apparaît. Je reste figée. C’est une photo d’elle,lina est allongée dans un lit elle est dans sa chambre, je suppose et Gabriel est au dessus d’elle. Ma gorge se serre. Sous la photo, un message apparaît. “Je pense que tu as compris maintenant.” Je ne bouge pas. Je continue de fixer l’écran. Un autre message arrive. “Ne rends pas les choses plus compliquées que nécessaire.” Puis un troisième. “Gabriel mérite d’être heureux.” Mes doigts se resserrent autour du téléphone. Je relis les mots encore une fois. Je fixe le téléphone la photo et les messages sont toujours là, immobile et mon cœur bat à tout rompre. Je ne veux plus toucher l’écran je n’ai pas la force et pourtant il se met à sonner .Mon téléphone vibre dans ma main, et je sens mon corps se figer. Cette fois c’est Gabriel. Je ne sais pas si je dois décrocher mes mains tremblent mon souffle se bloque. Sans réfléchir, je glisse mon doigt sur l’écran et prends l’appel. — «… » Je n’ai même pas le temps de dire « allô» que mon cœur se fige. Une voix féminine hurle à travers le combiné. Pas un cri de colère ni un cri de peur juste un son,un son qui me transperce et qui me brûle de l’intérieur. Et une autre voix, celle de Gabriel, répond à cette voix et je comprends tout en restant figée.l’appel bascule en appel vidéo ce que je vois me fais descendre du centième étages Lina et Gabriel s’envoie en l’air et les deux n’arrêtes pas de gémir en cœur Je sens mes jambes fléchir sous moi le lit semble disparaître sous mon poids mon souffle devient court. Tout ce que je n’ai pas pu pleurer ces depuis deux jours me submerge d’un seul coup. Toutes les larmes que je n’ai pas versées… toutes les nuits où je me suis tue… toutes les fois où j’ai gardé la douleur pour moi… tout sort maintenant, d’un seul bloc. Je hurle silencieusement dans ma tête je tremble,je serre le téléphone contre ma poitrine, mais il ne peut rien absorber. Mon visage se couvre de larmes, mon corps secoué de sanglots. Je pleure tout ce que je n’ai jamais pu pleurer. La douleur, la trahison, la colère, le désespoir… tout se mélange et m’écrase. Et dans cette chambre plongée dans la lune, dans le silence de la nuit, je réalise que je suis complètement seule. Complètement détruite. Chaque larme qui tombe me brûle et me vide. Je pleure pour moi pour ce mariage qui n’a jamais été pour l’homme que j’ai aimé et qui ne m’a jamais vue. Et je sais au fond de moi, que je vais devoir continuer à pleurer encore… parce que rien ne pourra réparer ce qu’il a fait. Dans ces pleures interminables pour la première fois depuis longtemps une pensée traverse mon esprit,ce mariage était déjà terminé depuis longtemps. Ce soir je viens simplement de m’en rendre compte.Je sors du bureau. Le couloir me paraît soudain plus léger, presque vide. Le bruit de mes pas résonne et chaque pas me donne un peu plus de force. Je respire profondément. Pour la première fois depuis des années je sens que je reprends ma vie. Que je reprends ma liberté. Le vent frais m’accueille quand je franchis les portes automatiques. J’inspire l’air de la ville pur et coupant et un léger sourire se dessine sur mes lèvres. Mais derrière moi… je sais qu’il reste là. Gabriel dans ce bureau de treizième étage. Je l’imagine debout, immobile. Le visage fermé, les poings peut-être serrés. Le silence autour de lui est lourd, mais je sais ce qu’il pense. Il est furieux Il se sent humilié mais il est surtout… calculateur. Et ce que je ressens à cet instant me fait frissonner : ce n’est pas fini je sais que ce n’est pas fini Oooh non. Il ne laissera pas cette humiliation passer sans réponse. Je continue à marcher, le regard droit devant mais dans ma tête, une seule pensée résonn
Trois jours plus tard Je reste quelques secondes devant le miroir avant de quitter l’appartement de Viktor. La femme qui me regarde me semble presque étrangère. J’ai choisi une robe beige à manches longues et légèrement évasée simple, élégante. Mes cheveux sont lâchés sur mes épaules tombant en vagues naturelles dans mon dos. Pas maquillée c’est le cadet de mes soucis actuellement À quinze heures précises, je me tiens devant l’immeuble où travaille mon mari. Celui qui ne le sera bientôt plus. Le bâtiment de verre se dresse devant moi il est immense Le logo argenté de Hartwell Capital brille au-dessus des portes automatiques. L’une des plus grandes sociétés d’investissement du pays. Des milliards et des milliards circulent entre ces murs. Et quelque part là-haut…Il y a Gabriel. Directeur général adjoint de la société. Je serre légèrement les doigts autour de mon sac. L’image de Viktor me revient immédiatement. Sa mâchoire s’était contractée quand je lui ai
Je me réveille avec un léger mal de tête. L’horloge sur la table de chevet indique midi passé Je n’ai jamais dormi aussi longtemps. La pièce est plongée dans l’obscurité, mais pas totalement. La lumière du jour transperce à peine les rideaux dessinant des bandes pâles sur le sol. Je reste un moment assise sur le lit regardant un point invisible dans le vide Mon esprit tourne mais rien ne se forme vraiment. Des coups légers à la porte me sortent de ma rêverie. — « Oui ? » La porte s’ouvre doucement. Viktor apparaît un sourire doux sur le visage. — « Ah… te voilà réveillée à ce que je vois. » — « Oui… » dis-je à peine. Il s’approche un peu, la voix calme : — « Je voulais pas te déranger dans ton sommeil… tu as dû en baver dans ces cellules Désolé de pas t’avoir sortie plus tôt. » Je baisse les yeux un instant puis réponds doucement : — « T’inquiète… tu en as déjà fait énormément. Ne t’inquiète pas pour ça. » Il hoche la tête, satisfait. — « Okay… au fait je suis e
La cellule est plongée dans une lumière pâle, Je ne sais pas quelle heure il est. Peut-être minuit,Peut-être plus tard. Le temps semble s’être arrêté entre ces murs gris. Je suis assise contre le mur froid, les genoux ramenés contre moi. Viktor est assis à côté, les bras croisés, la tête légèrement penchée en arrière. Gabriel, lui est allongé sur le banc en face. Comme s’il dormait dans un hôtel.Comme si cette nuit n’avait aucune importance. Je n’ai pas fermé l’œil Chaque fois que je ferme les yeux, je revois Lina tomber le couteau le sang le regard de Gabriel. Puis ses mots. Un bruit de pas résonne dans le couloir. Des clés. La porte de la cellule s’ouvre. Un policier regarde à l’intérieur. — « Gabriel Collins. » Gabriel ouvre les yeux immédiatement. Comme s’il attendait ce moment Il se redresse tranquillement. — « Oui ? » Le policier soupire. — « Votre caution a été payée. Vous pouvez sortir. » Le silence tombe dans la cellule. Je sens Viktor s
On arrive enfin au commissariat,il sent le café froid et le papier. Les néons au plafond diffusent une lumière blanche qui me donne mal à la tête. Ma tempe pulse encore sous le pansement et chaque battement de mon cœur résonne dans mon crâne. On me fait asseoir sur une chaise métallique dans une petite salle d’attente.Les policiers échangent quelques mots à voix basse derrière un bureau. Je serre mes mains entre mes genoux pour éviter qu’elles tremblent. Tout paraît irréel. Comme si je regardais la vie de quelqu’un d’autre. Une porte s’ouvre dans le couloir. Des pas. Je lève les yeux et mon souffle se coupe. Gabriel. Il marche dans le couloir avec ce même costume sombre qu’il portait toujours pour le travail,il est calme comme si rien de tout ça ne le concernait. À côté de lui… Lina. Son bras est enveloppé dans un bandage épais. Elle joue parfaitement son rôle le visage pâle les yeux rougis. Quand elle me voit, ses lèvres se courbent très légèrement. Un
Je ne sais même pas comment je suis descendue de l’immeuble mes jambes bougent toutes seules. Une marche puis une autre.Le monde autour de moi est flou. Je reste immobile quelques secondes devant l’immeuble. Puis je marche. Je marche sans réfléchir. Je ne sais même pas combien de temps cela me prend pour rentrer. Les voix des gens dans la rue les voitures les klaxons tout semble lointain comme si j’étais sous l’eau. Ma tête me lance quand je touche ma tempe, mes doigts ressortent rouges. Du sang. Quand j’arrive enfin devant la maison, je reste quelques secondes devant la porte. Mes mains tremblent. Je tourne la poignée. La porte s’ouvre. — « Amara ? » La voix de Viktor vient immédiatement du salon. Il apparaît dans l’encadrement de la porte. Et se fige. Son regard tombe sur mon visage sur le sang. Ses yeux s’écarquillent. — « Putain… » Il traverse la pièce en deux secondes et me rejoint en deux temps trois mouvements — « Amara ! » Il attrape doucement mon visage







