ホーム / Mafia / Le prix du miracle / Chapitre 4 : Enlevée 3

共有

Chapitre 4 : Enlevée 3

作者: L'invincible
last update 公開日: 2026-02-22 18:45:27

Ève

Mon sang ne fait qu'un tour. Il a enquêté. Il a fouillé ma vie, mes secrets les plus enfouis. La rage monte, brûlante.

-Vous n'avez pas le droit.

-J'ai le droit de tout pour sauver ma fille.

-Même de détruire une innocente ?

Il marque un temps. Quelque chose passe dans son regard, une fissure. Mais il se reprend.

-Je ne veux pas vous détruire. Je veux que vous l'aidiez. Une fois. Une seule fois. Et après, je vous rendrai votre liberté, je vous donnerai tout ce que vous voudrez. De l'argent, une maison, une vie nouvelle. Tout.

-Et si je refuse ?

Il me regarde. Vraiment. Et dans ses yeux, je vois l'abîme. Je vois un homme qui a déjà perdu pied, qui glisse vers quelque chose d'irréparable.

-Alors vous resterez ici jusqu'à accepter. Je ne peux pas vous forcer à utiliser votre don, je le sais. Mais je peux vous forcer à regarder ma fille mourir. Je peux vous l'amener, ici, dans cette pièce, et vous pourrez la voir s'éteindre jour après jour. Et vous saurez que vous auriez pu l'arrêter.

Le souffle me manque. C'est monstrueux. C'est d'une cruauté absolue. Et pourtant... pourtant je vois que ce n'est pas une menace. C'est la vérité. Il est prêt à tout. À se damner, à damner le monde entier, pour elle.

-Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi est-ce que je devrais payer pour votre fille ?

-Parce que vous pouvez. Parce que vous avez ce pouvoir. Parce que moi, je n'ai rien. Je n'ai que de l'argent, des hommes, de la violence. Rien de tout ça ne peut la sauver. Alors je viens à vous. Je vous supplie.

Il dit ça, et soudain, il tombe à genoux. Lui, l'homme puissant, le chef, le patron. Il s'effondre devant moi, les mains sur les cuisses, la tête baissée. Et quand il relève les yeux, ils sont brillants.

-Je vous en supplie. Sauvez ma petite fille.

Je le regarde, et je sens tout vaciller. La colère est toujours là, brûlante, légitime. Mais sous elle, quelque chose d'autre émerge. La douleur de cet homme, si immense, si dévorante, elle est réelle. Elle est sincère. Et la petite fille qui se meurt... elle n'a rien demandé, elle.

Je ferme les yeux. Ma grand-mère. "Ne laisse personne te forcer."

Mais si je choisis ? Si je choisis moi-même ?

-Je veux la voir, dis-je d'une voix que je ne reconnais pas. Je veux voir votre fille.

Salvatore

Je la fais attendre deux jours. Pas par cruauté. Parce qu'Isabella est trop faible pour être déplacée, et parce que je veux que la décision d'Ève soit réfléchie. Je veux qu'elle voie, qu'elle comprenne.

Pendant ces deux jours, je viens la voir. Chaque fois, je reste sur le seuil, je la regarde. Elle me défie du regard, mais elle ne crache plus d'insultes. Elle observe. Elle apprend. Elle m'observe, moi, comme si elle cherchait quelque chose.

Le soir du deuxième jour, je lui apporte moi-même son plateau. Je le pose à terre, comme Vito, et je reste debout.

-Demain, dis-je. Demain, je vous emmène auprès d'elle.

Elle lève la tête. Ses yeux sont verts, exactement comme dans le rêve d'Isabella. Des yeux d'herbe après la pluie.

-Est-ce qu'elle sait pour moi ?

-Non. Elle ne sait rien. Elle sait juste qu'elle est malade.

-Est-ce qu'elle a peur ?

Je sens ma gorge se serrer.

-Oui. Elle a peur. Elle est courageuse, mais elle a peur. Elle est si petite.

Ève reste silencieuse un long moment. Puis elle dit :

-Je ne promets rien. Je ne sais même pas si je peux le faire volontairement. Ça m'est toujours arrivé sans que je le décide. Comme un réflexe.

-Je sais.

-Et il y a un prix. Ma grand-mère disait que chaque guérison prend un peu de ma vie.

Je la regarde. Je mesure ses mots. Un peu de sa vie. Contre toute la vie d'Isabella. Je devrais avoir honte de ce que je pense, mais je ne l'ai pas.

-Je sais aussi.

Alors elle rit. Un rire amer, sans joie.

-Bien sûr que vous savez. Et ça ne change rien, n'est-ce pas ?

-Non, dis-je doucement. Rien ne changera jamais ça. Je sacrifierais le monde entier pour elle. Même vous. Même moi.

Elle me regarde longtemps. Et pour la première fois, je vois autre chose que de la haine dans ses yeux. De la compréhension, peut-être. Ou de la pitié. Je ne sais pas. Je ne sais plus rien.

Ève

Il est parti. Je suis seule dans ma cage, et je pleure. Je pleure sur moi, sur elle, sur ce monde de fous où une fille est enlevée pour sauver une autre fille. Je pleure sur cet homme, ce Salvatore, qui m'a volée, enfermée, et qui pourtant me brise le cœur avec son amour dévastateur.

Demain, je verrai Isabella.

Demain, je déciderai.

Et quoi que je décide, rien ne sera plus comme avant.

この本を無料で読み続ける
コードをスキャンしてアプリをダウンロード

最新チャプター

  • Le prix du miracle    Chapitre 142: Le mariage

    SalvatoreJe ne suis pas un homme romantique. Je ne sais pas faire de beaux discours, préparer des surprises, organiser des dîners aux chandelles. Je ne suis pas l'homme qui offre des fleurs et déclame des poèmes. Je suis l'homme qui protège, qui pourvoit, qui élimine les menaces. C'est comme ça que j'aime. C'est la seule façon que je connaisse.Mais aujourd'hui, je veux faire les choses bien. Aujourd'hui, je veux lui offrir quelque chose qu'elle mérite.Je fais préparer le jardin. Une table pour le petit-déjeuner, des fleurs partout, des roses blanches, ses préférées. Isabella et Silvia m'ont aidé, en secret, pouffant comme des conspiratrices. Je me sens ridicule, maladroit, terrifié. J'ai affronté des hommes armés sans trembler, et voilà que je tremble pour une demande en mariage.Je prends sa main et je l'emmène dans le jardin sans un mot. Elle me suit, intriguée. Quand elle voit la table, les fleurs, le soleil qui joue dans les feuillages, elle s'arrête, et son visage s'illumine.

  • Le prix du miracle    Chapitre 141 : L'adieu qui n'en est pas un

    Salvatore— Je veux voir ma mère.C'est la première fois depuis des jours qu'Ève formule une demande. Sa voix est faible, presque inaudible, mais je l'entends. Je l'entends toujours.Je hoche la tête sans hésiter. C'est dangereux. Vittorio est mort, mais ses hommes sont encore là, dispersés, cherchant peut-être à venger leur chef. Faire venir la mère d'Ève, c'est prendre le risque de l'exposer, de créer une piste, de donner une cible. Mais le risque, je m'en moque. Si Ève veut voir sa mère, elle la verra.J'organise tout en quelques heures. Une voiture banalisée, deux hommes de confiance, un itinéraire discret. Quand la mère d'Ève arrive, je l'attends dans le hall. Elle est plus petite que dans mon souvenir, plus fragile, mais son regard est le même. Un regard qui me transperce, qui me juge, qui me condamne.— Où est-elle ? demande-t-elle d'une voix brève.— Dans sa chambre. Suivez-moi.Je la conduis à travers les couloirs, et je reste derrière la porte. Je n'entre pas. Ce moment n'es

  • Le prix du miracle    Chapitre 140 : Le piège

    SalvatoreJe ne dors plus. Je ne mange plus. Je passe mes nuits penché sur des cartes, des plans, des relevés téléphoniques. Mes hommes me regardent avec inquiétude. Ils ne disent rien, ils n'osent pas, mais je vois dans leurs yeux la question muette : jusqu'où ira-t-il ?Jusqu'au bout. Jusqu'à ce que Vittorio soit mort, et avec lui la menace qui pèse sur ma famille depuis trop longtemps. Je n'aurais jamais dû le laisser en vie. J'aurais dû l'écraser comme l'insecte qu'il est. Aujourd'hui, chaque minute qu'il respire encore est une insulte à tout ce que j'aime.Ève découvre mon plan. Je ne sais pas comment. Peut-être a-t-elle entendu des bribes de conversation, peut-être a-t-elle vu les cartes étalées sur mon bureau quand elle est venue me parler. Elle entre dans la pièce, plus pâle que jamais, enveloppée dans ce plaid qu'elle ne quitte plus.— Je ne veux pas que tu deviennes un meurtrier pour moi.Sa voix est faible, mais elle porte cette force tranquille qui m'a toujours désarmé. Je

  • Le prix du miracle    Chapitre 139 : Le combat

    ÈveJe vois dans ses yeux qu'il ne dormira plus. Qu'il ne mangera plus. Qu'il ne vivra plus que pour une seule chose : me sauver. C'est ce que je redoutais depuis le début. C'est pour ça que je n'ai rien dit. Parce que je connais Salvatore. Je connais son obstination, sa dévotion, cette façon qu'il a de transformer l'amour en une guerre qu'il doit absolument gagner.Et maintenant, la guerre est déclarée contre la mort elle-même.Les jours qui suivent, la maison se transforme en quartier général médical. Des médecins défilent, convoqués par Salvatore avec l'urgence qu'on réserve aux affaires les plus graves. Des spécialistes venus de Rome, de Milan, de Genève. Des professeurs d'université, des chercheurs, des pontes de la médecine qui n'ont jamais mis les pieds dans une demeure comme la nôtre. Ils m'examinent, me posent des questions, consultent des dossiers, hochent la tête avec des airs graves.— Il n'y a rien à faire, dit le plus éminent d'entre eux. Le corps s'épuise. C'est comme s

  • Le prix du miracle    Chapitre 138 : La révélation

    SalvatoreLa porte de mon bureau claque contre le mur avec une violence qui me fait lever les yeux. Silvia se tient dans l'encadrement, le visage défait, les yeux rouges. Je repose mon stylo, lentement. Silvia ne pleure jamais. Silvia ne tremble jamais. Quelque chose ne va pas. Quelque chose de grave.— Il faut que je vous parle. C'est à propos d'Ève.Mon sang se fige dans mes veines. Ces mots, ce ton, cette expression sur son visage. Je me lève sans m'en rendre compte, mes mains s'appuient sur le bureau. Le bois est froid sous mes paumes. Tout est froid soudain.— Parle.Un seul mot. Ma voix est calme, trop calme. C'est le calme avant la tempête, je le sais. Je le sens dans mes entrailles qui se tordent, dans mon cœur qui bat trop vite contre mes côtes.Silvia ouvre la bouche, la referme. Elle cherche ses mots, ou peut-être le courage de les prononcer. Ses mains se tordent sur le tissu de sa robe, un geste nerveux que je ne lui ai jamais vu. Puis elle se lance, et chaque mot est un c

  • Le prix du miracle    Chapitre 137 : Le secret 2

    Elle ferme les yeux, respire profondément. Et puis elle parle. Elle parle de son don, de ce pouvoir mystérieux qui s'est éveillé en elle quand elle était adolescente, qui lui permet de guérir les maladies et de soulager les douleurs. Elle parle du prix à payer, de cette énergie vitale qu'elle transfère aux autres, qu'elle donne sans compter, qu'elle sacrifie sur l'autel de chaque guérison. Elle parle de la leucémie d'Isabella – cette maladie hideuse, cette mort lente qui dévorait la petite fille de l'intérieur, qu'elle a aspirée en elle comme on aspire un poison, qu'elle a brûlée dans son propre corps pendant trois jours de coma.— Je meurs à petit feu, Silvia. Chaque guérison me coûte un peu de ma vie. Chaque patient que je soigne emporte avec lui une parcelle de mon énergie, une fraction de mon âme, une année de mon existence. Et après Isabella... après ce que j'ai fait pour elle, après avoir pris sa leucémie en moi... quelque chose s'est cassé. Quelque chose qui ne se réparera jama

  • Le prix du miracle    Chapitre 132 : L'attaque 2

    C'est d'abord une piqûre, presque indolore, comme une piqûre d'abeille un jour d'été. Puis la douleur explose, irradie tout mon bras, descend dans ma poitrine, remonte dans mon cou. C'est une douleur liquide, brûlante, qui se répand dans mon corps comme du plomb fondu. Je porte la main à mon épaule

  • Le prix du miracle    Chapitre 131 : L'attaque

    ÈveL'attaque survient au moment où nous nous y attendons le moins. C'est toujours ainsi que ces choses arrivent, je crois. Pas quand on est sur ses gardes, pas quand on est prêt, pas quand on a répété les procédures d'urgence cent fois. Mais quand on a baissé la garde, quand on s'est laissé bercer

  • Le prix du miracle    Chapitre 128 : Le bonheur fragile

    ÈveLes jours qui suivent sont presque normaux. Presque.Je dis presque, parce que rien n'est vraiment normal dans notre situation. Il y a toujours des gardes du corps discrets qui me suivent dans la rue, des voitures blindées qui ralentissent devant chez moi, des téléphones cryptés qui sonnent à d

  • Le prix du miracle    Chapitre 127 : La nuit ensemble

    ÈveCe soir, tout est différent.Nous ne sommes pas dans la villa, avec ses couloirs interminables et ses gardes silencieux postés à chaque porte. Nous ne sommes pas dans mon petit appartement, avec ses murs blancs, ses meubles modestes, son dessin d'Isabella punaisé près de la fenêtre. Nous sommes

続きを読む
無料で面白い小説を探して読んでみましょう
GoodNovel アプリで人気小説に無料で!お好きな本をダウンロードして、いつでもどこでも読みましょう!
アプリで無料で本を読む
コードをスキャンしてアプリで読む
DMCA.com Protection Status