LOGINChapitre 34
Kaelis
Je referme le carnet de ma mère, et mes mains tremblent, mes mains qui ne tremblent jamais, qui sont toujours fermes et assurées, et je les regarde comme si elles appartenaient à quelqu'un d'autre, comme si ce carnet avait changé quelque chose en moi, avait ébranlé les fondations sur lesquelles j'avais bâti ma courte existence.
Nyora pleure à c
Chapitre 97AélyraLe journal est posé sur le comptoir de la librairie, et je le fixe sans le voir, les doigts crispés sur le bord de la page, le cœur qui bat si fort que je l'entends résonner dans tout mon corps. La une s'étale en lettres noires et grasses, et mon nom, mon nom que j'avais réussi à cacher pendant sept ans, s'affiche comme une condamnation.« Aélyra Vossen, l'aventurière qui a caché ses enfants à l'héritier Draken. »Je n'arrive pas à lire la suite, les mots se brouillent, se mélangent, dansent devant mes yeux, mais je les devine, je les connais déjà, je les ai entendus tant de fois dans mes cauchemars. Manipulatrice, calculatrice, une femme prête à tout pour monnayer ses bâtards. Les journalistes ont fait leur travail, ils
Chapitre 96SeraphinaLe salon est silencieux, trop silencieux, et je fixe l'écran de télévision où mon fils vient de prononcer sa sentence. Sa voix résonne encore dans ma tête, ces mots qui m'ont frappée comme des coups de poignard. « Je ne laisserai plus personne leur faire du mal. Personne. Pas même ma propre mère. »Je suis assise dans mon fauteuil, les mains crispées sur les accoudoirs, et je sens une rage froide monter en moi, une rage qui n'a rien à voir avec la colère ordinaire, une rage d'ancêtre, une rage de matriarche humiliée. Devant des millions de téléspectateurs, devant le monde entier, il m'a traînée dans la boue. Il a sali mon nom, le nom des Draken, pour protéger cette traînée et ses bâtards.Je repense à tout ce que j
Chapitre 95VaelorLa salle de conférence de Draken Industries est comble. Des journalistes du monde entier, des caméras, des micros, des visages tendus vers moi. Je les regarde depuis l'estrade, et je sens leur attente, leur faim, leur soif de scandale. Ils sont venus pour entendre l'héritier des Draken s'expliquer sur les bâtards qu'il aurait cachés, sur la femme qui l'aurait piégé, sur le déshonneur qui menace sa famille.Ils se trompent.Je m'approche du micro, je pose mes mains à plat sur le pupitre, et je respire une fois, profondément.— Mesdames, messieurs, je vous remercie d'être venus.Ma voix est calme. Trop calme, peut-être. Je vois des stylos se lever, des regards s'aiguiser.— Vous êtes nombreux &agr
Chapitre 94NyoraJe ne comprends pas tout.Les adultes parlent trop vite, trop bas, avec des mots qui se cognent dans l'air comme des oiseaux affolés. Maman pleure sur le canapé, le journal froissé entre ses doigts. Kaelis est debout près de la fenêtre, les poings serrés, le regard dur. Et papa… papa est en colère.Je ne l'ai jamais vu comme ça.— Elle a osé, dit-il, et sa voix claque dans la pièce. Elle a osé s'en prendre à eux.— Vaelor, calme-toi, murmure maman.— Comment veux-tu que je me calme ? Elle a sali le nom de nos enfants. Elle a fait d'eux des bâtards aux yeux de tout le pays.Maman se tait. Kaelis ne dit rien. Moi, je regarde. Je regarde ma mère qui pleure, mon père qui tremble de rage, mon frère qui serre les mâchoires comme s'il retenait un cri. Et je sens quelque chose monter dans ma poitrine, quelque chose de lourd, d'injuste, de trop grand pour moi.Je ne peux pas me battre avec des mots comme Kaelis. Je ne peux pas crier comme papa. Je ne peux pas pleurer comme mam
Chapitre 93KaelisJe regarde ma mère s'effondrer sur le canapé, le journal froissé entre ses doigts, les larmes qui coulent sans qu'elle cherche à les retenir, et je sens une rage froide monter en moi, une rage qui n'a rien à voir avec les colères d'enfant, une rage d'homme, une rage de fils qui voit sa famille attaquée et qui refuse de rester les bras croisés.Nyora pleure dans les bras de maman, elle ne comprend pas tout, mais elle sent la menace, elle sent la peur, et ses sanglots me transpercent comme des aiguilles. Moi, je ne pleure pas. Je ne pleure jamais. Je serre les poings, je serre les dents, et je laisse la colère se transformer en quelque chose de plus utile, de plus tranchant, de plus dangereux.Je monte dans ma chambre, je ferme la porte derrière moi, et je m'assieds à mon petit bureau. Devant moi, mes carnets, mes notes, tout ce que j'ai accumulé depuis des mois, tout ce que j'ai découvert sur les Draken, sur Vaelor, sur Seraphina. Je les ouvre un par un, je les feuil
Chapitre 92AélyraLe journal est posé sur le comptoir de la librairie, et je le fixe sans le voir, les doigts crispés sur le bord de la page, le cœur qui bat si fort que je l'entends résonner dans tout mon corps. La une s'étale en lettres noires et grasses, et mon nom, mon nom que j'avais réussi à cacher pendant sept ans, s'affiche comme une condamnation.« Aélyra Vossen, l'aventurière qui a caché ses enfants à l'héritier Draken. »Je n'arrive pas à lire la suite, les mots se brouillent, se mélangent, dansent devant mes yeux, mais je les devine, je les connais déjà, je les ai entendus tant de fois dans mes cauchemars. Manipulatrice, calculatrice, une femme prête à tout pour monnayer ses bâtards. Les journalistes ont fait leur travail, ils ont creus&eacu
Chapitre 2NyoraJe sais que maman ment.Je le sais parce que ses mains tremblent quand elle range les livres, parce que sa voix devient trop aiguë quand elle répond à mes questions, parce qu'elle évite de croiser mon regard, ce qu'elle ne fait jamais d'habitude. Maman me regarde toujours dans les
Chapitre 1AélyraJe regarde la mer depuis la fenêtre de ma librairie, et je sais que quelque chose va arriver, je le sens dans l'air comme on sent l'orage avant qu'il n'éclate, dans cette lourdeur étrange qui précède les catastrophes et les fins du monde.La librairie est silencieuse en cette heur
Chapitre 5Suite du flashback AélyraIl s'arrête devant moi, et le monde disparaît.Je ne sais pas comment expliquer ce qui se passe à cet instant, je ne sais pas si c'est la chaleur des lustres ou le parfum des fleurs ou le bourdonnement des conversations qui s'estompent, mais tout ce qui existai
Chapitre 4Flashback Septs ans plutôt..AélyraJ'ai vingt-deux ans, et je suis debout devant le miroir de ma chambre, et je ne reconnais pas la femme qui me regarde.La robe que je porte est une merveille de soie et de tulle, une création couleur émeraude que ma mère a fait venir de la capitale il







