登入Chapitre 35
Nyora
Je veux y aller, je veux y aller tout de suite, je veux traverser la ville en courant et frapper à la porte de son bureau et lui dire qu'il a une fille, qu'il a un fils, qu'il a des enfants qui l'attendent depuis six ans et qui veulent le connaître.
Les mots brûlent dans ma gorge comme une flamme qu'on ne peut pas éteindre, et je les retiens, je les retiens de toutes mes forces, mais c'e
Chapitre 55VaelorJe ne dors pas de la nuit, je ne cherche même pas à dormir, je reste assis dans mon bureau, le dossier ouvert devant moi, les photos étalées sur le sous-main, et j'attends, j'attends que le jour se lève, j'attends que les premières lueurs de l'aube filtrent à travers les rideaux de velours, j'attends de pouvoir me rendre au manoir Vossen, de pouvoir frapper à sa porte, de pouvoir exiger des réponses.Et quand le matin arrive enfin, quand le ciel pâlit au-dessus des toits d'Eldoria, je me lève, je passe un manteau, je ne prends même pas la peine de me raser ou de me coiffer, et je sors, je monte dans ma voiture, je donne l'adresse du manoir Vossen à mon chauffeur, et nous traversons la ville dans le silence du petit matin, dans les rues encore désertes, sous un ciel bas et gris qui promet de la pluie.&
Chapitre 54VaelorJe rentre chez moi, je congédie mon chauffeur d'un geste bref, je traverse le hall de ma demeure sans allumer les lumières, sans saluer les domestiques, sans même prendre la peine d'enlever mon manteau, et je monte directement dans mon bureau, cette pièce sombre et silencieuse qui est mon refuge et ma prison, mon sanctuaire et mon tombeau.L'image des enfants du parc ne me quitte pas, elle est gravée dans ma mémoire comme une photographie, comme un tableau, comme une brûlure. La petite fille aux boucles brunes, avec son rire qui éclate comme une bulle de savon, avec ses fossettes qui se creusent quand elle sourit, avec sa façon de pencher la tête quand elle répond à mes questions. Et le garçon, le garçon surtout, avec ses yeux gris, ses yeux gris qui sont exactement les mêmes que les miens, avec son s&e
Chapitre 53KaelisLe trajet du retour jusqu'au manoir se fait dans un silence presque complet, seulement troublé par le bruit de nos pas sur les pavés et par le souffle court de Nyora qui marche à côté de moi, sa main dans la mienne, ses doigts qui tremblent encore de l'excitation de la rencontre.La nuit est tombée sur Eldoria, une nuit douce et étoilée, et les réverbères projettent des halos de lumière dorée sur les façades de pierre, sur les devantures fermées, sur les arbres centenaires qui bordent les avenues, et je regarde tout cela sans le voir, sans vraiment le voir, parce que mon esprit est ailleurs, il est resté dans ce parc, près de l'étang, face à cet homme qui nous a parlé sans savoir qui nous étions, qui nous a regardés sans nous reconnaître, qui s'est &eac
Chapitre 52VaelorJe ne peux pas détacher mon regard de ces enfants, je ne peux pas, malgré tous mes efforts, malgré la voix de la raison qui me dit de rentrer, de m'éloigner, de ne pas m'attacher à des inconnus qui ne sont rien pour moi.Ils jouent sur la pelouse, un garçon et une fille, des jumeaux visiblement, six ans peut-être, sept tout au plus, et ils rient, ils courent, ils se disputent une balle avec cette énergie insouciante des enfants qui n'ont encore rien connu des souffrances du monde. Le garçon est brun, les cheveux en bataille, et il a une façon de bouger, une façon de se tenir, de pencher la tête, de plisser les yeux qui me rappelle quelqu'un, quelqu'un que je n'arrive pas à identifier, quelqu'un que j'ai peut-être connu dans une autre vie. La fille a des boucles brunes qui dansent autour de son visage comme de
Chapitre 51NyoraLe jeudi soir arrive enfin, après des jours d'attente qui m'ont semblé plus longs que des mois, plus longs que des années, plus longs que toute ma vie passée à Brumhaven, et quand l'heure approche, quand le soleil commence à descendre derrière les toits d'Eldoria et que le ciel se teinte de rose et d'orange et de violet, je sens mon cœur qui bat si vite que je dois poser ma main sur ma poitrine pour le calmer.Nous nous échappons du manoir sans que maman s'en aperçoive, elle est occupée à trier les derniers papiers du grand-père avec le notaire, et nous courons dans les rues, Kaelis et moi, main dans la main, nos pas qui résonnent sur les pavés, nos souffles qui s'accélèrent, nos rires qui fusent malgré la gravité du moment. Le parc des Fondateurs est exactement comme Kaeli
Chapitre 50KaelisJ'ai passé la nuit à réfléchir, allongé dans mon lit, les yeux fixés sur le plafond de la chambre que nous occupons au manoir, ce plafond craquelé et taché d'humidité que je connais maintenant par cœur pour l'avoir scruté des heures entières pendant mes insomnies. Nyora dort dans le lit voisin, ses boucles brunes éparpillées sur l'oreiller, sa respiration régulière et paisible, et je l'écoute, je l'écoute comme on écoute la mer, comme on écoute une berceuse, et je me dis que je dois trouver une solution, je dois trouver un moyen d'approcher notre père avant que maman ne nous arrache à cette ville et à tout ce que nous avons découvert.Le vieil article de journal, je l'ai trouvé il y a plusieurs jours dans les archives
Chapitre 2NyoraJe sais que maman ment.Je le sais parce que ses mains tremblent quand elle range les livres, parce que sa voix devient trop aiguë quand elle répond à mes questions, parce qu'elle évite de croiser mon regard, ce qu'elle ne fait jamais d'habitude. Maman me regarde toujours dans les
Chapitre 1AélyraJe regarde la mer depuis la fenêtre de ma librairie, et je sais que quelque chose va arriver, je le sens dans l'air comme on sent l'orage avant qu'il n'éclate, dans cette lourdeur étrange qui précède les catastrophes et les fins du monde.La librairie est silencieuse en cette heur
Chapitre 5Suite du flashback AélyraIl s'arrête devant moi, et le monde disparaît.Je ne sais pas comment expliquer ce qui se passe à cet instant, je ne sais pas si c'est la chaleur des lustres ou le parfum des fleurs ou le bourdonnement des conversations qui s'estompent, mais tout ce qui existai
Chapitre 4Flashback Septs ans plutôt..AélyraJ'ai vingt-deux ans, et je suis debout devant le miroir de ma chambre, et je ne reconnais pas la femme qui me regarde.La robe que je porte est une merveille de soie et de tulle, une création couleur émeraude que ma mère a fait venir de la capitale il







