LOGINAlors je prends une autre décision. Une décision encore plus dangereuse. Une décision encore plus folle. Une décision que je sais être la seule solution.Je vais la suivre moi-même.Je vais la suivre jusqu'à Richmond.Je vais la suivre jusqu'à cet appartement.Je vais la suivre jusqu'à William.Et je vais découvrir la vérité. Toute la vérité. Rien que la vérité.Même si ça doit me détruire.Même si ça doit la détruire.Même si ça doit tout détruire.NathanielCambridge, le samedi suivant.Je suis derrière elle. À trente mètres. Peut-être moins. Je marche dans son ombre, dans ses pas, dans ses mensonges. Elle ne se retourne pas. Elle ne me voit pas. Elle est trop concentrée sur sa destination, trop pressée d'arriver, trop impatiente de retrouver cette personne qu'elle cache, ce secret qu'elle protège, ce frère qu'elle aime.Je la suis depuis la résidence. Je
Elle monte les escaliers. Lentement. Péniblement. Elle ne se retourne pas. Elle ne me regarde pas. Elle me laisse seul dans ce salon, seul avec mes mots, seul avec mon amour, seul avec ma peur. Et je me dis que je viens de tout dire. Que je viens de tout donner. Que je viens de tout risquer. Et que ça n'a servi à rien. Qu'elle ne m'a pas répondu. Qu'elle ne m'a pas dit je t'aime. Qu'elle ne m'a pas dit qu'elle me pardonnait. Qu'elle ne m'a rien dit du tout. Et je me dis que quelque chose ne va pas. Quelque chose ne va vraiment pas. Et que si je ne découvre pas ce que c'est, si je ne découvre pas ce qu'elle me cache, je vais la perdre. Je vais la perdre pour toujours. Alors je prends une décision. Une décision que je sais être mauvaise. Une décision que je sais être dangereuse. Une décision que je sais être la seule solution. Je vais engager un détective. Je v
NathanielCambridge, ce même soir.Elle est en retard.Je regarde ma montre. Six heures. Six heures et quart. Six heures et demie. Elle devait être là avant le dîner. Elle devait être là à six heures. Elle m'avait promis. Elle m'avait promis qu'elle serait rentrée avant le dîner. Et elle n'est pas là.Je fais les cent pas dans le salon. Je regarde par la fenêtre. Je consulte mon téléphone. Je vérifie l'heure. Je recommence. Les cent pas. La fenêtre. Le téléphone. L'heure. Encore et encore. Et à chaque minute qui passe, ma colère grandit. Ma colère et ma peur. Parce que je suis en colère, oui, terriblement en colère, mais je suis aussi terrifié. Terrifié qu'il lui soit arrivé quelque chose. Terrifié qu'elle ne revienne pas. Terrifié qu'elle m'ait menti, encore une fois, qu'elle soit partie pour ne plus jamais revenir.Sept heures. Elle n'est pas là. Sept heures et quart. Sept heures et demie. Je ne tiens plus en place. Je vais la
Je ne réponds pas. Je ne peux pas répondre. Parce qu'il a raison. Parce que j'aime Nathaniel. Parce que je l'aime plus que tout. Parce que je l'aime tellement que ça me terrifie, que ça me détruit, que ça me déchire. — Et lui ? Il t'aime ? — Je ne sais pas. — Tu ne sais pas ? — Il ne dit jamais... il ne dit jamais ces choses-là. Il est... compliqué. — Compliqué. — Oui. Compliqué. Il a eu une enfance difficile. Une famille difficile. Il a des murs, des armures, des défenses. Il ne se laisse pas aller. Il ne montre pas ce qu'il ressent. Mais parfois, quand on est tous les deux, quand il n'y a personne d'autre, quand il oublie de se protéger, je vois... je vois quelque chose. Quelque chose de fragile. Quelque chose de vrai. Quelque chose qui me dit qu'il m'aime, même s'il ne le dit pas. William hoche la tête. Lentement. Péniblement. Et il me regarde avec ces yeux qui ont
Il me regarde longtemps. Trop longtemps. Et dans ce silence, j'entends tout, j'entends mes mensonges, j'entends mes trahisons, j'entends cette vie double que je mène et qui va finir par me détruire, et je me dis que si je pouvais tout lui dire, si je pouvais tout lui avouer maintenant, peut-être que les choses seraient différentes, peut-être qu'il comprendrait, peut-être qu'il m'aiderait.Mais je ne peux pas. William est à moi. William est mon secret. William est la seule chose qui m'appartienne vraiment, la seule chose que Nathaniel ne peut pas me prendre, et je ne peux pas le partager, je ne peux pas le livrer, je ne peux pas.— Une journée, dit-il finalement. Tu pars ce matin, tu reviens avant le dîner. Pas une minute de plus. Et tu ne me mens plus jamais. Jamais. Tu m'entends ?Je hoche la tête. Je ne peux pas parler. Ma gorge est trop serrée. Mes yeux brûlent. Mais je hoche la tête, et c'est suffisant, c'est suffisant pour lui, c'est suffisant po
ArabellaCambridge, quelques semaines plus tard.Quelque chose s'est brisé en moi, je ne sais pas quand exactement, je ne sais pas comment, mais je le sens, cette fissure qui s'élargit chaque jour un peu plus, cette fissure qui menace de tout engloutir, cette fissure que je cache à Nathaniel parce que je sais, je sais que si je lui montre, il ne comprendra pas, il ne peut pas comprendre, il n'a jamais connu ça, lui, l'amour inconditionnel, l'amour qui déchire, l'amour qui oblige à mentir.Je pense à William. Tout le temps. Chaque minute. Chaque seconde. Je pense à ses yeux, à ses mains, à sa voix, à cette façon qu'il a de m'appeler Bella, avec ce petit sourire qui lui ressemble tellement, avec cette douceur qui me rappelle notre mère, avec cette fragilité qui me brise le cœur. Je pense à lui, seul dans cet appartement de Richmond, seul avec cette femme qui s'occupe de lui sans l'aimer, seule avec ses souvenirs, seul avec cette maladie qui le rong







