เข้าสู่ระบบArabella Je ne dors pas. Je reste éveillée, allongée sur mon lit, les yeux fixés au plafond, les pensées tourbillonnantes, les émotions contradictoires, le cœur lourd, l'âme en peine. Je repense à la journée. À William. À Nathaniel. À la confrontation. À la méfiance. À tout ce qui s'est passé. À tout ce qui va se passer. À tout ce que je ne peux pas empêcher. Je sais que je ne pourrai pas continuer ainsi longtemps. Je sais que Nathaniel finira par découvrir la vérité. Je sais que tout s'effondrera. Je sais que je perdrai tout. Je sais que je perdrai William. Je sais que je perdrai ma vie. Je sais que je perdrai tout ce qui me reste. Mais je ne peux pas abandonner. Je ne peux pas renoncer. Je ne peux pas laisser tomber William. Il est ma raison de vivre. Il est ma lumière dans les ténèbres. Il est tout ce qui me reste. Il est tout ce que j'ai. Il est tout ce que je suis. Je dois trouver un moye
Elle se fige. Ses yeux s'écarquillent. Sa bouche s'entrouvre. Elle ne sait pas quoi dire. — Comment sais-tu que j'étais à Richmond ? — Je ne le sais pas. Je le devine. Tu es essoufflée. Tu es rouge. Tu as couru. Tu n'as pas pris la voiture. Tu es allée à pied. Et le seul endroit où tu vas à pied, c'est Richmond. Chez ta tante malade. — Ce n'est pas ce que tu crois. — Qu'est-ce que je crois ? — Je ne sais pas. Mais ce n'est pas ce que tu crois. — Alors explique-moi. — Je... je suis allée voir ma tante. Elle est malade. Je te l'ai dit. — Aujourd'hui ? Ce n'est pas dimanche. — Elle était plus mal. J'ai eu peur. Je suis allée la voir. — Sans me prévenir ? — Je... je ne voulais pas te déranger. — Tu ne voulais pas me déranger ?
La question me transperce. Je ne sais pas quoi répondre. Je ne peux pas lui dire la vérité. Je ne peux pas lui dire que je suis mariée à un homme qui me déteste. Je ne peux pas lui dire que je vis dans une prison dorée. Je ne peux pas lui dire que je meurs à petit feu loin de lui. Je ne peux pas lui dire que je suis une menteuse, une traîtresse, une mère indigne. — Parce que je dois travailler. Mais je pense à toi tous les jours. Toutes les heures. Toutes les minutes. — Tu me le promets ? — Je te le promets. — Tu me jures ? — Je te jure. Il me croit. Il me croit toujours. C'est ça qui est terrible. Il me croit et je lui mens. Je lui mens et je l'aime. Je l'aime et je le trahis. Je le trahis et je me déteste. Je me déteste et je continue. Je continue et je m'enfonce. Je m'enfonce et je ne peux plus m'arrêter. Nous passons deux heures ensemble. Nous jouons aux voitures, aux dinosau
Les mots sortent de ma bouche avant que je puisse les retenir. Je n'avais pas prévu de les dire. Je n'avais pas prévu de les penser. Mais ils sont là, suspendus dans l'air, entre nous, et je ne peux pas les reprendre, je ne veux pas les reprendre, je ne regrette pas de les avoir dits. Elle me regarde, surprise, émue, bouleversée. — Nathaniel... — Je sais. C'est trop tôt. C'est trop rapide. Je ne devrais pas... Elle pose son doigt sur mes lèvres, m'intimant le silence. — Moi aussi. — Quoi ? — Moi aussi, je t'aime. Elle se hisse sur la pointe des pieds, ferme les yeux, et m'embrasse. Un baiser doux, tendre, timide, un baiser qui me fait perdre la tête, un baiser qui me fait oublier tout le reste, un baiser qui me fait comprendre que ma vie vient de basculer, que mon cœur vient de s'ouvrir, que mon âme vient de trouver sa moitié. Je la serre contre moi.
Flashback Nathaniel Cambridge, hiver. La neige tombe sur les toits de l'université, légère, silencieuse, implacable, et je marche dans les rues pavées, les mains enfoncées dans les poches de mon manteau, le souffle visible dans l'air glacé, les épaules courbées sous le poids de mes pensées. Je devrais être en train de travailler sur mon mémoire, je devrais être à la bibliothèque, penché sur mes livres, concentré sur mes recherches, absorbé par mes notes, mais je n'arrive pas à me concentrer. Je n'arrive pas à penser à autre chose qu'à elle. Je n'arrive pas à chasser son visage de mon esprit, son sourire de ma mémoire, sa voix de mes oreilles. Arabella Winters. Son nom tourne en boucle dans ma tête, obsessionnel, envoûtant, dangereux, comme une mélodie que je ne peux pas oublier, comme une drogue dont je ne peux pas me passer, comme une malédiction dont je ne peux pas me libérer. Je l'ai rencontrée il y a tro
Elle me fusille du regard. Elle tremble de rage. Elle est magnifique. Je déteste cette pensée. — J'ai besoin de sortir. — Pour quoi faire ? — J'ai une vieille tante malade. À Richmond. Je dois la visiter chaque semaine. — Une tante malade ? — Oui. — Comment s'appelle-t-elle ? — Margaret. Margaret Winters. — Tu mens. — Je ne mens pas. — Tu mens. Tu as dit que tu n'avais plus de famille. — C'est une grand-tante. Éloignée. Elle est seule. Je suis sa seule famille. Je la regarde. Elle soutient mon regard. Elle est tendue. Elle cache quelque chose. Mais quoi ? — Très bien. Tu iras la voir. Une fois par semaine. Le dimanche après-midi. Tu seras rentrée avant dix-huit heures. — Merci. — Ne me remercie pas. Je ne le fais pas par bonté. Je le fais parce que j'ai besoin que tu sois stable. Une femme instable est une femme imprévisible. Et je n'aime pas les imprévus. — Je ne suis pas instable. — Tu pleures toutes les nuits. Tu ne manges pas. Tu es pâle comme un linge. Ça s'appe







