LOGINLe lendemain matin, Étienne convoqua une réunion de crise dans son bureau, rassemblant Élise, sa mère, Bertrand Aubry et un Maxime visiblement diminué, encadré discrètement par deux agents de sécurité privés qu'Étienne avait engagés dès l'aube. L'enquêteur qu'il avait contacté quelques jours plus tôt, un homme au visage buriné du nom de Girard, se tenait également présent, un épais dossier posé devant lui sur la table.« J'ai passé la nuit à rassembler tout ce que nous savons », commença Girard sans préambule. « Et je crains que la situation soit bien plus grave que ce que vous imaginiez tous. »« Expliquez-vous », dit Étienne, la main posée protectivement sur celle d'Élise sous la table, un geste que sa mère remarqua avec un léger sourire malgré la gravité du moment.« Sophie Lareau n'a pas simplement disparu il y a dix-huit mois », commença Girard en ouvrant son dossier. « Elle a été activement recrutée par un réseau international de blanchiment d'argent opérant à travers plusieurs
La question d'Étienne resta suspendue dans l'air, chargée d'une accusation à peine voilée qui fit pâlir instantanément Bertrand Aubry. Autour d'eux, les invités commençaient à remarquer la tension palpable du petit groupe, certains se rapprochant discrètement pour ne rien manquer du scandale naissant.« Ce n'est ni le lieu ni le moment », dit Bertrand d'une voix tendue, glissant un regard nerveux vers les convives environnants. « Étienne, faisons-nous confiance depuis vingt ans. Ne gâchons pas cela devant tout Paris. »« La confiance semble être une denrée particulièrement rare ce soir », répondit Étienne froidement. « Nous continuerons cette conversation dans mon bureau. Tous les quatre. Maintenant. »Mais alors qu'ils se dirigeaient vers la sortie, un mouvement soudain dans la foule attira l'attention d'Élise. Maxime, profitant de la confusion générale, s'était discrètement éclipsé vers les ascenseurs de service, une mallette à la main, celle-là même qu'elle l'avait vu échanger plus
Le temps sembla se figer dans le salon doré tandis que Julien fixait tour à tour Élise et sa véritable épouse, assise non loin, la vérité sur les jumelles éclatant enfin au grand jour devant témoins.« Julien, s'il te plaît, ne fais pas de scène », supplia Camille en se précipitant vers eux, ayant remarqué la confrontation depuis l'autre bout de la pièce. « Je peux tout t'expliquer. »« M'expliquer quoi exactement ? » siffla Julien, sa voix montant dangereusement dans les aigus. « Que ta sœur se fait passer pour toi depuis des semaines ? Que vous complotez toutes les deux dans mon dos ? »« Personne ne complote contre toi », intervint Élise fermement, consciente que la situation menaçait de dégénérer de façon incontrôlable. « J'aide Étienne à découvrir qui vole l'entreprise, rien de plus. »Un rire froid, presque hystérique, échappa à Julien. « Vous aidez Étienne ? C'est vous qui devriez vous inquiéter de ce que je pourrais révéler, mademoiselle Fontaine. »« Julien, tais-toi », le su
Trois jours passèrent sans le moindre contact entre Élise et Étienne, trois jours durant lesquels Élise continua son travail à la réception avec un professionnalisme glacial, évitant soigneusement tout regard vers l'ascenseur privé de la direction. Puis, le mercredi soir, une nouvelle invitation arriva, non pas sous forme de carte manuscrite cette fois, mais par l'intermédiaire de Marion, sa collègue, visiblement impressionnée.« Monsieur de Montclair veut te voir dans son bureau », annonça-t-elle. « Il a l'air... différent, aujourd'hui. »Élise monta les étages le cœur serré, s'attendant au pire, peut-être même à un renvoi déguisé. Mais lorsqu'elle pénétra dans le bureau, elle trouva Étienne entouré de dossiers, le visage marqué par plusieurs nuits visiblement sans sommeil, un homme qu'elle ne reconnaissait presque plus.« J'ai eu tort », dit-il immédiatement, avant même qu'elle ne puisse prononcer un mot. « J'ai fait vérifier les transactions. Elles ont été maquillées par quelqu'un
Terrifiée par ce message et son implication évidente, Élise abandonna son poste sans un mot d'explication à ses collègues et se précipita vers le trente-huitième étage, forçant le passage devant l'assistante d'Étienne qui tentait vainement de la retenir.Elle trouva Étienne seul dans son bureau, assis derrière son immense table de travail, le visage d'une pâleur inquiétante, un dossier ouvert devant lui.« Étienne ! » s'exclama-t-elle en refermant la porte derrière elle. « J'ai reçu un message, quelqu'un prétendait que vous étiez avec Bertrand Aubry, et... »« C'est vrai », l'interrompit-il d'une voix étrangement calme, presque détachée. « J'étais avec lui il y a une heure. »« Que s'est-il passé ? » demanda-t-elle, s'approchant prudemment du bureau.Étienne leva les yeux vers elle, et ce qu'elle y lut la glaça instantanément : une méfiance nouvelle, une distance qu'elle n'avait pas ressentie depuis leur première rencontre au bal.« Bertrand m'a montré des documents intéressants », di
Élise laissa sonner le téléphone sans répondre, incapable dans l'instant de faire face à Étienne alors que les paroles de sa sœur résonnaient encore dans son esprit. Camille finit par repartir, la laissant seule avec un fardeau qui semblait s'alourdir de minute en minute.Elle décida de se rendre au travail le lendemain comme si de rien n'était, espérant que la routine familière de la réception lui permettrait de rassembler ses pensées. Mais en fin de matinée, alors qu'elle traversait le parking souterrain pour rejoindre l'ascenseur du personnel, une silhouette familière lui barra soudain le passage.« Mademoiselle Fontaine », dit Maxime de Montclair, son sourire habituel entièrement absent de son visage. « Ou devrais-je dire, chère cousine par alliance ? »Élise sentit tout son corps se figer. « Je ne sais pas de quoi vous parlez, monsieur. »« Épargnez-moi ce petit numéro », répondit Maxime en s'approchant, sa voix basse mais chargée d'une menace glaciale. « Je sais exactement qui v







