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Chapitre 65 : Le Vernis et la Fissure

مؤلف: Déesse
last update تاريخ النشر: 2025-12-15 01:44:57

Élise

Le trajet de retour depuis Megève est une succession de paysages flous. Le train glisse dans la vallée, mais mon esprit est resté là-haut, sur cette piste forestière. L’échec est un goût métallique au fond de la langue. Une sensation étrangère, dérangeante. Comme une craquelure apparue sur une couche de peinture que l’on croyait parfaite.

Thibault vivra. Sa blessure à la tête est sérieuse, mais non mortelle. Une commotion, des côtes fracturées. Une leçon, pas une sentence.

Je ferme les ye
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  • MEURTRES    Chapitre 98 : Minuit, Huile et Acier

    Le trajet jusqu'à Cocody dure quarante minutes en taxi-brousse, puis vingt minutes à pied. La nuit est moite, chargée d'électricité, annonciatrice d'un orage qui tarde à éclater. Les manguiers qui bordent la rue des Jardins projettent des ombres épaisses, mouvantes, complices. Je me glisse le long des murs, invisible, un fantôme parmi les fantômes. La villa de poker est une ruche illuminée. Des rires gras traversent les fenêtres ouvertes, mêlés au cliquetis des verres et au bruit mat des cartes qu'on abat. Je repère la voiture de Koné garée près du portail, une Mercedes noire rutilante. Son chauffeur dort sur le siège avant, la bouche ouverte, un filet de salive sur le menton. Aucun signe des gardes du corps. Probablement en train de cuver leur bière dans les cuisines. Je traverse la rue, m'accroupis derrière un massif de crotons. L'attente commence. L'attente est une technique que je maîtrise depuis l'enfance. Caché sous le lit de papa, je comptais les s

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    Le mot sort avant que je puisse le retenir. Trop sec. Trop froid. Koné plisse les yeux, soupçonneux. Puis il hausse les épaules, décidant que ma répartie ne mérite pas qu'il s'y attarde.— Trois jours, lâche-t-il. Pas un de plus. Et si la montre est abîmée, si vous osez la rayer ou la remplacer par une copie, je vous fais fermer. J'ai des amis au ministère. Partout. Vous finirez dans la rue, comme les chiens que vous réparez.Il lance une liasse de billets sur l'établi. Les coupures s'éparpillent sur les mouvements démontés, souillant leur propreté méticuleuse. Puis il tourne les talons, remet ses lunettes noires, et quitte la boutique dans un claquement de portière et un rugissement de moteur.Je reste immobile. La loupe tremble sur mon front. Les criquets sont une tempête maintenant, une armée de

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    EliasLa boutique sent l'huile de lin et le cuivre chauffé. Mon royaume. Une caverne exiguë coincée entre un vendeur de pneus rechapés et une gargote à attiéké, dans le ventre grouillant du marché de Treichville. Les murs sont tapissés d'horloges, pendules, réveils, coucous déglingués qui attendent leur résurrection. Certaines fonctionnent, d'autres patientent, toutes m'obéissent. Leur tic-tac collectif emplit la pièce d'une pulsation cardiaque, un cœur monstrueux à cent vingt chambres. Mon cœur.J'ai trente-quatre ans. Mes tempes grisonnent. Mes doigts sont devenus les outils les plus précis d'Abidjan. On vient de Cocody, de Marcory, du Plateau, des ambassades même, me supplier de ranimer des mécaniques que personne d'autre n'ose toucher. On me paie en billets froissés, en dollars, en francs CFA, parfois en nourriture ou en bijoux de famille. On prononce mon nom avec respect. Elias l'Horloger. Elias le Magicien. Elias le Sauveur de Temps.Ils ne savent rien.Ils ne savent pas que la

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    Je ne réponds pas. Les criquets sont trop forts. Leur stridulation noie les mots de l'homme, les transforme en borborygmes incompréhensibles. Je le regarde bouger les lèvres sans l'entendre. Un film muet. Une pantomime menaçante. Sa lame danse devant mon visage, accrochant les reflets orangés des lampadaires du port.Ma main gauche plonge dans ma poche. Pas pour y chercher de l'argent. Je n'en ai pas. Mes doigts rencontrent du métal froid. Un bout de fil de fer récupéré le matin même, oublié au fond de ma veste. Un bout de ferraille de rien du tout. Un déchet.L'homme avance. Sa main libre agrippe ma caisse à outils. Il tire. La sangle mord mon épaule. Et dans ce geste brusque, quelque chose craque en moi. Un barrage cède. Un mécanisme bloqué depuis la nuit du collier de perles se libère soudain. Le temps repart. Mais pas dans

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    Et puis tout bascule.Un soir, je rentre plus tard que d'habitude. J'ai passé la journée à récupérer des montres chez les ferrailleurs du port, troquant mes réparations contre des mécanismes à sauver. Ma poche est pleine de trouvailles, des mouvements rouillés mais récupérables, un chronomètre de marine au boîtier fracassé mais au cœur intact. Je suis presque heureux, ou du moins aussi proche du bonheur qu'un enfant comme moi peut l'être.La cour est silencieuse. Trop silencieuse.Mame Adja est allongée sur sa natte, les bras en croix, les yeux cousus tournés vers le plafond. Sa bouche est entrouverte. Un filet de salive a séché sur sa joue. Sa poitrine ne bouge pas.Je m'approche. Mes doigts touchent sa main. Elle est froide. Glacée. Le froid de la mort qui n'a rien à voir avec

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    EliasLa vieille femme n'a pas d'yeux. C'est la première chose que je remarque quand je la rencontre, adossé contre un mur d'Adjamé, le ventre creux, les lèvres gercées par trois jours de rue. Ses paupières sont cousues. Pas au sens figuré. Vraiment cousues. Un fil noir épais qui court le long des cils, formant une cicatrice boursouflée comme une fermeture éclair de chair. Elle avance dans la ruelle à l'aide d'une canne en bambou, tapotant le sol, évitant les flaques et les ordures sans jamais hésiter. Elle voit autrement. Elle entend autrement.— Toi, l'enfant aux oreilles qui saignent, viens par ici.Sa voix est un filet d'eau sur des pierres chaudes. Elle ne se trompe pas de direction. Elle pointe sa canne vers moi avec une précision d'horloger. Mes oreilles ne saignent pas. Pas vraiment. Mais les acouphènes me font parfois gratter

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  • MEURTRES    CHAPITRE 78 : L’ESQUISSE SANGLANTE 1

    ÉliseLe silence après son départ est d’une densité presque palpable. Je l’entends, ce silence. Il a la texture du plomb fondu qui coule dans les jointures d’un vitrail. Il refroidit, il fige.Je suis seule avec la fissure.Elle est là, minuscule, au fond de moi. Une micro-lézarde dans le vernis de

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