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Apparences

last update Tanggal publikasi: 2026-07-03 23:28:45

Après le petit déjeuner, Alexandre reposa sa tasse de café avec une lenteur calculée. Il observa Léa un instant, puis déclara d’une voix neutre :

— Va t’habiller correctement. Maquille-toi aussi, surtout sous les yeux. Cache ces cernes. Je t’emmène quelque part.

Léa leva la tête, surprise. Son corps protesta immédiatement. La douleur entre ses jambes était toujours vive, lancinante, et sa gorge la brûlait à chaque déglutition.

— Alexandre… je ne me sens pas bien. J’ai mal. Je ne pourrai pas sortir aujourd’hui, je…

Il ne la laissa pas finir. En une seconde, il fut debout, contourna la table et lui attrapa fermement la mâchoire entre ses doigts. Sa poigne était comme un étau. Il ne serrait pas assez pour laisser des marques visibles, mais suffisamment pour qu’elle sente la menace. Ses yeux plongèrent dans les siens. Froids. Impitoyables. Il n’eut pas besoin de prononcer un seul mot.

Léa comprit instantanément. Le message était clair : Obéis, ou ce sera pire.

Il la relâcha lentement, presque tendrement, et caressa sa joue du pouce.

— Tu seras parfaite. Comme une véritable madame Voss. Il y aura toujours quelqu’un pour prendre une photo, même quand je ne le sais pas. Je ne veux pas que l’on dise que ma femme a l’air malheureuse.

Léa baissa les yeux et monta se préparer. Dans la grande penderie, elle choisit une longue robe blanche moulante, élégante, qui descendait jusqu’aux chevilles mais épousait parfaitement ses formes. Elle appliqua du fond de teint, du correcteur sous les yeux, un peu de blush et du rouge à lèvres discret. Chaque geste lui coûtait. Le miroir lui renvoyait l’image d’une belle jeune femme… vide.

Quand elle redescendit, Alexandre l’attendait dans le hall. Il la détailla de la tête aux pieds et hocha la tête, satisfait.

— Parfaite.

Le trajet en voiture se fit en silence. Léa regardait par la fenêtre, les mains crispées sur ses cuisses. La douleur revenait par vagues à chaque cahot. Alexandre, lui, consultait ses mails sur son téléphone, parfaitement détendu.

Ils arrivèrent devant l’imposant immeuble de verre et d’acier de 36 étages qui portait son nom : Voss Tower. Dès que la voiture s’arrêta, une meute de journalistes et de paparazzi se rua vers eux. Les flashs crépitèrent immédiatement.

Alexandre sortit le premier, fit le tour du véhicule et ouvrit la portière de Léa avec galanterie. Il lui tendit la main. Elle la prit, forcée de sourire. Il passa un bras autour de sa taille et la serra contre lui. Les appareils photo mitraillaient sans relâche.

— Monsieur Voss ! Un sourire pour nous !

— Madame Voss, comment vivez-vous votre mariage ?

Alexandre salua de la main quelques secondes, son sourire public parfaitement maîtrisé, puis entraîna Léa à l’intérieur sans répondre aux questions. Les portes vitrées se refermèrent derrière eux, étouffant le bruit de la foule.

L’ascenseur privé les emmena directement au dernier étage. Quand les portes s’ouvrirent, Léa découvrit son bureau personnel. Immense, sombre, dominé par des tons noirs et gris anthracite. Un vaste espace de travail avec une table en verre gigantesque, plusieurs écrans, un coin salon avec canapés en cuir, et une petite salle de douche discrète sur le côté. Tout respirait le pouvoir et la froideur. Comme lui.

Elle s’assit sur l’un des canapés sans attendre qu’il lui dise quoi que ce soit. Alexandre eut un petit sourire en coin, presque amusé, mais ne fit aucun commentaire. Il s’installa à son bureau et plongea immédiatement dans son travail.

Une heure passa. Une longue heure de silence uniquement troublé par le clavier et le bruit occasionnel d’un appel qu’il prenait en anglais ou en français. Léa s’ennuyait à mourir. Son corps était fatigué, son esprit tournait en rond. Elle finit par oser :

— Je pourrais… regarder un film ? Je m’ennuie.

Au début, Alexandre fit comme s’il n’avait pas entendu. Il continua à taper sur son clavier pendant une trentaine de secondes. Puis, sans un mot, il ouvrit un tiroir, en sortit une tablette haut de gamme et la lui tendit. Léa la prit du bout des doigts.

— Merci, murmura-t-elle.

Il replongea aussitôt dans ses dossiers, comme si elle n’existait plus.

Léa s’installa plus confortablement sur le canapé, mit des écouteurs et lança un film au hasard. Mais elle ne parvenait pas à se concentrer. Son regard revenait sans cesse sur Alexandre. Il travaillait avec une concentration effrayante, le visage dur, les sourcils légèrement froncés. De temps en temps, il recevait un appel et sa voix devenait celle de l’homme d’affaires charismatique que tout le monde admirait. Le contraste avec l’homme qui l’avait violentée la veille était glaçant.

Elle bougea légèrement sur le canapé et une douleur vive lui rappela sa réalité. Elle serra les dents. L’eau chaude du matin n’avait été qu’un répit temporaire. Son vagin irrité pulsait encore. Chaque mouvement lui rappelait ce qu’il lui avait fait.

Au bout d’un moment, Alexandre leva les yeux vers elle. Il la regarda longuement, presque pensivement, puis retourna à son écran sans rien dire. Léa se demanda ce qui se passait dans sa tête. Est-ce qu’il planifiait déjà la prochaine punition ? Est-ce qu’il pensait à Théo ?

Elle essaya de se plonger dans le film, mais les images défilaient sans qu’elle les voie vraiment. Elle était prisonnière ici aussi. Même loin de la villa, même au sommet de cette tour, elle n’était qu’un accessoire. Un trophée qu’il exhibait devant les photographes et qu’il brisait en privé.

Dehors, la ville s’étendait à perte de vue. En bas, les journalistes attendaient probablement encore. Tout le monde enviait madame Voss. Personne ne savait.

Alexandre finit par se lever, fit quelques pas jusqu’au coin salon et s’arrêta devant elle. Il posa une main sur le dossier du canapé, juste au-dessus de son épaule.

— Tu es sage aujourd’hui. C’est bien.

Léa ne répondit pas. Elle se contenta de hocher légèrement la tête, les yeux fixés sur l’écran.

Intérieurement, elle hurlait.

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