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OBSÉDÉE PAR LE MONSTRE
OBSÉDÉE PAR LE MONSTRE
작가: Ishna azatidnash

Chapitre 1 Le Prix du Sang

last update 게시일: 2026-05-30 05:21:54

Le dôme de verre du grand hall de l'hôtel de ville de New-Ark laissait filtrer la lumière d'une lune de sang artificielle, projetée par les écrans holographiques de la soirée. Aria Sterling ajusta la traîne de sa robe de soie émeraude, feignant un sourire radieux face aux objectifs des photographes. Pour le monde entier, elle était la princesse héritière de l'empire technologique Sterling, la fille unique du richissime sénateur. Pour elle-même, elle n'était qu'un oiseau en cage, un appât doré exposé aux yeux d'une élite corrompue.

Soudain, l'air de la salle de bal devint glacial, si froid que le souffle des invités commença à se transformer en fine brume. Les lumières vacillèrent, puis s'éteignirent d'un coup sec, plongeant les trois cents convives dans un noir d'encre absolu. Des murmures de panique s'élevèrent instantanément à travers la foule.

— Aria, reste près de moi et ne bouge pas ! ordonna la voix stricte et autoritaire de son père à travers l'obscurité.

Mais Aria ne pouvait déjà plus faire un geste. Une pression invisible, lourde, suffocante et pourtant étrangement enivrante venait de s'abattre sur ses épaules. Une odeur sauvage de pluie, de cuir précieux et de soufre emplit ses sinus, balayant le parfum des fleurs coûteuses de la réception. Dans le noir le plus complet, deux pupilles d'un bleu d'orage, brillant d'une lueur surnaturelle et prédatrice, s'ancrèrent directement dans les siennes.

Avant qu'elle ne puisse émettre le moindre son, une main gantée de cuir noir se plaqua fermement sur sa bouche, étouffant son cri de terreur. L'inconnu la souleva contre son torse brûlant, dur comme le marbre et massivement musclé, comme si elle ne pesait rien. Aria se débattit de toutes ses forces, enfonçant désespérément ses ongles vernis dans le cuir épais de son agresseur. C'est alors qu'une voix grave, rauque et d'une sensualité terriblement sombre murmura contre son oreille :

— Bouge encore, ma petite émeraude, et je vide cette salle de son sang jusqu'au dernier homme. Ton père a une dette de sang envers mon clan. Et c'est toi qui vas payer.

Le contact de son souffle chaud et la vibration de sa voix firent frissonner Aria d'une manière terrifiante... et étrangement électrique. Les ombres de la pièce semblèrent soudainement s'animer, se détachant des murs pour s'enrouler autour de leurs corps liés comme des serpents dociles. En un battement de cils, le sol se déroba sous ses pieds et le vide l'aspira.

Quelques minutes plus tard, les générateurs de secours s'activèrent et les lumières de la salle de bal se rallumèrent dans un fracas de verre brisé. Le sénateur Sterling, le visage décomposé par une rage destructrice et une peur indicible, s'avança à grands pas vers le piédestal où se tenait sa fille quelques instants plus tôt.

À la place d'Aria, planté au centre d'une table en acajou par une dague d'argent runique, se trouvait un morceau de parchemin noirci par le feu. Un symbole y était profondément gravé : un loup hurlant sous une lune brisée.

Le chef de la sécurité, blême et tremblant, s'approcha prudemment :

— Monsieur... Ce sont eux. Les Immortels de l'Ombre. Ils ont réussi à s'infiltrer... Ils ont pris votre fille.

Le sénateur serra les poings à en faire blanchir ses articulations, ses yeux injectés de sang brillant soudainement d'une lueur verte surnaturelle, révélant sa propre nature cachée au monde.

— Qu'on arme immédiatement la milice d'élite, gronda-t-il d'une voix inhumaine. Si Killian Vance pense pouvoir utiliser ma propre chair contre moi, il va apprendre ce qu'il en coûte de défier un Sterling. Traquez-les. Tuez-les tous. Même si je dois sacrifier Aria pour purifier notre lignée.

Pendant ce temps, à l'arrière d'une berline blindée lancée à toute allure à travers les forêts brumeuses de la frontière, Aria était lourdement menottée à un siège en cuir. Face à elle, l'homme aux yeux d'orage la fixait en silence, un sourire à la fois cruel et fasciné aux lèvres. Il retira lentement son gant, révélant des griffes rétractiles acérées qui vinrent effleurer doucement, presque amoureusement, la joue brûlante d'Aria.

— Tu es encore plus captivante que dans les rapports de mes espions, dit Killian d'une voix douce, presque caressante, contrastant violemment avec la brutalité de la situation. Dommage que ton cher père vienne tout juste de donner l'ordre officiel de t'exécuter plutôt que de négocier ta liberté.

Aria écarquilla les yeux, le cœur bondissant dans sa poitrine sous le choc de la trahison.

— C'est un mensonge ! Mon père m'aime ! Il détruira ton clan jusqu'au dernier !

Killian se pencha brusquement vers elle, si près que ses lèvres effleurèrent presque les siennes dans une tension charnelle insoutenable. Ses yeux d'orage brillèrent d'une fureur sauvage et possessive.

— Ton père t'a toujours vue comme une arme biologique, Aria. Mais à partir de ce soir, tu es mon otage. Et si tu te montres obéissante... tu deviendras ma reine. Mais avant cela...

Il réduisit encore l'espace entre eux, son corps imposant écrasant presque le sien contre le siège. Aria sentit une chaleur interdite embraser son bas-ventre alors que ses lèvres frôlaient les siennes. Mais au moment précis où leurs souffles se confondaient, la voiture pila brusquement dans un crissement de pneus strident, projetant Aria en avant.

La radio du tableau de bord grésilla violemment, et la voix paniquée du chauffeur résonna dans l'habitacle :

— Chef ! On a un énorme problème ! Ce n'est pas l'armée du sénateur... Quelqu'un de notre propre clan nous a trahis. La route est bloquée par les nôtres !

Killian jura entre ses dents, ses yeux virant au noir absolu alors que des ombres agressives commençaient à saturer l'espace de la voiture. Aria, le cœur battant à tout rompre, comprit que le piège venait de se refermer sur son propre bourreau.

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