LOGINPourtant, le lendemain matin, alors que je fais défiler machinalement les statuts W******p, mon cœur rate un battement.
Une vidéo vient d’être postée sur le compte d’une connaissance commune — une certaine Vanessa, que j’avais rencontrée lors d’un dîner organisé par Edith.
Sur la vidéo, on voit une piscine d’hôtel, au coucher du soleil.
Le lieu me semble familier…
Yamoussoukro.
Je reconnais l’hôtel que Richard avait évoqué avant son départ.
Et là, dans le reflet tremblant de l’eau… deux silhouettes apparaissent brièvement.
Un homme grand, que j’aurais pu reconnaître entre mille. Richard.
Et, à ses côtés, une femme claire aux cheveux roux , vêtue d’une robe légère que je jurerais avoir déjà vue… sur Edith.
La vidéo est floue, les visages ne sont pas nets. Mais leurs gestes, eux, ne laissent guère place au doute : ils rient ensemble, ils sont proches, trop proches.
Un geste furtif, une main effleurant l’épaule de l’autre.
Une complicité déplacée.
Je sens mon estomac se nouer.
Tout mon être hurle de trouver une explication logique.
Peut-être que je me trompe. Peut-être que ce n’est pas eux. Peut-être…
Mais mon instinct me murmure autre chose.
Et cette fois, je n’arrive plus à l’ignorer.
Je repose mon téléphone sur la table basse, les doigts tremblants.
Je me répète que je dois être raisonnable, que sauter aux conclusions serait indigne de la confiance que j’ai placée en Richard. Mais le doute est là, insidieux, acide.
Et il me ronge.
Tout au long de la journée, je sursaute au moindre bruit.
Je ne parviens pas à me concentrer sur rien. Pas même sur la préparation de notre escapade surprise.
Le lendemain, Richard rentre de voyage avec un bouquet de fleurs,un collier de perles akan et des viennoiseries. Pourquoi tant d’attentions ? A-t-il quelque chose à se faire pardonner ? Veut il se donner bonne conscience avec tous ces présents ?
Trop d’attentions. Trop de chaleur.
Comme si l’excès n’était là que pour dissimuler quelque chose.
Et si ce n’était pas de l’amour… mais de la culpabilité ?
Je feins difficilement l’épouse naïve qui est heureuse de retrouver son époux.
À la tombée de la nuit, tandis qu’il ronfle doucement, je reste figée, les yeux rivés au plafond.
J’ai l’impression de trahir. Et pourtant, c’est moi qu’on trahit.
Je prends une décision qui me ressemble si peu :
Je vais chercher des réponses
Je me lève.
La chambre est baignée d’une lumière lunaire tamisée. J’avance à pas feutrés vers le sac de voyage qu’il n’a pas encore rangé.
Rien d’anormal : des chemises impeccablement pliées, son nécessaire de toilette, ses chaussures de ville encore cirées.
Mais alors que je referme le sac, un détail attire mon regard :
Une petite pochette en cuir, glissée entre deux chemises.
Mon cœur bat si fort que j’entends son martèlement dans mes oreilles.
Je l’ouvre avec des gestes hésitants.
À l’intérieur, je découvre un ticket de caisse.
Un dîner pour deux personnes dans un restaurant chic de Yamoussoukro.
La date correspond.
Le nom du restaurant aussi : un endroit romantique, réputé pour ses dîners aux chandelles.
J’ai du mal à respirer.
Richard m’avait dit que son séminaire l’accaparait jour et nuit…
Pourquoi un dîner en tête-à-tête, alors ? Avec qui ?
Je referme la pochette, le cœur lourd.
Je voudrais encore douter. Je voudrais encore croire.
Mais dans un coin obscur de mon esprit, une voix froide me murmure :
Tu sais déjà la vérité, Angélique.
Je caressai la tête d’Henri, et mon autre main se glissa dans les cheveux de Richard. Je tirai doucement Richard derrière moi. Je sentis ses lèvres se poser contre ma nuque, ce baiser lent, chaud, qui fit courir un frisson électrique le long de ma colonne Henri se baissa légèrement afin d'emprisonné ma poitrine dans sa bouche. C'était le nirvana. Mes tétons se dressèrent. Il souffla légèrement dessus, mordilla, tandis que Richard s'occupait de ma bouche de mon dos. Henri me regardait avec une admiration fébrile. Richard, avec une passion débordante. Henri se saisit du lobe de mon oreille, Richard fit de même. En fait, cette nuit, il s'agissait aussi pour moi de redécouvrir mon corps. Ses deux hommes sur mes oreilles, Henri jouant avec mes tétons. Richard qui profita, pour enfoncer ses deux doigts en moi, les faisant tourner. Je ne pu retenir un gémissement. Mes jambes voulait me lâcher. Je murmurai à Henri: — Allonge-toi. Henri obéit, lentement, le cœur battant.
Richard m’attendait, assis sur le lit. Il se leva en me voyant entrer. — Alors ? demanda-t-il, inquiet. Je refermai la porte, lentement. J'ôtai mon peignoir délicatement. Richard était intrigué par mon calme. J'avançai près de lui. Je me mis nue à la hâte, puis je posai le pied sur sa jambe, en me baissant pour prendre son menton - Fais moi confiance, mon Petit cœur. Rien ne t'arriveras, au contraire, j'ai de parfait plan pour nous. Je l'embrassai. Puis je lui dis: maintenant fais plaisir à maman, bouffe moi la chatte ! Il y avait un mélange de peur, et d'excitation dans les yeux de Richard. Il ne se fit pas prier et me renversa sur le lit Il était comme hypnotisé par moi. J'ordonnais et il executais. Moi même je ne me reconnaissais pas. Une telle audace, une perversion, un désir inappropriée... Être prise par deux hommes en même temps : mon mari et mon amant! Qu'est ce que Richard pensait de moi? Qu'est-ce qu' Henri décidera ? Pour être franche je n'en avait cure à cet in
Les jours qui suivirent étaient éprouvants pour moi. J'étais tiraillé par mon désir ardent de garder ces deux hommes dans ma vie, et par la peur de blesser et de perdre Richard. Il fallait jongler entre les deux. Oui parce que Henri n'était plus le même avec moi. J'avais retrouvé le partenaire du début de notre relation : pro actif, prévenant, attentif, tendre, à l'écoute. Richard quand à lui apprenait à gérer sa jalousie. Il acceptait de me partager avec mes enfants. Il était loin de se douter, qu' Henri avait repris sa place dans mon lit. C'était quelque peu épuisant, car il m'arrivait de me faire prendre par Richard au déjeuner, et de servir de 4 heures à Henri. Il fallait que je trouve le courage d'aborder le sujet avec Richard. Comment lui dire qu'il était hors de question d'officialiser notre idylle. J'aimais ma vie comme elle était. Après tout, tout le monde a des secrets. Je serais la respectable épouse d'Henri aux yeux de tous, et l'amante de Richard entre quatre murs. T
Au lieu de retomber, quelque chose en moi… monta.Une braise se transforma en flamme.Une chaleur vive, impulsive.Une énergie presque sauvage.Je me levai du lit. J'ajustai ma nuisette, j'enfilai mes chaussons.Mes pas étaient silencieux.Le couloir plongé dans la pénombre.La maison endormie.Mais mon corps…Lui, était éveillé.Terriblement éveillé.Je m’arrêtai devant la porte de la chambre d’amis, où Henri dormait.Ou du moins… où je pensais le trouver endormi.Mon cœur battait vite, mais pas de peur.D’une forme de puissance que je ne comprenais qu’à moitié.J’ouvris doucement la porte de la chambre d'ami.Henri se redressa aussitôt, surpris.— Béa ? Tout va bien ?Il avait sa voix de mari inquiet, sa posture de père fatigué.Mais ses yeux…Ses yeux glissèrent immédiatement sur mon corps.Je restai dans l’embrasure, sans sourire, sans hésitation.— Tu dors ?— Non… je… je pensais.Je m’avançai, refermai la porte derrière moi.— Tu veux… parler ?— Non.Ma voix était basse.Sûre.
Le samedi qui suiva, la maison résonnait de rires, de pas précipités, de ballons qu’on gonflait et de petits cris excités.C’était l’anniversaire de notre dernière, ma petite Jade, et j’avais promis d’être là.Elle ne voulait pas de grande fête. Elle voulait juste une journée avec son papa et sa maman Henri n'avait pas lesiné sur les moyens. Il était arrivé chargé de sacs, de cadeaux, jouant parfaitement son rôle de père attentionné. Il avait salué tout le monde avec cette chaleur théâtrale qu’il maîtrisait si bien depuis que je menaçais de le quitter.Je jouai le jeu.Je souris pour les photos.Je l’aidai à installer les décorations.Je lui parlai avec douceur, comme s’il ne m’avait jamais brisée.Nos familles, nos proches amis étaient présents. Il fallait donner le change.Les enfants s’y laissaient prendre.Ils riaient, nous regardaient avec leurs yeux brillants.Pour tous, nous étions encore… une famille.Je sentais parfois le regard lourd d’Henri sur moi.Un regard qui insistait
— Je ne supporte plus ça, Béa.Je levai la tête de mes documents, surprise.— Richard… pas maintenant. Tu sais que…— NON, pas "je sais" !gronda-t-il en faisant les cent pas.— Henri passe son temps à te toucher, à te coller, à t’étouffer ! Et tu fais comme si de rien n’était ! Comme si tu lui appartenais encore !Mais tu es mienne. Tu m'appartiens!Je soupirai, lasse, mais surtout fatiguée de marcher sur un fil.— Je n’appartiens à personne, Richard.— Alors pourquoi tu le laisses faire ? Pourquoi tu ne le repousses pas ? Pourquoi tu joues encore à son épouse modèle devant tout le monde ?Je baissai les yeux.Les mots étaient simples.La réalité, beaucoup moins.— Parce qu’il y a les enfants, lâchai-je.Parce qu’il y a l’entreprise.Parce que le divorce est en cours et que j’ai besoin qu’il reste… prévisible.Richard s’arrêta net.— Prévisible ?répéta-t-il, blessé.Donc je dois te partager avec un homme… parce que c’est plus pratique pour toi ?Je sentis ma gorge se serrer.— Richa







