LOGINClaraL'adresse est à Lyon. Un quartier populaire, des immeubles délavés, des graffitis sur les murs, des paraboles aux balcons. Rien à voir avec les beaux quartiers où j'ai grandi, où ma mère adoptive m'a élevée dans un confort aseptisé.Alexandre conduit sans parler. Il respecte mon silence, ma peur, mon vertige. De temps en temps, sa main quitte le volant pour se poser sur ma cuisse, une pression brève, un contact rassurant.— Et si elle ne veut pas me voir ? je demande pour la dixième fois.— Alors on rentrera à Paris et on boira trop de champagne pour noyer notre déception.— Et si elle veut me voir mais que c'est une étrangère ? Si je ne ressens rien ? Si c'est pire qu'avant ?— Alors on rentrera à Paris et on boira trop de champagne pour célébrer le fait d'avoir essa
ClaraSix mois. Six mois pour préparer un mariage. C'est à la fois trop long et trop court.Trop long parce que chaque jour qui passe me rapproche un peu plus de la date fatidique, et que l'impatience me ronge. Trop court parce qu'il y a mille choses à organiser : le lieu, le traiteur, la robe, les fleurs, les invitations, la liste des invités qui gonfle et dégonfle au gré de nos disputes et de nos réconciliations.— Je ne veux pas de grand mariage, je répète pour la dixième fois.Nous sommes dans le salon, moi entourée de classeurs et de magazines, lui avachi sur le canapé, un verre de vin à la main. La table basse disparaît sous une avalanche de nuanciers, d'échantillons de tissu et de catalogues de traiteurs.— Tu me l'as déjà dit, répond Alexandre. Tu veux quelque chose de simple, d'intime, de so
ClaraRome, en juin. La lumière est différente ici, plus dorée, plus douce, comme si le soleil lui-même voulait nous envelopper de sa clémence.Je suis debout devant la fenêtre ouverte de notre chambre d'hôtel. Les volets sont repliés, les rideaux de lin blanc gonflent doucement sous la brise. En contrebas, les ruines du Colisée se dressent dans la lumière du soir, majestueuses, éternelles. Des hirondelles tournoient autour des arcades antiques, leurs cris se mêlent à la rumeur lointaine de la ville. Je respire l'air chaud, chargé de senteurs de pierre chauffée, de jasmin et de quelque chose de plus ancien, de plus profond.Alexandre est derrière moi depuis quelques secondes. Je ne l'ai pas entendu approcher, mais je sens sa présence, sa chaleur, son regard sur ma nuque. Ses mains se posent sur mes épaules, ses pouces massent do
ClaraLe cabinet du thérapeute est clair, sobre, presque impersonnel. Un bureau en bois clair, deux fauteuils confortables, une bibliothèque remplie de livres aux titres sérieux. Et lui, le docteur Morel, un homme d'une cinquantaine d'années, calme, attentif, qui nous regarde par-dessus ses lunettes avec une expression à la fois neutre et bienveillante.— Pourquoi êtes-vous ici ? demande-t-il.Alexandre et moi échangeons un regard. Nous sommes assis côte à côte, mais nous n'osons pas nous toucher. Pas ici. Pas encore.— Parce qu'on n'arrive plus à se parler, dit Alexandre. Ou plutôt, on se parle, mais on ne se comprend pas.— Ou on se comprend, mais trop tard, j'ajoute. Après les crises. Après les
AlexandreJe sais tout. Depuis le début. Ou presque.Sophie, mon ancienne assistante, est devenue amie avec Maxime. Je ne sais pas comment c'est arrivé, probablement un de ces mystères de la vie de bureau, mais ils déjeunent ensemble, ils se confient, ils se racontent leurs vies. Et Sophie m'a appelé.— Alexandre, il faut que je te parle.— À quel sujet ?— Clara. Et Maxime.Mon sang se glace. Ma main serre le téléphone à m'en blanchir les jointures.— Quoi, Clara et Maxime ?— Maxime m'a dit... il m'a dit qu'il l'avait embrassée. L'autre soir. Dans son bureau.
ClaraMaxime est devenu un ami.Je ne sais pas exactement quand c'est arrivé. Peut-être le jour où j'ai refusé son offre et qu'il m'a dit je comprends avec ce sourire triste mais sincère. Peut-être les semaines qui ont suivi, quand il m'a envoyé des messages pour prendre de mes nouvelles, pour me féliciter de mes premiers contrats, pour me donner des conseils. Peut-être les déjeuners qu'on a commencé à prendre ensemble, de temps en temps, pour parler travail, stratégie, ambition.Il est drôle. Il est intelligent. Il est attentif. Il ne me drague pas, ne me fait pas de déclarations, ne me parle plus de ses sentiments. Il est juste... là. Présent. Amical.J'en
AnaïsIl s'assoit en face de moi avec son assiette, nos pieds qui se frôlent sous la table comme au premier jour.On mange en regardant la terrasse par la fenêtre, le ciel bleu pâle, les premiers oiseaux.— Il fait beau, il dit.— On pourrait sortir.— Peut-être. Plus tard. Là, je suis bien.— Moi
ThéoMes hanches se soulèvent encore, désespérées, cherchant la chaleur humide de sa bouche qui vient de m’abandonner. Un gémissement frustré s’échappe de ma gorge quand je sens les doigts d’Anaïs effleurer l’intérieur de mes cuisses, traçant des motifs tortueux, comme si elle jouait avec moi.— Pa
ELENALe poids de son corps sur le mien est un ancre, une réalité tangible, merveilleuse, qui dissout les derniers vestiges de peur. La sensation de lui en moi, si pleine, si parfaite, résonne encore dans chaque cellule, un écho doux et profond qui fait vibrer mon être tout entier. Je suis étourdie
Anaïs et Théo, un jeune couple enlisé dans une routine sexuelle, décident de rompre la monotonie par un jeu osé : chacun écrit un fantasme sur un papier, qu’ils s’échangent avant d’en tirer un au sort pour le réaliser immédiatement. Le hasard désigne celui de Théo, qui souhaite être entièrement sou







