تسجيل الدخولJe ne dis rien, je ne sais pas quoi dire, je ne sais pas comment réagir, comment absorber cette information, comment l'intégrer à mon histoire, à celle de ma mère, à celle de mon père, à celle de cet hôtel maudit qui nous relie tous, qui nous enferme tous, qui nous étouffe tous dans ses murs couverts de secrets et de mensonges.
— Je suis désolée, dis-je enfin, et c'est la seule chose qui me vient,
SaraC'est la dernière nuit, la veille de la révélation, la veille du grand jour, et tout est prêt, les dossiers sont classés, les discours sont écrits, les journalistes sont prévenus, les témoins sont convoqués, il ne reste plus qu'à attendre le lever du soleil, à attendre que l'heure sonne, à attendre que ma vie bascule une dernière fois, mais cette fois, je l'espère, pour le meilleur.Adrian a voulu que cette dernière nuit soit spéciale, il a fait monter un dîner gastronomique, avec du champagne et des bougies et des roses, et nous dînons dans la suite Impériale comme si nous étions déjà les maîtres des lieux, comme si l'hôtel était déjà à moi, comme si la victoire était déjà acquise.— C'est magnifique, dis-je en regardant la tabl
SaraLes jours qui suivent sont un tourbillon d'activité, un maelström de préparatifs, une tempête d'organisation, et je n'ai jamais été aussi occupée, aussi sollicitée, aussi vivante de toute mon existence, parce que nous préparons la contre-attaque, la révélation, le grand jour où tout va basculer, où mon nom va être révélé au monde, où la vérité va éclater au grand jour.Adrian a transformé la suite Impériale en véritable quartier général, la table basse est couverte de dossiers, de documents, de photocopies, de notes manuscrites, de listes de contacts, de numéros de téléphone, et nous passons des heures à tout organiser, à tout classer, à tout vérifier, à nous assurer que chaque pièce du dossier est solide, que cha
SaraCette nuit-là, nous nous aimons avec une intensité déchirante, avec une passion presque désespérée, comme si nous savions que le combat à venir serait rude, comme si nous pressentions que ces moments de paix et de tendresse étaient comptés, comme si nous voulions graver chaque caresse, chaque baiser, chaque soupir dans nos mémoires pour les jours sombres qui nous attendent peut-être.Adrian est différent ce soir, plus attentif, plus doux, plus prévenant que jamais, comme s'il voulait me montrer quelque chose, me prouver quelque chose, me donner quelque chose qu'il ne peut pas exprimer avec des mots, et je reçois son amour comme un cadeau, comme une offrande, comme une promesse silencieuse qui n'a pas besoin d'être formulée pour être comprise.Après, nous restons allongés dans le lit défait, les draps en d&eac
SaraLe lendemain, Adrian m'apporte d'autres documents, d'autres preuves, d'autres pièces du puzzle, et ce que je découvre me glace le sang, me révolte, me bouleverse au-delà de tout ce que j'aurais pu imaginer, parce que ce n'est pas seulement la mort de mon père qui a été tragique, c'est tout ce qui a suivi, c'est la spoliation systématique, organisée, impitoyable de ma mère, de mes sœurs, de notre héritage.— Après la mort de Lorenzo, m'explique Adrian en étalant les documents sur la table basse, le testament a été contesté, comme je te l'ai dit, mais ce que je n'ai pas eu le temps de t'expliquer hier, c'est comment, par qui, avec quelles méthodes.— Explique-moi, dis-je en m'asseyant en face de lui, en croisant les mains sur mes genoux, en me préparant à entendre le pire.— Marcus Va
SaraC'est un soir comme les autres, un soir où je monte chez Adrian après mon service, un soir où nous dînons ensemble dans la suite Impériale, un soir où nous parlons de tout et de rien, de nos vies, de nos espoirs, de nos projets, un soir paisible et doux, sans tension, sans menace, sans urgence, mais tout bascule quand Adrian pose sa fourchette, s'essuie les lèvres avec sa serviette, et me regarde avec une expression que je ne lui ai jamais vue, une expression solennelle, presque grave, comme s'il s'apprêtait à me remettre quelque chose d'important, de sacré, de bouleversant.— J'ai quelque chose à te montrer, dit-il en se levant, en se dirigeant vers le bureau, en ouvrant un tiroir que je n'avais jamais remarqué, un tiroir fermé à clé dont il sort une enveloppe de papier kraft, jaunie, usée, fatiguée par le temps.—
— Qui es-tu vraiment ? dis-je en m'asseyant en face de lui, en posant ma main sur la sienne, en essayant de percer le mystère de cet homme que j'aime et qui me cache encore tant de choses.— Je suis un homme qui a passé des années à chercher la vérité, dit Adrian en relevant les yeux, en plongeant son regard dans le mien , Un homme obsédé par la vengeance, par la justice, par la mémoire de son père, un homme qui était prêt à tout, absolument tout, pour retrouver les filles de Lorenzo Valenti, pour les utiliser, pour les manipuler, pour les convaincre de l'aider à faire tomber Volkov.— Les utiliser, dis-je en répétant ce mot qui me glace le sang.— Je te le jure, Sara, dit Adrian en prenant mes mains, en les serrant fort, en me regardant avec une intensité désespérée , Quand je t'ai rencontrée, je ne savais pas qui tu étais, je ne savais pas que tu étais l'une de celles que je cherchais, et quand je l'ai compris, quand j'ai commencé à assembler les pièces du puzzle, il était trop tard
Je ferme les yeux, et Elena apparaît derrière mes paupières closes. Son visage est flou, comme une photo surexposée, mais je reconnais son sourire. Ses fossettes. Ses yeux qui pétillent. Elle porte la robe bleue, celle que j'aimais tant, celle qu'el
Il sourit, mais son sourire est triste, presque amer. Un sourire qui me serre le cœur parce que je le reconnais. C'est le même sourire que j'ai dû avoir, moi, pendant des années. Le sourire de ceux qui ont tout perdu.— Non. Ma famille est morte
Puis je me change. J'enfile mon uniforme de femme de chambre, cette seconde peau qui me rend invisible aux yeux des clients, aux yeux du monde, aux yeux de tous sauf des siens. Et je commence ma journée de travail comme si de rien n'était. Comme si je n'avais pas pass&
Après, quand nos respirations ralentissent et que la sueur refroidit sur nos peaux, il me garde contre lui. C'est le moment que je redoute le plus, plus encore que le désir, plus encore que le plaisir. Cette tendresse qui suit l'amour, cette douceur qui n'a rien de charnel. Sa main dans mes cheveux







