LOGINCe dimanche matin, la patinoire était animée. Familles, couples et enfants riaient en glissant sur la glace.Margot et Émilie étaient aux anges. Elles réclamaient une sortie en famille depuis des semaines, et enfin, leur vœu était exaucé.Isabella laça lentement ses patins, le visage impassible. Elle avait accepté de venir pour les filles, pas pour Étienne.Étienne était assis à côté d'elle, nouant ses propres patins avec une précision et une assurance remarquables.Les jumelles étaient déjà sur la glace, un peu chancelantes mais riant aux éclats en s'accrochant à la rambarde.« Maman ! Papa ! Venez ! » cria Émilie en agitant la main avec enthousiasme.Isabella se leva et s'avança sur la glace. Son équilibre était parfait, ses mouvements fluides. Elle avait déjà patiné, des années auparavant, à une époque plus simple.Étienne la suivit, glissant sans effort sur la glace vers les jumelles. Pendant un moment, ils patinèrent ensemble. Margot tenait la main d'Isabella d'un côté, Émilie c
« Je t'ai entendue pleurer », dit doucement Étienne. « Tu aurais dû te défendre, tu sais. Il n'y avait pas besoin de fuir. »Ces paroles provoquèrent la colère d'Isabelle.Elle tenta un coup audacieux et risqué contre Étienne. S'il parvenait à la vaincre, ses chances de gagner seraient de cinquante-cinq.Le public retint son souffle.C'était un coup dangereux. Si Étienne réagissait correctement, sa position s'effondrerait.Mais s'il se trompait, elle pourrait gagner.Étienne étudia l'échiquier, son expression désormais grave.Personne, hormis Isabella et Étienne, ne comprenait leur conversation. Mais tous les voyaient parler sans pouvoir la déchiffrer.Pour tous, si Étienne pouvait agir ainsi devant Vivienne, cela signifiait qu'Isabelle était bel et bien une proche.Vivienne serra le poing, visiblement mécontente, mais elle garda le silence et resta immobile.La partie reprit. Isabella avançait avec agressivité, sa stratégie implacable.Elle était si près. Si près de la victoire.La
Le silence était palpable dans la pièce.Isabella s'avança vers la table d'échecs, d'un pas mesuré, le visage impassible.Sébastien Armand, debout près du mur, observait. Il avait gardé ses distances avec Isabella depuis le fiasco du lancement d'Axiom. Son attitude conciliante envers Marc et Isabella, envers Sentinel en général, s'était tellement dégradée qu'il ne pouvait plus que regarder, désemparé. Voir les parents de Marc la traiter avec tant de chaleur, la voir défier Étienne avec une telle audace, le laissait perplexe. Il ne savait plus que croire.Renard Oliver se tenait à ses côtés, la mâchoire serrée. Il était gêné. Gêné d'avoir présenté ses excuses à Isabella pour quelques petites progressions qu'il l'avait vue obtenir. Sans arguments pour se défendre face à ces accusations, sa carrière resterait lettre morte. Quelques présentations impressionnantes ne valaient rien sans crédibilité.Dupont applaudit, ravi. « Oh, quelle jeune et belle jeune femme courageuse ! Allez, ma petit
Sébastien ne répondit pas, mais son attitude démocratique envers Marc, Isabella et les autres se fendit. Il resta là, impuissant, ne sachant que penser.Mais Renard ? Il avait honte de s'être excusé auprès d'Isabella pour quelques petits succès qu'elle avait obtenus. Si elle n'avait rien pour se défendre face à ces accusations, sa carrière resterait fichue, quoi qu'il arrive.Marc conduisit Isabella et Hélène plus loin dans la galerie privée, où étaient accrochés certains des tableaux les plus précieux de Philippe.« Ils sont magnifiques », murmura Isabella.Philippe fils sourit. « Mon père en a peint la plupart. Il pensait que l'art était un langage qui transcendait les mots. »Élise se tourna vers Hélène. « Hélène, viens. J'ai besoin de ton aide en cuisine. »Hélène cligna des yeux. « La cuisine ? »Élise rit. « Oui. Je fais des biscuits. Et il me faut quelqu'un qui a les mains sûres. »Hélène la suivit, l'air perplexe. Dans le hall principal, Éloï les regarda disparaître, sa confu
« Pourquoi pas ? »« Parce que je ne vais pas mendier leur approbation. J'ai passé sept ans à faire mes preuves. Si cela ne suffit pas, rien de ce que je dirai maintenant ne les fera changer d'avis. »Marc se leva, sa frustration palpable. « Alors tu vas les laisser te détruire ? »La voix d'Isabella était douce. « Ils ne peuvent pas détruire ce que j'ai déjà construit. »Marc expira et s'approcha calmement d'elle. Il lui prit délicatement les bras, tout en parlant doucement.« Je te comprends, Isabella, mais pense aux membres du conseil d'administration et à tout ce que nous avons construit. Nous devons rendre notre entreprise publique. »Isabella garda le silence. Il avait raison. Elle ne pouvait pas être égoïste sur ce sujet, car la vérité est que Marc souffrait lui aussi, son intégrité et son professionnalisme étant remis en question.Ne serait-ce que pour Marc, rien que pour lui.Elle quitta le bureau sans un mot de plus. ***Trois jours plus tard, Isabella se tenait devant son
Isabella rentra directement chez elle, sans attendre personne. Heureusement, les enfants n'étaient pas là ; ils étaient partis au domaine avec Geneviève et Grace. Isabella se rendit dans sa chambre, ferma la porte et pleura amèrement. Ce moment était une véritable honte pour elle. Certes, elle avait tourné la page, elle avait grandi et n'était plus ce que les autres prétendaient, mais c'était son passé. Une période de sa vie où elle avait dû faire le choix le plus difficile pour ses filles.De plus, apprendre qu'Alexendre était derrière Axiom l'avait sidérée. Elle avait eu envie de fuir dès qu'elle l'avait découvert, mais on l'avait convoquée pour parler du projet en cours, qui lui avait également été volé. Être enfin reconnue aurait été une grande victoire pour elle.Isabella se leva, essuya ses yeux et s'installa devant son ordinateur portable pour retrouver la source de ces informations. En parcourant le web et en lisant tous les commentaires odieux, elle s'effondra de nouveau. La
Ce soir-là, une fois les jumelles endormies et le silence tendu habituel retombé sur le penthouse, Isabella fit sa valise.Elle choisit des vêtements pratiques : jeans et pulls confortables. Rien d'extravagant ni de sophistiqué. Juste des pièces simples qui lui permettraient de passer une semaine c
Trois jours avant le voyage prévu à Lyon, Étienne resta à la maison. Alors qu'Isabella préparait son petit-déjeuner comme d'habitude, il manifesta, à sa grande surprise, un intérêt marqué.Elle dressa la table et, pour la première fois depuis longtemps, Étienne s'assit avec elles. Ils prenaient le
Elle ne voulait pas paraître trop possessive ni en manque d'attention. Être autorisée à l'accompagner à certaines réceptions lui suffisait. Elle était donc restée discrète et n'avait jamais interféré dans la vie professionnelle d'Étienne. Mais maintenant, contrainte de se rendre à son bureau, elle
Toute la soirée, Isabella resta assise en silence, observant Étienne discuter avec Vivienne avec une telle ferveur qu'on aurait dit qu'il avait oublié sa présence. Vivienne s'extasiait sur la beauté de Lyon, ses ruelles cachées et ses cafés élégants, et racontait comment, malgré seulement deux ans







