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Je suis restée clouée exactement au même endroit sur le sol de la cuisine, le monde entier tournoyant autour de moi à une vitesse terrifiante.Il a fallu plusieurs minutes à mon cerveau pour assimiler la réalité cruelle de ses paroles avant que mes jambes lourdes ne me forcent enfin à faire marche arrière vers la sécurité de ma chambre.À la seconde où j’ai franchi le seuil, j'ai fait claquer la porte, tourné le verrou et glissé le long du bois jusquLoriJ’ai fini par me recroqueviller en boule sur le bord du lit pour pleurer jusqu’à ce que le sommeil m’emporte. Je me suis réveillée aux aurores le lendemain. Tout mon corps semblait lourd et tabassé, complètement vidé d’avoir enchaîné une nuit blanche la veille. Sans oublier cette confrontation chaotique avec Jessica.Me sentant un tout petit peu retapée après des heures d’inconscience continue, j’ai étiré mes membres engourdis et je me suis forcée à quitter le matelas.Je me suis traînée directement dans la salle de bains, allumant la lumière pour me rafraîchir. Je me suis même surprise à fredonner machinalement une petite mélodie sous mon masque de brosse à dents. Mon humeur reprenait vie en apercevant les rayons dorés du matin dessiner des motifs chaleureux sur le carrelage.Cependant, dès que mon cerveau s’est reconnecté à la réalité pour me rappeler que tout mon dossier de participation au concours manquait toujours à l'appel
Lori Après une longue série de cours le lendemain après-midi, je me suis dirigée directement vers le réfectoire du campus pour avaler un déjeuner dont j'avais grand besoin. Mon estomac avait réclamé famine toute la matinée, me rappelant sans cesse à l'ordre pour avoir complètement oublié de prendre un petit-déjeuner après m'être réveillée aux aurores afin d'avancer sur mes tenues pour le concours. J'ai commandé une assiette de pâtes italiennes, dévoré le tout en un temps record à une petite table dans un coin, puis j'ai repris le chemin du trottoir pavé en direction de ma résidence. Arrivée à mon étage, j'ai arpenté le couloir silencieux avant de me stopper net, pétrifiée juste devant ma chambre. La lourde porte en bois était entrebâillée d'un centimètre. Je suis restée plantée là, clignant des yeux sous le coup de la confusion tandis qu'un frisson d'appréhension me traversait la nuque.
Lori Nouvelle semaine, nouvelle énergie. C’était le mantra exact que je me répétais en boucle dans ma tête comme une bouée de sauvetage en m’élançant dans l’air frais du matin. Je devais me forcer à y croire, même si ma future carrière dans la mode ne tenait plus qu'à un fil fragile. Sans parler de ma vie personnelle ; j'étais pratiquement sans amis à présent, isolée dans une ville fantôme de ma propre fabrication. Mais le pire n’était même pas le traitement par le silence de mes colocataires. C’étaient les regards persistants que je continuais de récolter de la part de connaissances et de camarades de classe chaque fois que je arpentais les couloirs du campus. Mon hypothèse la plus probable était que Jessica ou Ann avait passé tout le week-end à baver sur mon compte et à détruire ma réputation auprès de quiconque prêtait l'oreille à leur narratif amer. À leurs yeux, j'étais le serpent fourbe qui avait volé le mec de sa meilleure
Lucas— Et alors ? ai-je lâché, ma poitrine se soulevant alors que je le suppliai pratiquement de parler plus vite avant que je ne m’effondre sur le sol à cause de cet insoutenable suspense. Je suis autorisé à jouer, Coach ? Je suis toujours dans la course ou pas ?Mon entraîneur m’a fixé pendant trois longues secondes avant qu’un sourire lent et sincère ne vienne fendre son visage buriné.— On te veut de retour sur la glace, Miller.— Yes ! ai-je crié en envoyant un grand coup de poing dans les airs.Une vague d’applaudissements nourris et soudaine a éclaté du conseil d’administration assis autour de la longue table de conférence, les cadres souriant et hochant la tête en signe d'approbation. Un soulagement si intense a inondé mes veines que mes genoux ont failli fléchir.— Félicitations, Miller, a ajouté mon coach en levant la main pour calmer la pièce. Cependant...Le large sourire sur mon visage s'est é
Lucas— Une dernière fois, ai-je craché entre mes dents serrées, forçant les mots à travers ma poitrine alors que je rassemblais le moindre résidu d'énergie qu'il me restait pour soulever la lourde barre en fer.Mes bras tremblaient sous l’effort, et ma sangle abdominale s’est verrouillée pour protéger le bas de mon dos tandis que je poussais la charge vers le haut pour achever la dernière répétition.Du coin de l'œil, je pouvais voir mon kinésithérapeute m’observer comme un rapace. Elle scrutait le moindre angle de ma posture, ses yeux perçants suivant les micro-mouvements de ma colonne vertébrale pendant l'exercice.Juste derrière elle, les bras croisés sur la poitrine, se tenait mon entraîneur principal. Il évaluait ma forme, attentif au moindre tressaillement ou signe persistant de cette blessure au dos qui m’avait cloué sur le banc pendant des semaines.— C’était comment ? ai-je haleté, lâchant les poids lourds sur le sol e
LoriJe suis restée figée dans le couloir mal éclairé devant la porte de la chambre de Jessica, mes doigts planant à quelques centimètres de la poignée froide. Mon esprit s'emballait, hésitant entre l'envie de balancer la porte en grand pour la confronter sur le champ, ou de faire simplement demi-tour pour retourner dans ma chambre en oubliant son existence.— Lor ? Tu es toujours là, mon cœur ? a soudain résonné la voix de Lucas à travers le petit haut-parleur de mon téléphone, tranchant le silence suffocant du couloir et me sortant de mes pensées en spirale.J’ai pris une inspiration rapide et superficielle, pressant le combiné un peu plus près de mon oreille.— Hé, Lu ? S’il te plaît, confirme-moi un truc rapidement, d'accord ?— Ouais ? Qu’est-ce qu’il y a, Lor ? a-t-il répondu sans la moindre seconde d’hésitation, son ton grave empreint d'une affection naturelle. Tu sais que je ferais n’importe quoi pour toi, mon cœur.







