LOGINPOV de Reine :
Je me tenais devant le miroir de la coiffeuse, observant ma silhouette. J'étais habillée à la perfection. Mon maquillage était impeccable, la robe blanche en soie valant des milliers de dollars épousait le haut de mon corps comme une seconde peau avant de retomber en une magnifique jupe de princesse. N'importe quelle autre mariée aurait été aux anges. Moi, je voulais simplement que cette stupide journée se termine déjà. Après tout le spectacle de la veille, je savais que je n'avais pas le choix. Mila était en miettes, et elle l'était toujours. Aujourd'hui était censé être le jour de mon mariage et elle était introuvable. Je jetai un regard à la petite chaîne que je ne retirais jamais, ma main l'effleurant à peine. Je n'avais jamais connu ma mère et je ne savais rien d'elle. Tout ce qu'il me restait d'elle, c'était ce collier. Je me demandai si, si elle avait été en vie, j'aurais dû traverser ce mariage. C'était un vœu pieux. Bien sûr que oui. C'était la vie d'une fille dans le monde de la mafia. Un coup frappé à la porte fut mon seul avertissement avant que mon père et trois de ses gardes n'entrassent dans la petite pièce où je me préparais. Je me retournai pour lui faire face, verrouillant toutes mes émotions dès l'instant où nos regards se croisèrent. « Reine. » Il m'examina. « Je sais que ce n'est pas la vie que tu veux. Si cela ne tenait qu'à toi, tu serais dehors à déshonorer mon nom. » Je ricanai. « Je ne te demande rien, mon enfant. J'ai simplement besoin que tu comprennes que tu n'es plus de mon ressort désormais. » Ses yeux glissèrent vers mon cou. « Es-tu prête ? » « Est-ce vraiment une question ? » répliquai-je. Son regard s'abaissa et la peur me parcourut l'échine. « Recule, tais-toi et obéis. Aucun homme n'a besoin de ton irrespect, fille », lança-t-il sèchement, sa voix prenant une tonalité stridente. « Où est Mila ? » demandai-je à la place. « Elle est en sécurité, répondit-il. Occupe-toi de toi-même. » « Que va-t-il lui arriver ? Ce mariage est censé lui être bénéfique. » Il soupira. « Je ferai ce que je dois faire avec mon enfant. Occupe-toi de toi-même. » « Elle a choisi de tomber enceinte. Elle a choisi une vie médiocre. Je ne peux rien y faire. » Il agita la main pour balayer le sujet. « Vous ne pouvez pas la renier », continuai-je. « Elle ne survivrait pas », ajoutai-je, ma voix montant d'un ton. « Elle t'a, n'est-ce pas ? » rétorqua-t-il. « Fais attention à toi, Reine. Ne gâche pas ma bonne humeur. » « La famille dans laquelle tu entres détient énormément de pouvoir. Garde la tête baissée. Ne te comporte pas comme une traînée. » Je sentis mes lèvres vouloir se relever. C'était une pensée affreuse, mais à cet instant tout ce qui me traversa l'esprit fut : au moins, je ne m'étais pas retrouvée enceinte comme sa préférée. Je gardai un visage neutre, la culpabilité tourbillonnant en moi à cause de cette pensée. « Rentre à la maison pour Noël cette année », dit-il en reculant. Cette fois, je laissai échapper un rire. « Je suis une Echo maintenant, Père. Je ne vous dois rien. » Je le sentis avant même de le ressentir. Sa main frappa mon visage. J'avançai avant de me raviser et, immédiatement, trois armes furent braquées droit sur moi. « Surveille ton comportement, ingrate », tonna-t-il. Le visage pulsant de douleur, je reculai, les mains levées, tandis qu'il se retournait et commençait à sortir. Ses hommes abaissèrent leurs armes et je bougeai. Je saisis le coupe-papier posé sur la table. Je l'abattis de toutes mes forces sur le bras de l'un des gardes. Je reculai rapidement, évitant le sang. Mon père tourna la tête et son regard se posa sur le garde. Les autres hommes pâlirent et relevèrent aussitôt leurs armes. « Heureuse maintenant ? » Mon père eut un petit rire, son regard s'adoucissant tandis qu'il me fixait. « Considère cela comme ton cadeau de mariage. » Il finit par sortir. « Je vais demander au maquilleur d'arranger ton visage. » Je me retrouvai seule à nouveau. J'inspirai profondément, le corset de ma robe m'étouffant tandis que mon besoin de poignarder quelque chose augmentait. J'étais en train de perdre mon putain d'esprit. J'avais besoin d'un exutoire. Et vite. Que Dieu aide Damien Echo. Quelques heures plus tard, je me tenais devant les immenses portes de l'église, mon père à mes côtés tandis que nous attendions que la musique commence. Je m'efforçai de respirer. Je vais enfin être libre, essayai-je de me convaincre. D'une prison à une autre. Mais une toute nouvelle expérience, pas vrai ? Lorsque les portes s'ouvrirent enfin, je laissai échapper un souffle malgré moi. L'église catholique, avec ses hauts plafonds et ses moulures dorées, était à couper le souffle. La foule des spectateurs ne comptait guère plus qu'une poignée de personnes. Je m'attendais aux médias, mais aucun n'était visible de là où je me tenais. Je m'obligeai à me détendre. Finissons-en. Mon regard se déplaça tandis que j'observais l'allée menant à l'homme qui attendait devant l'autel. Deux hommes se tenaient à ses côtés. Je réalisai qu'il s'agissait de ses frères, Damon et Elijah. Et avec horreur, je me rappelai qu'il n'y aurait personne à mes côtés. Mes frères et sœurs étaient présents, assis quelque part, mais la seule personne sur qui j'aurais pu m'appuyer avait choisi de ne pas assister à la cérémonie aujourd'hui. Mon estomac se noua tandis que j'avançai, essayant de ne pas trébucher. Ma main liée à celle de mon père me démangeait et je m'efforçai de ne pas la retirer. Lorsque nous fûmes suffisamment proches, mon père plaça ma main dans celle de Damien, qui la prit. Je frissonnai lorsque ses doigts entourèrent les miens. Comment une personne vivante pouvait-elle être aussi froide ? me demandai-je. Il m'aida à monter jusqu'à l'autel et je me tins devant lui, plongeant mon regard dans le sien. Alors c'est vraiment moi que tu veux épouser, pensai-je, un léger sourire effleurant mes lèvres. Il arqua un sourcil. Et tandis que le prêtre récitait les vœux, j'observai son visage beau et impassible en me demandant ce qu'il faudrait pour y faire apparaître une émotion. Ce n'est pas grave, me dis-je. Nous avons toute une vie devant nous. Je frissonnai à l'excitation qui glissait dans mes veines. J'allais m'assurer de m'amuser énormément. « Damien Echo, acceptez-vous Reine Dawn comme épouse légitime, pour l'aimer et la chérir, dans la maladie comme dans la santé, dans la pauvreté comme dans la richesse, aussi longtemps que vous vivrez tous deux ? » « Oui », répondit-il. « Et vous... » Le prêtre se tourna vers moi et je fixai mon futur mari, marquant une pause d'une minute, observant ses yeux s'assombrir légèrement. Je vis les hommes derrière lui échanger un regard et, alors que la situation menaçait de devenir extrêmement embarrassante... « Oui », répondis-je avec un immense sourire. Sa mâchoire se contracta tandis qu'il me fixait et je savourai ma petite victoire. « Et par le pouvoir qui m'est conféré par Dieu et par les hommes, je vous déclare mari et femme. — Vous pouvez embrasser la mariée. » Je me raidis. Bien sûr. Le baiser. Comment avais-je pu oublier cela ? Mais avant même que je puisse me demander s'il allait réellement le faire, il se pencha rapidement vers moi. Mon souffle se bloqua. Et je sentis ses lèvres effleurer les miennes, sans vraiment me toucher. Je respirai son parfum et une chaleur traversa mon corps, une sensation prenant possession de moi. Mais aussitôt commencée, elle prit fin. Il se recula immédiatement. Soudain, un halètement retentit dans l'air et nous nous tournâmes vers le prêtre. Sa bouche s'ouvrit mais aucun son n'en sortit. Tout ralentit jusqu'à prendre la vitesse d'un escargot tandis qu'une tache rouge apparaissait au centre de sa poitrine. Ses yeux s'écarquillèrent avant qu'il ne s'effondre au sol. Mort.POV DE REINEJe restai dehors dans l’air frais du soir, mon téléphone lourd dans ma main tandis que je fixais l’écran lumineux.Tu avais l’air heureuse ce soir.Ces mots me brûlaient la rétine. Je ne le cachai pas. Je ne pouvais pas me permettre de jouer à des jeux ou de garder des secrets maintenant.« Damien. »Il s’arrêta et tourna ses yeux sombres vers moi.Je lui tendis le téléphone. « Tu dois voir ça. »Il prit l’appareil, son pouce effleurant le mien pendant une fraction de seconde. Il lut le message. J’observai le subtil changement dans sa posture — la légère tension autour de sa mâchoire, l’immobilité soudaine et dangereuse de son regard.Avant qu’il ne puisse parler, je levai une main. « Il y a autre chose. »Damien baissa les yeux vers moi, attendant.« Ce n’est pas le premier message que je reçois », avouai-je, la voix stable malgré la montée de tension dans ma poitrine. « J’en ai reçu un autre plus tôt. »Les yeux de Damien se plissèrent légèrement. Je pouvais presque voi
Le lendemain de la réception des messages anonymes, mon esprit refusait de trouver le repos.Je n'avais pas encore parlé à Damien du dernier message, mais je comptais le faire. Les secrets ne nous menaient nulle part. Nous étions désormais dans cette situation ensemble, que cela nous plaise ou non.J’étais assise dans ma chambre lorsque Damien entra. Il était déjà vêtu d’un costume élégant, parfaitement taillé.Il me regarda et dit : « Habille-toi. Je t’emmène quelque part. »Je plissai les yeux. « Où ça ? »« Il y a un restaurant où nous devons aller ce soir. »Je croisai les bras, immédiatement méfiante. « Pourquoi ? »« Parce que les gens doivent nous voir ensemble. »Cela attira mon attention.Notre annonce de mariage avait été une déclaration forte, mais rester à l’écart ne faisait que laisser aux gens la possibilité de spéculer.Damien voulait que nous soyons vus ensemble. Il voulait que cela paraisse réel, pas organisé de toutes pièces.« Il y aura des photographes », ajouta-t-
POINT DE VUE DE REINELes lourdes portes doubles se refermèrent, coupant le froid de l’air du soir. Le silence retomba dans la pièce, épais et suffocant.Mon père ne se retourna pas pour protester. Bien sûr que non. Un homme de pacotille qui ne savait que se défendre contre les faibles.À la place, il s’arrêta près du seuil, tourna légèrement la tête et parla par-dessus son épaule. Sa voix était glaciale, empreinte de mépris.« Tu as toujours été trop, Reine, » dit-il doucement. « Tu crois qu’avoir un homme plus fort debout derrière toi change ce que tu es ? Tu es toujours une enfant imprudente. Et les enfants finissent toujours par briser les choses qu’ils touchent. »Il sortit, le doux claquement de ses talons sur le sol de marbre s’évanouissant dans le couloir.Je fixai les portes, la poitrine comprimée, jusqu’à être certaine qu’il était parti. Alors, et seulement alors, je laissai échapper un long souffle silencieux, laissant retomber mes épaules.J’aurais aimé que mes mains soien
POINT DE VUE DE REINE Le lendemain de mon annonce publique fut étrangement ordinaire. Il n’y avait que la lumière du soleil et le murmure silencieux d’une maison si grande qu’elle en devenait presque effrayante. Damien était quelque part ici, mais je ne l’avais pas vu de toute la matinée. J’avais décidé de prendre un peu de distance avec notre chambre pour le moment. Parce que, eh bien, nous étions toujours en guerre. Une guerre que je mettrais fin moi-même quand je serais prête. Mon esprit repassait en boucle la conversation de la veille. Lucien Valor. La façon dont Damien m’avait regardée, comme s’il n’arrivait pas à décider s’il était impressionné ou irrité. Probablement les deux. J’avais été assise à une table avec deux hommes qui échangeaient du pouvoir depuis des années, et je les avais compris. Ça comptait. Ce petit mariage qui était le mien s’avérait finalement bien utile. S’ils voulaient m’appeler Madame Echo, très bien. J’avais bien l’intention de faire en
POV DE REINEDamien se tenait dans l'embrasure de la porte, ayant tout d'un homme habitué à détenir toutes les cartes.« Dis-moi tout ce que tu me caches », lui avais-je dit.Il ne bougea pas. Sa voix était calme lorsqu'il répondit :« Lorsqu'il y aura quelque chose que tu auras besoin de savoir, je te le dirai. »Traduction : Je n'ai absolument pas l'intention de te dire quoi que ce soit.Je le fixai un instant avant de laisser un petit sourire se dessiner sur mes lèvres.Ses yeux se rétrécirent.Je n'allais pas discuter avec lui. Affronter Damien de front, c'était comme jeter des pierres contre une montagne. Tout ce qu'on y gagnait, c'était des mains meurtries.Très bien. S'il voulait garder ses secrets, je trouverais un autre moyen d'obtenir ce dont j'avais besoin.La lettre tachée de sang et le cadavre devant l'entrepôt étaient censés m'effrayer.Ils avaient échoué.Je comptais toujours m'imposer publiquement. Et je comptais toujours acquérir suffisamment d'influence pour que pers
POV de ReineJ’étais assise au bord de mon lit, tenant ma tasse de thé tandis que le léger bourdonnement du domaine s’installait autour de moi.Damien se tenait dans l’embrasure de la porte, sa poitrine se soulevant et s’abaissant à un rythme maîtrisé et dangereux.Le communiqué de presse annonçant notre mariage et mon nouveau siège public au sein de l’Echo Initiative brillait encore sur son téléphone.J’avais vu le moment où il avait enfin compris qu’il y avait plus en moi que le personnage chaotique qu’il s’était imaginé.Je pouvais être calculatrice, moi aussi. Je pouvais être stratégique, moi aussi.J’aurais aimé ne pas avoir à emprunter cette voie.Hah. À qui voulais-je faire croire ça ? Je ne faisais que commencer.Je pouvais voir la colère froide sous son calme. Je savais qu’il ne serait pas ravi. Je l’avais fait parce que j’en avais assez d’être repoussée dans l’ombre.« Qui était là ? » demanda Damien, d’une voix douce teintée d’autorité.Je posai ma tasse de thé sur sa souco
POV de Reine :« C’est une blague ridicule ? » je ris en crochetant la serrure de la chambre principale de l’immense manoir absurde.Apparemment, nous, le couple marié, étions installés dans l’aile droite, et les autres ailes avaient été prises d’assaut par ses nombreux hommes.Comment sa chambre p
POV de Reine :Des mains m’attrapèrent et me plaquèrent au sol. Des tirs retentirent tandis que mon mari se jetait sur moi.Je n’eus pas le temps de penser à la chaleur de son corps au-dessus du mien alors que mon cœur cognait dans ma poitrine.Mais putain de merde. Suis-je à ce point malchanceuse
POV de Reine :« Alors c'est toi ma mariée de remplacement. »Sa voix était plate et dénuée d'intérêt. Je plissai les yeux.« Je suis désolé pour ce désagrément », dit Papa d'une voix aussi soumise que lâche.Un désagrément.Je manquai de ricaner.« Nous allons vous laisser discuter tous les deux »
POV de Reine :La faim me rongeait les entrailles, m'arrachant à mes pensées de plus en plus distrayantes où j'incendiais cette stupide maison.J'étais enfermée ici depuis un jour et quatre heures, l'horloge se moquant de moi tandis que je comptais chaque seconde qui passait.J'avais fait tout ce q







