MasukPOV de Reine :
Des mains m’attrapèrent et me plaquèrent au sol. Des tirs retentirent tandis que mon mari se jetait sur moi. Je n’eus pas le temps de penser à la chaleur de son corps au-dessus du mien alors que mon cœur cognait dans ma poitrine. Mais putain de merde. Suis-je à ce point malchanceuse ? jurai-je intérieurement. L’église sombra dans le chaos alors que tout le monde autour de nous se ruait vers la sortie ou vers ses armes, des hommes envahissant le bâtiment. « Qu’est-ce qui se passe ? » criai-je, alors qu’il se relevait rapidement, ses mains cherchant son arme dans son pantalon. Il glissa sa main dans la mienne et m’entraîna derrière un pilier. « Tu sais utiliser une arme ? » demanda-t-il. Son regard était si calme que je me demandai s’il était réellement présent dans ce chaos. Je hochai la tête tandis qu’il me mettait une arme entre les mains. « Je te couvre », dit-il, les yeux balayant les alentours. J’entendis le déclic de son arme alors qu’il bougeait à une vitesse fulgurante, se plaçant devant moi. Un homme qui arrivait droit vers notre angle s’écroula. Je reculai alors qu’il tombait en avant, et je saisis l’arme de ses mains. « Je te couvre », répéta-t-il, ma tête pulsant sous l’adrénaline qui montait. « Cours tout droit vers ton père. » Je me concentrai sur ses mots, déplaçant mon regard vers mon père, protégé par ses hommes, resté en retrait. Il me retourna soudainement, me plaquant contre le mur alors qu’une balle me frôlait le visage. Je relevai la tête et vis un homme en train de recharger près de nous. Mes mains se levèrent avant même que mon cerveau ne réfléchisse. Et je tirai. La balle lui traversa l’épaule. Il lâcha son arme et Damien pivota si vite qu’une autre balle fut tirée, le touchant en pleine poitrine. « Vas-y », dit-il en me poussant en avant. J’hésitai une seconde et m’entendis murmurer : « Ne meurs pas. » Et je le pensais vraiment. Je n’étais pas prête à devenir veuve dès mon premier jour de mariage. Je me retournai, courant vers mon père, puis je vis Damien me couvrir de l’arrière. Je m’arrêtai net en voyant un homme s’approcher furtivement de lui. Mes mains montèrent instantanément à mes cheveux, en retirant le couteau caché dedans. Je le lançai. Il fendit l’air avant de se planter dans sa poitrine. Damien tourna brusquement la tête et croisa mon regard. Je lui souris et rejoignis la protection formée par les gardes de mon père. J’entendis mon père jurer au téléphone. « …sur le terrain du territoire Echo. Je ne veux aucun média à proximité. On va gérer ça. » Il me regarda, son regard parcourant mon corps pour vérifier si j’étais blessée. Le chaos était partout autour de moi. L’odeur de la poudre, du sang et de la sueur envahissait mon nez au point que je n’arrivais plus à penser clairement. Il ne fallut que quelques rafales supplémentaires avant que le silence ne tombe. Mon sang pulsait encore tandis que le dispositif était levé. « Te voilà. » Une voix derrière moi me fit parcourir un frisson. Je me retournai. Damien me fixait droit dans les yeux. Son visage était sombre, mais son costume était toujours impeccable. Je me demandai s’il avait vraiment participé au combat. Son regard glissa sur moi. « Tu sais que c’est de la stupidité ? » rugit mon père. Damien ne quittait pas mes yeux alors que mon père continuait. « Ça va être étalé partout dans les nouvelles ce soir. Qui attaque un mariage de manière aussi insensée ? » Damien détourna lentement son regard de moi vers mon père. « Je vais m’en occuper, monsieur Dawn. Il n’y aura aucune mention de l’incident », dit-il. « Reine », m’appela-t-il. « Nous devons partir. » Je le fixai. « Quoi ? » me surpris-je à répondre. « Vous n’êtes pas sérieux. » Comment pouvait-il être aussi calme ? « Je le suis », répondit-il en se retournant comme s’il en avait terminé avec la discussion. « Nous devrions peut-être examiner cette affaire plus en détail, ce serait mieux si… » Il coupa mon père. « Vous n’avez pas à vous inquiéter, monsieur Dawn. Je vais m’occuper de tout. Personne ne touche à ce qui est à moi. » « Mes hommes resteront sur place, faites le décompte des pertes. » continua-t-il. « Vos fils sont en sécurité, n’est-ce pas ? » demanda-t-il. « Oui », marmonna mon père, sans aucun réel pouvoir sur ce qui se passait. « Bien », dit cet homme insupportable. « S’il vous plaît », ajouta-t-il en me désignant. Je regardai mon père, espérant qu’il dise quelque chose. Il ne le fit pas. Alors je le suivis. Il me conduisit vers une voiture tandis qu’un de ses hommes ouvrait la portière. « Damon », appela-t-il. « Brûle tout. » Il monta dans le véhicule et nous démarrâmes en trombe. Je restai silencieuse, l’observant alors qu’il fermait les yeux et s’adossait. Quel est son problème, bon sang ? me demandai-je pour la énième fois aujourd’hui. « Il y a un problème ? » murmura-t-il, les yeux toujours fermés. « C’est toi qui me le dis », répondis-je. « On vient de se faire tirer dessus et attaquer le jour de notre mariage et, eh bien… » Je m’arrêtai. Il ouvrit les yeux et se tourna vers moi. « Et quoi ? » « Exactement », dis-je. « Rien. Tu as tout balayé et tu n’as même pas l’air inquiet que ça se soit produit. » Son regard scruta mon visage. « Tu as peur, Reine ? » demanda-t-il, sa voix plate. « Toute personne normalement constituée le serait, monsieur Echo. Mais toi tu ne l’es pas, donc j’en déduis que tu n’es pas normal », crachai-je, lasse de cette merde. « Je demande des réponses ou au moins des informations. Qu’est-ce qui s’est passé là-bas ? Tu sais ? » Et devinez quoi ? Il s’adossa de nouveau et ferma les yeux. Mes mains se crispèrent sur mes genoux. Je tournai la tête vers la fenêtre, essayant de me calmer avant de poignarder cet échantillon d’homme. Quelques minutes plus tard, sa voix grave résonna dans l’espace. « Je ne me répète pas. Mais je le ferai cette fois. Je protège ce qui m’appartient. Tu n’as pas à t’inquiéter de ces choses. Fais ton devoir et je ferai le mien. » Mon devoir ? Ce type est sérieux ? « Et c’est quoi mon devoir, monsieur Echo ? » soupirai-je, ma voix prenant une teinte moqueuse. « Tu le sauras bien assez tôt, madame Echo. » Mon cœur tressaillit à la façon dont sa voix s’approfondit sur ces mots. Madame Echo. Nous restâmes silencieux tout le reste du trajet. Lorsque la voiture franchit un portail ouvert, un manoir se dressa au centre d’un vaste jardin. Et là, ça me frappa enfin. J’étais mariée. Et pas à n’importe qui : à l’héritier de la famille Echo. Mon esprit repassa tout ce qui s’était passé aujourd’hui et je me demandai… Dans quoi est-ce que j’avais bien pu mettre les pieds ? Combien d’hommes faut-il pour patrouiller une propriété comme celle-ci ? Et surtout… Pourquoi diable avais-je été attaquée le jour de mon putain de mariage ?POV DE REINEJe restai dehors dans l’air frais du soir, mon téléphone lourd dans ma main tandis que je fixais l’écran lumineux.Tu avais l’air heureuse ce soir.Ces mots me brûlaient la rétine. Je ne le cachai pas. Je ne pouvais pas me permettre de jouer à des jeux ou de garder des secrets maintenant.« Damien. »Il s’arrêta et tourna ses yeux sombres vers moi.Je lui tendis le téléphone. « Tu dois voir ça. »Il prit l’appareil, son pouce effleurant le mien pendant une fraction de seconde. Il lut le message. J’observai le subtil changement dans sa posture — la légère tension autour de sa mâchoire, l’immobilité soudaine et dangereuse de son regard.Avant qu’il ne puisse parler, je levai une main. « Il y a autre chose. »Damien baissa les yeux vers moi, attendant.« Ce n’est pas le premier message que je reçois », avouai-je, la voix stable malgré la montée de tension dans ma poitrine. « J’en ai reçu un autre plus tôt. »Les yeux de Damien se plissèrent légèrement. Je pouvais presque voi
Le lendemain de la réception des messages anonymes, mon esprit refusait de trouver le repos.Je n'avais pas encore parlé à Damien du dernier message, mais je comptais le faire. Les secrets ne nous menaient nulle part. Nous étions désormais dans cette situation ensemble, que cela nous plaise ou non.J’étais assise dans ma chambre lorsque Damien entra. Il était déjà vêtu d’un costume élégant, parfaitement taillé.Il me regarda et dit : « Habille-toi. Je t’emmène quelque part. »Je plissai les yeux. « Où ça ? »« Il y a un restaurant où nous devons aller ce soir. »Je croisai les bras, immédiatement méfiante. « Pourquoi ? »« Parce que les gens doivent nous voir ensemble. »Cela attira mon attention.Notre annonce de mariage avait été une déclaration forte, mais rester à l’écart ne faisait que laisser aux gens la possibilité de spéculer.Damien voulait que nous soyons vus ensemble. Il voulait que cela paraisse réel, pas organisé de toutes pièces.« Il y aura des photographes », ajouta-t-
POINT DE VUE DE REINELes lourdes portes doubles se refermèrent, coupant le froid de l’air du soir. Le silence retomba dans la pièce, épais et suffocant.Mon père ne se retourna pas pour protester. Bien sûr que non. Un homme de pacotille qui ne savait que se défendre contre les faibles.À la place, il s’arrêta près du seuil, tourna légèrement la tête et parla par-dessus son épaule. Sa voix était glaciale, empreinte de mépris.« Tu as toujours été trop, Reine, » dit-il doucement. « Tu crois qu’avoir un homme plus fort debout derrière toi change ce que tu es ? Tu es toujours une enfant imprudente. Et les enfants finissent toujours par briser les choses qu’ils touchent. »Il sortit, le doux claquement de ses talons sur le sol de marbre s’évanouissant dans le couloir.Je fixai les portes, la poitrine comprimée, jusqu’à être certaine qu’il était parti. Alors, et seulement alors, je laissai échapper un long souffle silencieux, laissant retomber mes épaules.J’aurais aimé que mes mains soien
POINT DE VUE DE REINE Le lendemain de mon annonce publique fut étrangement ordinaire. Il n’y avait que la lumière du soleil et le murmure silencieux d’une maison si grande qu’elle en devenait presque effrayante. Damien était quelque part ici, mais je ne l’avais pas vu de toute la matinée. J’avais décidé de prendre un peu de distance avec notre chambre pour le moment. Parce que, eh bien, nous étions toujours en guerre. Une guerre que je mettrais fin moi-même quand je serais prête. Mon esprit repassait en boucle la conversation de la veille. Lucien Valor. La façon dont Damien m’avait regardée, comme s’il n’arrivait pas à décider s’il était impressionné ou irrité. Probablement les deux. J’avais été assise à une table avec deux hommes qui échangeaient du pouvoir depuis des années, et je les avais compris. Ça comptait. Ce petit mariage qui était le mien s’avérait finalement bien utile. S’ils voulaient m’appeler Madame Echo, très bien. J’avais bien l’intention de faire en
POV DE REINEDamien se tenait dans l'embrasure de la porte, ayant tout d'un homme habitué à détenir toutes les cartes.« Dis-moi tout ce que tu me caches », lui avais-je dit.Il ne bougea pas. Sa voix était calme lorsqu'il répondit :« Lorsqu'il y aura quelque chose que tu auras besoin de savoir, je te le dirai. »Traduction : Je n'ai absolument pas l'intention de te dire quoi que ce soit.Je le fixai un instant avant de laisser un petit sourire se dessiner sur mes lèvres.Ses yeux se rétrécirent.Je n'allais pas discuter avec lui. Affronter Damien de front, c'était comme jeter des pierres contre une montagne. Tout ce qu'on y gagnait, c'était des mains meurtries.Très bien. S'il voulait garder ses secrets, je trouverais un autre moyen d'obtenir ce dont j'avais besoin.La lettre tachée de sang et le cadavre devant l'entrepôt étaient censés m'effrayer.Ils avaient échoué.Je comptais toujours m'imposer publiquement. Et je comptais toujours acquérir suffisamment d'influence pour que pers
POV de ReineJ’étais assise au bord de mon lit, tenant ma tasse de thé tandis que le léger bourdonnement du domaine s’installait autour de moi.Damien se tenait dans l’embrasure de la porte, sa poitrine se soulevant et s’abaissant à un rythme maîtrisé et dangereux.Le communiqué de presse annonçant notre mariage et mon nouveau siège public au sein de l’Echo Initiative brillait encore sur son téléphone.J’avais vu le moment où il avait enfin compris qu’il y avait plus en moi que le personnage chaotique qu’il s’était imaginé.Je pouvais être calculatrice, moi aussi. Je pouvais être stratégique, moi aussi.J’aurais aimé ne pas avoir à emprunter cette voie.Hah. À qui voulais-je faire croire ça ? Je ne faisais que commencer.Je pouvais voir la colère froide sous son calme. Je savais qu’il ne serait pas ravi. Je l’avais fait parce que j’en avais assez d’être repoussée dans l’ombre.« Qui était là ? » demanda Damien, d’une voix douce teintée d’autorité.Je posai ma tasse de thé sur sa souco
POV de Reine :« C’est une blague ridicule ? » je ris en crochetant la serrure de la chambre principale de l’immense manoir absurde.Apparemment, nous, le couple marié, étions installés dans l’aile droite, et les autres ailes avaient été prises d’assaut par ses nombreux hommes.Comment sa chambre p
POV de Reine :Je me tenais devant le miroir de la coiffeuse, observant ma silhouette. J'étais habillée à la perfection. Mon maquillage était impeccable, la robe blanche en soie valant des milliers de dollars épousait le haut de mon corps comme une seconde peau avant de retomber en une magnifique
POV de Reine :« Alors c'est toi ma mariée de remplacement. »Sa voix était plate et dénuée d'intérêt. Je plissai les yeux.« Je suis désolé pour ce désagrément », dit Papa d'une voix aussi soumise que lâche.Un désagrément.Je manquai de ricaner.« Nous allons vous laisser discuter tous les deux »
POV de Reine :La faim me rongeait les entrailles, m'arrachant à mes pensées de plus en plus distrayantes où j'incendiais cette stupide maison.J'étais enfermée ici depuis un jour et quatre heures, l'horloge se moquant de moi tandis que je comptais chaque seconde qui passait.J'avais fait tout ce q







