LOGINSophia
Il bouge. Lentement d'abord, puis plus vite, plus fort. Chaque poussée me plaque contre le mur, m'arrache un gémissement. Je m'accroche à ses épaules, mes ongles s'enfoncent dans sa chair.
— Regarde-moi, dit-il.
J'ouvre les yeux. Il me regarde. Ses yeux sont noirs, profonds, pleins de cette chose qui nous consume tous les deux.
— Je t'aime, dit-il.
— Je sais.
Il sourit. Il acc&ea
J'ai hoché la tête, buvant ses paroles.— J'aime quand tu me regardes, a-t-elle continué. Vraiment. Pas à travers toi, pas à travers tes propres désirs. Moi. Quand tu me vois, moi, Sofia, avec mes peurs et mes forces.— Je te vois, ai-je dit.— Je sais. C'est pour ça que je t'aime.Elle s'est rapprochée. Elle m'a embrassé.— Maintenant, a-t-elle dit, on expérimente.— Comment ?— On essaie des choses. On voit ce qui marche, ce qui ne marche pas. On joue.— On joue ?— Oui. L'amour, ça peut être un jeu, non ? Pas toujours sérieux, pas toujours grave. Parfois léger, parfois drôle, parfois juste... jouer.Je n'avais jamais pensé à ça. Pour moi, l'amour avait toujours été sérieux, grave, presque sacré. Mais a
Il a ri. Ce rire que j'aimais tant. Un rire libre, léger, sans ombre.Ses baisers ont descendre plus bas. Sur mon ventre, sur mes hanches, sur l'intérieur de mes cuisses. Il s'attardait, taquinait, me faisait languir.— Tu es cruelle, ai-je haleté.— Moi ? Je suis doux, là.— Trop doux. Je vais...— Tu vas quoi ?Il a posé sa bouche sur mon sexe. Juste posé, sans bouger. Sa respiration chaude sur ma peau la plus intime.— Mathéo, je t'en supplie.— Me supplier de quoi ?— De... tu sais quoi.Il a souri contre moi. Puis sa langue a commencé à bouger.Lentement. Paresseusement. Avec une maîtrise qui m'a fait perdre la tête. Il me léchait comme on déguste un fruit mûr, avec délectation, avec patience, avec amour.L'orgasme est monté doucemen
SofiaLa lumière m'a réveillée.Pas une lumière brutale, agressive, comme celle des réveils en sursaut après une nuit de cauchemars. Non. Une lumière douce, dorée, qui filtrait à travers les rideaux bon marché du motel et venait danser sur nos corps endormis.J'ai cligné des yeux, désorientée une seconde. Où étions-nous ? Le motel. La route. La fuite. La mort de son père.Puis j'ai senti sa chaleur contre moi.Mathéo.Il dormait encore, chose si rare chez lui. Son visage était détendu, apaisé, presque enfantin sans cette tension permanente qui le marquait d'habitude. Ses traits étaient doux, sa bouche entrouverte, ses cils sombres sur ses joues.Il était beau.Tellement beau.Je suis restée immobile, à le regarder. À écouter sa
SofiaNous avons fui.Pas le choix. Le corps du père était là, devant la cabane. Il fallait partir avant que quelqu'un le trouve, avant que les questions commencent, avant que la police ne se mêle de tout cela. Même pour un homme comme lui, un meurtre reste un meurtre.Mathéo a conduit. Pendant des heures. Sans parler. Les mains serrées sur le volant, les jointures blanches, le regard fixé sur la route qui défilait.Je n'ai pas parlé non plus. Je le regardais. Je sentais son chagrin, sa culpabilité, son vide. Je les sentais comme s'ils étaient les miens, comme s'ils faisaient partie de moi désormais.Nous avons traversé des villages endormis, des forêts profondes, des plaines à perte de vue. Le paysage défilait, indifférent à notre drame. Jusqu'à ce que l'essence soit presque finie. Jus
MathéoIl est revenu.Je savais qu'il reviendrait. Ces gens-là ne s'arrêtent jamais. Ils vous poursuivent jusque dans vos rêves, jusque dans votre mort.Nous étions dans la cabane depuis deux jours. Sofia dormait, enfin. Elle avait tant besoin de repos, après tout ce qu'elle avait subi. Moi, je veillais. Je ne dormais presque plus, depuis sa capture. Chaque bruit me faisait sursauter. Chaque ombre était une menace.Le bruit. Un craquement. Dehors.Je me suis levé sans bruit. J'ai attrapé le fusil que j'avais trouvé dans la cabane — un vieux fusil de chasse, mais chargé, fonctionnel. Je suis sorti dans la nuit.Il était là. Devant la porte. Seul. Un couteau à la main. Le visage tuméfié par nos derniers affrontements, mais vivant. Toujours vivant.— Mon garçon, a-t-il dit avec ce so
Le temps s'est arrêté. Il a regardé mon crachat sur sa joue. Puis il a tourné la tête vers moi. Ses yeux étaient deux puits noirs, deux trous sans fond.Il m'a giflé.La gifle m'a projetée sur le côté. La douleur a explosé dans ma joue, dans ma mâchoire. Le goût du sang dans ma bouche.— Petite pute, a-t-il grogné. Je vais t'apprendre le respect.Il a défait sa ceinture.J'ai fermé les yeux. J'ai pensé à Mathéo. À son sourire. À ses mains sur moi. À sa voix qui disait « je t'aime ».— Mathéo, ai-je murmuré.La porte a explosé.Mathéo était là.Debout dans l'encadrement, éclairé par la lumière crue de l'ampoule. Son visage était en sang. Ses yeux étaient fous, pe







