ログインSophia
Je me lève. Je fais les cent pas dans la chambre. La rage monte en moi, bouillonne, cherche une issue.
— Tu aurais pu mourir.
— Mais je ne suis pas morte.
— Tu aurais pu...
— Mathéo.
Sa voix est calme, ferme. Je m'arrête. Je la regarde.
— C'est fini. C'est passé. Je suis là. Vivante. Avec toi.
— Je veux le tuer.
— Tu ne le trouveras pas. Je ne
Je recule. J'ouvre les yeux. Il est là, les yeux fermés, les lèvres entrouvertes, le visage offert dans un abandon total. Magnifique. Absolument magnifique.Et soudain, j'ai peur. Peur de ce que je ressens. Peur de perdre le contrôle. Peur de franchir cette ligne que je m'étais juré de ne pas franchir.Ma main part avant que j'aie pu la retenir.Une gifle. Sèche. Précise. Violente. Sa joue rougit instantanément sous l'impact. Sa tête bascule sur le côté.Il ouvre les yeux, surpris. Ses yeux noirs me fixent. Une lueur de douleur y danse, mais autre chose aussi. De la compréhension. De l'acceptation. De l'excitation.— On ne lève pas les yeux sans permission. Vous l'aviez oublié. Je vous le rappelle.Ma voix est dure, impérieuse. Mais c'est pour moi que je parle ainsi. Pour me rappeler qui je su
Je pivote sur mes pieds nus. Le parquet grince. Je lui offre mon dos, ma nuque, mes épaules, mes fesses.Son regard glisse sur ma nuque dégagée, descend le long de ma colonne vertébrale. Je le sens comme une traînée de feu. Chaque vertèbre est caressée par ses yeux. Chaque omoplate. Le creux de mes reins. La courbe de mes fesses. Mes cuisses. Mes mollets.— Vous avez un corps magnifique, Enzo. Harmonieux. Équilibré. Chaque ligne, chaque courbe, chaque proportion est parfaite. Mais ce n'est pas votre corps qui est le plus beau.Silence.— C'est votre abandon. Votre nudité intérieure. Cette façon que vous avez de vous offrir totalement, sans réserve, sans retenue. C'est cela qui est magnifique.Ses talons claquent sur le parquet. Elle s'approche. Je sens sa présence derrière moi. La chaleur de son corps &agrav
Elle s'arrête devant moi. Ses doigts se posent sur mon menton, relèvent mon visage. Ses yeux verts plongent dans les miens.— Votre corps m'appartient, Enzo. Chaque centimètre de peau. Chaque muscle. Chaque os. Chaque battement de votre cœur. Dites-le.— Mon corps vous appartient, Madame.Ma voix est étranglée.— Chaque centimètre de peau ?— Chaque centimètre de peau vous appartient, Madame.— Votre sexe ?— Mon sexe vous appartient, Madame.— Votre plaisir ?— Mon plaisir vous appartient, Madame.Ses doigts glissent de mon menton à ma gorge. Ils descendent sur ma clavicule, s'arrêtent sur mon sternum. Puis ils continuent leur descente. Lentement. Très lentement. Ils tracent un sillon brûlant le long de mon ventre, contournent mon nombr
EnzoQuelque chose a changé.Je le sens avant même de franchir la porte. L'air dans le couloir est plus lourd, plus épais. Mes doigts tremblent en poussant le battant de la salle 204.Elle est debout près de la fenêtre, dos à moi. Sa robe noire épouse chaque courbe de son corps comme une seconde peau. Le tissu mat absorbe la lumière déclinante. Je vois la ligne de ses épaules, la courbe de sa taille, le galbe de ses hanches. Ses jambes gainées de nylon noir semblent infinies, prolongées par des escarpins à talons aiguilles qui claqueront bientôt sur le parquet.Elle ne se retourne pas.Je ferme la porte à clé. Le déclic est plus fort que d'habitude, comme une détonation dans le silence. Je m'avance au centre de la pièce, m'agenouille. Le bois est froid sous mes genoux.— M
Sa voix est terne. Sans vie.Je contourne son corps agenouillé. Mes talons claquent sur le parquet. Un son sec, agressif. Je m'arrête derrière lui. Je pose mes doigts sur sa nuque dégagée. Il frissonne, mais ce n'est pas le frisson de désir que je connais. C'est un sursaut. Presque un rejet.— Dites-moi ce que vous avez, Enzo. Maintenant.— Je n'ai rien, Madame.— Ne mentez pas. Pas à moi. Pas ici. Pas après tout ce que vous m'avez donné.Ma main se fait plus ferme sur sa nuque. Pas une menace. Une présence. Un ancrage.Le silence s'étire. Il lutte. Je le vois. Je le sens. Ses épaules se soulèvent et s'abaissent au rythme de sa respiration qui s'accélère.— Je vous ai vue.
La portière s'est refermée. L'homme a contourné la voiture, s'est installé au volant. Les phares se sont allumés. Le moteur a ronronné. La voiture noire s'est éloignée, a franchi le portail, a disparu dans la nuit. Je suis resté immobile. Longtemps. Très longtemps. Le froid du pilier de pierre s'est infiltré dans mes doigts, dans mes bras, dans ma poitrine. Mais ce n'était rien comparé au froid qui s'était installé en moi. Elle est mariée. Je le savais. Je l'avais entendu dire. Les élèves en parlaient parfois, dans les couloirs. Madame Valois est mariée. Son mari est avocat d'affaires. Il est souvent en déplacement. Ils n'ont pas d'enfants. Des bribes de conversation que j'avais captées sans y prêter attention, parce que ça ne me concernait pas, parce que ce n'était pas ma réalité. Mais maintenant, c'est concret. Cet homme existe. Il l'embrasse. Il pose sa main sur sa taille. Il rentre avec elle le soir. Il la voit da







