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SPICY HOT 4
SPICY HOT 4
Author: Déesse

Chapitre 1 : L'Attaque de la Caravane

Author: Déesse
last update publish date: 2026-06-04 05:15:51

Zorah

Le soleil tape sans pitié sur les dunes qui s'étendent à perte de vue, un océan de sable doré que notre caravane traverse depuis maintenant douze jours. La chaleur est si intense qu'elle déforme l'horizon, créant des mirages qui dansent au loin comme des promesses illusoires. Je suis installée sur mon dromadaire, bercée par son pas lent et régulier, les yeux plissés pour me protéger de la réverbération aveuglante. La sueur coule dans mon dos, colle ma tunique de lin à ma peau, et je rêve de l'oasis que nous devrions atteindre avant la nuit.

Mon père, le marchand Ibrahim, est en tête du convoi avec les autres hommes. C'est un homme bon, respecté dans toutes les cités caravanières, connu pour son honnêteté et la qualité de ses marchandises. Nous transportons des étoffes précieuses venues des royaumes de l'Est, des épices rares qui valent leur poids d'or, et de l'encens qui brûlera sur les autels des temples de la côte. C'est un voyage que nous faisons deux fois par an depuis que je suis assez grande pour tenir sur une selle, et même si la route est pénible, même si la chaleur est écrasante et la poussière étouffante, j'aime ces traversées du désert. J'aime l'immensité silencieuse qui s'étend autour de nous, ce vide qui n'est pas vraiment vide, cette solitude peuplée de vents et d'étoiles. J'aime les nuits passées à contempler la voûte céleste, à écouter les histoires des chameliers autour du feu, à sentir le sable encore tiède sous mes pieds nus.

— Zorah, tiens-toi droite, me lance ma tante Samira qui chevauche à côté de moi.

Sa voix est sèche comme le vent du désert. Ma tante est la sœur aînée de mon père, une femme austère qui n'a jamais approuvé mon caractère trop indépendant. Elle porte le deuil de son mari depuis quinze ans et semble considérer que le monde entier devrait porter le deuil avec elle. Ses vêtements sont toujours noirs ou gris, ses cheveux strictement tirés en arrière sous son voile, et son visage est perpétuellement figé dans une expression de désapprobation.

— Une jeune fille de bonne famille ne se tient pas avachie comme une chamelle fatiguée, poursuit-elle. Tu représentes la maison de ton père. Montre un peu de dignité.

Je me redresse en maugréant. Depuis la mort de ma mère, il y a six ans, ma tante s'est donné pour mission de faire de moi une "jeune fille convenable". Une tâche qu'elle considère comme un échec permanent, et qu'elle me rappelle à chaque occasion. J'ai appris à coudre, à broder, à tenir une maison, à recevoir des invités avec grâce. Mais je n'ai jamais appris à me taire, à baisser les yeux, à accepter sans discuter les décisions que les hommes prennent pour moi.

— Le désert n'a que faire des bonnes manières, dis-je en essuyant la sueur sur mon front.

— Mais les hommes, si. Et c'est un mari que nous te trouverons à la côte, ne l'oublie pas.

Voilà. Le véritable but de ce voyage. Mon père a décidé qu'il était temps pour moi de prendre époux, et ma tante est chargée de superviser l'opération. Un riche commerçant, voilà ce qu'ils veulent pour moi. Un homme respectable, bedonnant sans doute, qui me gardera enfermée dans une maison de la ville, loin du désert que j'aime tant, loin des caravanes et des horizons infinis. Un homme qui attendra de moi que je sois une épouse docile, une mère fertile, une femme qui ne parle pas trop fort et qui ne rit pas trop haut.

Cette perspective me donne envie de hurler.

Je n'ai rien dit à mon père, bien sûr. Il m'aime, je le sais, et il croit bien faire. Mais je ne suis pas comme les autres filles. J'ai grandi libre, sur les routes, dans le vent et le sable. J'ai appris à monter à cheval avant d'apprendre à broder. Je sais lire les étoiles pour trouver mon chemin, négocier le prix des épices avec les marchands étrangers, et reconnaître les traces des animaux dans le sable. Je ne veux pas d'un mari qui m'enferme. Je ne veux pas d'un mari du tout.

— Tu rêvasses, reprend ma tante. Fais attention, ou tu vas finir par tomber de ta selle.

Je ne réponds pas. Mon regard se perd sur l'horizon, sur les crêtes des dunes qui ondulent comme des vagues pétrifiées. Le convoi avance dans le lit d'un oued asséché, bordé de rochers rouges et de buissons d'épineux. C'est un endroit dangereux, je le sais. Les berges escarpées offrent des cachettes idéales pour les brigands. Mais la route est plus rapide par ici, et mon père a toujours privilégié la vitesse à la sécurité.

Je le regretterai bientôt.

Cela commence par une vibration. Imperceptible d'abord, une simple trépidation qui remonte le long des jambes de mon dromadaire. L'animal s'agite, grogne, tourne la tête de droite à gauche avec nervosité. Je pose une main sur son cou pour le calmer.

— Qu'est-ce que c'est ? demande ma tante.

Je tourne la tête vers l'horizon, vers le nord, et mon sang se fige.

Un nuage de poussière s'élève derrière les crêtes des dunes. Un nuage qui grandit à vue d'œil, qui se rapproche à une vitesse terrifiante, qui obscurcit le ciel comme une tempête de sable. Mais ce n'est pas une tempête. Je le sais avant même de les voir. Quelque chose dans la façon dont le sol tremble, dans la régularité des vibrations.

Des cavaliers.

— Des pillards ! crie soudain un des gardes en tête du convoi. Aux armes ! Formez le cercle ! Protégez les femmes !

Trop tard. Ils sont déjà sur nous.

Ils surgissent des crêtes comme une nuée de sauterelles, des dizaines de cavaliers vêtus de noir, le visage masqué par des keffiehs sombres, des cimeterres étincelant dans leurs mains. Leurs chevaux sont lancés au galop, soulevant des gerbes de sable à chaque foulée. Leurs cris de guerre déchirent l'air, des hurlements sauvages qui glacent le sang et résonnent dans ma poitrine comme le glas de notre perte.

Le chaos se déchaîne en une fraction de seconde. Notre escorte, une vingtaine de gardes armés, tente de former un cercle autour des dromadaires et des chariots. Mais les pillards sont trop rapides, trop nombreux, trop bien entraînés. Ils frappent avec une précision chirurgicale, leurs lames sifflant dans l'air avant de trouver la chair.

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