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CHAPITRE 1 – LE VOL 1

Author: Déesse
last update publish date: 2026-08-23 07:45:07

Rosalie

Il s'approche de la table, il pose le dossier sur le bois, il ne me quitte pas des yeux, il me regarde comme un prédateur regarde sa proie, et il me dit "Assieds-toi, Rosalie", et je m'assois, je m'assois parce que je n'ai pas le choix, je m'assois parce que c'est la seule chose à faire, et il reste debout, il ouvre le dossier, il en sort des papiers, il les dispose devant moi comme un joueur de poker qui abat sa main gagnante, des relevés bancaires, des captures d'écran, des codes de transaction, mes codes, tout est là, tout est étalé sous mes yeux comme une évidence, comme une condamnation, et il me dit "Tu es Rosalie Dumont, ex-flic, ex-consultante, et tu viens de me voler douze millions", et sa voix est posée, calme, il n'élève pas la voix, il n'a pas besoin de crier, il n'a pas besoin de menacer, il dit juste les faits, les faits qui vont sceller mon destin, et il ajoute "J'ai trois questions, pourquoi, comment, et combien de temps je te laisse t'expliquer avant de te faire abattre."

Je ne nie pas, je ne peux pas nier, les preuves sont là, irréfutables, accablantes, et je relève la tête, je le regarde droit dans les yeux, je sens la peur qui monte dans ma poitrine mais je ne la laisse pas paraître, je la transforme en braise, en colère, en défi, et je dis "Parce que tu ne mérites pas cet argent, parce que je suis plus intelligente que toi, parce que tu es un monstre et que j'ai voulu te prendre ce que tu as pris aux autres", et je sais que c'est la vérité, je sais que c'est ce que je pense, ce que je ressens, ce que je crois, et il ne bouge pas, il ne parle pas, il me regarde, et le silence dure longtemps, une éternité, une vie, et je sens mon cœur battre contre mes côtes comme un oiseau pris au piège, comme un animal qui sait qu'il va mourir, et mes doigts s'enfoncent dans l'accoudoir du fauteuil, et je ne baisse pas les yeux, pas une seconde, pas une seule.

Et puis il sourit, un sourire différent, pas celui du carnassier, pas celui de la victoire, un sourire plus profond, plus dangereux, un sourire d'homme qui vient de trouver quelque chose qu'il cherchait sans le savoir, qui vient de déterrer un trésor, un secret, une perle rare, et il dit "Tu as du cran, Rosalie, je te l'ai toujours dit, tu as du cran, et des couilles, plus que la plupart de mes hommes", et il se tourne, il va vers le bar, il verse deux verres de whisky, il m'en tend un, je le prends, je bois, le whisky brûle ma gorge, il réchauffe mon estomac vide, il me donne un peu de courage, il boit à son tour, il repose son verre, et il dit "Tu sais ce que j'aurais dû faire ? Te tuer, te faire abattre sur le champ, ou pire, te livrer à mes hommes pour qu'ils s'amusent avec toi avant de te jeter à la mer", et il s'approche, il s'accroupit devant ma chaise, il est tout près, je sens son odeur, le cuir, le tabac, la sueur, une odeur de pouvoir, et il pose sa main sur mon genou, juste une pression, une caresse qui n'en est pas une, et il dit "Mais je vais te faire une proposition, tu voulais me voler, alors tu vas me rembourser, pas avec de l'argent, avec ton corps, avec ton âme, un an, Rosalie, un an où tu m'appartiens, et si tu tiens jusqu'au bout, peut-être que je te rendrai ta liberté."

Je le regarde, je sens le whisky chaud dans ma gorge, je sens sa main sur mon genou, je sens la rage monter en moi comme une marée, une rage aveugle, brûlante, qui me traverse les os, qui me brûle les veines, et je crache, je crache sur son visage, le crachat atterrit sur sa joue, il ne bouge pas, il ne l'essuie pas, il me regarde avec cette lueur dans les yeux, cette lueur de plaisir, il aime ça, il aime la lutte, il aime la guerre, et il se lève, il lève la main, il me gifle, la violence est sèche, précise, chirurgicale, ma tête pivote, le sang explose dans ma bouche, je sens le goût du métal sur ma langue, ma joue brûle, l'ecchymose sera magnifique, et il attrape mes cheveux, il tire, il me traîne hors de la chaise, je tombe à genoux sur le marbre froid, il me traîne sur le sol, ma tête cognant contre les pieds des meubles, je ne crie pas, je ne pleure pas, je ne lui donnerai pas cette satisfaction.

Il me traîne jusqu'à une chambre que je n'ai jamais vue, un vaste espace tendu de soie et de velours, un lit immense aux draps noirs dominé par une tête de lit en cuir capitonné, des chaînes pendent aux murs, des menottes en cuir sont posées sur la table de chevet, des bougies allumées projettent des ombres dansantes sur les murs, et il me lâche, je tombe sur le sol, je relève la tête, je le regarde, il est debout devant moi, sa silhouette se découpe dans la lumière tamisée, il est immense, il est tout, il est la mort et la vie, et il dit "Tu es à moi maintenant, Rosalie, pour un an, et je te jure que tu vas regretter chaque seconde de ce que tu as fait, mais à la fin, à la fin, tu ne voudras plus jamais me quitter", et il se penche, il prend mon menton entre ses doigts, il force mon visage vers le haut, il me regarde avec une intensité qui me traverse, qui me vide, qui me remplit, et il dit "Commençons, ma poupée", et la sentence commence.

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