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SPICY HOT 5
SPICY HOT 5
Author: Déesse

PROLOGUE – CE QU'ELLE ÉTAIT

Author: Déesse
last update publish date: 2026-08-23 07:44:08

Rosalie

Je n'ai pas toujours été une poupée de soie et de chaînes, non, je n'ai pas toujours été cette chose à genoux qui tremble sous les caresses d'un homme dont elle ne connaît même pas la vraie nature, car avant tout cela, avant le collier de cuir et la chaîne à la cheville, avant les nuits passées à pleurer dans le noir sans faire de bruit, j'étais Rosalie Dumont, vingt-huit ans, une femme qui avait fait craquer la mâchoire d'un gradé de la brigade des stups parce qu'il avait osé couvrir un trafiquant d'enfants, et j'avais senti l'os se briser sous mon poing avec un bruit sec et satisfaisant, et j'avais su que ma carrière était finie, que je ne remettrais plus jamais les pieds dans un commissariat, que j'étais devenue une paria, une indésirable, une ennemie de ce système que j'avais pourtant servi pendant des années avec honneur et loyauté, mais je n'avais pas regretté, pas une seconde, pas une seule, parce que ce gradé méritait bien pire que ça, parce que les trafiquants d'enfants méritent la mort, pas la protection de la police.

Alors j'étais devenue consultante en sécurité informatique pour des cabinets privés, une planque parfaite, un métier propre, des horaires normaux, un salaire décent qui me permettait de payer mon loyer et de manger à ma faim, mais j'avais un vice, un vice que je cachais soigneusement derrière mon sourire professionnel et mes tailleurs impeccables, j'avais besoin de risques, j'avais besoin de cette montée d'adrénaline qui vous prend aux tripes quand vous savez que la moindre erreur peut vous coûter la vie, j'avais besoin de cette seconde où tout peut basculer, où le sol se dérobe sous vos pieds, où vous devez improviser, vous battre, survivre, et les mafieux paient mieux que les banquiers, beaucoup mieux, ils paient en liquide, en billets propres, en menaces à peine voilées, en promesses de mort si vous les trahissez, et c'est exactement ce que je cherchais.

J'ai infiltré le clan du Parrain, Alessandro De Luca, quarante-cinq ans, chef de la mafia italienne de Marseille, un homme dont le seul regard suffit à faire trembler les plus braves, un homme dont les mains ont tué plus de personnes qu'il ne peut s'en souvenir, un homme qui porte des costumes italiens sur mesure et qui mange dans des assiettes en porcelaine fine tout en donnant des ordres qui font couler le sang, et je l'ai infiltré sous couvert d'une société de gestion de patrimoine, une couverture parfaite, une société légitime qui cachait des comptes illégitimes, des flux d'argent sale qu'il fallait blanchir, nettoyer, rendre aussi immaculés qu'une robe de mariée, et pendant six mois, j'ai été son experte en blanchiment, la femme qui passait ses nuits à décortiquer ses chiffres, à traquer ses failles, à mémoriser chaque recoin de son empire comme on mémorise le plan d'un château qu'on va bientôt dévaliser.

Il m'avait remarquée pour mon intelligence, ma froideur, et ce regard qui ne baisse jamais les yeux, ce regard qui défie même les hommes les plus puissants, et il me l'avait dit un soir, au détour d'une conversation, un verre de whisky à la main, dans son bureau aux murs lambrissés où l'odeur du cuir et du tabac se mêlait à celle du pouvoir, il m'avait dit, en me regardant avec ses yeux sombres qui semblaient lire à travers moi, "Vous avez quelque chose que je n'ai pas vu chez une femme depuis longtemps, Rosalie, vous n'avez pas peur, vous n'avez pas peur de moi, vous n'avez pas peur de mes hommes, vous n'avez pas peur de la mort, c'est rare, c'est précieux, c'est dangereux."

Il avait raison, je n'avais pas peur de lui, je n'avais peur de rien, ou plutôt je croyais n'avoir peur de rien, et c'est ça l'erreur des fous, des audacieux, des insensés qui croient que leur courage les protège, qui oublient que le feu, un jour, vous brûle, il vous consume jusqu'à l'os, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des cendres et une chaîne à la cheville, et je n'étais pas une victime ordinaire, non, je n'étais pas une pauvre fille naïve qui s'était fait piéger, j'étais une femme qui avait choisi de jouer avec le feu, qui avait tendu la main vers les flammes en sachant pertinemment ce qu'elle risquait, et le feu, il avait des yeux noirs, un costume italien, et une patience de prédateur.

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